« Embabouiner », vous disais-je. Ils vont tous se faire embabouiner…

16 Déc

« Je veux aussi que nous mettions d’accord la nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter. »

Aussitôt annoncé par Emmanuel Macron dans son discours à la nation, lundi dernier, aussitôt évacué par les chiens de garde du « Grand Remplacement« !

Pour répondre à la crise des « Gilets jaunes », le président de la République, Emmanuel Macron, a décidé d’organiser un « grand débat » à travers la France. Entendez qu’il s’agit d’un nouveau « Comité Théodule« , l’une des inventions de la République lorsqu’elle veut enterrer un sujet encombrant. Objectif annoncé : « Permettre à chaque Français de faire part de son témoignage, d’exprimer ses attentes et ses propositions de solutions », explique-t-on à Matignon. Prévue pour débuter samedi 15 décembre et se terminer le 1er mars 2019, cette consultation est coordonnée par la Commission nationale du débat public, présidée par l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Chantal Jouanno…

« Morts de rire !« 

Pour faciliter son organisation, l’exécutif a décidé de structurer le débat autour de plusieurs thèmes, révélés mercredi lors du conseil des ministres. Sans surprise, on y trouve « la transition écologique », « la fiscalité », « les services publics »,« l’évolution du débat démocratique », mais aussi, et c’est plus inattendu, « l’immigration ».

Dans le compte rendu du conseil, l’exécutif indique que le débat doit notamment permettre de dire « quelles sont les attentes et les inquiétudes des Français relatives à l’immigration, dans un contexte de mondialisation et de laïcité parfois bousculé ». Ce pourrait être une sorte de référendum qui ne dit pas son nom.

« Tu parles … »

A peine dévoilé, le document a fait l’effet d’une bombe dans la majorité. « C’est une blague ? », s’offusque un parlementaire de La République en marche (LRM). « Au secours ! », embraye un autre, qui assure avoir immédiatement alerté l’Elysée. « Il est normal de s’interroger sur la citoyenneté dans une société ouverte. Mais pas en associant immigration et laïcité. La façon de poser le sujet est déterminante », estime le député immigrationniste (LRM) du Val-d’Oise, Aurélien Taché, qui y voit une « maladresse ». « Je pense que la question autour de l’immigration n’a pas sa place », abonde Matthieu Orphelin, député (LRM) de Maine-et-Loire, sur Twitter.

La réaction est encore plus violente chez les partenaires sociaux. « La CFDT s’oppose à ce que immigration et identité profonde, pourtant sans lien (sic) avec la crise actuelle, fasse partie des cinq thèmes de discussion. C’est incompréhensible et dangereux alors que l’enjeu est clairement la justice sociale ! », a affirmé Laurent Berger, mercredi soir, sur Twitter. Le secrétaire général de la CFDT en a même fait carrément un « casus belli ». « S’ils veulent hystériser sur ce sujet, ce sera sans nous, on n’ira pas à ce débat », fait savoir l’entourage du leader syndical. Pour une fois qu’Emmanuel Macron avait une vraie bonne idée…

Et, hop !, aux oubliettes.

Jeudi matin, l’embarras prédominait à l’Elysée. « La question a été abordée en conseil des ministres. Certains ont plaidé pour qu’un cinquième pilier soit consacré à l’immigration. Mais, après débat, il a finalement été décidé qu’il n’y en aurait que quatre et que les questions migratoires seraient versées au thème citoyenneté »,explique l’entourage du chef de l’Etat. Seul hic ? Personne n’a pensé à modifier le compte rendu du conseil, toujours rédigé à l’avance, révélant ainsi les intentions premières de l’exécutif.

Les esprits sont d’autant plus échauffés que nombre de responsables avaient déjà tiqué deux jours plus tôt, en écoutant l’allocution du chef de l’Etat à la télévision dans laquelle il soulevait bien la question : « Je veux aussi que nous mettions d’accord la nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter », avait déclaré le président. La juxtaposition des mots « identité » et « immigration » a notamment provoqué le trouble, alors que le candidat d’En marche ! à l’élection présidentielle s’était toujours refusé à les associer.

« J’ai été étonné par la formulation du président de la République », reconnaît Aurélien Taché. « Le terme d’identité n’est pas facile à assumer pour tout le monde », ajoute l’un des piliers de la majorité, qui voit dans l’initiative du chef de l’Etat la patte de Gérald Darmanin. Dans Le Figaro du 7 décembre, le ministre de l’action et des comptes publics avait en effet qualifié le mouvement des « gilets jaunes » de « crise identitaire ».

