CETA, un marché de dupes ?

22 Sep

Malgré les nombreuses oppositions dont il fut l’objet, le nouvel accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Canada (CETA) est entré provisoirement en vigueur, hier jeudi 21  septembre et, d’emblée, une question importante se pose : profitera-t-il aux citoyens et aux entreprises, comme le vantent ses promoteurs ?

D’après un certain nombre d’études, le CETA devrait faire progresser à terme le produit intérieur brut (PIB) européen entre à peine…0,02  % et 0,08  %. Tout ça pour ça ?

Alors, la Commission européenne, qui a mené les négociations, compte davantage sur d’hypothétiques succès individuels de PME européennes qui pourraient conquérir de nouveaux marchés outre-Atlantique grâce à la libéralisation des échanges et à la mobilité de la main-d’œuvre. Elle cite l’exemple de la confiserie de calissons du Roy René, à Aix-en-Provence, qui espère  » gagner en compétitivité «  pour développer son implantation au Canada ! Une vraie révolution…

Outre la baisse de la plupart des tarifs douaniers, le CETA prévoit la simplification des procédures administratives et des contrôles de conformité pour les exportations, ainsi que des forums de dialogue pour faire converger les normes. Autrement dit, DU VENT.

Les seuls véritables bénéficiaires de cet accord commercial pourraient toutefois être les grands groupes, les négriers de la Méditerranée, qui devraient largement profiter de l’ouverture programmée des marchés publics canadiens. Des entreprises comme Alstom et Bouygues ne devront plus s’allier avec leurs concurrents locaux pour décrocher les appels d’offres autour du transport ferroviaire ou du BTP. Idem pour le cimentier Lafarge-Holcim qui, en Syrie, n’hésitait pas il y a peu à verser des dizaines de milliers de dollars chaque mois à l’organisation Etat islamique pour pouvoir poursuivre sa production…à l’abris des Kalachnikov et des ceintures explosives !

Mais le secteur agricole est nettement moins enthousiaste. La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) s’inquiète en particulier de la concurrence déloyale des producteurs canadiens, qui pourront exporter plus de 60 000 tonnes de bœuf sur le marché européen. Ces nouveaux quotas d’importation ne représentent certes qu’une très faible proportion de la production européenne annuelle.  » Mais, ce que les Canadiens envoient, ce sont principalement des pièces à forte valeur ajoutée « , fait valoir Interbev, l’interprofession de la viande. Sur ce créneau,  » ils pourront concurrencer la production allaitante française, avec des coûts de production moins élevés, permis par des élevages plus grands et des contraintes réglementaires moindres « , confirme Sophie Devienne, professeur à AgroParisTech.

En revanche, les producteurs laitiers pourraient théoriquement se frotter les mains. Du cantal au morbier, les fromages occupent une place de choix parmi les 145 appellations européennes, qui ne pourront plus être usurpées par les Canadiens.

Ils s’inquiètent toutefois de ne pas pouvoir utiliser entièrement le nouveau quota d’exportation de 18 500 tonnes de fromages qui leur a été octroyé : la moitié de ce contingent sera à la merci du bon vouloir des producteurs locaux canadiens, qui risquent de ne pas les exploiter pour ne pas concurrencer leur propre production.

Les conséquences du CETA sont plus difficiles à estimer pour les citoyens européens. La réduction des droits de douane pourrait théoriquement faire baisser les prix, mais cela reste encore très hypothétique.

En outre, de nombreuses organisations de la société civile craignent que ces bénéfices ne se paient par un abaissement de la protection des consommateurs. Si elle a strictement exclu l’entrée dans l’UE de bœufs canadiens nourris aux hormones de croissance ou d’organismes génétiquement modifiés (OGM), la Commission européenne n’a pas dissipé toutes les craintes. Et on peut lui faire confiance pour baisser la garde dans ce domaine tant elle l’a déjà montré face à différents lobbys mettant en danger la santé des citoyens européens.

Un rapport d’experts remis le 8  septembre au gouvernement s’inquiète de la faiblesse des moyens prévus pour vérifier le respect de ces règles au moment de l’importation, faute d’une traçabilité complète de la chaîne de production du côté canadien. Il souligne également que rien n’est prévu pour contrôler efficacement la nourriture ingurgitée par les bovins (farines animales, maïs OGM…).  » Des missions d’inspection européennes au Canada seront nécessaires pour vérifier le respect de ces règles « , souligne Jean-Luc Angot, un inspecteur général vétérinaire qui a travaillé sur le volet agricole du rapport avec Sophie Devienne.

L’incidence sur l’emploi fait également partie des grandes inconnues du CETA. Les deux seuls économistes à s’être aventurés sur ce terrain, l’Américain Pierre Kohler et le Néerlandais Servaas Storm, estiment que le renforcement de la concurrence commerciale pourrait détruire 204 000 emplois en Europe d’ici à 2023.  » Le modèle économique utilisé n’a pas été conçu pour modéliser les politiques commerciales « , rétorque Edouard Bourcieu, de la Commission européenne.

Il ne nous restera plus qu’à être d’une vigilance absolue et à dénoncer toute défaillance ou dérive qui pourraient nuire à nos compatriotes car, pour entrer définitivement en vigueur, l’accord devra encore recueillir l’approbation de 38 Parlements nationaux et régionaux de l’UE et un seul vote négatif pourrait signer son arrêt de mort…

Le 22 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Démographie mondiale: attendez-vous au pire ou alors…faites des enfants.

