La France était déjà le pays de la diversité. Il est maintenant celui de la variété.

9 Déc

Obsèques de Jean Bruno Wladimir François-de-Paule Le Fèvre d’Ormesson, écrivain, membre de l’Académie française, vendredi 8 décembre 2017 :

Obsèques de Jean-Philippe Smet dit Johnny Halliday, chanteur de variétés, samedi 9 décembre 2017 :

Le 09 décembre 2017.

Pour le Conseil dans l’Espérance du Roi, Jean-Yves Pons qui n’y retrouve plus les siens et, dans la peine, vous dit adieu.

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Elections européennes de 2019 : le casse-tête des Républicains.

8 Déc

Toujours pas remis de ses défaites à la présidentielle et aux législatives, le parti Les Républicains (LR) commence à se projeter vers la prochaine échéance électorale : les élections européennes de 2019. Un scrutin encore lointain mais qui crée déjà des soucis au coeur d’une formation politique toujours dans l’attente de son président, dont l’élection aura lieu les 10 et 17  décembre.

En annonçant une modification du mode de scrutin dans le cadre d’un futur projet de loi examiné au  début de l’année 2018, l’exécutif a obligé la droite parlementaire à remettre le nez dans la tambouille électorale et à faire face à ses tiraillements sur la question européenne. Le premier ministre a  confirmé le retour, pour cette élection, à des listes nationales (depuis 2004, les sièges à  pourvoir étaient répartis entre huit circonscriptions, proportionnellement à leur population).

Au milieu du consensus général, les responsables de la droite ont dégainé une salve de communiqués rageurs. Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, a dénoncé une  » manipulation électorale « . Brice Hortefeux, député européen, a tempêté contre  » une régression, une contradiction et une combinaison « en critiquant des listes  » déconnectées des réalités locales « . Comme si le précédent système n’avait pas des motivations troubles et, en particulier, l’objectif principal de marginaliser le Front national !

 » Il s’agit d’abord et avant tout de favoriser les candidats d’Emmanuel Macron avec la constitution d’une liste fourre-tout abritant des candidats La République en marche dépourvus d’attache territoriale, poursuit M. Accoyer.  Le choix fait par le gouvernement reviendra également à gonfler le poids national des extrêmes.  » C’est bien ce que nous disions pour ce qu’il en était de leurs précédentes motivations…

Ce dernier argument laisse transparaître l’angoisse de la droite républicaine. En «  nationalisant  » la campagne, l’exécutif crée les conditions d’un affrontement entre pro et anti-européens. Une façon d’appuyer sur les divisions qui traversent les partis sur la question européenne en espérant enclencher une nouvelle phase de recomposition. Avec, comme principale cible, la droite. Parfaitement conscient de cette manœuvre, LR s’imagine déjà pris en étau entre la liste macroniste, résolument europhile, et un Front national (FN) qui surfe sur l’euroscepticisme à  tous les scrutins européens.

 » Pour Emmanuel Macron, c’est un moyen d’installer le match entre lui et les partis europhobes représentés par Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen  avec le risque que nous soyons inaudibles dans un débat entre le fédéralisme et le souverainisme « , analyse Damien Abad, député LR de l’Ain qui a commencé à l’UDF et soutient aujourd’hui Laurent Wauquiez.  » Franchement, c’est un casse-tête stratégique. Déjà que les partis de gouvernement sont souvent en difficulté dans ces élections, là on sera en plus dans un entre-deux très dangereux « , poursuit un dirigeant de LR. IL A TOUT COMPRIS !

Sur quels thèmes appuyer et quelle tonalité employer pour exister ? Pour le moment, les dirigeants tâtonnent. Forcément, puisqu’ils n’en savent rien…Ils se retrouvent pour critiquer un président de la République  » eurobéat « , selon les termes du sarkozyste Philippe Juvin, député européen, ou pour souligner les beaux discours mais un manque de réalisations concrètes de la République, comme le fait Valérie Pécresse. LR serait  » euroréaliste «  ou  » eurolucide « , un parti pro-européen qui critiquerait les failles. Nous sommes morts de rire :

Cette position d’équilibriste est compliquée à rendre lisible et difficile à tenir à cause de l’éternelle division de la droite sur ce sujet. La fracture est réapparue en pleine campagne pour la présidence de LR. En évoquant, le 10  novembre, la constitution pour les européennes d’ » une grande force de centre droit « , puis en citant les noms d’Emmanuel Macron, de Valérie Pécresse ou encore d’Edouard Philippe pour la mener, Alain Juppé (jamais en reste d’une trahison) a réactivé l’hypothèse d’une scission entre la droite modérée et la droite dure.

