Et si c’était un coup monté ?

23 Mai

Il y a quelques jours seulement nous évoquions ici même l’imposture des créanciers de la Grèce et les illusions du gouvernement de ce pays (Lire « Pour Emmanuel Macron, il faut encore plus d’Europe » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/05/20/pour-emmanuel-macron-il-faut-encore-plus-deurope/) quant à l’aide financière qu’il attend de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI).

Or, lundi 22 mai, les ministres des finances de l’Eurozone, réunis à Bruxelles, sont sortis de réunion au milieu de la nuit sans parvenir à l’accord attendu sur le versement d’une nouvelle tranche d’aide à Athènes, alors que le gouvernement Tsipras espérait au moins 7 milliards d’euros de prêts.

Ces sommes importantes, la Grèce en a pourtant absolument besoin pour parvenir à faire face, début juillet, à ses échéances de remboursement d’emprunts antérieurs….auprès de la Banque centrale européenne (BCE), l’un de ses trois principaux créanciers – avec le Fonds monétaire international (FMI) et le Mécanisme européen de stabilité (MES). Souvenez-vous du dessin humoristique qui égayait notre communiqué du 20 mai :

Surtout, Athènes n’a rien obtenu de concret, lundi, concernant des mesures d’allégement de l’énorme dette publique du pays (180 % de son produit intérieur brut, PIB). Alexis Tsipras, le premier ministre de la gauche radicale, promet de réduire le fardeau de la dette depuis qu’il a été élu, en janvier 2015, sans avoir réussi à obtenir jusqu’à présent de concessions significatives de la part de ses créanciers.

Les Grecs ont pourtant largement fait leur part du chemin. Ces derniers mois, pour espérer toucher d’autres prêts dans le cadre du troisième plan d’aide (86 milliards au total, décidé à l’été 2015), ils ont accepté pas moins de 140 mesures de rigueur (réformes, réduction des dépenses, augmentation des prélèvements).

« Ces réformes ne sont pas mineures, elles sont amples et profondes », a précisé, lundi, le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, évoquant, entre autres, « les administrations publiques, des privatisations, des mesures budgétaires additionnelles »

Espérant un accord à l’Eurogroupe, le Parlement grec a d’ailleurs adopté, jeudi 18 mai, une loi « omnibus » portant sur 45 des actions préconisées par les créanciers, dont une nouvelle réforme des retraites, la 14e depuis le début de la récession en 2010… Mais cela n’a pas été suffisant pour convaincre, à Bruxelles, lundi.

La vérité est que, depuis plus d’un an, les Grecs sont les otages d’un affrontement qui les dépasse largement. Il oppose principalement le FMI au très influent ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, dit le Dogue allemand. Ce dernier réclame que le Fonds, qui n’a toujours pas pris sa décision, participe enfin financièrement au troisième plan d’aide à la Grèce, pour tenir une promesse qu’il a faite devant les élus du Bundestag, à l’été 2015 !

Mais le FMI, pour des raisons à la fois politiques et de fonctionnement interne, hésite toujours et réclame, en échange de son ralliement, un allégement substantiel de la dette grecque. allégement dont les Allemands, mais aussi les Finlandais ou les Néerlandais contestent la nécessité.

Ce blocage serait responsable de la révision à la baisse, par Athènes, de sa prévision de croissance du PIB pour 2017 (passant sans surprise de 2,7 % à 1,8 %). Les incertitudes liées à l’aide grecque ont pour effet de décourager les investisseurs dans le pays. Cette situation est d’autant plus aberrante que les Grecs n’ont pas besoin de l’argent du FMI. Ils n’ont, pour l’instant, « tiré » qu’un peu plus de 30 milliards d’euros sur les 86 milliards rendus disponibles dans le cadre du troisième plan d’aide. Sans compter que, délivrés à court terme, ces prêts sont plus coûteux à rembourser pour la Grèce que ceux octroyés par la BCE et le MES…

Lundi soir, conscientes de l’urgence de la solution, les parties sont pourtant passées tout près d’un accord, l’Allemagne acceptant par exemple de n’exiger un surplus primaire grec (surplus budgétaire hors paiement des dettes) de 3,5 % du PIB que jusqu’en 2022 (au lieu de 2027). Mais le FMI aurait proposé de n’octroyer un prêt à la Grèce qu’à la fin du troisième plan d’aide (mi-2018). Redoutant un demi-accord, sans toutes les mesures de dette souhaitées, les Grecs auraient préféré repousser cette offre.

