Terrorisme : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…

14 Nov

C’est ce qu’il ressort en tout cas des politiques successives en matière de lutte contre le terrorisme depuis de fort nombreuses années et malgré à la fois nos propositions, nos mises en garde et même nos injonctions. Nos responsables politiques ne pourront à coup sûr pas invoquer leur manque d’information et leur méconnaissance du problème lorsque viendra le temps de rendre des compte à la nation…Ils seront donc responsables et coupables. 

Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, qui ont causé la mort de 130 personnes et fait plus de 350 blessés à Paris et à Saint-Denis, la menace terroriste n’a pas diminué et l’on peut même dire qu’elle entre aujourd’hui dans une nouvelle phase non moins agressive et probablement plus dangereuse que les précédentes.

Alors que, en 2015, la France avait brutalement réalisé sa vulnérabilité face à une menace « projetée » de cellules organisées à l’étranger dans les rangs de l’organisation Etat islamique (EI), les années qui ont suivi, c’est plutôt un terrorisme « endogène » – intérieure au territoire français et, surtout, perpétré par des islamistes ALLOGENES POSSEDANT LA NATIONALITÉ  FRANÇAISE ou FRANÇAIS DE SOUCHE CONVERTIS À L’ISLAM –, isolé, imprévisible, qui était redouté. Mais aujourd’hui, la donne est à nouveau en train de changer.

En pratique, la vague de départs de jeunes Français pour le djihad s’est pratiquement tarie. Seul le départ d’une jeune femme a été constaté en 2019. A l’inverse, des retours s’opèrent (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/11/13/nous-vous-avions-alertes-il-existe-bien-un-accord-secret-entre-emmanuel-macron-angela-merkel-et-recep-tayyip-erdogan-a-propos-des-djihadistes-captures/). Certains se font sous le contrôle des autorités. Douze Français ont ainsi été rapatriés depuis le début de l’année par l’intermédiaire des autorités turques, sans compter les quatre femmes et leurs enfants qu’Ankara a annoncé, le 11 novembre, vouloir renvoyer à Paris.

Mais d’autres retours plus discrets sont à redouter. En 2015, les kamikazes du commando du 13-Novembre étaient tous entrés en Europe en suivant la route des migrants transitant par la Turquie puis la Grèce et la route des Balkans (merci Angela Merkel et ses appels à l’accueil d’un million et demi de migrants en provenance du Proche-Orient !).

« Wir schaffen das » (« Nous y arriverons »)

(elle y est arrivée ! A introduire les vers dans les fruits)

Depuis, l’accord euro-turc de 2016 bloquait en grande partie cet accès. Mais aujourd’hui, le pouvoir turc est moins enclin à jouer les gardes-frontières. Son entrée en guerre frontale contre les Kurdes en Syrie a, en outre, eu l’effet d’un grand coup de pied dans la fourmilière djihadiste. Or, on estime entre 7 000 et 9 000 le nombre de combattants étrangers de l’EI en liberté depuis l’effondrement du « califat ». Parmi eux, de nombreux francophones tunisiens, marocains et algériens pour qui la France demeure un objet de haine et une cible de bien plus haute valeur que leur pays d’origine.

Signal d’alerte parmi quelques autres : en septembre, la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a interpellé un Tunisien qui avait eu d’importantes responsabilités au sein de l’EI. En France depuis août, il n’a pas pu être associé à un projet d’attentat, mais sa présence a inquiété le contre-terrorisme français. Et, pourtant, il n’a pas été expulsé vers son pays d’origine…

A ceci s’ajoute le sort incertain des djihadistes français en Syrie qui n’ont pas été privés de leur nationalité et sont donc susceptibles de revenir chez nous (resté aussi chez eux par la lâcheté de nos gouvernements successifs) et qui sont un danger permanent.

Depuis 2014 et l’explosion des départs vers la zone irako-syrienne, le suivi à distance des djihadistes français – environ 1 300 – est un travail à temps plein pour les services de renseignement. Une tâche encore plus ardue depuis l’amorce de la chute du « califat » à l’été 2017 et la dissémination de ses ex-combattants. Le contre-terrorisme estime ainsi être capable de confirmer le décès de seulement 325 d’entre eux. Pour les disparus, le doute plane toujours.

Quelque 350 Français se trouveraient, en outre, encore actifs à Idlib, en Syrie. Il est aussi désormais admis qu’une poignée de ressortissants hexagonaux se trouvent entre les mains du régime syrien : un casse-tête en devenir. Les identités des djihadistes dans les prisons et camps gérés par les Kurdes demeurent les mieux documentées, même si elles ne le sont pas toutes avec certitude. D’après les chiffres officiels, ce contingent serait d’environ 200 hommes et femmes et 300 enfants. Soit, au total, environ 2 000 islamistes de nationalité française susceptibles de faire retour dans…« leur mère patrie » ! Non seulement un insupportable danger pour la sécurité de nos compatriotes mais aussi une intolérable situation, fruit de l’incurie et de l’irresponsabilité de nos dirigeants politiques.

Ces derniers mois, les Kurdes n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme sur leurs difficultés à assurer une sécurité optimale pour leur surveillance. Mais, à ce stade, les négociations diplomatiques n’ont pas évolué. La ligne française est toujours d’assurer que la situation est « sous contrôle ». Officiellement, une seule fuite d’une dizaine de femmes a été constatée ces derniers mois.

M E N T E U R S !

 

Mais ce n’est pas tout…Car la menace « endogène » la plus préoccupante se trouve aujourd’hui en prison, estiment les experts. C’est pour cela qu’a été créé, en mai, le service national de renseignement pénitentiaire (SNRP), dernier-né des services français. Une création qui s’est faite en parallèle de la montée en puissance des capacités d’incarcérations individuelles pour les détenus mis en cause dans des affaires de terrorisme islamiste (dits TIS) ou de droit commun jugés radicalisés (dits DCSR).