21 Sep

La population mondiale poursuit sa croissance. En pire ! Souvenez-vous en effet de nos deux derniers communiqués sur le sujet, intitulés « Démographie en Afrique, les migrations d’aujourd’hui ne sont rien à côté de ce qui attend nos enfants (1ère et 2e parties) » :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/08/demographie-en-afrique-les-migrations-daujourdhui-ne-sont-rien-a-cote-de-ce-qui-attend-nos-enfants/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/08/demographie-en-afrique-les-migrations-daujourdhui-ne-sont-rien-a-cote-de-ce-qui-attend-nos-enfants-2eme-partie/

Selon une étude publiée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) ce mercredi, la réalité s’annonce peut-être pire encore que ne le laissaient imaginer les premières estimations. En effet, la démographie de la planète a été multipliée par 7 au cours des derniers siècles et devrait continuer à croître jusqu’à atteindre « peut-être 11 milliards à la fin du XXIè siècle ».

D’après cette étude biennale intitulée « Tous les pays du monde », « l’un des grands changements à venir est le formidable accroissement de la population de l’Afrique« . Comptant 1,25 milliard d’habitants en 2017, les projections de l’Ined indiquent que le continent pourrait avoisiner les 2,5 milliards d’habitants en 2050, et la population pourrait être multipliée par plus de trois pour atteindre 4,4 milliards d’ici 2100, ceci malgré le sida (les dieux font ce qu’ils peuvent pour réguler la population mais n’y parviennent pas !).

Les projections pour l’Afrique ont été revues « un peu à la hausse » en raison « d’une baisse de la mortalité, notamment des enfants avec de gros progrès depuis 15 ans, et à une baisse de la fécondité plus lente que dans d’autres continents ». En clair : apportez leur le progrès médical…ils ne vous le rendront pas. Enfin, même si l’Afrique subsaharienne possède le taux de mortalité des moins de 5 ans le plus élevé du monde (un enfant sur douze meurt avant son cinquième anniversaire), la région a accéléré entre 2000 et 2015 son rythme annuel de réduction de la mortalité des moins de 5 ans. Il était environ 2,5 fois supérieur sur la période 1990-2000 d’après un rapport de l’Organisation mondiale de la santé.

Dans une approche par pays, des Etats comme la Sierra Leone, le Tchad ou le Cameroun figurent dans le bas de tableau de la mortalité infantile mondiale. Pour le premier, le nombre de décès infantiles pour 1.000 naissances s’élèvent à 92. En France, cet indicateur se situe à 4 pour 1.000 et le record est détenu par l’Islande avec 2 décès pour 1.000 naissances. La différence ? Elle vient simplement du taux moyen de natalité : 7 enfants par femme au Niger par exemple. Comment voulez-vous lutter contre ça, même avec une surmortalité infantile ou le sida…Il n’y a qu’une réponse possible : FAIRE DES ENFANTS. Mais ce n’est pas l’augmentation du nombre des avortements chez nous qui améliorera les choses (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/09/19/il-a-fallu-cinq-ans-a-hippocrate-pour-faire-entendre-raison/).

Pourtant, le rythme de croissance de la population mondiale devrait ralentir dans les années à venir. La principale explication avancée par l’institut repose sur une diminution de la fécondité. Le nombre d’enfants par femme se situe actuellement à 2,5 contre 5 enfants en 1950. D’après l’auteur de l’étude Gilles Pison interrogé par l’AFP :

« La fécondité a baissé presque partout mais les écarts restent grands. […] Là où elle reste encore élevée, 3 enfants ou plus en moyenne par femme, c’est dans presque toute l’Afrique, quelques pays de la péninsule arabe, et une bande de l’Asie qui va de l’Afghanistan, au nord de l’Inde, en passant par le Pakistan. C’est là qu’aura lieu le gros de l’accroissement démographique dans les années à venir », prédit-il.

D’ailleurs, des pays comme le Nigéria ou la République démocratique du Congo (RDC) devraient connaître une croissance démographique très élevée d’ici 2050 selon les chiffres publiés par l’organisme public. Le Nigéria pourrait par exemple passer de 190 millions d’habitants en 2017 à 411 millions en 2050.

Au niveau des pays, le classement mondial des pays les plus peuplés durant les trois prochaines décennies pourrait bien changer. Si la Chine (1,38 milliard d’habitants), l’Inde (1,352 milliard d’habitants) et les Etats-Unis (325 millions d’habitants) occupent les trois premières places du podium, l’Empire du Milieu pourrait bien être dépassé par le géant indien. D’après l’institut de recherches, l’Inde pourrait compter 1,67 milliard d’habitants d’ici 2050 dépassant largement la Chine avec 1,343 milliard la même année.

Du côté de la Russie, l’avenir démographique paraît également pessimiste au regard des chiffres présentés dans les tableaux de l’Ined. La Fédération pourrait passer de la neuvième place du classement à la quinzième place en trois décennies avec une perte d’1,8 million d’habitants d’ici 2050 (la population passerait de 146,8 millions d’habitants à 145 millions). Ce qui explique les efforts déployés par Vladimir Poutine, depuis quelque temps déjà, pour encourager les Russes à procréer.