« On ne doit pas mettre le sujet sous le tapis parce que ce pays crève du déni, résume un membre du premier cercle. Mais pas comme ça, pas maintenant. Faire un lien entre immigration et identité, c’est dangereux. » Le cinquième pilier du « grand débat », s’il n’aura existé que vingt-quatre heures, pourrait laisser des traces.

Il en laissera à coup sûr une : ces gens-là sont des imposteurs et il n’y a pas un pour racheter les autres.

Quant à ces malheureux « Gilets jaunes », les voilà bel et bien…embabouinés (à moins que vous préfériez un synonyme).*

Le 15 décembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Il y a d’autres synonymes que ceux que nous donnions à ce terme (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/12/14/les-gilets-jaunes-sont-en-train-de-se-faire-embabouiner-par-le-gouvernement/)…Mais d’autres encore existent; ils  sont pourtant trop vulgaires pour être cités sur notre blogue !

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La Banque centrale européenne veut en finir avec l’argent facile.

14 Déc

Jeudi 13 décembre, la Banque centrale européenne (BCE) a confirmé la fin de son programme de rachats nets de dettes (le quantitative easing en anglais, ou QE) à la fin du mois de décembre.

Innovation monétaire brillante pour ses tenants, arme aux effets secondaires risqués selon ses contempteurs, le QE a démarré en mars 2015. Sortie de la crise des dettes souveraines, la zone euro était alors en lutte avec des forces déflationnistes menaçant sa stabilité : les prix stagnaient, laissant craindre une spirale négative susceptible de freiner une véritable reprise des salaires et de l’activité. La BCE avait déjà utilisé quasiment toutes ses cartouches pendant la récession, en particulier celle des taux directeurs, déjà au plus bas. Elle se décida donc à déployer un nouvel outil pour agir sur l’économie, déjà testé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Japon : le QE.

Son principe est le suivant : le rachat des dettes publiques et privées (dès juin 2016 pour les secondes) fait mécaniquement chuter les taux d’intérêt auxquels empruntent des Etats et des entreprises concernés. Par contagion, cette baisse est censée se propage à l’ensemble de l’économie, permettant aux ménages et aux PME d’emprunter moins cher. Un coup de pouce visant à doper le crédit, la consommation et l’investissement – et par ricochet, à soutenir les prix et la croissance.

D’abord à hauteur de 60 puis 80 milliards d’euros mensuels, les rachats d’obligations ont progressivement baissé jusqu’à 15 milliards d’euros mensuels, avant de s’éteindre, sauf surprise de dernière minute, à la fin de cette année. Au total, la BCE aura donc racheté pour près de 2 600 milliards d’euros de dettes – un montant inédit, équivalent à 20 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro.

Dès janvier, elle cessera de prendre de nouveaux titres. Elle continuera néanmoins de racheter ceux arrivant à échéance, si bien que le stock de dettes qu’elle détient dans son bilan (celui-ci culmine à 4 660 milliards d’euros) ne diminuera pas tout de suite. Ce qui lui permettra, de fait, de continuer à soutenir l’économie.

En attendant, les économistes dressent un premier bilan du QE. Celui-ci a emmené la BCE sur des territoires inconnus, donnant des sueurs froides aux tenants de l’orthodoxie monétaire. « Il est très difficile de mesurer quelle a été son incidence précise, car personne ne sait comment l’économie aurait évolué sans lui », note Anatoli Annenkov, à la Société générale CIB.

La plupart des observateurs estiment néanmoins que les rachats de dettes ont bénéficié à la zone euro. « C’est un succès, même s’ils ont eu quelques effets collatéraux, juge ainsi Dirk Schumacher, de Natixis. En baissant les coûts d’emprunt, il a offert des marges de manœuvre budgétaire aux Etats les plus fragiles et y a contribué au retour de la croissance. » Ceci est vrai.

Selon l’agence de notation Moody’s, la QE a fait baisser de 50 à 150 points de base les taux souverains à dix ans, profitant en particulier à l’Irlande et au Portugal – mais pas seulement. 