Jamais évoqué par le maire de Bordeaux, Laurent Wauquiez a compris l’avertissement. Honni par la droite européenne depuis son livre au vitriol Europe, il faut tout changer (Ed. Odile Jacob), publié en  2014, le candidat va être mis au supplice s’il prend la tête du parti : tenter de récupérer les électeurs du FN sceptiques sur l’Union européenne sans aller trop loin pour ne pas voir décrocher la droite modérée. Dans Le Figaro du 16  novembre, il a joué les  funambules en se posant en réconciliateur de  » la famille issue de Monnet et la filiation de Séguin  » tout en promettant un nouveau traité soumis à référendum ! Il n’a décidément peur de rien.

 » Ses dernières déclarations vont dans le bon sens. Mais quel Laurent Wauquiez croire ? Celui de 2014 ? Celui de 2017 ? « , s’interroge Maël de Calan, le candidat juppéiste à la présidence de LR. Il se souvient encore de tracts lors de la campagne de M. Wauquiez aux régionales en  2015. On pouvait y lire  » Immigration, ça suffit ! «  et juste à côté  » Bruxelles, ça suffit ! « . En cas de défaite en décembre, l’élu du Finistère veut faire exister la sensibilité européenne au sein de LR tout en restant vigilant sur l’évolution de la ligne :  » Si l’on commence à dire que l’Europe est responsable de tout, qu’il faut un référendum, que l’on devient antilibéral et eurosceptique, ça sera sans nous.  » Mais il n’avait pas besoin de le dire, nous nous en doutions déjà.

Sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres, la moindre décision s’apparentera à une équation compliquée. Surtout avec cette liste nationale beaucoup plus visible. Qui choisir pour la mener ? Comment panacher les profils des candidats ? Comment donner une impression de renouveau pourtant bien improbable ? Il reste moins de deux ans pour résoudre ce casse-tête.

Pour nous, une fois encore, c’est beaucoup plus simple : C’EST NON AUX CABRIS !

Le 8 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Pour nous, c’est NON !

8 Déc

Nous n’avons jamais été des contempteurs de Donald Trump et nos raisons ne manquent pas. Pourtant, nous n’acceptons pas la décision du président des Etats-Unis de reconnaître la ville de Jérusalem comme étant la capitale de l’Etat d’Israël. Car notre Jérusalem céleste n’est pas la sienne ni celle de ses électeurs (essentiellement les chrétiens évangéliques*). Pas plus que nous n’acceptons de nous prêter à un marché de dupes, organisé par certains de ses proches avec Israël, l’Arabie saoudite et les Emirats du Golfe persique, ainsi que nous l’évoquions hier (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/12/07/le-monde-le-decouvre-mais-le-cer-lannoncait-deja-en-2013/). 

Hélas, les mises en garde n’auront servi à rien et Donald Trump a pris sa décision, annoncée hier mercredi 6 décembre. Mais il est à craindre que cette affaire finisse mal. La volonté du président américain de rompre avec la pratique de ses prédécesseurs depuis soixante-dix ans l’a emporté, au risque d’embraser le Proche-Orient, de fragiliser ses alliés arabes régionaux et de compromettre ses propres efforts de médiation entre Israël et l’Autorité palestinienne.

Depuis l’Embassy Act, voté par le Congrès américain en  1995, qui prévoyait le déménagement de l’ambassade pour Jérusalem, chaque président disposait de la possibilité, tous les six mois, de reporter cette opération au nom de la  » sécurité nationale des Etats-Unis « . Mais Donald Trump, qui avait promis ce déménagement pendant sa campagne, a tenu parole.

Une telle décision isolera totalement les Etats-Unis. L’occupation de la partie orientale de Jérusalem par Israël, en juin  1967, puis son annexion et la proclamation de Jérusalem comme  » capitale indivisible  » d’Israël n’ont été reconnues par aucun Etat.  » Une telle initiative unilatérale et mal maîtrisée va déstabiliser encore un peu la région « , s’inquiète-t-on à Paris.

