BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (24 février 2014)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

24 Fév

Les petits chanteurs à la croix de bois lors d'une représentation à Paris.

*  La République assassine légalement

Profitant du succès du film Les Choristes puis de la publication de leur DVD en 2009, l’administration décide brutalement d’imposer des règles drastiques de « droit du travail » à l’association des Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Elle lui impose la législation du « travail des mineurs ». La situation financière devient vite intenable.

La règle administrative est que les enfants et adolescents qui donnent des concerts payants doivent être rémunérés. Fini le bénévolat !

Le premier rappel à l’ordre touche les budgets de plein fouet et le second arrive en 2012, cette fois sur la nécessité de deux jours de repos hebdomadaires consécutifs pour les chanteurs. L’enchaînement des concerts doit être freiné, mais il provoque des annulations de dates et donc moins de rentrées dans les caisses. Selon Marie-Aude Leroux d’Alsace, la responsable de la communication des Petits Chanteurs, « l’obligation de rémunération a d’abord grevé les budgets. »

Ce qui dérange en réalité c’est que la Manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, installée à présent dans l’Yonne, est une véritable institution. Et, en plus, une institution…catholique !

En 1903, le saint pape Pie X écrit le Motu proprio Tra le sollecitudini sur la restauration de la musique sacrée et en  1905, le Parlement français vote la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. C’est dans ce contexte que le projet de la  manécanterie voit le jour, en 1906, sur l’idée de deux étudiants en vacances à l’abbaye de Tamié (près d’Albertville).  Paul Berthier et Pierre Martin voulaient mettre en application le Motu proprio et créer une structure itinérante sans attachement à une paroisse ou une cathédrale. L’année suivante, l’idée se concrétisa par les premières représentations qui eurent un succès rapide et grandissant.

L’association très sollicitée depuis la sortie du film Les Choristes prend en charge la passion des enfants pour le chant mais aussi leur scolarité jusqu’à la fin du collège.

Or, en période de crise, il est impossible de hausser le prix des concerts affichés à 20 euros. Il est aussi périlleux d’augmenter les frais de scolarité, sous peine de mettre des familles en difficultés. L’association menacée a lancé un appel aux dons, mais il aura été insuffisant. Avec deux millions de dettes et d’emprunts, elle se tourne finalement vers des repreneurs. La date butoir de remise des dossiers était fixée au 21 février. En début de semaine prochaine, l’administrateur judiciaire Christian Ducatte devrait dévoiler les offres proposées et l’avenir des Petits Chanteurs, qui « passera forcément par un nouveau modèle, lié aux obligations. »

Ou comment tuer les meilleures bonnes volontés du monde.

*  Qui va payer ?

Nous, bien sûr. Et pas qu’un peu. Car le ministre ukrainien des finances par intérim, Iouri Kolobov, a annoncé hier que « l’aide macroéconomique dont a besoin l’Ukraine peut atteindre 35 milliards de dollars en 2014-2015 ». « Nous avons proposé à nos partenaires occidentaux d’organiser une grande conférence internationale de donateurs », selon un communiqué du gouvernement de Kiev. « L’Ukraine est en train de glisser dans le précipice, elle est au bord d’un défaut de paiement », avait prévenu dimanche le président par intérim, Oleksandr Tourtchinov, dénonçant comme il se doit la gestion de M. Ianoukovitch et de son premier ministre, Mykola Azarov, qui, selon lui, ont« ruiné le pays ». 

L’Union européenne se tient prête à aider l’Ukraine à honorer ses engagements financiers et à négocier son tournant politique, avait auparavant indiqué lundi le ministre des finances britannique, George Osborne. Les Occidentaux ne cachent pas leurs craintes pour l’intégrité territoriale de l’Ukraine après la crise de la semaine dernière. L’ex-opposition, désormais aux manettes, s’est rapidement mise au travail pour remettre le pays en état de marche. La nomination d’un gouvernement intérimaire est attendue au plus tard mardi, en attendant la tenue d’une élection présidentielle le 25 mai.