Selon les estimations de la BCE elle-même, le programme a contribué à la croissance de l’union monétaire à hauteur de 1,9 point de pourcentage sur la période 2016-2020, soit 0,4 point par an en moyenne, et à 1,9 point pour l’inflation. En outre, 9,2 millions d’emplois ont été créés dans la zone euro depuis 2013, souligne l’institution. En augmentant la quantité de monnaie en circulation, les rachats de dettes ont également contribué à tirer l’euro à la baisse face au dollar, soutenant ainsi les exportateurs européens. Sauf que cet avantage n’a été ni constant ni durable.

D’ailleurs « Le QE est arrivé trop tard, estime M. Annenkov, rappelant que la Réserve fédérale (Fed) avait commencé le sien en 2008, et suspendu ses rachats nets fin 2014. Lorsqu’il a démarré, en 2015, l’économie européenne était déjà en rémission et son rebond en 2017, a moins tenu à l’action de la BCE qu’au redémarrage du commerce international. » Ceux qui, comme lui, se montrent plutôt critiques, soulignent que le QE n’a pas eu que du bon.

En effet, « Le programme a peu à peu transformé la banque centrale en créditeur des gouvernements », déplore ainsi Clemens Fuest, président de l’institut de conjoncture munichois Ifo. Beaucoup, en Allemagne, jugent qu’il a incité certains gouvernements à relâcher les efforts d’assainissement de leurs finances publiques. « En maintenant des taux bas trop longtemps, les banques centrales ont encouragé le gonflement de l’endettement et la formation de bulles spéculatives », ajoute Eric Bourguignon, chez Swiss Life AM. Sauf que ce sont surtout les banques qui en ont bénéficié, beaucoup moins les entreprises (d’où un faible effet positif sur le chômage) et moins encore les particuliers.

Et nombre d’ONG, comme Positive Money, regrettent également que la BCE n’ait pas profité de ses rachats pour soutenir plus vigoureusement la transition écologique. Dont les gouvernements, et le notre en particulier, font reposer la charge sur les contribuables comme nous avons pu le constater récemment

Les doutes portent également sur le calendrier. Est-il pertinent d’interrompre le QE alors que la croissance européenne donne de nouveau des signes de faiblesse ? Si le ralentissement s’aggrave, elle pourra toujours accorder un nouveau prêt géant aux banques (encore les banques), estiment les analystes. Du côté de la BCE, on fait valoir que l’inflation est enfin repartie, se rapprochant peu à peu de la cible de 2 %. Et, surtout, que maintenir en permanence l’économie sous une perfusion réservée au temps de crise est malsain. Cela pourrait en effet, à la longue, alimenter des bulles…Ce qui est vrai. Mais, dans un système d’assistance généralisée, comment en sortir ?

C’est assez simple : en reprenant notre liberté monétaire. Suivez mon regard.

Le 14 décembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Les « Gilets jaunes » sont en train de se faire…embabouiner* par le gouvernement.

14 Déc
Ça n’a pas tardé. Aussitôt survenu l’attentat terroriste de Strasbourg, dont les véritables responsabilités mériteraient, comme toujours, d’être véritablement débattues (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/12/12/attentat-de-strasbourg-retour-vers-le-futur/), tous les membres du gouvernement d’Emmanuel Macron, tous les « Marcheurs » de l’Assemblée nationale et tous les médias officiels ont entonné la même petite musique.
Tout ce beau monde indécent appelle aujourd’hui, comme un seul homme, les « Gilets jaunes » à cesser leur mouvement de protestation, à être enfin « raisonnables » et, bien sûr, à mettre un terme à leurs manifestations. Ajoutant d’ailleurs un couplet analogue à l’intention des lycéens. C’est en tout cas ce qu’a martelé jeudi leur porte-voix, l’inénarrable Benjamin Griveaux.

Maintenant que leur colère s’est « exprimée« , « a été entendue » par le gouvernement (ndcer: disons plutôt entendue par Emmanuel Macron contre l’opinion de son gouvernement), et qu’il y a « répondu« , « ce que nous vous demandons, en responsabilité, c’est d’être raisonnables samedi et de ne pas aller manifester« , a même précisé M. Griveaux sur Cnews à l’adresse des « Gilets jaunes« .

