BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (15 octobre 2014)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

15 Oct

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*  Encore une illusion de la République

Pour tenter d’acheter, une fois encore, la paix sociale elle a inventé un nouveau métier : les « correspondants de soirée » !

Non, vous ne rêvez pas. Mais la République, elle, rêve. Et, comme 35 autres villes, Limoges a mis en place ce dispositif, devenu en trois ans d’exercice la soupape des quartiers populaires qui se paupérisent. Laccité du quartier Val de l’Aurence, située de l’autre côté du périphérique de Limoges (Haute-Vienne) en est l’un des meilleurs exemples. Dans les halls aux vitres défoncées, de jeunes adultes fument en bande. Les cours d’école, squattées comme tous les soirs, abritent les ados fans de ballons. Un peu plus loin, un garage à ciel ouvert où s’affairent en catimini deux hommes sous le capot de voitures en panne.

Vêtus de leur polo violet l’été ou de leur anorak noir l’hiver, siglés « correspondants de soirée« , Hamid, Dounia et Lanfia alternent les « Bonjour, ça va » et les « Salam aleykoum, labesse« , oubliant que l’article 2 de la Constitution de leur République précise : « La langue de la République est le Français« . Mais, en prime, ils sermonnent les gamins pour qu’ils contrôlent la trajectoire de leur ballon et jettent un coup d’œil à un loubard qui vend en douce des canettes de Coca-Cola! L’ambiance est plutôt calme mais il faut rester vigilant.

Correspondants de soiree

Dans cette grande cité, où l’on trouve tout ce que l’architecture de banlieue a fait de pire dans les années 1960 – des longues barres en forme de nouille, des tours dont les derniers étages sont inhabités –, ont atterri différentes vagues de migrants : Algériens, Marocains, puis Guinéens et Sénégalais, et enfin les plus récents venus de Mayotte ou de Bulgarie. « Les familles gauloises, ouvriers installés de longue date, voient d’un mauvais œil ces nouveaux immigrés qui ne vivent pas comme eux« , constate avec une fausse naïveté Christian Uhlen, adjoint à la sécurité du maire UMP élu en mars. « Il y a souvent des conflits entre communautés ou des plaintes contre les jeunes qui font du bruit le soir. On a voulu combler un manque de présence« , explique Aurélie Murat, responsable du service de médiation créé par l’ancienne municipalité de gauche.
Le Val de l’Aurence est une banlieue comme tant d’autres, où la délinquance n’est pas pire qu’ailleurs mais où la crise a apporté son lot de misère : le revenu annuel médian plafonne à 9 000 euros. Depuis un mois, on y mange beaucoup de pommes, fruits des cueillettes du Limousin, un des rares jobs encore accessibles dans la région.

Pas de boulangerie, ni de banque, et le petit centre commercial est fermé depuis peu pour cause de déprédations. « Même si ce n’est pas un quartier abandonné, il n’y a rien« , admet Sylvie Bosc, une responsable locale de l’office HLM, qui reconnaît que l’arrivée des correspondants de soirée a aidé tous les acteurs : « Ils permettent au quartier de ne pas sombrer. » « Soupape « , « capteurs d’ambiance« , « météorologues des quartiers« , les qualificatifs pour désigner ces nouvelles équipes sillonnant les banlieues populaires sont variés. Partout on essaie de se persuader qu’ils ont apaisé les tensions. Leurs tâches sont pourtant encore mal définies : interventions sur la tranquillité publique, gestion des conflits entre voisins, aide à l’accès aux droit… Ils font un peu de tout avec un statut précaire et un salaire peu motivant : 1 274 euros net par mois à Limoges. Encore des emplois aidés !

Le flou qui entoure leurs missions a poussé le Réseau des villes, des correspondants de nuit et de la médiation sociale à commander une étude à trois chercheurs spécialistes de la sécurité. Ils y soulignent les difficultés à trouver le bon positionnement vis-à-vis des habitants, le rappel des règles sans disposer d’un pouvoir de contrainte, et l’incompréhension de leur rôle par certains partenaires, notamment la police. « On leur demande implicitement de réguler les comportements pour parvenir à un niveau de désordre acceptable« , constate Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS, un des auteurs de l’étude. Tout est dit !