Enfin pour la France, les prévisions sont statistiquement plutôt optimistes. Les chercheurs de l’Ined ont ainsi prévu que la population passerait de 65 millions d’habitants (France métropolitaine) à 72 millions d’ici 2050. Ces chiffres indiquent que la récente baisse de la natalité mentionnée par l’Ined ne devrait pas se poursuivre dans les années à venir. Mais attention. Comme nous ne cessons de le répéter, IL NE FAUT PAS CONFONDRE LA NATALITÉ EN FRANCE ET LA FÉCONDITÉ DES FRANÇAIS ! Si cette augmentation de la population de notre pays résulte de l’immigration, non seulement nous la récusons mais elle s’annonce d’ores et déjà catastrophique pour la France.

Qui nous parle de ces questions essentielles ? Le président de la République ? Le Premier ministre ? Quelque haut responsable démographe ? Personne. C’est d’ailleurs leur nom.

 

Le 21 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Nous ne laisserons pas attaquer Colbert par des Trissotins.

21 Sep

Tous les médias ont parlé des événements de Charlottesville, aux Etats-Unis, de la statue du général Lee, de la  » white supremacy « , etc. Et voici qu’une prétendue question des « emblèmes esclavagistes dans l’espace public » se pose également dans notre pays.

Cette exigence suscite une angoisse chez certains : jusqu’où, disent-ils, faudra-t-il aller ? La réponse est claire pour d’autres : on ne pourra sans doute pas modifier tous les symboles liés à l’esclavage dans l’espace public, tant ils sont nombreux et liés à notre histoire. Mais on ne saurait rester dans le déni, comme si le problème n’existait pas. Alors, ils y vont de leurs propositions et de leurs cibles.

On pourrait, par exemple, se concentrer sur les collèges et les lycées Colbert, avancent-ils. Il s’en trouve à Paris, à Lyon, à Marseille et dans d’autres villes. Pourquoi Colbert ? Parce que le ministre de Louis XIV jeta les fondements du Code noir, dont on nous dit qu’il serait un monstre juridique qui légalisa ce crime contre l’humanité. Colbert est aussi celui qui fonda la Compagnie des Indes occidentales, compagnie négrière de sinistre mémoire. En d’autres termes, en matière d’esclavage, Colbert symboliserait la théorie et la pratique au plus haut niveau.

On pourrait leur opposer qu’il vaudrait mieux retenir de lui non pas l’esclavagiste, mais le ministre qui sut établir la grandeur de l’économie française. Ce à quoi ils répondent déjà par une question intéressante : comment Colbert a-t-il développé l’économie française au XVIIe siècle, si ce n’est sur la base de l’esclavage colonial, justement ? Excellente remarque, au demeurant, car elle nous renvoie ipso facto à la situation d’aujourd’hui : comment les grands capitaines d’industrie européens développent-ils l’économie de leurs pays, si ce n’est par la pratique d’une nouvelle traite négrière camouflée en oeuvre humanitaire ? Et, qui plus est, sans aucune circonstance atténuante car accuser Colbert de crime contre l’humanité n’est rien d’autre qu’un grotesque anachronisme auquel ne peuvent pas prétendre les capitaines d’industrie dont nous parlions.

Alors, les tenants du déboulonnage tentent une « sortie par le haut » : l’exemplarité et la pédagogie. Pourquoi évoquer particulièrement les collèges et les lycées ? « Parce que la question posée aujourd’hui est celle de l’histoire, de la mémoire et de la transmission. Si l’école républicaine renonce elle-même à ces valeurs, elle n’a plus lieu d’être. Comment peut-on sur un même fronton inscrire le nom de  » Colbert « , et en dessous,  » Liberté, Egalité, Fraternité  » ? Comment peut-on enseigner le vivre-ensemble et les valeurs républicaines à l’ombre de Colbert ? » prétend même l’un des leurs, l’inénarrable Louis-Georges Tin (président du Conseil représentatif des associations noires de France -CRAN-).

C’est lui

Mais alors, pourquoi ne demande-t-il pas, par exemple, que l’on débaptise le Lycée Louis-le-Grand à Paris dont le nom ne répond manifestement pas aux « valeurs républicaines » qu’il nous vante ?

Louis-Georges Tin a une autre idée à nous proposer. Si on veut vraiment sauvegarder la mémoire de l’esclavage, il vaudrait mieux donner à ces établissements les noms de ces héros, noirs ou blancs, souvent méconnus, qui luttèrent contre l’esclavage. Par exemple Delgrès, héros de la Guadeloupe, ou les habitants de Champagney (Haute-Saône), qui, pendant la Révolution, plaidèrent pour l’abolition.

C’est pourquoi, dans le cadre de cette rentrée 2017, un certain nombre de « comités Théodule » regroupant quelques pétitionnaires professionnels, citoyens, professeurs, élèves, parents d’élèves, demandent au ministre de l’éducation nationale d’engager une réflexion, en concertation avec des « personnalités qualifiées« , (associations – on sait lesquelles -, syndicats -au nom de quoi ? – et les établissements concernés), afin que les symboles qui célèbrent Colbert dans ces institutions éducatives soient remplacés par d’autres noms qui valorisent plutôt la résistance à l’esclavage. C’est paraît-il aussi cela, la réparation à laquelle ils appellent le ministre de l’éducation nationale…

L’Espagne a été, avant la France, frappée par ce genre de démence à propos du régime du général Franco. La résistance s’y est organisée et se poursuit malgré les assauts de la pensée conforme et obligatoire. Mais la maladie est contagieuse et a franchi les Pyrénées !

À nous de savoir y faire face. Nous en avons les moyens, ayons-en le courage.

Le 21 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Si vous avez voté pour Emmanuel Macron voici aussi pour quoi vous avez voté*.