Dimanche, le Parlement, désormais dominé par les anti-Ianoukovitch, avait pris les choses en main et nommé M. Tourtchinov, un proche de l’opposante Ioulia Timochenko, au poste de président par intérim. Le nouveau chef de l’Etat n’a pas fait mystère des difficultés qui attendent le pays, mais il a réaffirmé que l’intégration européenne était « une priorité » pour l’Ukraine.

La Russie, à couteaux tirés avec l’UE dans la crise ukrainienne, avait promis l’octroi d’un crédit de 15 milliards de dollars et un important rabais sur le prix du gaz. Elle a versé 3 milliards de dollars à la fin de décembre, mais elle a annulé cette semaine un nouveau versement de 2 milliards. Le versement du reste de l’aide promise est désormais très incertain. Standard & Poor’s a prévenu vendredi que si la Russie revenait sur son soutien, l’Ukraine, qui doit rembourser 13 milliards de dollars de dettes cette année, ferait défaut.

Et l’Union européenne, « la chétive pécore, s’enfla si bien qu’elle creva. »

*  D’ailleurs, ils commencent à s’en douter

Tous ces eurolâtres qui savaient tout et n’ont pas voulu nous écouter. Eh bien écoutez-les gémir aujourd’hui…

Ils aiment paraît-il l’Europe, mais ils ont fini par haïr l’euro. Cette monnaie mal bâtie devient enfin à leurs yeux  responsable de la crise économique et politique de l’Europe. Symptôme d’une union qui flanche et peine à vanter sa pertinence ? Sûrement.

« Ce truc-là ne tourne pas rond », résume François Heisbourg, le conseiller spécial de la Fondation pour la recherche stratégique : pour sortir du pétrin une seule option, « sacrifier l’euro ». M. Heisbourg n’est pas économiste . Son domaine, c’est la géopolitique, et son angoisse en homme du système c’est…la montée des populismes ! Pour faire cesser paraît-il le dénigrement systématique de l’Europe et la montée des extrêmes, ce fédéraliste convaincu plaide, dans son livre La Fin du rêve européen (Stock, 2013), pour un démantèlement« temporaire » de l’union monétaire.

Issus du monde de la politique, des affaires ou des lettres, ils sont de plus en plus nombreux, comme lui, à penser que l’euro est devenu un fauteur de troubles. Hier blâmée pour entamer le pouvoir d’achat des ménages, la monnaie unique est aujourd’hui accusée par ces réalistes de la onzième heure de favoriser l’austérité en emprisonnant les Etats dans un corset monétaire.

Quant à la déflagration possible liée à l’explosion de l’euro, elle est vite balayée par ceux qu’il faut bien appeler désormais les « euro-dépités ». A les écouter, le chaos promis par les experts n’est qu’une échappatoire pour clore tout débat. « Ceux qui défient l’euro sont traités de nazis ! », s’étrangle Hans-Olaf Henkel, l’ancien patron des patrons allemands, qui a pris la tête du parti anti-euro Alternative pour l’Allemagne (AfD), en janvier. « On est dans le déni, ajoute Steve Ohana, professeur de finance à l’ESCP-Europe, l’euro est comme une idole. [Pour la plupart des gens], c’est nous qui sommes fous ! »

Après des années de marche avant, tester la « marche arrière » de l’union monétaire doit bien être possible, imagine M. Heisbourg. Et, même s’il faut redouter des heurts, cette option serait un mal pour un bien. Classé à gauche et adepte de la démondialisation, l’économiste Jacques Sapir n’a-t-il pas étudié méticuleusement une sortie de l’euro ? Un à un, les points mentionnés par la plupart des experts comme autant d’obstacles rédhibitoires (surendettement, inflation, éclatement de l’Union européenne…) sont décortiqués et démontés sur le blog de ce chercheur de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), dont les idées ne manquent pas de pertinence sur le sujet.

L’idée visant à déconstruire l’Union pour mieux la reconstruire masque un profond malaise. La zone euro avait fabriqué un paradis artificiel en permettant aux Etats de s’endetter à moindre coût. Elle se transforme aujourd’hui en enfer, constate Daniel Cohen, professeur d’économie à l’Ecole normale supérieure, spécialiste des dettes souveraines et lui aussi euro-dépité. Les vices de fabrication de l’union monétaire ont éclaté au grand jour et les « européistes » sont déçus de la façon dont on a géré la crise. Ils ont toutes les raisons de l’être, reconnaît-il.