Selon les derniers chiffres de la direction de l’administration pénitentiaire (DAP), les prisons françaises disposent ainsi de 366 places allouées, ce qui est dérisoire. Une partie pourrait servir à accueillir les djihadistes en Syrie s’ils devaient revenir en France. La DAP continue de se dire « prête » en cas d’un éventuel retour groupé.

Sur ces 366 places, 177 sont en quartier d’isolement (QI). Elles sont réparties sur les 79 établissements « sensibles » de France. Là peuvent être orientés des individus « ancrés dans un processus de radicalisation violente » et présentant un risque de passage à l’acte ; ainsi que des profils très prosélytes « non accessibles à la prise en charge ». ET SI CEUX-LÀ ÉTAIENT, TOUT SIMPLEMENT, DECHUS IMMEDIATEMENT DE LEUR NATIONALITE FRANÇAISE ET EXPULSES VERS LE PAYS DE LEURS AÏEUX ? À défaut, c’est précisément à eux que s’adresse notre proposition de relégation et d’enfermement à vie dans l’un des bagnes à édifier dans nos territoires extra-marins.

Cent quatre se situent dans les six quartiers « d’évaluation de la radicalisation » (QER). Là peuvent être placés, pendant quatre mois, des détenus ou prévenus dont il faut analyser la dangerosité. Ils sont ensuite réaffectés dans le type de détention adapté à leur profil à la condition expresse de ne pas méconnaître ce que nous dénonçons sans répit depuis 2012 : la taqiya* endémique et congénitale de ces gens-là…

Les 85 autres places disponibles – sur 366 – sont dans des quartiers de « prévention de la radicalisation » (QPR). Elles sont réservées à des détenus prosélytes dont l’influence en détention ordinaire apparaît dangereuse. Là, ils sont suivis par des équipes spécialisées pour déconstruire leur discours doctrinal. Mais, là, nous touchons du doigt l’utopie gouvernementale d’une possible « déradicalisation » de ces islamistes. Qu’on se le dise : C’EST UNE VUE DE L’ESPRIT (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/04/12/une-nouvelle-lubie-du-gouvernement-francais-pour-lutter-contre-la-radicalisation-islamique/).

Actuellement, environ 70 détenus TIS sont à l’isolement, une cinquantaine en QPR, et 70 autres – dont des détenus de droit commun radicalisés – en QER. Il ne reste donc qu’environ 170 places spécialisées effectivement disponibles.

En pratique, tous les djihadistes n’ont toutefois pas vocation à aller dans des cellules « étanches ». Ces dernières années, 75 % des TIS ont été réaffectés en détention ordinaire à l’issue de leur passage en QER, 15 % en QPR, et 10 % à l’isolement. « L’isolement peut être contre-productif pour beaucoup », insiste-t-on à la DAP. Ces placements sont toutefois toujours complétés par un suivi du renseignement pénitentiaire et une prise en charge. Par ailleurs, beaucoup d’individus radicalisés sont seulement suivis en milieu ouvert, en contrôle judiciaire, par exemple. Mais, pour nous, cette vision « bisounours » de la situation est, elle aussi, une vue de l’esprit et nous expose nécessairement aux conséquences mortifères d’un tel aveuglement.

Face à cette évolution de la menace, l’Etat tente sans cesse de revoir ses outils législatifs et administratifs. En particulier depuis la transposition dans la loi sur la sécurité intérieure de plusieurs dispositions de l’état d’urgence (loi SILT).

Ce texte a donné naissance à plusieurs outils administratifs appréciés des services, dont les « visites domiciliaires ». Soit des descentes chez des personnes présentant une suspicion de « menace grave ». De 8 en 2018, elles sont passées à 140 depuis le début de l’année. Quarante ont débouché sur une procédure judiciaire, principalement pour apologie du terrorisme ou recel d’apologie, et plus marginalement pour des faits de droit commun. Ce qui démontre leur utilité mais aussi la dangerosité permanente de ces islamistes dont on devrait comprendre qu’il n’ont plus rien à faire chez nous…

Ces « VD », comme on les appelle dans le jargon policier, sont une façon de répondre à une inquiétude encore plus sournoise que celle des prisons et toujours prégnante : le djihadisme « low cost » d’individus isolés, radicalisés sur Internet. Environ 9 000 personnes sont aujourd’hui inscrites au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), dont 3 100 – les plus dangereuses – sont suivies par la DGSI.

Sur le plan organisationnel enfin, le contre-terrorisme français continue sa centralisation. Son pilotage assez éclaté en 2015 – qui avait été considéré comme l’une des causes ayant empêché les services de prévenir les attentats du 13-Novembre – a été en partie revu. Plusieurs dispositions ont été prises depuis. Parmi les plus récentes, la création, à la DGSI, d’un « état-major permanent » (EMAP). Alors que le croisement d’un certain nombre de fichiers est interdit par la Commission nationale de l’informatique et des libertés, là, l’ensemble des services peuvent faire du criblage côte à côte.

A également été validé, il y a peu, le rattachement de l’unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) à la DGSI. Cet organisme, adossé à tort jusqu’ici à la direction générale de la police nationale, est chargé notamment de toute la remontée d’information des cellules préfectorales et du suivi des sortants de prison. Car, ne l’oubliez pas, quelque 109 personnes étiquetées « terroriste islamiste » ou fortement radicalisées sont sorties de prison en 2019 et ont fait l’objet d’un suivi DGSI…avec une sécurité encore trop incertaine.

En résumé, tous ceux qui nous lisent régulièrement depuis la fondation du CER, en 2012, connaissent notre équation. Celle qui devrait constituer l’incontournable colonne vertébrale de la sécurité de notre pays et de nos compatriotes :

 » réduisons drastiquement le nombre de musulmans dans notre pays et nous réduirons d’autant le danger terroriste. »

Le 14 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

La taqiya : désigne une pratique de l’islam consistant à dissimuler sa foi sous la contrainte, afin d’éviter tout préjudice et réaction hostile d’un milieu extérieur défavorable. Par extension : principe de dissimulation stratégique dans un contexte de conquête, comme moyen stratégique guerrier.