Emmanuel Macron a eu un long entretien téléphonique, mardi, avec Donald Trump. Il a rappelé, selon le communiqué de l’Elysée, que  » la question du statut de Jérusalem devra être réglée dans le cadre des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, visant particulièrement à l’établissement de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Jérusalem pour capitale « . Cette position traditionnelle de la France est également partagée par les autres pays membres de l’Union européenne (UE).

Même si le président américain renvoyait le statut final de la ville et son périmètre à des négociations bilatérales, sans écarter l’idée que Jérusalem-Est devienne la capitale d’un éventuel Etat palestinien, la reconnaissance immédiate de Jérusalem comme capitale israélienne risque de provoquer une déflagration. Elle alimentera, chez les Palestiniens, l’idée d’une nouvelle trahison de leurs aspirations, alors que, dans le plus grand secret, une équipe restreinte de conseillers fait la navette entre Washington et le Proche-Orient depuis des mois, dans le but de présenter, début 2018, une nouvelle feuille de route pour la paix.

Les propres alliés régionaux des Etats-Unis sont pris à revers. Mardi, le roi de Jordanie, Abdallah II, a, une nouvelle fois, averti Donald Trump des  » implications sérieuses qui mettront en péril les efforts pour reprendre le processus de paix et qui froisseront aussi bien les musulmans que les chrétiens « . Au  Caire, Abdel Fattah Al-Sissi a également conseillé au président américain de ne pas  » compliquer  » davantage la donne régionale. Même le ministère des affaires étrangères saoudien affirme hypocritement que cette décision  » aura de très graves conséquences et constituerait une provocation pour tous les musulmans « . Hypocritement parce que, en vérité, ainsi que nous l’avons montré hier, il existe une réelle volonté d’entente hégémonique entre Riyad et Tel-Aviv dont les Palestinien feront à coup sûr les frais.En Turquie, le président, Recep Tayyip Erdogan, a menacé de rompre de nouveau les relations diplomatiques avec l’Etat hébreu. 

Mais qui se soucie, dans tout cela, des lieux saints et de la place non négociable du christianisme ? Le pape François élèvera-t-il la voix ?

 » Trump est un pyromane, qui va mettre le feu à toute la région avec sa folie « , a réagi le leader de la Liste arabe unie, le député israélien Ayman Odeh. L’avocat Daniel Seidemann, qui dirige l’ONG Jérusalem terrestre, estime pour sa part que la décision de M.  Trump «  marque l’acte de décès de la propriété américaine sur le processus de paix, sans rien pour la remplacer. Quand il y a zéro espoir et perspective, tout devient instable « . Dès mardi soir, les citoyens américains ont été priés d’éviter la vieille ville de Jérusalem et la Cisjordanie…

Mahmoud Abbas a appelé le roi de Jordanie, ainsi que le roi du Maroc, Mohammed VI, et le président russe, Vladimir Poutine, afin de leur demander de s’opposer à l’initiative américaine. Mais le  » raïs  » palestinien, qui a toujours privilégié le dialogue avec Israël, se trouve sous pression. Les factions palestiniennes ont appelé à trois journées de la colère, dès mercredi, dans les territoires occupés. Le sort de Jérusalem, et plus encore de l’esplanade des Mosquées (mont du Temple pour les juifs), où se trouve la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, est le seul étendard qui rassemble tous les Palestiniens.

A Ramallah, Mustafa Barghouti, membre du comité central de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), estime que  » l’acte irréfléchi de Trump peut conduire à un véritable soulèvement populaire. «  Selon lui, l’Autorité palestinienne devrait tirer les conséquences de cette décision de Washington.  » Il faut arrêter tout contact diplomatique avec l’équipe Trump dès l’annonce officielle, et surtout avec son équipe de paix, qui est en fait une équipe de déstabilisation. « 

Alors que le processus de réconciliation entre le Fatah – la formation de M.  Abbas – et le Hamas se poursuit, le mouvement islamiste armé clame que  » toutes les lignes rouges sont franchies « . A Gaza, Ahmed Youssef, considéré comme une figure pragmatique du Hamas, s’attend lui aussi à une forte mobilisation, dans les territoires occupés comme en Jordanie. Selon lui, le seul impact positif de ce tremblement de terre sera  » une accélération de la réconciliation entre factions, parce qu’on voit bien – qu’ils ont – besoin d’unité pour renforcer – leurs – positions face au défi de l’administration américaine « .

BREF, ÇA SENT LA POUDRE.