21 Sep

Emmanuel Macron : « Je vous ai bien eu…« 

Si vous êtes salarié dans le privé

• Vous y perdez avec la hausse de la CSG. Emmanuel Macron l’avait promis durant sa campagne, et il compte tenir parole : la hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG) s’appliquera à l’ensemble des revenus au 1er janvier 2018. Donc à votre salaire. Concrètement, si vous touchez le smic, cela représentera 24,50 euros de moins sur votre feuille de paie, estime Capital (sur la base de 1 466,62 euros brut par mois en 2016).

• Vous y gagnez avec la suppression des cotisations maladie et chômage. Vous bénéficiez en effet de la suppression des cotisations salariales de l’assurance maladie (0,75% du salaire brut) et de l’assurance chômage (2,4%). Selon Capital, la première vous permettra, si vous êtes au smic, de gagner 11 euros supplémentaires par mois ; la seconde 35,20 euros. A l’arrivée, une fois ôtée la CSG, votre feuille de paie devrait afficher 21,70 euros de plus par mois, soit 260 euros par an.

Et plus votre salaire est élevé, plus vous y gagnerez. Le bénéfice se montera ainsi à 533 euros par an pour un salarié touchant 3 000 euros brut mensuels. Un bémol tout de même, relevé par Les Echos : alors que la hausse de la CSG prendra effet dès le début 2018, « les cotisations sociales devraient, elles, baisser en deux temps ». Il faudra donc attendre le dernier trimestre 2018 pour bénéficier à plein du surcroît salarial annoncé. Mais, quand même, mieux vaut être plutôt riche que plutôt pauvre dans notre pays !

Si vous êtes fonctionnaire

• Vous y perdez avec le gel du point d’indice. Il n’y aura pas de hausse de la valeur du point d’indice – qui sert de calcul à la rémunération des agents publics – pour 2018. Donc pas d’augmentation générale des salaires en vue.

• Vous y perdez avec la hausse de la CSG. Vous subissez le même sort que les salariés du privé. Vos salaires seront davantage ponctionnés, avec l’augmentation de 1,7% de la contribution sociale généralisée.

• Et vous ne pouvez pas encore compter sur une compensation. Car la suppression des cotisations chômage et maladie ne vous concerne pas, du fait de votre statut. En l’état, vous y perdez, mais le gouvernement a promis une compensation. La discussion est en cours quant à ses modalités. Dernière proposition en date côté gouvernement : supprimer la cotisation exceptionnelle de solidarité, qui se monte à 1%, et ajouter, dès janvier, une « indemnité compensatoire » dont le montant n’a pas encore été fixé. Pour les syndicats, le compte n’y est pas et la colère gronde au point que – fait inédit depuis dix ans – tous appellent à la grève le 10 octobre.

Si vous êtes retraité

• Vous y perdez avec la hausse de la CSG. Comme les autres, elle va vous frapper au portefeuille, sauf si vous touchez moins de 1 200 euros mensuels et que vous êtes exonéré de CSG ou soumis à son taux réduit. Mais si vous ne faites pas partie des 40% de retraités aux revenus les plus modestes, vous sentirez la ponction. En effet, sur une pension de 1 500 euros par mois, une hausse de 1,7 point de CSG représente près de 25 euros de prélèvement supplémentaire. A priori, vous êtes le ou la principal(e) perdant(e) de cette mesure.

• Vous y gagnez avec la hausse de votre pension de base. Bonne nouvelle pour les seniors : la pension de base des salariés du privé, des indépendants et des agriculteurs augmentera de 0,8% au 1er octobre 2017. Un coup de pouce après « trois années de vaches maigres », assurent Les Echos.

• Mais votre retraite complémentaire stagne. En revanche, si la base augmente, la retraite complémentaire, dont la revalorisation annuelle est le 1er novembre, devrait stagner en 2017, prévient L’Express. Et ce pour la quatrième année consécutive. En effet, depuis 2015, cette revalorisation est égale au niveau de l’inflation moins un point (sans pouvoir être négative).

Si vous êtes un petit épargnant

• Votre Livret A ne suivra pas l’inflation. En août, compte tenu de l’inflation, il aurait dû passer à un taux de 1% d’intérêts. Mais le gouvernement en a décidé autrement, en maintenant le taux du Livret A à 0,75%, son plus bas niveau historique. Résultat ? « Son taux de rémunération est clairement négatif puisque l’inflation se monte à 0,9% depuis le début de l’année », commente l’économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.

• Votre nouveau PEL sera soumis à un impôt de 30%. Big bang fiscal au 1er janvier prochain : les intérêts des plans épargne-logement (PEL) ouverts en 2018 seront soumis à un impôt forfaitaire de 30% dès la première année, soit le taux de la « flat tax » (impôt unique) annoncé par le gouvernement sur les revenus du capital. « Il y a une volonté manifeste de pénaliser ce produit qui coûte cher aux banques », analyse Philippe Crevel. Mais il n’y aura pas d’effet rétroactif. Pour les plans ouverts avant le 1er janvier 2018, « les intérêts produits jusqu’à la veille du 12e anniversaire du PEL resteront exonérés d’impôt sur le revenu », a promis le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Mais n’oubliez pas que les promesses de ces gens-là n’engagent que ceux qui les écoutent.