Ils comptent désormais sur le dernier Eurogroupe prévu avant leurs échéances de remboursement de juillet, le 15 juin, pour parvenir enfin à s’entendre. A moins qu’ils ne parient sur un accord au sommet entre le président français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande, Angela Merkel, qui se croiseront au G7 de Taormine, les 26 et 27 mai ? Quelques heures avant l’Eurogroupe, Emmanuel Macron avait en effet fait savoir qu’il s’était entretenu par téléphone avec Alexis Tsipras pour lui affirmer sa volonté de « trouver un accord prochainement pour alléger dans la durée le poids de la dette ».

Et si tous ces prétendus atermoiements n’étaient en réalité qu’un tour de passe-passe pour donner du crédit à Emmanuel Macron face aux créanciers de la Grèce et lui permettre d’apparaître en démiurge aux yeux des peuples fascinés ?…Nous serons bien vite fixés.

Le 23 mai 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

Appel à l’unité chez les Romanow par le prince Dmitri Romanovsky-Ilyinsky.

23 Mai

     Dans un court discours au Russian Nobility Ball pour le 100ème anniversaire de la chute de la monarchie russe,le 6 mai 2017, le prince Dmitri Romanovsky-Ilyinsky a appellé les Romanov a mettre fin à leur querelle et sceller une union immédiate :

« Il est temps pour la famille Romanov de mettre de côté les arguments des uns et des autres datant du 19ème siècle et de travailler ensemble afin que notre famille contribue à aider la Russie moderne. Il est temps de remercier notre Cousine Maria pour tous les efforts qu’elle a entrepris en Russie et toute la bonne volonté qu’elle a générée. Elle a visité la Russie plus de 100 fois en 25 ans et permis le maintien des traditions liées à notre famille Il est temps de remercier mon frère Michael Pavlovich pour tout ce qu’il a fait, ainsi que l’Association familiale Romanov et d’admettre que son chef est le seul prétendant au trône »

Dmitri Romanovsky-Ilyinsky est le frère du prince Michael Romanov-Ilyinsky (né en 1959) et vice Président de l’association des membres de la famille impériale Romanov. Photographe de talent, le prince Michael est un descendant du Tsar Alexandre II et de Georges Ier de Grèce.  Après une jeunesse dorée tumultueuse et des problèmes d’addiction d’alcool . C’est en 1989 que le prince est revenu pour la première fois sur la terre de ses ancêtres. En 2013 il a fait don au musée de Tsarskoïe Selo https://voyages.michelin.fr/europe/russie/district-federal-du-nord-ouest/ville-federale-de-saint-petersbourg/pouchkine-1  de livres, de photographies, de tableaux, de gravures, de lettres des membres de la famille impériale. Le père des deux princes est lui-même une célébrité aux Etats-Unis puisque le prince Paul Ilyinsky (1928-2004) a été le premier Romanov a être élu maire de Miami sous l’étiquette républicaine de 1993 à 2000.

Frederic De Natal, CJA, a publié dans la page FB International Monarchist Conference – Conférence Monarchiste Internationale.

Macron et l’enseignement : ne vous attendez pas à des miracles.

22 Mai

On nous a dit et répété que le programme éducatif du nouveau président de la République est une des  » priorités du quinquennat « . Discours connu car obligatoire depuis 1968 (rendez-vous compte, bientôt cinquante ans soit deux générations !).

Alors, qu’en est-il réellement ?