« À ce stade, nous n’avons pas décidé d’interdire les manifestations qui se tiennent samedi » dans toute la France, a-t-il prétendu sur Cnews, jugeant qu’il serait « facile » de le dire mais que cela n’empêcherait pas « les personnes souhaitant casser, piller, de se rendre dans les rues« . Evidemment puis qu’il s’agit des racailles de banlieue, professionnels immanents des razzias.

Et d’ajouter ce petit couplet larmoyant en lien avec la tragédie alsacienne : « Il n’est pas raisonnable de manifester« , a-t-il insisté, car « nos forces de l’ordre et de sécurité ont été mises à contribution énormément ces dernières semaines« , et « au regard » de l’attentat de Strasbourg, « il serait préférable que ce samedi chacun puisse, de manière apaisée, vaquer à des occupations d’un samedi avant les fêtes de famille de fin d’année plutôt que de manifester et mettre à nouveau à contribution nos forces de l’ordre« .

La grotesque ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait déjà estimé mercredi que « le mouvement d(evait) cesser« , compte tenu de l' »événement dramatique » de Strasbourg et des « réponses apportées par le président de la République » aux revendications des « Gilets jaunes« . Mais pourquoi, tout simplement, ne pas concentrer les forces de l’ordre sur les rues et les magasins à risque de pillage, laissant les « Gilets jaunes » défiler pacifiquement et sans provocation comme ils le proposent depuis longtemps. Chacun prenant ainsi ses responsabilités afin que les vaches soient mieux gardées ?…

Vous avez sans doute compris la manoeuvre qui vise à démobiliser les « Gilets jaunes » en les culpabilisants à bon compte. Comme nous le disions plus haut, ces gens-là sont indécents.

Le 14 décembre 2018.

Pour le CERE, Jean-Yves Pons, CJA.

* Quelques synonymes d’embabouiner : abuser, amadouer, baratiner, berner, duper, embarbouiller, emberlificoter, embobiner, entortiller, leurrer !…

Vingt ans après : un sondage sur l’euro qui en dit plus long qu’il y paraît.

13 Déc

Le 1er janvier 1999, onze pays de l’Union européenne lançaient officiellement leur nouvelle monnaie, l’euro. Sa circulation sera virtuelle jusqu’à l’introduction, trois ans plus tard, des billets et des pièces. Le taux de conversion retenu est calqué sur la valeur de marché au 31 décembre 1998 de son ancêtre, l’Ecu. Pour la France, ce sera 6,56 francs pour un euro. Bizarre ce taux bancal ? Sans doute mais ce n’est pas sans raison. Car, dans leur volonté de « faire du passé table rase« ,  les eurocrates militants ont osé imaginer que la difficulté du calcul découragerait rapidement les velléités de conversion des consommateurs et faciliterait d’autant son adoption

Mais la mémoire collective peut être longue. Vingt ans après, les Français n’ont pas oublié le franc. Plus de la moitié d’entre eux (54 %) convertissent encore les euros en francs dans leurs dépenses quotidiennes, selon le sondage Ipsos-Sopra Steria effectué pour Lire l’économie et Le Monde à l’occasion de la remise, mercredi 12 décembre, du 20e prix du livre d’économie.

Plus surprenant encore, 45 % des adultes de moins de 35 ans, qui avaient donc moins de 15 ans à l’époque, se livrent à cet exercice. Rappelons néanmoins que trente ans après le passage de l’ancien au nouveau franc, le 1er janvier 1960, nombre de consommateurs, dont certains n’étaient pas nés à cette époque, se référaient toujours à cette monnaie perdue. En quelque sorte, le franc a remplacé l’ancien franc dans l’imaginaire collectif du « temps d’avant ».

Ce passé rend visiblement les Français nostalgiques, voire mélancoliques. Le mouvement des « gilets jaunes » vient nous le rappeler violemment. Le sujet principal reste le même : le pouvoir d’achat. Plus des trois quarts des personnes interrogées jugent que l’euro a eu un impact négatif sur celui-ci. Le mouvement est encore plus massif quand on évoque la hausse des prix (82 %).

Malgré ce que leur racontent les économistes eurolâtres, le ressenti des Français se porte sur les hausses qu’ils observent tous les jours (alimentation) ou les très grosses dépenses (logement, voiture). Et ils constatent qu’ils ont moins de moyens qu’auparavant.