Ça tombe bien, nous avons quelques suggestion à faire sur le sujet.

14 Nov

La signature, mardi, d’un accord entre le ministère et 34 entreprises, associations et administrations, vise à proposer 30 0000 postes en 2022, soit une augmentation de 67 % par rapport à 2018.

Le ministère de la justice met l’accélérateur sur le développement de la peine de travail d’intérêt général (TIG). L’objectif est d’atteindre 30 000 postes proposés en 2022 contre 18 000 postes de TIG recensés en 2018, soit un bond de 67 % ! Nicole Belloubet, garde des Sceaux, devait ainsi signer mardi 12 novembre un accord-cadre avec trente-quatre partenaires nationaux qui s’engagent à accueillir des personnes pour un TIG.

Un « engagement » non chiffré quant au nombre de postes qu’ils mettront à disposition des services pénitentiaires d’insertion et de probation et des juges. Cet accord devrait permettre d’identifier rapidement les secteurs et les fonctions dans lesquels cela fonctionne bien pour essaimer ailleurs sur le territoire.

Instituée en 1983, cette modalité d’aménagement de peine, qui peut désormais être aussi imposée dans le cadre d’une peine de sursis probatoire, fait consensus (à condition d’accepter l’idée que l’objectif principal du gouvernement n’est pas de diminuer le nombre des délinquants – il faudrait pour cela une volonté politique qu’il n’a pas – mais de trouver des moyens pour réduire la surpopulation carcérale !). Mais elle ne représente que 6 % des peines prononcées. Selon la chancellerie, le manque de postes proposés en est la raison, nous y répondrons en fin d’article.

Travail non rémunéré d’une durée allant de vingt heures à quatre cents heures, contre deux cent quatre-vingt heures au plus avant la réforme de la justice du 23 mars, le TIG a l’avantage d’être à la fois une sanction pour la personne condamnée, une réparation au profit de la collectivité, et un facteur de réinsertion et de socialisation par le travail.

Le TIG est un des symboles de la prétendue réforme de l’efficacité et du sens de la peine (sic) voulue par Emmanuel Macron. C’est pour cela qu’a été créée au printemps l’Agence du travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle des personnes placées sous main de justice. La loi a aussi élargi le type de structures habilitées à proposer des TIG, prérogative jusqu’ici réservée aux collectivités locales, administrations, établissements publics et associations.

Pour une période expérimentale de trois ans, les entreprises du domaine de l’économie sociale et solidaire et les sociétés ayant dans leurs statuts la poursuite d’objectifs sociaux et environnementaux pourront elles aussi proposer des TIG. Une ouverture qui avait suscité des réticences dans l’opposition de gauche qui y un voyait un risque de substitution d’emplois salariés du secteur concurrentiel par des TIG.

Sans attendre la publication du décret prévu par la loi pour préciser les « conditions spécifiques d’habilitation des personnes morales de droit privé et d’inscription des travaux qu’elles proposent sur la liste des travaux d’intérêt général », le ministère de la justice conclut donc des partenariats avec des entreprises aussi différentes que la SNCF, Enedis ou JCDecaux, des associations à caractère social comme Emmaüs ou la Croix-Rouge et des ministères.

Tous auront des obligations d’encadrement avec des tuteurs pour ces personnes sous main de justice. Des TIG pourront ainsi être effectués dans la restauration collective chez Sodexo, l’entretien des vélos en libre-service chez JCDecaux ou des espaces verts du ministère de la justice.

L’agence du TIG, intégrée à l’administration pénitentiaire et dirigée par Albin Heuman, l’ancien conseiller social de Nicole Belloubet, a recruté 35 référents territoriaux (ils seront 61 à l’été 2020) chargés de promouvoir le travail d’intérêt général auprès de partenaires locaux, de recenser l’offre de postes et d’assurer un accompagnement des tuteurs.

Déjà, l’offre de TIG a franchi la barre des 20 000 postes. L’un des objectifs assignés à l’agence est de réduire drastiquement le délai moyen de mise en œuvre d’un TIG, aujourd’hui de 435 jours (plus de quatorze mois) après la décision de justice.

Afin de faciliter la prise de décision des magistrats et une certaine banalisation de la mesure, l’agence du TIG teste actuellement auprès de quatre sites pilotes (Dijon, Mâcon, Lille et Béthune) une plate-forme numérique qui doit recenser et géolocaliser les offres disponibles et la nature du travail proposé, et même les moyens de transport pour s’y rendre. Cet outil à la main des services pénitentiaires d’insertion et de probation sera accessible aux juges dans la salle des délibérés et ouvert aux parquets et aux avocats. Il est censé être généralisé à partir du 1er février 2020.

Et, comme nous le disions dans notre titre, il est une application particulièrement judicieuse et utile de ce TIG que nous voudrions proposer à la ministre de la Justice et à ses services pénitentiaires. Il s’agit de mobiliser le savoir faire des individus condamnés à cette peine pour édifier, dans les lieux que nous aurons définis à cet usage (comme la Guyane, certaines de nos Îles éparses de l’Océan Indien – îles Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Glorieuses et Tromelin ou des Terres australes et antarctiques françaises – archipel Crozet, îles Kerguelen, îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam -), les centres de rétention nécessaires à l’accueil de tous les citoyens non déchus de la nationalité française et que nous condamnerons à une peine de relégation*…Il y a du pain sur la planche.

N’est-ce pas une bonne idée ? Et sachez que nous en avons beaucoup d’autres comme celle-là !

Le 14 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Lire (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/11/13/nous-vous-avions-alertes-il-existe-bien-un-accord-secret-entre-emmanuel-macron-angela-merkel-et-recep-tayyip-erdogan-a-propos-des-djihadistes-captures/)

Ursula von der Leyen a dû manger son chapeau.