Si vous avez un gros patrimoine

• Votre assurance-vie sera davantage taxée au-delà de 150 000 euros d’encours. Afin de limiter l’affection pour ce produit, le gouvernement a pris des mesures contre les « assurés haut de gamme », explique Philippe Crevel. A partir de 2018, l’imposition forfaitaire de 30% s’appliquera sur les revenus de l’assurance-vie, mais au-delà de « 150 000 euros d’encours net, tous contrats confondus, pour une personne seule et 300 000 euros pour un couple ». En-deçà de ces montants, « les détenteurs de contrats d’assurance-vie n’ont aucune raison de s’inquiéter. Rien ne change pour les revenus produits par les versements antérieurs à la réforme, quel que soit leur montant », garantit Bruno Le Maire. Mais, ça, c’est encore une promesse…et, qui plus est, de Bruno Le Maire !

• Votre épargne en actions est encouragée. Le gouvernement cherche clairement à orienter dans cette direction les plus fortunés car « l’effort d’épargne est concentré massivement sur les 20% les plus riches », synthétise Philippe Crevel. D’où la décision de maintenir la fiscalité très avantageuse des plans d’épargne en action (PEA), qui, au-delà de la cinquième année, ne sont plus soumis qu’aux prélèvements sociaux. D’où, surtout, la décision de ramener au taux maximum unique de 30% l’imposition sur les revenus du capital.

Mais…si vous touchez plus de 160 000 euros annuels et possédez un compte titres (panier d’actions ou d’obligations), vous êtes le grand gagnant de cette « flat tax« . Votre imposition va passer de « 60% de prélèvement maximum à 30 [le taux unique], soit une division par deux », analyse Philippe Crevel. Cerise supplémentaire sur le gâteau, si vous comptez parmi les 342 000 foyers les plus riches de France, vous pourrez déduire ces valeurs mobilières de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), voué à une mort prochaine. L’ISF sera remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière, taxant les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 million d’euros. En d’autres termes, avec Emmanuel Macron, PLUS VOUS ÊTES RICHE ET PLUS VOUS SEREZ RICHE !

Si vous êtes locataire ou propriétaire

• Votre taxe d’habitation pourrait bien baisser. C’était une des mesures les plus populaires du candidat Macron : 80% des ménages n’auront plus à payer la taxe d’habitation d’ici trois ans, sachant que 12 millions de foyers en sont déjà exonérés en raison de leurs faibles revenus. Concrètement, selon l’entourage de Gérald Darmanin cité par Le Monde, un contribuable gagnant« jusqu’à environ 2 500 euros de revenu mensuel imposable » pourra être exonéré de la taxe d’habitation.

Les ménages concernés vont bénéficier progressivement de cette réforme. Leur taxe d’habitation sera 30% moins élevée dès 2018, puis baissera de nouveau d’un tiers en 2019, jusqu’à une exonération totale en 2020. « Quelqu’un qui paye 600 euros de taxe cette année payera 420 euros l’année prochaine, puis 200 euros, puis 0 euro », a détaillé Gérald Darmanin.

• Vos APL vont baisser et le calcul en sera modifié. Tollé en juin, lorsque le gouvernement a annoncé la baisse des aides personnelles au logement (APL) de 5 euros. Il a tenté de se rattraper en lançant (en vain) un appel aux propriétaires pour qu’ils baissent les loyers de 5 euros ! Dans les HLM, pour que les locataires n’aient pas à payer la facture de la baisse des APL, le gouvernement a demandé aux bailleurs de diminuer les loyers.

A partir du 1er janvier 2019, les APL seront calculées sur la base du revenu de l’année en cours, a annoncé, dimanche 17 septembre, le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie. Jusque-là, le montant de cette prestation était calculé sur le revenu déclaré par le bénéficiaire deux ans plus tôt.

Alors, HEUREUX ?

Le 21 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Car Emmanuel Macron avait tout annoncé. Il est l’homme qui fait ce qu’il dit.

Messe de fondation de l’Hôtel des Invalides.

20 Sep

Grâce à notre ami créateur du site Les Rois souterrains, nous vous permettons d’assister à l’arrivée des personnalités, ce dimanche 17 septembre 2017 en la cathédrale Saint-Louis des Invalides. Cette messe de fondation de l’Hôtel des Invalides fut célébrée par Mgr Antoine de Romanet de Beaune, évêque aux Armées, en présence de Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou et chef de la maison de Bourbon, et de Monseigneur le prince Henri d’Orléans, chef de la branche cadette de la maison de Bourbon.

 

Le 20 septembre 2017.

Surtout, ne pas confondre la « décroissance » avec la « déconsommation ».

20 Sep

Car, paradoxalement, la « déconsommation » est un luxe auquel ne sont sensibles que…les nantis. En voici la preuve.

Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, ce n’est pas en remplissant mais en vidant ses placards que l’on fait sensation. Pionnière française de la détox vestimentaire, la youtubeuse Laetitia Birbes, 33  ans, s’est fait connaître en se lançant publiquement le défi de ne plus acheter de vêtements.  » J’étais une meuf classique ! Il pouvait m’arriver de me payer jusqu’à 500  euros de fringues par jour, et je ne voyais pas où était le problème (ndcer: nous, si. Car qui peut, à part les nantis et autres bobos, se payer 500 euros de fringues par jour ?). Dès que ça se passait mal avec mon mec, que je ratais un examen ou que je m’ennuyais, j’achetais des vêtements. J’avais si bien intégré le discours des publicitaires que je confondais moi aussi les produits et les émotions.  » Notre Laetitia entreprend alors de se séparer de son impressionnante garde-robe, en donnant autour d’elle ce qui encombre ses placards. Et la même de nous expliquer que, petit à petit, se dénouent les liens invisibles qui l’enchaînent à la ronde des promos, à  l’obsolescence programmée des tendances, et disparaît par la même occasion une charge mentale insoupçonnée !