D’abord sa mesure phare : la réduction à 12 de l’effectif des élèves des classes de CP et CE1, dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP) et REP +. Mais aussitôt apparaît une question :  pourquoi 12 élèves ? Pour diviser deux classes de CP de 24 élèves (soit 48 élèves), deux nouveaux professeurs ainsi que deux nouvelles salles de classe seront nécessaires. Le coût de scolarisation par élève sera doublé ! Si ce seuil était fixé à 16, il ne faudrait plus qu’une seule classe supplémentaire (48/16 est égal à 3). L’efficacité d’un tel dispositif en serait-elle diminuée ? Non, bien sûr alors que le coût en professeurs et en espaces supplémentaires serait bien moindre. Mais quelques mauvais esprits ajouteront peut-être :  » pourquoi 12 ? Pourquoi pas tout simplement des cours particuliers de mise à niveau ?  » !

Voici une réponse. Grâce aux moyens économisés en CP et CE1 avec des classes de 16 élèves, il serait alors possible d’appliquer aussi cette mesure aux classes de 6e REP +, pour favoriser la transition souvent difficile entre l’élémentaire et le collège… En sachant cependant qu’aucune de ces mesures ne suffira pour supprimer les difficultés scolaires des élèves les plus faibles. Rappelons en effet que la plupart des élèves de ces réseaux d’éducation prioritaire sont en réalité issus de l’immigration-invasion que l’on continue de qualifier de  » Chance pour la France  » mais dont on devrait avoir appris depuis longtemps qu’elle est inassimilable au sein de notre tissu social, n’aboutissant inexorablement qu’à une acculturation négative des jeunes Français de souche.

Que penser ensuite de la proposition d’Emmanuel Macron d’augmenter la prime annuelle accordée aux enseignants du premier et du second degré qui exercent en REP (de 2 300 à 5 300 euros net), histoire de les motiver davantage ? Cela devrait permettre, nous dit-on, de stabiliser les équipes enseignantes, actuellement marquées par un « turn-over » (mot pseudo-scientifique pour dire que ces malheureux enseignants se lassent rapidement de prêcher dans le désert et de subir les violences que l’on sait) considérable qui altère les possibilités d’action pédagogique efficace.

Cette mesure pose toutefois un problème classique d’effet de seuil : les élèves scolarisés dans les REP ayant un niveau parfois proche de ceux classées REP +, les enseignants en poste en REP dans des équipes également instables ne devraient-ils pas aussi bénéficier d’une prime ? Ou bien, en contrepartie des difficultés rencontrées dans les établissements REP, bénéficier d’un avantage tel qu’un avancement de carrière plus rapide ? Bref, c’est sans fin alors que la vraie question est de savoir ce que font dans nos classes tous ces encombrants venus d’ailleurs…

Reste la question de l’autonomie accordée aux établissements, dans le programme d’Emmanuel Macron et qui est à la fois la plus intéressante (car la plus innovatrice) mais aussi la plus polémique au sein même de l’Education nationale. De façon parfois schizophrénique, une partie des syndicats d’enseignants et des professeurs s’opposent aux directives ministérielles jugées trop contraignantes, souhaiteraient plus de liberté dans l’organisation pédagogique de leur établissement, par exemple pour la mise en œuvre des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI). Mais, paradoxalement, ils craignent aussi un accroissement de l’autonomie dont ils redoutent un effet inégalitaire bien qu’elle puisse être une façon adéquate de faire face à la diversité des situations locales. Si souvent décriée dans le système éducatif français, cette autonomie est centrale par exemple dans l’école finlandaise, avec le succès que l’on connaît.

Dans le programme Macron, elle est définie de façon très large. Par exemple, chaque établissement pourrait rétablir des classes bilangues dès la 6e, des langues anciennes ou un  » parcours  » européen. Mais cette autonomie élargie supprimerait l’un des points essentiels de la toute récente réforme du collège, qui avait pour but, au contraire, de limiter la diversité de l’offre pédagogique des établissements. Il s’agit là d’un élément d’importance qui était aussi présent dans les programmes éducatifs de Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, tous opposés à cette réforme de Najat Belkacem.