Dès lors, on comprend mieux la popularité, dans l’opinion publique, des revendications des « gilets jaunes ». A noter tout de même la sensibilité particulière de ce thème en fonction des appartenances politiques. La quasi-totalité (98 %) des sympathisants du Rassemblement national (RN, ex-Front national) trouvent que leur propre pouvoir d’achat s’est dégradé depuis la mise en place de l’euro. C’est plus que les sympathisants de La France insoumise (LFI, 76 %) ou des Républicains (LR, 71 %), alors que seuls 45 % des proches de La République en Marche (LRM) sont de cet avis. Il est donc peu surprenant que seule une minorité de Français (37 %) estime que l’euro a joué un rôle protecteur dans la crise financière de 2008.

Pièce grecque de deux euros. Tout un symbole 

Compte tenu d’un tel jugement négatif, on pourrait s’imaginer qu’une majorité de nos compatriotes basculerait dans l’euroscepticisme, voire militerait pour un retour au franc. Ce n’est pourtant pas le cas : ils ne sont que 33 % à se déclarer favorables à la sortie de la France de la zone euro. Un pourcentage néanmoins en croissance, puisqu’ils étaient 28 % à le souhaiter en 2014. Serait-ce une autre forme du syndrome de Stockholm ?…


Comprenne qui pourra !

Là encore, les clivages sont très nets et recoupent aussi les opinions sur le pouvoir d’achat. Près de 75 % des sympathisants RN sont pour une sortie, contre seulement 40 % de ceux qui soutiennent LFI. En revanche, le soutien à l’euro est massif du côté des retraités (75 %), des diplômés (78 %) et des sympathisants PS, LR ou LRM, tous au-delà de 80 %.

Les Français jugent donc sévèrement le bilan de l’euro, mais ne veulent pas en sortir. Pour eux, un retour en arrière serait encore plus complexe à gérer et probablement néfaste. Moins d’un quart (23 %) jugent possible une sortie de l’euro. Même les sympathisants RN ne sont que 37 % à juger qu’un retour au franc est probable, voir certain, au cours des dix prochaines années.

Mais l’explication de ce paradoxe est très simple : depuis vingt ans, pas un responsable politique, pas une autorité prétendument économique (les fameux experts dont les prévisions sont aussi fiables que celles de madame Irma…et encore), pas un seul média qui ne martèle chaque jour que

l’euro, c’est pour toujours

en sortir…c’est faire un four

Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer la campagne aussi folle que calomnieuse contre le « Brexit » (la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne).

En revanche, plus de trois quarts des Français, pour beaucoup enfants adultérins d’Homo festivus,reconnaissent l’impact très positif de l’euro sur les possibilités de se déplacer en Europe et donc sur le tourisme ! Car, grâce à l’euro, fini les formalités de change monétaire que ces hédonistes, nonchalants pour ne pas dire tires-au-flanc, détestaient. En voici la preuve :

Son premier succès, placé très loin devant tous les autres, est d’avoir facilité les possibilités de déplacement et de tourisme sur le Vieux Continent…Viennent ensuite les normes alimentaires et industrielles visant à protéger les consommateurs (dont on sait pourtant qu’elles font l’objet d’ignobles trafics avec les lobbys industriels), la lutte contre le terrorisme et l’environnement (alors que chaque jour prouve l’incapacité de l’Union à régler ces problèmes). En revanche, des sujets majeurs, au cœur des politiques communes depuis des décennies, comme la politique agricole, l’éducation ou la recherche arrivent en queue de peloton. Tout cela prouve que les Français n’ont pas encore tout compris aux réalités et au fonctionnement de l’Union européenne comme de sa monnaie !

Hélas, les Français ont élu un proeuropéen convaincu à la présidence de la République, et commencent seulement à prendre la mesure de leur erreur. Ainsi, il n’y a pas d’Europe fédérale dans leur esprit, mais une Europe des Etats et seulement 25 % des personnes interrogées souhaitent donner plus de pouvoir aux institutions de l’UE. Mais, « en même temps », elles sont 59 % à s’inquiéter de la montée des europhobes sur le continent.

Non, décidément, nos compatriotes n’ont pas encore tout compris aux maléfices d’Europe.

Le 13 décembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Attentat de Strasbourg : retour vers le futur…

12 Déc

Depuis 2012, pas une année sans un ou même plusieurs attentats islamiques dans notre pays. Chaque fois, ou presque, les services de renseignements ou de sécurité (police, justice) ont été défaillants car l’islamisme radical, souvent sur fond de délinquance ordinaire (violences diverses, trafics, etc), ancienne et même déjà punie, était connu. Au point que la plupart des acteurs de ces crimes étaient fichés, à un degré ou un autre, pour leurs liens avec l’islam radical.