Le consumérisme serait donc cet état de tension permanent que l’on ne peut appréhender qu’en en sortant.  » Tant que je consommais de façon compulsive, je n’étais pas dans l’instant présent. Aujourd’hui que je ne suis plus focalisée sur les vitrines, je prends le temps de regarder les pépés et mémés aux fenêtres et de leur sourire (ndcer: on sent quand même dans le choix des mots un reste de condescendance, n’est-ce pas ?) ». D’ailleurs, elle ajoute aussitôt : «  Je ne me suis jamais sentie aussi riche que depuis que je ne possède rien. » Elle qui conserve néanmoins une carte bancaire en guise de filet de sécurité…au cas où.  Le dernier achat de cette accro au dépouillement ?  » Euh, je ne m’en souviens plus « , s’excuse la demoiselle, qui se considère ouvertement comme une ancienne droguée ayant subi une longue cure de désintoxication. Comme quoi, il suffit de le vouloir.

Loin d’être un cas isolé, elle fait partie de ces Français de plus en plus nombreux qui empruntent la voie de la déconsommation. On les trouve essentiellement dans les grands centres urbains où, équipés de leurs sacs en papier kraft, ils vont avec parcimonie se réapprovisionner en baies de goji et en lentilles corail. Sous l’effet de ce nouvel attrait pour la frugalité, la France a connu pour la première fois en  2016 une année de consommation négative en volume, aux alentours de -0,1 % (à l’exception de 2008 où la violence de la crise avait induit une contraction des achats alimentaires).  » C’était d’autant plus notable qu’on a été habitué tout au long de la décennie à des hausses constantes, mécaniquement dopées par l’augmentation de la population et la baisse des prix « , souligne Jacques Dupré, spécialiste des marchés de grande consommation chez IRI.

Comme des actions surévaluées, l’alcool, le lait et ses dérivés, la viande, les sodas, les produits d’entretien et d’hygiène beauté, les surgelés et le pain ont vu  leurs ventes chuter. De même pour l’habillement et les chaussures. Selon les chiffres les plus récent en la matière, non seulement cette tendance se confirme, mais elle s’amplifie.  » On note au premier semestre 2017 une accentuation du phénomène avec une baisse de  0,3 % de la consommation en volume, alors que le PIB se redresse et que le moral des Français n’est pas (encore) mauvais. La déconsommation est clairement un mouvement de fond « , affirme Gaëlle Le  Floch, analyste chez Kantar Worldpanel, un institut qui décortique les habitudes d’achat de 20 000  foyers.

Même s’il y a autant de facteurs explicatifs que de déconsommateurs, les crises sanitaires à répétition semblent avoir lourdement pesé sur les comportements.  » On nous dit : “Attention vous mangez trop de viande, attention le lait de vache n’est pas bon pour la santé, le jambon est plein de nitrites, les œufs sont contaminés.” Dès qu’il y a un scandale sur le saumon, les ventes chutent de  10 %. Les gens se portent alors vers le bio, le local, le végétarien, les produits non transformés ; ils consomment moins, mais mieux, plus haut de gamme « , précise Jacques Dupré. En tout cas…chez les plus aisés. Hélas, il se peut que ça ne dure pas car ils vont bientôt mesurer l’impact de la nouvelle fiscalité Macron sur leur train de vie et le bio…ça coûte cher.

 » Mon père est du Limousin et ma mère est Normande, donc, à la base, je suis une grosse viandarde, raconte Bénédicte Couthellias, consultante en communication digitale. Mais, il y a trois ans, j’ai commencé à m’informer sur les incidences de ma consommation. Maintenant, quand je vois un steak, j’ai immédiatement la vision de toute la filière : l’Amazonie qu’on a déforestée pour planter du soja qui aura servi à nourrir les bêtes, l’eau qu’on a gaspillée, la barbarie des méthodes d’abattage. Du coup, je suis devenue végane…  » Noter tout de même qu’avec ces gens-là on tombe immédiatement d’un excès dans l’autre ! Cela porte un nom : LA MODE. Et, comme chacun devrait le savoir, LA MODE, C’EST CE QUI SE DÉMODE. Aussi, il est peut-être encore loin le temps de la décroissance (http://www.ladecroissance.net)…

Certains nomment «  éconologie  » cette vision émergente qui imbrique intimement économie et écologie, une perception globalisée de la consommation qu’illustre notamment The True Cost (2015), documentaire d’Andrew Morgan dont le propos est d’explorer les effets délétères de la mode à bas prix (conditions de travail mortifères, pollution des sols…). Alors qu’il y a une décennie encore on ne voyait pas plus loin que la prochaine tête de gondole, chez de nombreux « déconsommateurs » s’impose l’idée qu’il faut réévaluer le coût réel de nos achats, en y  intégrant aussi bien les maladies de civilisation et les dégâts environnementaux que la souffrance causée à autrui, fût-il en train de coudre un smiley sur un tee-shirt à l’autre bout du monde. Et, là, c’est le côté droit-de-l’hommiste du bobo qui refait surface. Dommage que sa prise de conscience n’aille pas jusqu’à dénoncer les négriers et la traite africaine trans-méditerranéenne qui les fournit en main-d’oeuvre bon marché !