Il y a pourtant un risque : permettre aux établissements de choisir leurs options linguistiques leur donnerait la possibilité de privilégier la scolarité de minorités d’élèves comme , par exemple avec l’enseignement de l’arabe dans certains quartiers.  En ce sens, l’autonomie élargie proposée est tout à fait contraire au modèle finlandais tant vanté, qui repose sur le principe d’établissements qui, en tant que service public, ne sont pas en concurrence les uns avec les autres.

En revanche, plus l’offre est différenciée, plus la concurrence entre les établissements augmente et plus les stratégies de choix des établissements par les parents sont favorisées avec, d’un côté, des établissements au recrutement social plus aisé scolarisant massivement les meilleurs élèves ; de l’autre, des établissements davantage prolétarisés scolarisant des élèves en grande difficulté scolaire. Les données statistiques sont à ce titre éclairantes. Mais n’est-ce pas la meilleure façon d’inverser le risque d’acculturation dont nous parlions plus haut ?

Alors qu’en disent les syndicats de l’Education dite nationale et les utopistes de l’assimilation ? Ils prétendent que l’autonomie des établissements élargie au choix des options va  » accentuer la ghettoïsation déjà considérable de l’école française, augmenter ses fractures, favoriser les sentiments d’exclusion et les ressentiments. » Ajoutant, sans l’avoir démontré, que presque 20 % des établissements privés pratiquent une sélection ethnique : à dossiers scolaires comparables, ceux-ci préfèrent les Pierre et Marie aux Mohamed et Aïcha et créent, impunément, outre des sentiments d’injustice, une inégalité de traitement incompatible avec leur mission de service public. Mais c’est aussi un argument cherchant à nuire à l’enseignement privé comme au bon vieux temps de la  » guerre scolaire « …Car, après tout, est-il anormal que les parents cherchent à tout prix à exfiltrer leurs enfants de la Tour de Babel ?

Alors, les syndicats ont une contre-proposition à l’autonomie élargie du projet Macron. Une autre politique d’égalité des chances scolaires consisterait à ce que les options linguistiques soient davantage implantées dans les collèges socialement mixtes ou délaissés par les catégories sociales aisées, y compris les REP +, afin que ces options favorisent la mixité plutôt que les stratégies ségrégatives des parents. Le but poursuivi par une telle politique de mixité est, comme précédemment, d’améliorer les conditions d’enseignement dans les collèges REP + mais, surtout, d’en réduire le nombre, façon la plus économique et la plus efficace de  » donner plus à ceux qui ont moins « .

Pour tous ces bons apôtres de l’immigrationnisme, comme la mixité urbaine, la mixité sociale des établissements ne peut pas être une option et la tentation du statu quo en matière de ségrégation scolaire serait fatale. Nous promettant même qu’en cas d’échec aujourd’hui une majorité d’électeurs risque de préférer, en 2022, le discours de la haine et de la revanche faute d’une école suffisamment accueillante et porteuse d’avenir pour chaque citoyen.

S’ils n’avaient pas tout fait pour  » faire barrage  » à l’arrêt de toute immigration et au renvoi chez eux de tous ceux qui n’ont rien à faire chez nous, les perspectives seraient sans doute meilleures…Et nous aurions perdu moins de temps.

D’ici là les conflits avec le nouveau gouvernement et, en particulier, son ministre de l’Education dite nationale, Jean-Michel Blanquer, ne vont pas manquer.

Le 22 mai 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Macron et le royalisme . Rapport d’étape par Catonéo dans Royal Artillerie.

22 Mai

lundi 15 mai 2017. Macron royaliste ?