L’austérité à contretemps et l’attitude de la « troïka » (Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Commission européenne), chargée de faire appliquer les mesures de rigueur dans les pays malades, ont entretenu le ressentiment. Pour la plupart des eurosceptiques, la bascule s’est produite en 2010, lorsqu’une politique de rigueur radicale a été imposée à Athènes, avec le « succès » que l’on sait.

Steve Ohana, économiste proche des idées de gauche, l’avoue. S’il a viré dans le camp de ceux qui doutent, c’est pour lutter contre les« austéritaires », qui préconisent les purges de désendettement à marche forcée et les coupes dans l’Etat-providence. « J’ai été pro-euro parce que j’étais pro-Europe », explique-t-il. Mais bien vite son discours vire à une attaque en règle contre l’Allemagne, jugée responsable de la politique ultralibérale menée par l’Europe mais aussi (il ne l’avouera pas) contre tous ceux dont la seule politique est la fuite en avant. Suivez notre regard…

M. Ohana appelle ainsi à Désobéir pour sauver l’Europe, titre de son livre sorti en 2013 (Max Milo). Désobéir, cela signifie oser se confronter à Berlin et à tous ceux qui imposent la même« doxa ». Une de ses options (pas la meilleure, reconnaît-il) consiste donc à faire sortir l’Allemagne de l’union monétaire. A elle, une monnaie forte, aux autres un euro dévalué qui permettrait de retrouver de la compétitivité.

L’Américano-Hongrois George Soros, prince de la spéculation financière dans les années 1990, suggère lui aussi à l’Allemagne de quitter le club, si elle n’adoucit pas son discours envers les pays d’Europe du Sud surendettés et n’accepte pas une forme de mutualisation des dettes.

L’essayiste Emmanuel Todd, pourfendeur notoire de la monnaie unique, y voit une victoire. Quand cet habitué des plateaux de télévision compare la zone euro à « un tas de boue », il se fait moins houspiller, rit-il. « Les gens sont en train de piger. » « Piger » que l’euro est un échec retentissant ? Il faut le reconnaître, les déçus comme les sceptiques voient la défaite à l’horizon. Dans une note d’analyse, en septembre 2011, les économistes de la banque suisse UBS s’interrogeaient eux aussi : une union monétaire peut-elle se briser en dehors de guerres civiles ? La réponse est oui. Pourquoi ne nous ont ils pas écoutés dès le Traité de Maastricht (1992) ?

Dans un tel contexte, mieux vaut sans doute tard que jamais !

*  « Mais la France ne peut pas périr, car le Christ aime encore les Francs ! » (Henri comte de Chambord)

Il n’y a pas qu’en Extrême-Orient !

Les Secrets de la laque française. Le vernis Martin

Les secrets de la laque française, le vernis Martin

Au Musée des Arts décoratifs

du 13 février 2014 au 8 juin 2014

Les Arts Décoratifs mettent le XVIIIe siècle à l’honneur. En consacrant une grande exposition aux secrets de la laque française, le musée révèle l’engouement pour une technique qui incarne le luxe et le raffinement.
Du plus imposant au plus discret, du plus somptueux au plus modeste : meubles, panneaux de boiserie, objets d’ameublement, boîtes et étuis, carrosses et traîneaux dessinent l’histoire d’une passion largement partagée par une clientèle parisienne et européenne, qui dépassa celle de la chinoiserie à laquelle cette production sacrifia.
La question particulière du Vernis Martin, expression que seuls les Français utilisent, pour parler de la laque, soulève de nombreuses interrogations qui trouvent ici, pour la première fois, des réponses étayées par de nombreuses études et exemples.
Les secrets de la laque française, Musée Arts Déco
Réalisée en collaboration avec le Lackkunst Museum de Münster en Allemagne, l’exposition, mise en scène par Philippe Pumain, réunit près de 300 objets.

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