Le 8 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* N’oubliez pas ceci : Le rapport des chrétiens évangéliques américains avec Israël relève de l’identité. Une enquête du Pew Research Center a montré, en  2014, que plus de 80  % d’entre eux sont convaincus d’un don divin d’Israël au peuple juif, alors que 40  % seulement des Américains de confession juive partage cette conviction.

Le Monde le découvre mais le CER l’annonçait déjà en 2013.

7 Déc

Le quotidien Le Monde annonçait, hier 6 décembre, un  » discret rapprochement « diplomatique entre l’Etat d’Israël et le royaume d’Arabie saoudite (http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/12/06/israel-arabie-saoudite-le-discret-rapprochement_5225369_3218.html). La belle affaire ! Ou comment parer des beaux habits de la nouveauté un fait avéré (mais qui devait demeurer secret) depuis plusieurs années. Ce qui, du reste, en dit long sur l’influence des milieux diplomatiques israéliens sur nos médias officiels comme sur les collusions qui ont pu exister entre l’Etat hébreux et les pays du Golfe dans le développement du terrorisme islamique. La question à poser dans ces cas-là étant toujours la même : À QUI PROFITE LE CRIME ?

Et pourtant, comme à son habitude, le Conseil dans l’Espérance du Roi était en avance de quelques longueurs sur ces révélations puisque nous attirions l’attention de nos lecteurs dès 2013 sur le jeu trouble de notre propre ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, l’homme-lige de Tel Aviv et de Riyad à la fois, contre l’Iran (au moment des négociations de Genève sur la levée des sanctions internationales contre Téhéran)-1-. Nous avons ensuite relevé les nombreux témoignages de l’implication du même Laurent Fabius dans l’attitude favorable de François Hollande à l’égard de l’Arabie saoudite et du Qatar, pour ne citer qu’eux. Chaque fois, il ne s’agissait que de placer la politique étrangère de la France en adéquation avec celle d’Israël -2-.

Cette trouble situation mérite toute votre attention car elle en dit long sur les liens qui peuvent exister entre certains de nos dirigeants politiques et quelques puissances étrangères qui ne nous veulent pas nécessairement que du bien…Il y a longtemps, ceci portait un nom.

Alors, que nous annonce Le Monde ? Ceci :

« Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, dit  » MBS « , a le goût de la rupture. Il l’a démontré en levant l’interdiction faite aux femmes de conduire. Il le prouve dans le domaine diplomatique aussi, en instaurant un nouveau climat vis-à-vis d’Israël, un Etat avec lequel la couronne saoudienne n’a pas de relations officielles. » Mais il avoue aussitôt, car le quotidien sait que nous savons : « En coulisses, la coopération sécuritaire et les contacts existent depuis plusieurs années. Mais depuis quelques mois, les signes de rapprochement se multiplient et deviennent publics. Même si elle se heurte toujours à la question palestinienne, la perspective d’une  » normalisation  » n’est plus taboue. » Ce qui ne signifie rien d’autre que ceci : « tant que nous n’étions pas autorisés à en parler, nous ne le faisions pas. » Donc, Le Monde mentait…par omission pour complaire à ses maîtres ! Et vous voudriez que les Français aient confiance dans les médias officiels de leur pays ?…

Aussi, pour paraître malgré tout coller aux évènements du moment et se dédouaner un peu, il ajoute ceci : 

« Dernier indice en date de cette évolution : la visite, le 21  novembre, de la Grande Synagogue de Paris par Mohamed Abdelkarim Al-Issa, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, le bras religieux de la diplomatie saoudienne. Cet ex-ministre de la justice est l’un des oulémas sur lesquels s’appuie MBS dans son effort de réforme du wahhabisme, l’interprétation ultrarigoriste de l’islam en vigueur dans le royaume. Au mois d’octobre, autre geste inconcevable il y a quelques années, un haut représentant de la dynastie saoudienne, le prince Turki Al-Fayçal, ancien chef des services de renseignements, a participé à un débat, dans une synagogue de New York, avec Ephraïm Halévy, ex-directeur du Mossad. »

 

Aux yeux de nombreux analystes, ces initiatives sont une manière de préparer les opinions publiques dans le Golfe à une possible officialisation des liens entre les pétromonarchies et Israël. Au sein de ces sociétés, le réflexe de solidarité avec les Palestiniens enregistre d’ailleurs quelques signes de faiblesse. A la mi-novembre, un intellectuel saoudien, Abdallah Ghadhani, a lancé un hashtag au parfum provocateur :  » #Riyad est plus important que Jérusalem « .