        Emmanuel Macron n’est pas royaliste mais il n’a pas la haine des rois comme on la croise souvent dans la mouvance de gauche. Par trois fois, il a inscrit son action politique dans une continuité que tous ses prédécesseurs limitaient au quatorze juillet 1789.
Emmanuel Macron relevait en juillet 2015 dans un entretien au journal d’Eric Fottorino et Henry Hermand, Le 1, l’absence du roi en des termes explicites :
« La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort ».
……….
La deuxième fois est relatée dans Challenges par Bruno Roger-Petit :
Après sa déclaration de candidature, de retour vers Paris, Emmanuel Macron a fait une halte là où les pierres parlent. Loin des caméras et des micros, le néo-candidat à l’élection présidentielle s’est arrêté en la Basilique de Saint-Denis, tombeau des Rois de France. Seul en son destin face aux Transis.
………..
La troisième fois se situe dimanche 7 mai à la grande cour (Napoléon) du Louvre dans le discours du nouveau président aux électeurs.
…………

Origine des citations  ci-dessus :

http://royalartillerie.blogspot.fr/2017/05/macron-royaliste.html

Voir aussi cet  article du blog du CER en date du 8 août 2015 :
https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/08/08/lu-sur-medias-presse-info-macron-quel-royalisme/

Jean-Yves Le Gallou : « Anne-Sophie Lapix, qui va remplacer David Pujadas au 20 h. de France 2, est à la charnière du pouvoir médiatique et du pouvoir financier ».

21 Mai

Bronca des journalistes contre Emmanuel Macron  remplacement de David Pujadas par Anne-Sophie Lapix… Jean-Yves Le Gallou revient sur les tempêtes qui ont agité le paysage médiatique cette semaine.

Voilà deux jours que les journalistes et les sociétés de journalistes s’énervent contre le nouveau président élu parce qu’il a dit vouloir choisir les journalistes qui l’accompagneraient dans ses voyages selon leur spécialité notamment.
Est-ce que comme certains vous y voyez une menace pour la liberté d’informer ou la démocratie ?

Non, aucunement.
Je ne suis pas macroniste, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais j’ai aussi publié il y a quelques années un ouvrage qui s’intitule La tyrannie médiatique dans lequel je dénonce, entre autres choses, la domination que les médias exercent sur d’autres pouvoirs comme le pouvoir économique, le pouvoir religieux, voire politique.
En l’occurrence, la démarche de Macron consiste à refuser en tant que président de la République d’être placé un petit peu sous la domination des médias.
Ça ne me choque pas!
Alors évidemment, tout cela est assez ambigu parce que Macron n’a été élu que parce qu’il a eu le puissant soutien des médias, et en particulier des propriétaires de médias.
Je crois qu’il faut noter qu’il y a ici une petite nuance à apporter. Les propriétaires de médias, que ce soit Drahi, Niel, Pigasse, Arnault et beaucoup d’autres sont ouvertement macronistes. Par contre, les journalistes étaient macronistes dans la mesure où Macron leur paraissait le meilleur candidat contre  Marine Le Pen  Mais au fond d’eux-mêmes, beaucoup étaient peut-être un peu plus à gauche, un peu plus pour Hamon, un peu plus pour Mélenchon.
Alors là, la contradiction apparaît entre les journalistes de base et les propriétaires de journaux, et le président de la République lui-même.

Il a une autre actualité médiatique, le départ un peu forcé apparemment de David Pujadas du 20h de France 2. Certains ont évoqué d’un timing un peu malheureux laissant croire que le pouvoir avait influencé cette décision. Mais le SNJ a déclaré, quant à lui, qu’il y avait notamment beaucoup de journalistes qui étaient contre David Pujadas au sein de la rédaction, et a parlé de deux « dérapages » ou deux « dérives » journalistiques, et notamment le reportage qui avait été fait dans le journal de 20h sur les cafés de Sevran (93270)  dans lesquels les femmes ne pouvaient pas se rendre.
Qu’est-ce que vous pensez de la déclaration du SNJ, notamment sur ce qu’ils appellent une « dérive » journalistique ?