La nuit est tombée au Val de l’Aurence, une quinzaine de jeunes adultes sont massés dans un hall. Ça sent le joint et la bière. Hamid entre et salue tout le monde. « On les connaît. Avec eux, pas de prôblèm, y nous parlent nôrmal, même quanty nous disent de faire moins de bruit », prétend Moustapha, 22 ans. Nabil, 21 ans, lui, ajoute : « On peut leur parler, ouaich ! On comprend quand y nous disent de partir. Pas comme avec la poulice. »

Mais la vraie question ne serait-elle pas :  » que font-ils là ?  » 

 

*  Les collectivités territoriales  dans le collimateur 

De la Cour des comptes (qui trouve qu’elles dépensent trop) mais aussi du gouvernement (qui, lui, n’a plus rien à leur donner) ! Dans les temps lointains, on appelait cela la féodalité…

Selon le dernier rapport de la Cour, les collectivités territoriales n’ont pas consenti les efforts qui étaient attendus d’elles pour réduire leur train de vie. Alors que le gouvernement ne parvient pas davantage à résorber les déficits publics dans les délais annoncés, la Cour estime qu’il conviendrait de mieux piloter les finances locales dans un texte de loi fixant des objectifs d’évolution, en particulier pour les dépenses et les recettes. C’est l’un des messages les plus forts que la Cour des comptes adresse dans un copieux rapport  » thématique  » rendu public mardi 14 octobre.

Pour la deuxième année consécutive, la haute juridiction brosse, sur plus de 200 pages, un tableau minutieux de la situation financière des communes, intercommunalités, départements et régions. Le bilan non seulement n’est pas brillant, mais il est catastrophique.

En un an, le déficit de « administrations publiques locales » (APUL, les collectivités territoriales pour l’essentiel) a quasiment été multiplié par 2,5, passant de 3,7 milliards d’euros en 2012 à 9,2 milliards en 2013. Ce solde a représenté l’an passé « 10,4 % de l’ensemble des déficits publics contre 3 % » douze mois auparavant. Cette tendance, qui a contribué «  pour un tiers  » au retard pris par l’exécutif pour combler les déficits publics, «  est très préoccupante car elle rend plus difficile le respect par la France de ses engagements européens « .

A l’origine de ces déséquilibres, une progression des dépenses des APUL nettement plus soutenue que celle des recettes (+ 3,4 % dans le premier cas entre 2012 et 2013 contre + 1,1 % dans le second). Premier poste budgétaire, la masse salariale, qui représente 26 % de l’ensemble des charges des collectivités, s’est accrue de 3,2 % l’an passé. Plusieurs facteurs ont joué : hausse des effectifs, mesures d’avancement dans la carrière des fonctionnaires territoriaux, relèvement des cotisations retraite, augmentation du smic, octroi de primes…Des féodalités, vous dis-je !

La Cour voit un  » enjeu majeur  » dans la maîtrise des rémunérations. A ses yeux, les élus locaux devraient s’efforcer de diminuer le nombre de postes  » par la recherche accrue de gains de productivité et une plus grande mutualisation des services entre les communes et leurs groupements « . Mais à quoi servent donc les intercommunalités imposées aux petites et moyennes municipalités ? Nous allons vous le dire : à créer des clientèles pour des élus avides de pouvoir. Des féodalités, vous dis-je !

Elle suggère aussi de revoir les  » règles de gestion, souvent généreuses « , qui prévalent en matière d’avancement de grade et d’échelon. Et elle exhorte les employeurs publics, en particulier les municipalités et les intercommunalités, à être plus scrupuleux sur le respect de la durée légale du travail : de  » nombreuses anomalies  » subsistent à propos de l’obligation légale, pour les agents publics, d’effectuer 1 607 heures par an, d’après la haute juridiction.  » Les économies qu’induirait une stabilisation des dépenses salariales des collectivités territoriales et de leurs groupements peuvent être estimées (…) à un peu plus de 1,5 milliard d’euros « , écrit-elle.

Théoriquement, le recul des dotations de l’Etat aux collectivités sur la période 2015-2017 (11 milliards d’euros en moins) devrait conduire celles-ci à une plus grande sobriété. Mais rien ne le garantit, considère la Cour, en rappelant qu’en 2013, déjà, les concours financiers de l’Etat avaient un peu fléchi, sans que cela freine les dépenses du  » secteur public local « .

La tentation existe, en particulier dans les communes et les intercommunalités, d’augmenter les taux d’impôt locaux. Une piste déconseillée par les magistrats de la rue Cambon : une majoration de la fiscalité locale, soulignent-ils,  » irait à l’encontre des objectifs de réduction des charges pesant sur les entreprises  » et amputerait le pouvoir d’achat des ménages.