Sous l’effet de cette baisse de la fièvre acheteuse, le supermarché, lieu emblématique des  » trente glorieuses « , sorte de corne d’abondance où tous les produits seraient entassés, est aujourd’hui une étoile pâlissante. Dans un monde qui valorise la frugalité, la troisième boîte de petits pois offerte n’est plus un argument.  » Je ne peux plus aller dans une grande surface sans ressentir des bouffées d’angoisse. Cette norme dans laquelle on essaie absolument de nous faire entrer à coups de cartes de fidélité, ça m’effraie. Avant, j’allais acheter un truc et je ressortais avec une passoire et des petites cuillères que j’avais déjà en double à la maison. Maintenant, je préfère largement la récup, l’échange. Cette culture de la gratuité est à réapprivoiser ; on en a tellement été coupé qu’elle fait presque peur « , explique Isabelle Chemin, jeune graphiste qui n’a pas connu mai 68 et ses suites dont, en particulier, la néo-ruralité sur le plateau du Larzac !

Dans ce monde où resurgissent les anciens réflexes antigaspi et les vieilles recettes de grands-mères, le do it yourself a le vent en poupe. Alors que la commercialisation des produits d’entretien industriels s’effondre, le vinaigre blanc connaît un succès sans précédent. Rien que pour le premier semestre 2017, sa consommation a bondi de  10 %.  » Je m’en sers comme nettoyant multisurface et comme assouplissant. J’y ajoute quelques gouttes d’huile essentielle (sic) pour gommer l’acidité, confie Margaux, qui travaille dans une radio parisienne. C’est génial, ça coûte à peine 0,70  centime le litre ! Comme je suis angoissée par les dangers de l’aluminium, je fabrique aussi mon déodorant moi-même, avec de l’huile de coco, du bicarbonate de sodium et de la maïzena. Quand j’ai testé cette mixture pour la première fois au bureau, j’ai quand même emporté un déo industriel de secours. De toute façon, les jours où il  fait 40  degrés, tout le monde pue. «  Ah, réalisme, quand tu nous tiens…

A la mutualisation des odeurs, qui témoigne d’un désir revivifié de naturalité, s’ajoute aujourd’hui celle des ressources, dans un contexte où la possession perd de son attrait au profit d’une vision recentrée sur les usages.  » J’ai décidé de ne plus acheter d’imprimante domestique. Ça n’avait pas de sens de payer des cartouches une fortune pour imprimer cinq feuilles alors qu’on peut faire ça au bureau ou dans des boutiques spécialisées. Par contre, je peux dépenser sans compter pour une boîte de Lego « , raconte Frédéric Philippe, ingénieur informatique et bobo-type parisien. Si dans les économies émergentes on peut encore exhiber son copieur multifonction comme s’il s’agissait d’une sculpture de Jeff Koons, chez nous, le fétichisme de l’objet laisse progressivement place à un fétichisme de l’expérience, dessinant les contours d’un nouveau type de citoyen : l’ascète productif. C’est la nouvelle appellation du bourgeois bohème !

Pour le sociologue Dominique Desjeux, auteur de l’ouvrage Le Consommateur malin face à la crise (L’Harmattan, 2013),  » il faut envisager la déconsommation comme une nouvelle stratégie de distinction. Alors que le fait de posséder une cafetière ou de manger du saumon est considéré chez nous comme une chose banale, le bio, au contraire, est un puissant outil permettant de signifier son appartenance à une certaine classe sociale « , ainsi que nous le rappelions plus haut.

Derrière cet attrait pour une vie plus saine apparaissent pourtant des comportements paradoxaux : le « déconsommateur« , qui tente de sauver la planète d’une main en réduisant ses emballages et en mangeant du quinoa équitable, peut de l’autre multiplier les voyages en avion pour vivre de belles histoires en Thaïlande ou dans quelques îles du Pacifique.  » La déconsommation s’accompagne d’un espoir de se sentir mieux, de vivre une vie meilleure. Au travers de cette maîtrise de la conso, les gens ont le sentiment de reprendre le contrôle sur une existence qui leur échappe, de changer le monde. Les rares objets que l’on achète ne sont plus une fin en soi mais sont envisagés comme un moyen d’atteindre un objectif social, spirituel « , explique Fanny Parise, anthropologue spécialiste de la consommation.  » C’est hyper-reposant de ne posséder que le minimum vital « , confirme sans rire la graphiste Isabelle Chemin. Pour nous, hélas, cette démarche porte un nom : le snobisme. À moins que ce ne soit tout simplement de la bêtise.

Dans cette nouvelle économie symbolique où la sobriété heureuse se nourrit dialectiquement de la tentation environnante, la consommation est souvent envisagée comme une souillure, une maladie honteuse dans laquelle il ne faudrait pas retomber.  » Parfois j’ai des rechutes et je me laisse tenter par les fringues des boutiques en ligne Etsy, mais ça reste des produits de créateurs, originaux « , confie Bénédicte Couthellias comme si elle parlait de crises de palu.  » Cette aspiration peut parfois virer à l’obsession. Certains déconsommateurs deviennent alors de véritables évangélistes d’un mode de vie minimaliste qu’ils tentent d’imposer aux autres « , poursuit Fanny Parise. Et nous y voilà. Aucune prise de conscience politique ni même philosophique. Simplement une mode.