Et si tout cela n’était pas sans rapport avec la décision de Donald Trump de reconnaître, hier mercredi 6 décembre, la ville de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, comme nous allons le voir plus loin ?

Sur Twitter, M. Ghadhani accusait les Palestiniens d’avoir  » trahi «  le royaume. Ce réquisitoire survenait quelques jours après le refus du Hamas, le mouvement islamiste palestinien, de considérer le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah comme une  » organisation terroriste « . Le label avait été utilisé dans une déclaration de la Ligue arabe, le 19  novembre, rédigée à l’instigation de l’Arabie saoudite, chef de file de l’axe anti-Téhéran au Moyen-Orient.  » La Palestine n’est plus la cause numéro un des Arabes depuis que les propriétaires de cette cause l’ont vendue « , a vitupéré le célèbre romancier Turki Al-Hamad, figure de la mouvance libérale saoudienne et fervent partisan de MBS.

Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, ne manquera pas de s’engouffrer dans la brèche. Le 23  novembre, il a déjà déclaré que  » la coordination productive que nous avons avec les Etats arabes est habituellement secrète, mais je crois que nos relations avec eux vont continuer à mûrir et à donner des fruits « .  » Bibi  » – son surnom en Israël – rêve d’un renversement dialectique : d’abord, un rapprochement avec les pays sunnites, puis, éventuellement, une solution au problème palestinien. En réalité, Israël a un besoin impérieux de se protéger sur son flanc est des actions de l’Iran. Et c’est précisément ce que nous analysions dès 2013…

Mais il y a un hic. C’est que la Ligue arabe prône exactement le contraire. Son initiative de paix de 2002, conçue par le défunt roi saoudien Abdallah, conditionne toute normalisation entre Israël les pays arabes – mis à part la Jordanie et l’Egypte, qui ont signé des paix séparées – à la fin de l’occupation des territoires palestiniens.  » Les conditions arabes sont claires, deux Etats avec un Etat palestinien dont la capitale est Jérusalem-Est « , a déclaré Adel Al-Jubeir, le chef de la diplomatie saoudienne, à la fin novembreUne chatte n’y retrouverait pas ses petits !

Mais le Moyen-Orient de 2017 n’est pas celui de 2002. Dans une région chamboulée par l’effacement des Etats-Unis et la montée en puissance de l’Iran, les alliances se recomposent manifestement. Dans les palais du Golfe, l’ » expansionnisme «  chiite fait désormais beaucoup plus peur que le militarisme israélien, qui n’a jamais menacé ces pays directement. La puissance de l’Etat hébreu, son bouclier nucléaire et son expertise en matière d’espionnage, sont plutôt vus comme des alliés dans l’effort d’endiguement de la République islamique. A la mi-novembre, dans une interview exceptionnelle accordée au site saoudien Elaph, le chef d’état-major israélien, Gadi Eizenkot, a proposé un tel partenariat.  » Nous sommes prêts à échanger des renseignements avec les pays arabes modérés pour stopper le danger iranien « , a déclaré le général.

Un signe révélateur parmi d’autres : au mois de juillet, Riyad, pourtant gardien de l’orthodoxie sunnite, n’a pas réagi à l’installation par Israël de portiques de sécurité à l’entrée de l’Esplanade des mosquées de Jérusalem, une mesure qui avait suscité un vaste mouvement de protestation des Palestiniens.

Un diplomate arabe, qui il y a un an avait écarté toute possibilité que l’Arabie saoudite s’affranchisse de l’initiative de 2002,  » à cause de La  Mecque « , confie aujourd’hui sa perplexité.  » Personne n’aurait imaginé que Mohammed Ben Salman aille aussi vite et aussi loin. Il a noué une relation très forte avec Jared Kushner et nous savons tous qui se cache derrière lui « , observe-t-il, en référence au gendre de Donald Trump, un sympathisant de la droite israélienne, à qui le président américain a confié la relance du processus de paix au Proche-Orient.

Les deux hommes travaillent à un plan de règlement du conflit israélo-palestinien, censé faciliter la normalisation israélo-arabe. Selon le New York Times et plusieurs titres de la presse arabe, une ébauche de document aurait été présentée à Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, début novembre. Selon des sources convergentes citées par ces journaux, le tandem Ben Salman-Kushner envisagerait d’offrir aux Palestiniens un Etat doté d’une souveraineté limitée, sans contiguïté territoriale, sans droit au retour des réfugiés et sans Jérusalem-Est. La reconnaissance de Jérusalem-capitale d’Israël par Donald Trump n’était donc pas un hasard, comme nous l’évoquions plus haut.