D’autres options sont privilégiées dans le rapport. L’une d’elles encourage la  » rationalisation du bloc communal  » – les municipalités et leurs regroupements. La France est, certes, parvenue à couvrir la quasi-totalité de son territoire par des intercommunalités disposant de leur propre fiscalité. Mais ce mouvement reste insuffisant, d’après la Cour, car un trop grand nombre de ces structures sont de petite taille (300 communautés de communes comptent moins de 5 000 habitants). De nouveaux rapprochements s’imposent et ils doivent s’accompagner de transferts de compétences par pans entiers au profit des intercommunalités (en matière de développement économique, notamment).

Nul doute que le contribuable sera davantage encore mis à contribution.

Faut-il leur rappeler ce que nous écrivions ici même il y a peu : « La vache n’a plus de lait« …

 

*  Après le N° vert de Bernard Cazeneuve…

Qui doit sauver la France des djihadistes (lire notre Bulletin climatique du 1er mai 2014 : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/05/01/bulletin-climatique-quotidien-1er-mai-2014-de-la-republique-francaise/), voici celui de Marisol Touraine qui doit sauver les Français de la fièvre hémorragique au virus Ebola !!! Ne vous privez pas d’assister à la visite de notre ministre de la santé dans les locaux où se trouve ce standard téléphonique rassurant :

http://www.boursorama.com/actualites/centre-d-appel-du-n–vert-dedie-a-l-information-sur-ebola-83444ce99db5fca5b6913322c4853851

Mais n’oubliez pas que, pendant le même temps, de nombreux voyageurs empruntent les lignes aériennes entre l’Afrique de l’Ouest et la France, puisqu’elles n’ont pas été interrompues. Et que de nombreux migrants clandestins originaires de ces contrées (dont l’état de santé n’est évidemment contrôlé ni au départ ni à l’arrivée) déferlent sur les enclaves espagnoles du Maroc ou sur les côtes italiennes…

Nos élites auto-proclamées sont consternantes.

 

* « Mais la France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord).

 

Dans le cadre du 250e anniversaire de la disparition de Jean-Philippe Rameau

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Le Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, nous propose 

Castor et Pollux

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Tragédie lyrique en cinq actes (version de 1754)

Livret de Pierre-Joseph Bernard
Hervé Niquet direction
Christian Schiaretti mise en scène
Florent Siaud dramaturgie
Andonis Foniadakis chorégraphie
Rudy Sabounghi décors
Thibaut Welchlin costumes
Laurent Castaingt lumières

John Tessier Castor
Edwin Crossley-Mercer Pollux
Omo Bello Télaïre
Michèle Losier Phœbé
Jean Teitgen Jupiter
Reinoud van Mechelen Mercure, un spartiate, un athlète
Hasnaa Bennani Cléone, une ombre heureuse
Marc Labonnette Un grand prêtre

Le Concert Spirituel
Chœur du Concert Spirituel

Après la recréation la saison dernière des Fêtes de l’hymen et de l’amour et avant le concert consacré aux Grands motets, Hervé Niquet ouvrira la saison lyrique du Théâtre avec cette nouvelle production de Castor et Pollux, seconde tragédie lyrique du compositeur aprèsHippolyte et Aricie, mais souvent considérée comme la plus aboutie. Composé en 1737 pour répondre à une commande de Louis XV d’un opéra dans la plus pure tradition de la grande tragédie lyrique, un genre musical codifié et alors toujours régenté par le modèle de l’italien Lully, l’ouvrage ne connaîtra sa véritable postérité qu’avec sa seconde version remaniée en 1754. En pleine Querelle des Bouffons, et face à la supposée supériorité de la musique française, Rameau offrait alors l’éclatante démonstration de la puissance expressive du style français. L’ouvrage connut le succès tout au long du XVIIIe siècle mais ne survécut pas à la révolution française. La première recréation moderne date de 1903 par la Schola Cantorum de Paris, première moderne à laquelle, dit-on, assista Debussy.

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Dans cette histoire mythologique où les hommes côtoient les dieux, Rameau explore avec tendresse et subtilité la mécanique implacable des passions humaines.
En recentrant l’articulation musicale sur les ressorts psychologiques des personnages, le compositeur donne à sa version de 1754 une profonde humanité et offre par là-même un éclairage singulier à la légendaire rivalité entre les deux frères de Sparte et à leur tragique destin. La puissance expressive de la déclamation, l’inventivité de la structure dramatique, l’innovation orchestrale, l’efficacité des chœurs et des danses… Tout cela participe grandement à l’éclosion d’un sompteux spectacle… Brillante illustration de la prodigieuse modernité de la vision musicale de Rameau.

Le 15 octobre 2014.

Jean-Yves Pons, CJA.

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