14 Nov

La présidente de la prochaine Commission européenne, Ursula von der Leyen, a capitulé et fini par abandonner l’une de ses rares bonnes idées face à une coalition de députés européens immigrationnistes.

C’est ainsi qu’elle a accepté de modifier le nom du portefeuille du commissaire en charge des migrations, le baptisant « Promotion du mode de vie européen » et non plus « Protection » de ce mode de vie, a annoncé mercredi son porte-parole.

Les groupes parlementaires de gauche, les sociaux-démocrates, écologistes et les libéraux de Renew (le groupe auquel appartient La République en Marche d’Emmanuel Macron) avaient réclamé de la future présidente de la Commission l’abandon de cet intitulé associant migration et « protection du mode de vie européen« . Alors que ce titre était plein de bon sens et qu’il promettait de redresser la barre face aux conséquences de la crise migratoire actuelle en mettant en valeur le combat nécessaire face au multiculturalisme. Ursula von der Leyen s’est hélas heurtée à la pensée conforme et obligatoire qui règne sur le continent européen et milite avec ardeur pour le « Grand Remplacement » des peuples autochtones.

La présidente du groupe Socialiste et démocrate (S&D) au Parlement européen, la pasionaria socialiste espagnole Iratxe Garcia, avait adressé en septembre un courrier sur le sujet à Mme von der Leyen. Elle a salué mercredi dans un communiqué les « réponses très positives » apportées par Ursula von der Leyen. Selon S&D, d’autres changements ont été apportés : le commissaire à l’Emploi sera désormais responsable de l’Emploi et des droits sociaux; celui à l’Environnement et aux océans intègrera aussi la pêche.

Ces changements d’intitulés, présentés comme une victoire par Mme Garcia, sont annoncés à la veille des auditions des candidats français, hongrois et roumain à la prochaine Commission par les eurodéputés. Ces derniers sont chargés de valider leur nomination. « Tout cela permet de lever un peu la pression avant les auditions« , a confié une source chez les socialistes…

Parmi les commissaires auditionnés, le Français Thierry Breton est le plus controversé, car son profil de grand patron pourrait entraîner des risques de conflits d’intérêts selon la gauche radicale, les écologistes, l’extrême-droite et certains socialistes. On risque donc de se retrouver devant une situation identique à celle qui concerna la précédente candidate française, Sylvie Goulard, qui fut rejetée . Il fallait au plus vite limer un peu les dents des députés les plus vindicatifs pour pouvoir donner gain de cause à Emmanuel Macron !

Un vrai panier de crabe, cette Union européenne.

Le 14 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Nous vous avions alertés : il existe bien un accord secret entre Emmanuel Macron, Angela Merkel et Recep Tayyip Erdogan à propos des djihadistes capturés.

13 Nov

Dans un article du 15 octobre dernier, nous affirmions qu’Emmanuel Macron pour la France, Angela Merkel pour l’Allemagne et Recep Tayyip Erdogan pour la Turquie ont conclu un accord pour transférer dans les deux premiers pays leurs djihadistes nationaux et leurs familles, incarcérés en Turquie, au nom de fallacieux motifs  « humanitaires » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/15/le-cer-dit-non/).

Pour l’heure, trois djihadistes ont été expulsés vers leurs pays d’origine : un Allemand, un Danois et un Américain. Autant le renvoi des deux premiers prisonniers s’est déroulé sans encombres, autant le troisième s’est avéré problématique. L’homme, présenté par les autorités turques comme « un terroriste américain », a été refoulé hypocritement…vers la Grèce par le point de passage de Pazarkule, en Thrace orientale. Comme Athènes lui a évidemment refusé l’entrée et que la Turquie n’a pas voulu le reprendre, le djihadiste s’est retrouvé piégé dans la zone tampon entre les deux pays, à en juger par des images diffusées lundi par l’agence de presse turque DHA.

Sept autres « terroristes étrangers d’origine allemande seront expulsés jeudi », a assuré Ismail Catakli, le porte-parole du ministère turc de l’intérieur. Quinze autres renvois devraient suivre cette semaine, onze Français (le plus fort contingent), deux Allemands, et deux Irlandais. Selon une source anonyme citée par l’Agence France-presse, les onze Français « sont majoritairement des femmes ». Certaines sont en prison en Turquie depuis longtemps, d’autres sont arrivées plus récemment. « Ces onze personnes seront traitées dans le cadre du protocole Cazeneuve (sic) et donc judiciarisées », a précisé la source (nous y reviendrons dans un prochain article).

Ce protocole, qui porte le nom de l’ancien ministre français de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, est un accord de coopération policière qui permet de coordonner entre Paris et Ankara l’arrestation de djihadistes français rentrés de Syrie par la Turquie et de les renvoyer avec leurs familles en France où une prise en charge judiciaire immédiate est prévue. Plus de 260 Français ont ainsi été remis à la justice française depuis sa signature, en 2014.

L’accord s’appliquait aux ressortissants français qui, en raison de leur situation irrégulière en Turquie, sont détenus dans des « centres de détention administrative ». Désormais, il semble qu’il sera étendu aux Français arrêtés par la Turquie en territoire syrien au cours des interventions militaires d’Ankara dans le nord du pays depuis 2016. On ne se sait pas précisément combien ils sont. Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré récemment que 287 militants de l’EI avaient été récupérés par les militaires turcs et leurs supplétifs syriens après s’être échappé des prisons établies dans la zone sous contrôle kurde du nord-est de la Syrie, suite au déclenchement de l’offensive turque contre ce territoire, début octobre. Il n’a pas précisé quelles étaient leurs nationalités. Il a également évoqué la présence de 1 200 djihadistes actuellement détenus dans les prisons turques, sans préciser de quels pays ils sont les ressortissants.