Ce n’est pas avec ça que nous pourrons construire un véritable mouvement de décroissance, seule solution à la folie des hommes et des femmes du vingt-et-unième siècle.

Le 20 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

À quatre jours des élections législatives en Allemagne…

20 Sep

Et bien que tout ait été fait par Angela Merkel et ses complices pour la travestir, la tragédie migratoire refait surface. Car, ne l’oublions jamais, LES FAITS SONT TÊTUS.

Paul en est d’autant plus persuadé qu’il a  » arrêté de lire la presse  » qui ne  » disait plus la vérité « . Non, les centaines de migrants arrivés depuis 2015 dans sa petite ville de Sigmaringen, au cœur du Bade-Wurtemberg, une des régions les plus -riches d’Allemagne, ne vont pas résoudre le manque de main-d’œuvre des entreprises alentour.  » Quand on écoute Berlin, on nous dit que les migrants sont tous des pharmaciens. Mais, la réalité, c’est qu’ils n’ont pas de diplômes et sont analphabètes. Ce ne sont certainement pas eux qui vont sauver nos retraites « , assure ce Hongrois de naissance, 63 ans, arrivé ici juste après la chute du Mur, et désormais citoyen allemand.

Ingénieur aisé d’une entreprise de construction locale et avec sa femme, Judith, 49 ans, elle aussi germano-hongroise, arrivée en 2010, ils soutiennent sans hésitation le parti populiste Alternative für Deutschland (AfD, Alternative pour l’Allemagne) –  » le seul parti qui peut nous sauver du désastre de l’islamisation. «  Dans ce fief riche de la CDU, le parti d’Angela Merkel, l’AfD a fait une percée surprise lors des élections régionales de 2016. Tous les deux sont venus ce mardi soir au meeting de campagne du candidat local pour les législatives du 24  septembre.

Environ un millier résident actuellement dans la commune, dont 568 concentrés dans une ancienne base militaire qui domine la ville et qui a été transformée en  2015 en centre de premier accueil. Au pic de la crise, en novembre de cette année-là, ils furent jusqu’à 2 642 demandeurs d’asile à se répartir dans les anciens dortoirs de l’armée. Un chiffre qui  » a causé des soucis « , reconnaît Thomas Schärer, le maire (CDU). D’autant plus que la mairie n’a pas eu son mot à dire.  » On nous avait promis au début qu’il n’y en aurait pas plus de 1 500. « , assure-t-il.

Sous la pression de ses habitants, il a toutefois obtenu que le nombre de primo-arrivants ne dépasse plus les 875 sur l’ex-base militaire. Accusés de boire dans la rue, les migrants ont de facto fait monter la criminalité, qui a plus que doublé dans cette commune jusqu’ici très tranquille.  » Les vols ont explosé. Comme les comportements incorrects envers les femmes « , reconnaît le maire.

Ces derniers mois, la police a dû intervenir plusieurs fois pour arrêter des affrontements entre migrants au sein du centre. Arrivées en masse en  2015, les familles syriennes, quasi certaines d’obtenir l’asile, ne sont pas restées très longtemps. Désormais, Gambiens, Nigérians et Marocains représentent 70  % des migrants hébergés. Des hommes surtout, venus de pays considérés comme  » sûrs « , et qui ont donc très peu de chances d’obtenir l’asile.

Dans une région où le taux de chômage est d’à peine 3  % mais la population active de plus en plus âgée, de nombreux chefs d’entreprise ont vite lorgné ces nouveaux bras. Ce sont les négriers que nous dénonçons inlassablement.

Comme la plupart des entrepreneurs de la région, Dominik Eisele se plaint des démarches laborieuses à effectuer auprès de l’équivalent allemand de Pôle emploi.Les demandeurs d’asile ont interdiction absolue de travailler les quatre premiers mois de leur arrivée, et même après cela reste très compliqué tant que la demande d’asile n’a pas été formellement reconnue.  » Et quand on n’a rien à faire, qu’on a en plus aucune chance d’obtenir l’asile, on peut devenir violent « , estime Birgitta Samtner-Kempf, porte-parole du centre de réfugiés. Il fallait rester au pays !

Au Pôle emploi de Sigmaringen, désespérément vide, deux conseillers se consacrent aux demandeurs d’asile. Manuela Reinauer ne le cache pas :  » La volonté des employeurs est là, mais ils veulent des compétences, un permis de conduire, et parfois ils ne veulent pas de gens de couleur (…).  Pour certains réfugiés, on ne peut rien faire, il y a beaucoup d’Africains qui n’ont jamais été à l’école…  » Montrant ainsi combien ont menti les chefs d’entreprises allemands mais aussi Angela Merkel et ses ministres, en 2015, lorsqu’ils affirmaient au vain peuple que tous ces migrants étaient pourvus de diplômes et qu’ils permettraient de sauver une démographie en péril et une économie manquant de travailleurs.

Signe des divisions internes de la CDU, le parti de Mme Merkel, sur le sujet, son député local est inquiet et assure qu’il faudra expulser tous les réfugiés une fois que la situation dans leur pays d’origine sera résolue. Que faire alors pour le manque de main-d’œuvre ?  » Former les jeunes « ,  » automatiser les usines « , propose-t-il.  » Et il y a aussi beaucoup de chômeurs dans d’autres pays d’Europe qu’il faut faire venir en priorité, ils sont plus proches de nos traditions et de notre culture que les gens qui viennent d’Afrique. « 

Tant de bon sens mérite le respect !

Le 20 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.