Je pense que le SNJ est toujours dans un rôle de commissaire politique.
De même qu’à l’époque de l’Union soviétique, ceux qui garantissaient le conformisme dans les médias, ce n’était pas directement le pouvoir politique, mais les syndicats de journalistes.
Et bien le syndicat national des journalistes est toujours dans cette ligne-là. Il traque ce qui lui paraît aux limites du politiquement correct. Et donc ce reportage qui n’a pas vraiment été démenti depuis d’ailleurs, qui montrait que les femmes n’étaient pas toujours bienvenues dans certains cafés de Sevran, c’était politiquement incorrect. Donc le syndicat national des journalistes est monté en ligne contre ce reportage.
Il est en quelque sorte dans son rôle de commissaire politique.
Ceci étant, c’est quand même tout à fait excessif d’accuser Pujadas de ne pas être politiquement correct parce qu’il est évidemment très politiquement correct. Même s’il a pu, à tel ou tel moment, laisser passer des choses qui l’étaient un peu moins. C’est l’exception qui confirme la règle.

On a appris par ailleurs que Pujadas serait remplacé par Anne-Sophie Lapix. Faut-il, selon vous, y voir la raison de l’éviction de David Pujadas ?

Vous savez, quand on remplace un ministre, qu’on remplace un préfet ou qu’on remplace un présentateur de télévision, c’est un peu la même chose.
C’est moins par le souci de faire partir quelqu’un que par le souci de faire arriver quelqu’un d’autre.
Je crois qu’il y a avait le souci de faire arriver Anne-Sophie Lapix.
La raison est que c’est une femme qui est à la charnière du pouvoir médiatique, du pouvoir financier et du pouvoir publicitaire.
Elle réunit, dans son salon peut-on dire, ou à diner, chaque semaine, avec son mari Arthur Sadoun, patron de Publicis, les grands du CAC 40, les grands du politiquement correct. Au fond, ces gens-là ont fait un petit « pou-putsch » sur France 2, en disant: «  ce sera Anne-Sophie Lapix qui est le mieux à même de nous remplacer ».
C’est d’ailleurs une journaliste qui a un certain talent, en même temps que de grandes qualités de politiquement correcte.
Elle a à son crédit d’avoir défini, il y a plus de cinq ans maintenant, début 2012, la bonne stratégie d’attaque contre le Front National en insistant sur les failles ou les difficultés de son programme économique.
Au fond, elle a fait un bon boulot pour le politiquement correct. Il est assez normal qu’elle soit récompensée.

Pour défendre la liberté d’expression, ( 😊 ) et moi…qui trouvais que Pujadas s’était amélioré en ne hurlant plus avec les hyènes…habituelles aux quelles nous nous sommes habitués. G.

 

Et revoilà les vieux démons de la Quatrième République !*

21 Mai

Tout au long de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron et son équipe ont clamé que La République en marche serait en mesure de présenter, pour les élections législatives, des candidats dans chacune des 577 circonscriptions du pays.

Cette posture à priori inflexible s’est finalement heurtée à la réalité des nécessaires petits arrangements électoraux pouvant permettre quelques unes de ces combinaisons d’appareil qui font les majorités de rencontre : 51 circonscriptions ont été laissées libres, dont une trentaine afin d’accomplir un « geste politique » en direction d’élus qui pourraient être coopératifs à l’Assemblée nationale.

Le nouveau chef de l’Etat envisage en effet à présent de gouverner grâce à la formation d’une coalition, regroupant un bataillon de députés La République en marche, et des groupes d’appui venant de la gauche et de la droite. Une sorte de majorité plastique au-dessus de laquelle règnera le despote en son palais. Tout se met d’ailleurs en place pour ce faire.

Ainsi, plusieurs membres du gouvernement socialiste sortant n’auront aucun candidat de La République en marche à affronter, dans le sillage du traitement de faveur accordé à l’ancien Premier ministre Manuel Valls (Essonne). C’est le cas de Marisol Touraine (Indre-et-Loire), Stéphane Le Foll (Sarthe), Myriam El Khomri (Paris), George Pau-Langevin (Paris) ou encore Ericka Bareigts (La Réunion).  » Elle est pas belle la vie ? « 

«  Le modèle allemand, cette culture du compromis démocrate socialiste, cette culture de coalition, c’est dans cela que je m’inscris « , a même glissé à l’AFP Mme El Khomri, dont l’affiche de campagne portera un magnifique slogan opportuniste  » avec Emmanuel Macron construisons une majorité de progrès  » associé….au logo du PS !