Une preuve de plus du bien fondé et de la lucidité de nos prises de position successives, depuis 2012, réclamant la déchéance de la nationalité française pour tous les islamistes et de leurs familles ayant quitté le territoire français (et dotés de notre nationalité) en vue de satisfaire leur rêve de djihad au Proche-Orient. S’ils n’étaient plus Français, nous n’aurions pas à accepter leur retour. Résumons-les, une fois de plus :

1/ Nous étions opposés au fait de multiplier les obstacles au départ pour le djihad en Irak et en Syrie (voire ailleurs) de tous les musulmans prétendument Français car nous pensions que beaucoup d’entre eux finiraient leurs jours sur place et ne reviendraient donc jamais. La suite de l’histoire nous a donné en grande partie raison. En revanche, nous réclamions l’interdiction formelle d’accepter le retour de ceux qui auraient pu échapper à la mort au combat, ajoutant à cela l’exigence de déchéance de la nationalité française pour tous afin de justifier davantage encore le refus de leur retour;

2/ nous demandions également que tout lien prouvé avec les organisations islamiques terroristes, de quelque nature qu’il soit, y compris sur le territoire national sans expatriation, soit sanctionné par une peine de RELEGATION (à défaut de la déchéance de nationalité et du renvoi vers les pays d’origine lorsqu’ils s’avèrent – pour le moment – trop compliqués), afin de rendre impossible toute récidive comme tout passage à l’acte de ceux qui se radicaliseraient. Nos publications sur ces sujets, dans les pages de notre blogue, sont innombrables et facilement consultables grâce à notre moteur de recherche;

3/ en ce qui concerne précisément la déchéance de la nationalité française, rappelons à tous ceux qui croient encore aux bobards que leur racontent les criminels qui nous gouvernent, que la France n’est, en réalité, pas liée par le moindre engagement international concernant la déchéance de nationalité ! Car, si la France a bien signé un certain nombre de conventions de l’ONU, notamment celles de 1954 et de 1961 sur les apatrides, elle ne les a pas toutes ratifiées. Il n’y a donc aucune norme contraignante, à part le code civil, que nous sommes en droit de réviser;

4/ la déchéance de nationalité doit être appliquée automatiquement à tout Français (né ou naturalisé) aussitôt qu’il quitte le sol national pour rejoindre quelque camp terroriste que ce soit. Ceci pour deux raisons. La première est que, dans le cas où le terroriste en question échapperait hélas à la mort dans son combat et chercherait à revenir sur le sol national, il y serait définitivement étranger et interdit de séjour. La seconde est plus fondamentale encore et ne saurait être niée par ceux-là mêmes qui s’y réfèrent si souvent : l’engagement de tout Français dans un mouvement terroriste est, par nature, un acte de guerre contre notre pays et  contraire à toutes les valeurs spirituelles et humanistes qui fondent notre civilisation et scellent notre culture commune. Cet engagement est donc incompatible avec l’appartenance à notre communauté nationale et la déchéance de nationalité en est le prix.

Au lieu de quoi, le gouvernement actuel de la République se trouve aujourd’hui contraint de rapatrier des centaines de traîtres aux racines et aux valeurs de la France qui, « judiciarisés » ou non, constitueront toujours un danger considérable pour notre pays et nos compatriotes. Il portera durablement la responsabilité des exactions et des crimes qui ne manqueront pas d’être commis au nom de l’islam sur notre territoire.

Nous saurons le lui rappeler.

Le 13 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Espagne : de vieux relents de front populaire.

13 Nov

À la suite des dernières élections législatives du 10 novembre, le Parti socialiste (PSOE) du chef du gouvernement espagnol sortant, Pedro Sanchez, et la formation de gauche radicale Podemos, de Pablo Iglesias, ont scellé un accord de principe pour former un gouvernement de coalition. Cette nouvelle version du « Frente popular » de 1936, qui avaient échoué à s’entendre il y a à peine quelques mois, nécessitera toutefois l’appui d’autres forces pour obtenir une majorité suffisante au Parlement et être investi par la Chambre des députés.

Pedro Sanchez et Pablo Iglesias

Modeste vainqueur quantitatif dimanche, Pedro Sanchez a en effet manqué son pari de sortir renforcé de ces quatrièmes élections générales en quatre ans en vue de mettre fin à l’instabilité politique qui mine le pays depuis 2015. Il a au contraire perdu des sièges et compte 120 députés contre 123 après le dernier scrutin d’avril. La surprise est surtout venue du parti de la droite radicale Vox qui a plus que doublé son nombre de sièges à 52 sur 350 pour devenir le troisième parti d’Espagne.

C’est pourquoi les socialistes n’ont d’autre issue que de chercher leurs soutiens à gauche, en particulier auprès du parti le plus radical, Podemos, qui a pourtant cédé du terrain mais dispose de 35 députés. Pourtant, des pommes de discordes existent déjà entre les deux formations. En particulier leurs positions de plus en plus antagonistes sur la crise catalane, qui agite toujours l’Espagne mais ne manquera pas d’être instrumentalisée par les indépendantistes. Mais il y aura aussi la question brûlante de la répartition des postes ministériels, Pablo Iglesias ayant en la matière des ambitions importantes. Et tout cela sans compter évidemment avec leur vision respective quant à la pérennité du régime monarchique, rétabli en 1975, après la disparition du Caudillo, en la personne du roi don Juan Carlos Ier puis de son successeur don Felipe VI…

Tout cela ne vous rappelle-t-il rien ? À nous si : la situation du pays entre 1931 et 1936, de triste mémoire, et qui mena le pays inexorablement vers la guerre civile. Souvenez-vous d’ailleurs de l’un de nos récents articles sur le sujet, intitulé « Les vieux démons de l’Espagne reprennent vie en Catalogne » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/18/les-vieux-demons-de-lespagne-reprennent-vie-en-catalogne/).

Peut-être est-ce une évolution nécessaire pour que l’Espagne redevienne

UNIE, GRANDE, LIBRE

(Una, Grande, Libre)

Le 13 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Un très fin connaisseur de l’histoire de l’Espagne se confie.