Qu’ont fait les pouvoirs publics pour les en empêcher ? Qu’ont-ils fait pour assurer leur devoir d’Etat qui est, avant tout chose, de protéger les Français ?

R I E N

Et quand ils ont puni et emprisonné ces criminels pourquoi ont-il fini par les libérer quand nous affirmons qu’ils ne sont jamais amendables et que, tôt ou tard, sous une forme ou sous une autre, ils récidiveront ?

Une fois encore, hélas, il nous faut poser la seule question qui vaille et à laquelle les Français devront bien, un jour, finir par répondre :

QUI SONT LES RESPONSABLES ET QUI SONT LES COUPABLES ?

Le 12 décembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Après le discours d’Emmanuel Macron, la panique gagne Bruxelles et Berlin.

12 Déc

À côté du coût des annonces d’Emmanuel Macron, lundi 10 décembre, le programme économique du gouvernement italien…c’est de la petite bière.

En Allemagne, les réactions à l’allocution télévisée du président français, lundi 10 décembre, ne se sont pas fait attendre. Et les commentaires publiés dans la presse donnent une idée du fossé qui sépare désormais Paris et Berlin.

Sous le titre « Le président fait de la France la nouvelle Italie », Olaf Gersemann, le chef du service économique du quotidien conservateur Die Welt, a sonné, mardi matin, une très lourde charge contre M. Macron. « La réaction du président français à la foule en jaune doit déclencher la sonnette d’alarme à Berlin. Emmanuel Macron n’est plus un partenaire pour sauver l’Europe et la zone euro, mais un facteur de risque. » Amusant quand on se souvient de ce que disait Matteo Salvini, le chef de la Ligue italienne, le 5 décembre dernier :  « Macron n’est plus mon adversaire. Il n’est plus un problème pour moi. Il est un problème pour les Français. »

Horrifié du coût des mesures annoncées, le quotidien allemand estime que la France « va bientôt de nouveau dépasser les 3 % de déficit fixés par le traité de Maastricht ». Selon Die Welt, « la France, qui a pourtant le potentiel de contester à l’Allemagne sa place de leader économique de l’Europe, est maintenant menacée de rejoindre l’Italie en troisième classe ».

Moins virulente dans le ton, la Süddeutsche Zeitung a réagi avec la même inquiétude à l’allocution du chef de l’Etat. « Macron sacrifie ses objectifs sur l’autel des gilets jaunes », titrait, dès lundi soir, le grand quotidien munichois de centre-gauche. « La crédibilité en matière budgétaire : telle devait être la marque de fabrique d’Emmanuel Macron vis-à-vis de ses partenaires européens. Voilà maintenant que, face à la dure protestation des “gilets jaunes” contre sa politique économique, le président français renonce à sa politique de réduction des déficits », déplore la Süddeutsche Zeitung.

Il est vrai que, jusqu’à présent, Emmanuel Macron était celui qui allait enfin entreprendre les réformes si longtemps attendues par Berlin et tant de fois différées par ses prédécesseurs. Cette popularité – la presse allemande l’avait qualifié d’« enfant prodige » de la politique française en 2017 – était restée quasiment intacte jusqu’à ces dernières semaines. En témoigne l’accueil triomphal que lui a réservé le Bundestag, le 18 novembre.

Un an après son discours de la Sorbonne, auquel Mme Merkel avait répondu si tardivement et si prudemment, M. Macron était venu, une nouvelle fois, exhorter l’Allemagne à se montrer plus constructive afin de franchir « une nouvelle étape » de la construction européenne. Au Bundestag, il avait notamment prononcé cette petite phrase de nature à ravir le public allemand, quitte à conforter le reproche qui lui est régulièrement fait par ses contempteurs de trop volontiers dénigrer la France quand il se trouve à l’étranger : « Ici [en Allemagne], les règles créent la confiance et l’adhésion ; de l’autre côté du Rhin [en France], elles ont souvent engendré la méfiance et trop souvent l’art du contournement. » Trois semaines plus tard, M. Macron s’expose au grief de renouer avec les mauvaises habitudes avec lesquelles il avait promis de rompre.