Mais pourtant, une question nous vient à l’esprit : ET SI JERUSALEM ETAIT PLUS IMPORTANTE QUE LE ROI SALMAN ? Vous en imaginez les conséquences…

Le 7 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

-1- :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/11/17/ne-vous-y-trompez-pas/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/11/25/bulletin-climatique-quotidien-25-novembre-2013-de-la-republique-francaise/

-2- :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/04/17/bulletin-climatique-quotidien-17-avril-2015de-la-republique-francaise/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/05/05/bulletin-climatique-quotidien-5-mai-2015de-la-republique-francaise/

Joyeuse Saint-Nicolas !

6 Déc

Le 6 décembre 2017.

(merci GJ).

France, ta culture fout le camp !

6 Déc

Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut rien entendre et, face au désastre du niveau actuel des élèves de notre pays, personne ne veut en voir la cause principale. Qu’avons-nous appris hier ? Tout simplement que l’une des désormais traditionnelles enquêtes internationales pratiquées parmi les élèves de nombreux pays pour en apprécier le niveau des connaissances vient de confirmer, une fois de plus, l’effondrement de notre pays. C’est ce qu’il ressort de l’étude Pirls (Programme international de recherche en lecture scolaire) portant sur les compétences en lecture et compréhension des textes par les écoliers en classe de CM1.

Les compétences en lecture et compréhension des écoliers français en classe de CM1 sont en baisse par rapport au début des années 2000, révèle l’étude internationale Pirls. En voici les principaux résultats :

34

C’est le nombre de pays participants à l’enquête dont le score dépasse 500 points, la moyenne symbolique de Pirls. C’est aussi le rang de la France dans le classement. Notre système éducatif se place, en 2016, en retrait par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE (541 points), ou par rapport à la moyenne des pays de l’Union européenne (540 points). Et loin derrière la Russie (581 points), Singapour (576), Hongkong (569), l’Irlande (567) ou la Finlande (566), qui briguent le podium de tête.

 511

C’est le score de la France. Cette cinquième édition de Pirls a été organisée en mars 2016 et a concerné 320 000 écoliers âgés de 9 à 10 ans dans cinquante pays. Les élèves français testés étaient en CM1 ; ils sont aujourd’hui en 6e

2 ÉPREUVES DE 40 MINUTES

Une première épreuve comporte des questions sur un texte narratif, une seconde des questions sur un texte informatif. Quatre compétences sont testées : « prélever », « inférer », « interpréter » et « apprécier ». Sur quinze ans, la baisse des résultats en France est significative sur la compréhension des textes informatifs (- 22 points) ; elle est moindre pour les textes narratifs (6 %). Les petits Français ont un sous-score de 521 points pour les processus « prélever et inférer », mais de 501 seulement pour ce qui est d’« interpréter et apprécier ». Ce ne sont pas les processus les plus simples mais bien les plus complexes qui coincent.

4 %

C’est la part des élèves jugés très performants en France, contre 12 % de leurs camarades européens – soit trois fois moins. La France compte plus d’élèves (6 %) en dessous d’une performance qualifiée de « basse ». Si l’on ordonne tous les élèves des pays européens en fonction de leurs scores, et que l’on découpe cet ensemble en quarts, les Français se retrouvent surreprésentés dans le groupe le plus faible (39 %, au lieu des 25 % attendus). A l’inverse, seuls 12 %, au lieu des 25 % attendus, font partie du quart européens le plus performant.

8 POINTS

C’est ce qui sépare, en France, le score des filles (515 points) de celui des garçons (507 points). Cet écart entre les sexes – qui se retrouve dans tous les pays à l’exception du Portugal, où il n’est pas significatif – est dans notre système éducatif l’un des moins marqués (13 points d’écart en moyenne européenne, 19 points en moyenne internationale).

19 %

C’est le temps de classe que les enseignants de CM1 déclarent passer à l’enseignement de la lecture-compréhension, et 37 %, plus généralement, à l’enseignement du français. Dans les autres pays, en moyenne, ces valeurs atteignent respectivement 18 % et 28 %. En langue française, 288 heures annuelles d’enseignement sont prescrites au moment de l’enquête par les programmes de 2008 ; les enseignants affirment aller au-delà (330 heures) ; la moyenne déclarée par les enseignants des autres pays européens est de 236 heures.