12 Nov

Stanley G. Payne* est probablement le plus grand des hispanistes vivants et une référence mondiale sur l’histoire contemporaine de l’Espagne et de l’Europe. En mars, il a reçu le prix Bernardo de Gálvez, décerné par le Conseil américano-espagnol, pour son importante contribution à la diffusion de l’histoire espagnole aux États-Unis. Aujourd’hui, à quatre-vingt-cinq ans, en pleine santé et vigoureux, il continue de travailler au Wisconsin à la préparation d’un nouvel ouvrage portant sur les événements les plus récents qui se sont déroulés Espagne.

Il n’est pas sans intérêt de relever, pour apprécier les propos de cet historien, qui est professeur à l’Université du Wisconsin-Madison, membre de l’American Academy of Arts and Sciences et coéditeur de la revue Journal of Contemporary History, que ses ouvrages furent interdits en Espagne sous le régime du général Franco. S. Payne est l’auteur de nombreux ouvrages publiés en anglais et en espagnol notamment sur la Guerre civile de 1936-1939.

 

Cela fait plus d’un an que vous ne vous êtes pas rendu en Espagne, comment voyez-vous sa situation en général ?

– Très similaire à celle du reste de l’Europe. C’est à l’heure actuelle une société qui présente les mêmes structures qu’en Occident. Post-moderne, elle jouit des mêmes avantages mais souffre aussi des mêmes pathologies.

 

Il y aura bientôt de nouvelles élections, la quatrième depuis 2015, une chaque année, ce qui indique quelque chose de plus qu’une anomalie.

– C’est davantage qu’une crise politique, facile à supporter et à résoudre. Il s’agit d’une crise du système, installée à sa racine même. Le 23 février 1981 [1] n’était pas une crise systémique, mais une tentative de réforme institutionnelle pour résoudre une crise structurelle de l’État. Aujourd’hui, nous en sommes arrivés à une crise du système lui-même, bloqué depuis plusieurs années, et provoquée par l’action même des politiciens, totalement incapables de former des gouvernements stables. La situation est supportable pour un certain temps encore, mais pas pour trop longtemps.

 

Comment pourrait-elle être résolue ?

– Les responsables sont les politiciens eux-mêmes. Il y a un manque de leadership, de dirigeants compétents, de chefs d’État imaginatifs, responsables. Il n’y en a ni dans le PP (Parti Populaire), ni dans le PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol), ce sont des partis sans intelligence politique. Il n’y a pas de patriotisme politique, mais seulement de l’esprit de parti. L’Espagne est plongée dans la plus grande crise contemporaine de l’ère démocratique, la plus intense. Le problème est que ni le PP ni le PSOE ne pourront résoudre la crise du système. Ils en sont responsables. Ciudadanos (parti de centre-droit) non plus, car c’est un parti ambigu et confus. Quel parti, alors ? Vox (parti de droite), en théorie, pourrait résoudre la crise. Ce parti n’est pas contaminé et ses propositions mettent l’accent sur la racine des problèmes sociaux et nationaux, qui ne sont ni de droite ni de gauche. Mais cette formation a besoin de beaucoup de soutien social pour réussir, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.

 

Le développement imparfait du bipartisme depuis plus de trois décennies et la représentation exorbitante des partis séparatistes en sont-ils l’une des causes ?

– Ce développement imparfait dont vous parlez a conduit à la corruption politique. Il y a un mal endémique des partis, et c’est la dérive vers l’État des partis ; Tocqueville, Michels, Linz et García Pelayo, entre autres, l’ont suffisamment décrit.

 

Et la structure autonome de l’État ?

– C’est la cause de la fragmentation et de la déconstruction de l’Espagne en tant que nation. Ce n’était pas l’intention initiale des politiciens qui l’ont mise en oeuvre, mais elle en a été la conséquence. La tentative de café pour tous a mal fonctionné. Il s’agit d’un échec collectif de l’Espagne, qui est soumise à un désordre structurel exorbitant, et qui a créé une bureaucratie encouragée par les partis eux-mêmes, devenue invivable. Le degré d’autonomie est très large, mais les partis nationalistes de Catalogne et du Pays basque sont séparatistes, de sorte qu’il leur est impossible de s’intégrer dans l’État, dans la nation, et ils ont également contaminé d’autres petits partis régionaux dans d’autres communautés.

 

Qu’est-ce qui nous a conduits au processus actuel de rébellion ouverte en Catalogne ?

– Le sens de la nation est un concept psycho-sociologique. On y parvient par l’endoctrinement, la propagande et l’éducation depuis plus de quarante ans avec l’approbation des différents gouvernements socialistes et conservateurs. En Catalogne, une conscience émotionnelle de la nation s’est créée en grande partie. Et cela a été possible parce que l’État s’est laissé marginaliser, il s’est laissé faire. Il n’y a pas d’État, ce qui a permis ce processus d’autodestruction. Les responsables ultimes sont les séparatistes. Ils méprisent la loi. Ils ne la reconnaissent pas, et l’État n’impose pas non plus la primauté du droit. Le gouvernement de l’État est coupable, non pas pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il n’a pas fait. Sa politique a été une politique d’abandon, de lâcher prise. Il a encouragé le séparatisme à coups de subventions. Il a trompé le pays en faisant croire que ces financements calmeraient le séparatisme en échange de son soutien éphémère dans les budgets ou d’autres mesures gouvernementales, par un chantage permanent. C’est un processus sans fin qui n’a pas été arrêté. Ni le PP ni le PSOE ne peuvent résoudre ce problème.

 

Tout cela indique l’effondrement de l’État. Une fois de plus, l’Espagne est le seul pays dans cette situation.