A Bruxelles, où les dirigeants de l’UE doivent se retrouver, jeudi 13 et vendredi 14 décembre, pour, entre autres, valider un plan de réformes de la zone euro, le peu d’enthousiasme qui restait à l’égard des projets de M. Macron sur la zone euro risque toutefois de s’évanouir complètement. Quand les négociations entreront dans le vif du sujet, dans le cadre du budget pluriannuel de l’UE, la probable dérive des comptes publics français rendra toutes les exigences hexagonales vaines.

La Commission européenne s’est cependant gardée de réagir à chaud, lundi soir. « Nous surveillons de près les possibles nouvelles mesures annoncées, mais nous ne pouvons faire aucun commentaire avant qu’elles aient été formellement annoncées et détaillées », a prudemment déclaré Valdis Dombrovskis, vice-président de l’institution en charge de l’euro. Le temps qu’un correctif budgétaire soit validé par les élus français, elle n’aura probablement pas à statuer avant début 2019. Et au pire : elle ne pourra que constater, à ce moment-là, la dérive des comptes publics hexagonaux, alertant sur un risque élevé de « non-conformité »

L’entretien qu’a eu Pierre Moscovici, Commissaire européen à l’économie, la semaine dernière avec Emmanuel Macron mais aussi Jean-Pierre Raffarin, n’avait-il pour seul objectif que la préparation des élections européennes de mai 2019 ou y a-t-il déjà été question des projets du chef de l’Etat ? Nous ne le saurons sans doute jamais.

Quoi qu’il en soit, la réponse du président français aux « gilets jaunes » est déjà vécue comme une mauvaise nouvelle pour la Commission, qui s’était engagée dans un bras de fer avec Rome pour obtenir du gouvernement italien un budget révisé en 2019… Ce qui reste de la taxe GAFA, autre projet porté à bout de bras par M. Macron, risque aussi de faire les frais de la crise des « gilets jaunes » : sans capacité d’entraînement, Paris aura du mal à convaincre les derniers réticents : Irlande, Suède, Finlande…

Les tous prochains mois nous éclairerons sur ces luttes intestines entre cabris !

Le 12 décembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Le pouvoir marche sur la tête.

12 Déc

A force de promettre tout et son contraire puis d’y ajouter autant de voltes-faces, le gouvernement d’Emmanuel Macron finit par perdre le nord et se prend les pieds dans le tapis de l’économie. Alors, ne parlons même pas de la transition écologique…

Voici le dernier avatar en date, rapporté par le quotidien Le Parisien.

Au 1er janvier 2019, le gouvernement doit doubler le montant de la prime à la conversion, destinée à tous ceux qui achètent une voiture « propre« . De 2000, cette aide passera à 4000 euros. Dans le même temps, l’Agence des services et paiement, qui est en charge de reverser la prime aux concessionnaires automobiles, n’est plus en capacité d’honorer les remboursements…

Déjà, en septembre dernier, 70 000 dossiers étaient en retard de paiement. Même si le gouvernement a rapidement débloqué 85 millions d’euros pour permettre le remboursement de la prime à la conversion, la situation ne ferait, d’après le quotidien, qu’empirer. Le ministère de la Transition écologique se justifie : « A ce stade, 220 000 demandes ont été enregistrées depuis janvier, soit 120 000 de plus que l’objectif prévu pour 2018. »

C’est pourquoi, le Centre national des professionnels de l’automobile a envoyé un courrier au Premier ministre dénonçant « une situation qui n’est plus tenable« . En effet, ce sont des dizaines de millions d’euros que les concessionnaires ont dû avancer pour verser la prime à la conversion aux particuliers.

Mais n’oublions pas qu’en novembre le gouvernement avait décidé de réaffecter près de 600 millions d’euros de la taxe sur les carburants au régime général. Une décision qui pourrait expliquer les retards accumulés.

Il faut donc s’attendre, si l’on en croit aujourd’hui les généreuses annonces d’Emmanuel Macron (qui se monteraient à une dizaine de milliards d’euros), à ce qu’un nombre significatifs de concessionnaires automobiles ne soient plus en mesure de vendre des véhicules électriques.

Nous vous le disions, Emmanuel Macron a la scoumoune !*

Le 12 décembre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/12/09/apres-son-amie-angela-merkel-cest-au-tour-demmanuel-macron-davoir-la-scoumoune/)