Ce n’est donc pas un problème lié à un sous-enseignement de la langue nationale. Alors, que se passe-t-il ?

Les enfants de France sont-ils devenus idiots ? Leurs maîtres ont-ils perdu toute capacité d’enseignement ? Ou bien encore le leur interdit-on ? Bien sûr que non. Simplement, les uns tentent d’enseigner et les autres d’apprendre dans de telles conditions environnementales et culturelles que les obstacles à la transmission des savoirs ne cessent de s’accumuler depuis des décennies.

Cette tragédie porte un nom que nous rappelons sans cesse : L’ACCULTURATION. Elle résulte de l’ouverture, sans la moindre restriction, de nos frontières à la misère des corps autant qu’à celle des esprits au nom des bienfaits supposés du métissage.

Et c’est ainsi que plus de 2 000 ans de civilisation sont progressivement mais inexorablement rayés de l’Histoire.

C’est un crime contre l’humanité.

Le 6 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Que peut-on attendre de la visite éclair d’Emmanuel Macron à Alger ?

6 Déc

RIEN sans doute s’il renouvelle ses déclarations honteuses de février dernier, pendant la campagne présidentielle, et qui avaient blessé des millions de Français avec comme seul objectif la récupération des voix d’électeurs arabo-musulmans de plus en plus nombreux. Il fut d’ailleurs leur candidat avant d’être leur élu.

Car qu’avait-il osé déclarer ? Ceci, tout simplement :

 » La colonisation fut « un crime, un crime contre l’humanité, une vraie barbarie », ajoutant pour faire bonne mesure : « Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et de ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes.« 

Mais RIEN non plus si l’annonce de ce voyage par l’Elysée est fondée : « Le président Macron a eu des mots très forts en février, il a été très clair. Il faut maintenant tourner la page pour construire une nouvelle relation avec l’Algérie et notamment avec la jeunesse algérienne, basée sur les enjeux d’éducation, de formation, de mobilité et de diversification de l’économie ». Car elle sous-entend une ouverture plus grande encore à l’immigration algérienne, déjà pléthorique, en particulier chez les jeunes y compris les diplômés que notre pays débauche pour palier à certaines de ses défaillances (Lire « Comment cette catastrophe sanitaire a-t-elle été possible? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/10/17/comment-cette-catastrophe-sanitaire-a-t-elle-ete-possible-2eme-partie/).

Certes, Emmanuel Macron arrive dans un pays qui ne va pas bien. Le président Bouteflika, affaibli depuis un AVC en 2013, est en grande partie absent de la vie politique, créant un sentiment de vacance du pouvoir et d’incertitude quant à l’avenir. Au niveau économique, la chute des prix du pétrole depuis 2014 prive l’Algérie de la moitié de ses revenus. L’émigration des jeunes Algériens est repartie à la hausse, soulignant le manque de perspectives ressenti par une grande partie de la jeunesse.

La délégation française sera composée d’élus (notamment les deux présidentes des groupes d’amitié France-Algérie à l’Assemblée – Fadila Khattabi – et au Sénat – Leïla Aïchi – , tout s’explique…), d’artistes (nés là-bas pour la plupart et « chargés de mission » du chef de l’Etat…), d’intellectuels (entendez quelques penseurs de l’acculturation) , mais aussi d’entrepreneurs, notamment du numérique. Parmi les chefs d’entreprise présents figurent Xavier Niel, patron de Free, et Bruno Blin, à la tête de Renault Trucks.

En réalité, la principale motivation d’Emmanuel Macron dans ce voyage a toute chance de n’être que la suite logique de son déplacement récent en Afrique sub-saharienne dans la perspective de développer les coopérations dans la lutte contre les migrations économiques au-travers du Sahara puis de la Méditerranée. Mais, sur ce sujet, l’inertie autant que la susceptibilité algérienne sont bien connues et il est loin d’être acquis qu’Alger soit prêt à coopérer dans une région qu’elle considère comme son arrière-cour.

Donner sans rien recevoir est une habitude de notre pays à laquelle nous ne souscrivons pas. Mais, il est à craindre qu’elle soit encore pour longtemps au programme de la République, même prétendument jupitérienne.

Le 6 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.