Plus de 12 zones ont été infectées et 1 029 personnes sont mortes. Dans certains endroits, l’atmosphère est relativement calme, dans d’autres elle est très tendue car la communauté locale n’accepte pas la présence d’étrangers. Et il est parfois difficile voire impossible de travailler dans certaines zones. Depuis deux mois, l’épidémie est à son pic. Sur place, les organisations tentent de faire face au nombre croissant de personnes infectées par le virus tout en luttant contre la méfiance de la population.

Des attaques ont visé certains centres de traitement d’Ebola. Médecins sans frontières était présent dans deux d’entre eux. Au Nord-Kivu, un centre de traitement d’Ebola a de nouveau été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi. Toutes les semaines pratiquement il y a des incidents qui ralentissent l’action des sauveteurs qui finissent par se demander si augmenter les forces de sécurité est la bonne manière de répondre à ces attaques tant la population rejette leur présence.

Alors, pourquoi se donner tant de mal ?

 » Beaucoup de rumeurs circulent, dit John Johnson : qu’Ebola est un virus importé, que c’est nous qui le donnons aux gens, que nous sommes là pour faire du business et accumuler des profits, que nous volons des corps, des organes. C’est compréhensible. Cette maladie n’est pas bien connue. Il faut se mettre à leur place, ils ont vu arriver du jour au lendemain beaucoup d’étrangers. Pour gagner la confiance de la population, nous travaillons avec des groupes locaux, nous discutons avec certaines personnes qui influencent l’opinion publique : prêtres, pasteurs, chefs de villages, politiques. Nous organisons des groupes de discussion. Il faut absolument réintégrer notre réponse à cette crise sanitaire à leur propre système de santé pour décentraliser et leur permettre d’être soignés aussi près de chez eux que possible. Nous savons que plus tôt ces personnes se font diagnostiquer et recevront un traitement, plus elles auront des chances de guérir. Le vaccin augmente considérablement les chances de survie, mais il faut vingt-et-un jours pour qu’il fonctionne. »

Mais le virus se transmet aussi via les contacts avec les cadavres, ce qui pose problème pour la protection des proches lors des cérémonies rituelles des funérailles. « La Croix-Rouge fait un super travail. Ils ont des équipes qui encadrent les funérailles en mettant en place des équipements de protection, etc. Mais souvent ces pratiques ne correspondent pas aux croyances locales. Par exemple, il est très important pour les proches de toucher le cadavre avant qu’il ne soit enterré. Le problème, c’est qu’une fois morte, la personne qui a contracté le virus devient encore plus contagieuse« , précise John Johnson.

Comme nous l’avons écrit si souvent, la fièvre hémorragique au virus Ebola a encore de beaux jours devant elle. Mais la société américaine Newell Brands, propriétaire des gants multiusages MAPA, aussi…

Le 17 mai 2019.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

* Ajoutez-y ceci : « Ebola, le virus de tous les dangers » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/25/ebola-le-virus-de-tous-les-dangers/)