– L’Espagne est une nation typiquement occidentale. Elle n’est pas différente des autres, bien qu’elle ait ses propres caractéristiques telles que la désunion. Dans le passé, il y a eu des défis catalanistes radicaux qui se sont tus pendant un certain temps, mais qui ont refait surface par la suite. Il manque une gauche nationale. Elle n’existe pas. Il y en eut une pendant un certain temps lors de la Transition démocratique, avec le PSOE de Felipe González, mais maintenant, avec la radicalisation du PSOE que lui ont apportée Zapatero et Pedro Sánchez, c’est une grave menace pour la stabilité du système politique. L’extrême-gauche est en déclin et c’est pourquoi elle cherche des alliés chez les séparatistes. Les séparatistes, quant à eux, ne peuvent pas atteindre seuls leur objectif d’indépendance et c’est pourquoi ils cherchent le soutien de l’extrême-gauche, et nous sommes ainsi confrontés à une crise permanente.

 

Existe-t-il un risque de fragmentation du pays ?

– Le système politique peut s’effondrer et conduire à la désintégration de la nation. Les problèmes avec les Catalanistes et les Basques sont plus intenses qu’en Belgique. Je n’anticipe pas la fragmentation totale de l’Espagne, mais la situation est très, très grave. Après la rébellion en Catalogne, la situation reste la même ou pire, car elle n’a pas été résolue. Nous passons de crise en crise. Il n’est pas impossible que l’Espagne renouvelle le scénario qui fut celui de l’expérience cantonale de la Première République.

 

Quel rôle le politiquement correct et ses mantras jouent-ils à cet égard ?

– Le discours du politiquement correct est un nouveau totalitarisme à deux niveaux : le pouvoir de l’individu et le pouvoir de l’État qui le détermine. Le premier et le plus grave d’entre-eux est la reconnaissance du victimisme. En Espagne, c’est plus grave que dans les autres pays occidentaux. La victimisation divise la société en victimes et en agresseurs. Victimes politiques, raciales, etc. Le séparatisme catalan est un exemple clair de victimisation. L’effet du discours de propagande. Il est supposé présenter de nombreux avantages, rendre plus prospère, permettre de vivre mieux dans la décentralisation que même en Suisse ou en Belgique. Le politiquement correct est une arme politique formidable et alimente un conflit permanent. S’y insèrent la crise climatique, la violence de genre, le collectif LGBTI ou la mémoire historique.

 

Que pouvez-vous dire de ces derniers éléments ?

– La crise climatique est un discours constant au siècle dernier. Il est évident que nous connaissons une augmentation de la température depuis quelques années, mais à partir de là, la définir comme une crise climatique mondiale est démagogique. Il y a là une rhétorique exagérée. Ce n’est pas une question de températures, c’est une question anthropogénique. Au cours des siècles, il y a eu des changements climatiques sans que l’action de l’homme ait rien à voir avec eux. Le collectif LGTBI, le féminisme, la violence de genre, sont d’autres armes du politiquement correct. Des changements importants du sens moral et culturel de la société chrétienne se sont produits. On assiste à un changement dans la structure de la micro-moralité et de la responsabilité de l’individu à l’égard du concept de vie humaine qui est fondé sur une macro-moralité qui a été transférée à l’État. C’est lui, en tant que pouvoir politique, qui décide comme macro-moralité, et non plus l’individu comme micro-moralité. Un égalitarisme moral total a été imposé. C’est le nouveau totalitarisme à caractère démocratique, ainsi que l’a défini le ministre nord-américain de la Justice, Willian Barr.

 

L’immigration clandestine massive est-elle une menace pour la société et les nations ?

– L’immigration de masse incontrôlée contribue aux objectifs du politiquement correct. A la destruction des valeurs occidentales. La propagande affirme que ces dernières sont les valeurs d’exploitation des agresseurs sur les victimes. Aujourd’hui, une réaction à l’immigration massive en Europe occidentale provoque l’émergence d’un véritable mouvement nationaliste. Si l’immigration n’est pas contrôlée, elle détruira les sociétés. Il n’y a pas de précédent dans l’histoire.

 

De même qu’une croissance démographique inexistante dans de nombreux pays occidentaux.

– Le problème démographique est fondamental en Occident, et il est très prononcé en Espagne. Cela ne se produit pas dans l’Amérique espagnole, en Asie, en Afrique, dans le monde musulman. Ce qui est certain, c’est qu’il y a une diminution de la population dans le monde occidental. Un déclin qui a conduit à une grave crise démographique en Occident et à laquelle les gouvernements n’apportent pas de solutions, car il s’agit d’un désordre socioculturel.

 

Qu’en est-il de la Loi de la Mémoire Historique, qui porte mal son nom ?

– Son objectif est de contrôler le discours politique de l’histoire et du passé [2]. Créer une histoire de l’oppression, déterminer des victimes, alimenter le discours de la victimisation. Il s’agit de présenter l’histoire selon une seule version, sans liberté d’expression, sans liberté critique, d’interdire la recherche, sauf, supposément, lorsqu’elle sert ces différentes fins, fût-ce au prix de toutes sortes d’illégalités. Elle n’a pas été inventée en Espagne, mais Sánchez va plus loin que Zapatero et beaucoup plus loin que les autres lois en Europe. En Espagne, cette loi est devenue une arme sectaire pour contrôler les partis d’opposition. Pour insuffler la peur énorme d’être étiqueté comme franquiste. S’y opposer est un devoir moral. Mais il faut de la force et de l’indépendance pour cela.

 

L’exhumation de Franco, « une profanation »

En ce qui concerne l’actualité politique espagnole, Stanley Payne explique que « le retrait de Francisco Franco du Valle de los Caídos n’a pas été le véritable problème. Il y avait même un argument en sa faveur. Ce monument construit dans la vallée de Cuelgamuros a été érigé comme sépulture de ceux qui étaient tombés pendant la Guerre Civile et qui en avaient été victimes. Ce qu’il y a de plus grave dans ce qu’a commis l’État, est la profanation d’une église contrairement aux propres lois de l’État et du Vatican. Et sans l’accord des familles. On a violé leurs droits civils et politiques. Or violer la loi, pour un État, est une chose très grave. La commission créée par Zapatero en 2011 a rendu un rapport dans lequel il était souligné que si l’exhumation du dictateur de ce lieu était désirable, un tel acte ne pourrait intervenir « sans le consentement de l’Église, de l’Ordre bénédictin et de la famille elle-même », et il ajoutait « que, par conséquent, le mieux était de laisser les choses en l’état ». Pedro Sánchez est allé beaucoup plus loin en s’opposant à la Loi de Mémoire Historique elle-même, laquelle dispose que les restes doivent être remis aux familles afin qu’elles décident elles-mêmes où les enterrer à nouveau. L’acte avait clairement un objectif politique, comme celui de faire entrer Franco et le franquisme dans le débat politique du moment, afin de présenter Sánchez comme le grand « justicier » de l’histoire. En réalité, il s’agit d’une « barbarie absolue ».