En tout, avec les radicaux de gauche Sylvia Pinel (Tarn-et-Garonne) et Joël Giraud (Hautes-Alpes), et l’écologiste Eric Alauzet (Doubs), M. Macron a tendu la main à une douzaine de candidats de gauche. Même attitude envers une petite vingtaine de candidats Les Républicains et UDI qui serviront de supplétifs à l’Assemblée pour voter les lois.

 » Macron envoie un soutien aux députés qui ont montré qu’ils seraient dans une opposition constructive, ne feraient pas d’obstruction systématique à l’Assemblée et auraient la capacité de voter certains projets « , commente un élu LR qui ne veut  » pas empêcher la réussite du quinquennat Macron « . C’est tout dire et nous rappelle une fois encore ce que nous chantions pendant la campagne présidentielle :

 « Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus ! « 

Parmi les circonscriptions où la droite a donc le champ libre, on retrouve logiquement celle de Bruno Le Maire (Eure), le nouveau ministre de l’Economie, désinvesti par LR après sa nomination au gouvernement. Mais plusieurs de ses proches sont également protégés dans l’Eure-et-Loir, le Bas-Rhin ou le Morbihan.

Candidats, Thierry Solère (Hauts-de-Seine) et Franck Riester (Seine-et-Marne) auront les coudées franches. Et si le Premier ministre Edouard Philippe (Seine-Maritime) mais aussi Xavier Bertrand (Aisne), Christian Estrosi (Alpes-Maritimes), Hervé Mariton (Drôme), Hervé Gaymard (Savoie), Benoist Apparu (Marne) ou Arnaud Robinet (Marne) ne se présentent pas directement, leurs successeurs dans leurs circonscriptions n’auront pas d’adversaire La République en marche. Un simple retour d’ascenseur qui peut toujours servir !

A l’UDI, Yves Jégo (Seine-et-Marne) et Philippe Folliot (Tarn) ont aussi été ménagés. Ce dernier s’est même inscrit en préfecture sous l’étiquette La République en marche…sans en avoir eu l’investiture, a-t-il indiqué à l’AFP.

Enfin, un autre appoint précieux pourrait venir des Outre-mer, où 17 circonscriptions n’ont pas été pourvues. Le parti de M. Macron espère nouer des accords avec des formations locales mieux implantées pour glaner quelques voix supplémentaires à l’Assemblée. Il n’y a pas de petits profits.

Prochaine étape ? Le chalutage des électeurs issus de l’immigration et la boucle sera bouclée.

Le 21 mai 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Qui démontrent que nous ne déversons pas  » une haine incompréhensible contre Emmanuel Macron  » ni que notre  » matériau critique est (seulement) arraché aux intentions supposées du démon-président – tous les verbes sont conjugués au futur – et que si peu concerne le vécu, le palmarès, ni le score des 2/3 « , ainsi que le prétend un billet de l’un de nos amis royalistes. Les faits sont têtus et il faudra bien se rendre à l’évidence. Mais alors ce sera trop tard et nous aurons changé de civilisation.

A quoi pouvait bien penser le président Emmanuel Macron à bord d’un command-car le dimanche 14 mai 2017 ?

20 Mai

………../

3) « Oui, je vous ai bien eus, je viens de réussir en moins de deux ans un coup d’Etat parfait, selon un scénario pensé et réalisé par le capitalisme financiarisé et ses principaux relais qui vont pouvoir en finir, grâce à moi et à mon allure moderne,  avec l’exception française, son jacobinisme, son état providence, son goût pour l’égalité.  Ceci est un putsch, d’un genre nouveau, mais on sait en Europe, depuis la Grèce de 2015, qu’il n’y a plus besoin de chars pour renverser un régime. »

……….

https://chartedefontevraultprovidentialisme.wordpress.com/2017/05/20/des-reflexions-nees-de-la-presence-du-president-emmanuel-macron-a-bord-dun-command-car/