 

NOTES

[1] Le 23 février 1981, désigné en Espagne par le numéronyme “23-F”, eut lieu une tentative de coup d’État militaire, dirigée par le colonel Antonio Tejero.

[2] La loi dite de “Mémoire historique” porte en réalité le nom de “Loi de reconnaissance et d’extension des droits et de rétablissement des moyens en faveur de ceux qui ont souffert de persécution ou de violence durant la Guerre civile et la Dictature” a été adoptée le 31 octobre 2007. Son intitulé même révèle le parti pris qui l’a animé dès le départ. Supposée promulguée pour favoriser la paix civile, elle a, au contraire, après la paix civile apportée par le franquisme, posé les fondements du “victimisme” dont parle Payne, pour raviver l’opposition entre deux camps et fustiger unilatéralement l’un d’eux. Cette loi, en réalité, a été une loi de vengeance.

Ils nous ont déjà fait le coup !

12 Nov

C’était en 2008, avec le calamiteux « Entre les murs« , ce film de Laurent Cantet et François Bégaudeau qui relatait un an de la vie d’une classe de quatrième dans un collège dit « difficile » du 20 ème arrondissement de Paris, caricature du métissage culturel de notre pays.

Ce film fut présenté à grands renforts de tam-tam par la dictature médiatico-politique comme un sommet de la diversité sociale et de ses richesses linguistiques ! Se succédaient ce que le réalisateur appelait « des moments de jubilation langagière » (qui n’étaient pourtant pas grammaticalement conformes aux attentes de leur professeur) et des moments d’impuissance communicative : « …j’sai très bien c’que j’veux dire mais j’ai pas les mots... » avouait tristement l’un des jeunes acteurs.

En vérité, ce film nous montrait la rupture entre les acquis culturels tragiquement défaillants des classes métissées d’aujourd’hui et des attentes académiques illusoires; il nous montrait aussi les contradictions de l’école républicaine : le souci de ne pas exclure et la volonté de maintenir la discipline, la reconnaissance de la diversité et l’enseignement de ce qui reste d’une culture unique en perdition. Au point de nous offrir cet étonnant clin d’oeil de l’histoire qui en dit long sur la stérilisation des cerveaux : dans un entretien paru sur le site « Haut et Court », Laurent Cantet et François Bégaudeau firent ensemble de « La République » une oeuvre fondatrice de….Socrate ! Et c’est ainsi que ce moment de déculturation, maquillé en lutte contre les discriminations, reçut la Palme d’or à Cannes en 2008.*

Grisés par ce succès franco-français soigneusement orchestré ( 5 nominations aux Césars 2009, excusez du peu ) les intervenants de cette mascarade allèrent jusqu’à prétendre à une pluie d’Oscars à Hollywood la même année. Mais le rêve indécent de ces idéologues fut brisé par le réalisme du cinéma américain : « Pas le moindre morceau de mouche ou de vermisseau » aurait pu écrire Jean de La Fontaine en parlant des récompenses espérées mais non obtenues…

Eh bien sachez que ça recommence. Et qu’ils n’ont rien appris de leurs illusions de 2008.

Voilà donc que nos médias officiels, mus comme d’habitude par la religion du métissage, s’efforcent de nous imposer une autre de ces lubies : la promotion non moins tonitruante d’un nouveau film sur les quartiers exclus de la République, intitulé pompeusement

Ce qui n’est pas faux si nous ne donnons pas le même sens qu’eux à ce titre…

Pour vous en convaincre, jetez donc un petit coup d’oeil sur sa bande annonce :

Et tendez l’oreille vers l’interview accordée par les auteurs de cette infamie à la journaleuse bien en cour de France Inter, Hala dite Léa Salamé aujourd’hui mardi 12 novembre, vous serez édifiés :

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-12-novembre-2019

Mais vous découvrirez aussi la fourberie de ces gens-là. Car, pour mieux faire avaler la couleuvre (disons plutôt l’énorme boa constrictor) de leurs nouveaux Misérables, dont ils vont même jusqu’à vanter sans rire…le patriotisme, ils enrôlent des alliés aussi inattendus qu’improbables : les policiers de la BAC ! Dont l’auteur du film nous dit : « En fréquentant des policiers, je me suis rendu compte de leur souffrance, ils ont les mêmes difficultés que nous.« 

Comment, quand on sait ce qui se trame dans ces territoires exclus de nos banlieues, quand on sait comment on y accueille les forces de l’ordre mais aussi tous les moyens de secours appelés à l’aide lors des innombrables épisodes de violences qui s’y produisent, quand on sait que les policiers, les pompiers ou même les médecins n’y sont considérés que comme le gibier d’une chasse à l’homme ouverte toute l’année, oui comment peut-on oser une telle imposture ? Qui plus est avec cette complicité journalistique.

Nous ne fûmes donc pas surpris d’entendre les protagonistes de cette honteuse mascarade prétendre à l’obtention d’un prochain Oscar, le 9 février 2020 à Los Angeles !

Comme pour l’ « Entre les murs » de Cantet et Bégaudeau…

Le 12 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Ce qui ne lui a pas pour autant permis le succès espéré dans les salles obscures; à peine 1,5 million d’entrées sur toute sa durée de projection (Pour comparaison, Le salaire de la peur, Palme d’or à Cannes en 1953, avait fait près de 7 millions d’entrées…).