JUSQU’OÙ N’IRONT-ILS PAS ? Les frontières de l’Europe battues par un flot croissant de « réfugiés ».

8 Nov

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Jamais , depuis la deuxième guerre mondiale, autant de gens n’ont quitté leur pays de naissance pour gagner ce qu’ils imaginent être un Eldorado. L’Europe est particulièrement touchée par les assauts de ces hordes venues d’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient mais aussi d’Asie. Comme elle le fut par les populations venues de l’est dans les dernières décades de l’Empire romain.

Chaque jour, dans ses aéroports, atterrissent des candidats à l’asile munis, la plupart du temps, de faux documents. Chaque jour, sur ses côtes méridionales, débarquent ces nouveaux boat people du XXIe siècle poussés sur la mer Méditerranée par la misère ou les violences, attirés par les mirages proposés par des employeurs véreux et entassés sur des rafiots chancelants par de cruels réseaux de passeurs, négriers des temps modernes. Parfois, ces embarcations de « mauvaise-fortune » chavirent et c’est le drame : des milliers de malheureux ont ainsi péri au cours de l’année 2014, déclenchant les sanglots de crocodiles de ceux-là même qui se réjouissent d’organiser le « Grand Remplacement » de nos populations. Mais plus les Etats font d’efforts pour voler à leur secours et plus ils sont nombreux à prendre la mer, sur des embarcations de plus en plus précaires !

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Alors, les Européens, après avoir été trompés puis culpabilisés, commencent à regimber. Et l’avertissement le plus sérieux, lancé après ceux de la France (Front national), de l’Italie (Ligue du nord), des Pays-Bas (Parti pour la liberté), de la Grande-Bretagne (UKIP), vient désormais de la très tolérante et très accueillante Suède (ainsi que l’ont montré les dernières élections législatives) qui succombe elle aussi au sentiment de saturation.

Et qu’on ne nous dise pas que l’on ne sait ni ne peut arrêter cette marée humaine alors qu’on en connait parfaitement les causes sociales et politiques, les origines territoriales,  les voies de dissémination comme les systèmes économiques qui l’entretiennent.

Voici le texte édifiant de deux journalistes britanniques du Guardian qui vous donnera une idée de ce qui se passe sur les côtes libyennes, à quelques encablures seulement de l’Italie aujourd’hui dévastée par l’arrivée de centaines de milliers de migrants illégaux :

 » Amarré dans le port de Tripoli, un gros Zodiac noir oscille au gré de la houle. Les gardes-côtes l’ont découvert dérivant au large, sans moteur, vide des ­migrants somaliens qui s’y étaient embarqués. Ils n’ont trouvé à bord que leurs effets personnels : passeports, cartes d’identité, téléphones, billets de banque et photos de famille. Pour les gardes-côtes, la trou vaille a été amère. « Nous connaissons certains d’entre eux, nous les avons déjà interpellés, explique un officier qui a requis l’anonymat. Je suppose qu’ils sont morts, parce que, si un ­bateau les avait recueillis, ils n’auraient pas abandonné leurs affaires. »

CADAVRES ET EMBARCATIONS ÉCHOUÉS
De telles scènes se répètent chaque jour au long des 1 800 km de côtes libyennes. Les cadavres et embarcations échoués sur les ­immenses plages témoignent du coût humain du flux d’émigrants qui tentent de traverser la Méditerranée depuis la Libye. La guerre et l’absence d’Etat de droit ont fait du pays un gigantesque entonnoir qui attire les migrants d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient désireux de ­gagner l’Europe.

En dépit des risques, des dizaines de milliers de candidats tentent leur chance. Pour gagner le prix de son passage en bateau, un jeune Ghanéen de 19 ans garnit les rayons d’un supermarché de Tripoli. Il refuse de donner son nom, mais explique qu’il a quitté le Ghana il y a un an, après la mort de sa mère, et qu’il a dépensé tout son argent pour venir à Tripoli. Il a dû marcher plusieurs jours dans le désert en portant trois bidons de 7 litres d’eau pour ne pas mourir de soif. « Il faut que j’arrive en Europe, dit-il. C’est le seul moyen d’aider ma famille. »

Les filières clandestines représentent en Libye un business très organisé et extrêmement rentable. Elles proposent deux types de service. Les migrants les plus riches, souvent des Syriens, paient 5 000 dollars pour un passage en Zodiac vers la France, un trajet plus long que la traversée vers l’Italie, mais plus sûr car il évite les patrouilles navales. Pour les autres, ce sera 1 000 dollars pour prendre place à bord d’un bateau de pêche bondé. « Comme tout le monde, je préférerais aller directement en France, mais je n’ai pas l’argent », regrette Mohammed, un jeune Syrien qui a fui les combats à Damas et loge dans un petit hôtel de Tripoli en attendant de trouver une place sur un bateau.

TRIPOLI, POINT DE RALLIEMENT
Des milliers de candidats à l’émigration sont retenus dans les 19 centres de détention répartis sur le territoire libyen. Les conditions sont souvent déplorables : Human Rights Watch a évoqué le cas de détenus enfermés dans des conteneurs, recevant de la nourriture avariée et battus à la moindre incartade.

Les Erythréens forment le groupe de migrants le plus important à Tripoli. Des compatriotes installés en Europe leur envoient par Western Union l’argent pour le voyage, le logement et la traversée de la Méditerranée. A Tripoli, l’église catholique Saint-François a ouvert à l’intention des Erythréens chrétiens un dispensaire où sont accueillies en priorité les femmes enceintes qui craignent d’être arrêtées si elles vont à l’hôpital. « Pourquoi sont-elles si nombreuses enceintes ? Parce que, dans ces circonstances, explique la sœur espagnole Inma Moya, si vous êtes une femme, vous ne pouvez voyager que sous la protection d’un homme. Alors elles entreprennent leur périple avec un homme et tombent enceintes. »

Tripoli est le point de ralliement des migrants, mais les passeurs, eux, préfèrent opérer à l’extérieur. Ils embarquent les migrants à Zouara, près de la frontière tunisienne, à 80 km à l’ouest de la capitale, ou à Garabulli, une longue plage à une soixantaine de kilomètres à l’est. Zouara est proche de la Sicile, à 500 km à peine au nord. Et la plage de Garabulli est séparée de la route côtière par de petites collines qui dissimulent les migrants aux yeux des patrouilles.

PÉNURIE DE BATEAUX
La marine italienne patrouille au large des côtes, repêche les noyés et intercepte les embarcations. Craignant d’être arrêtés lors d’un de ces contrôles, beaucoup de passeurs confient le bateau aux migrants eux-mêmes. « Ils donnent les clés à l’un des passagers, explique Ben Suleiman, commandant en second de la 20e compagnie d’appui, une milice qui trie et fiche les migrants dans le centre de détention installé dans le zoo de Tripoli. Ces gens partent en mer sans aucune formation. »

En août, face au nombre croissant de noyés en mer, l’agence européenne chargée de surveiller les arrivées aux frontières de l’Union, Frontex, a annoncé qu’elle fournirait un soutien à la marine italienne. Mais les navires de guerre ne peuvent être partout à la fois. Les gardes-côtes estiment que les passeurs pourraient transporter trois ou quatre fois plus de migrants s’ils disposaient des embarcations nécessaires. La plupart des bateaux, cependant, n’effectuent qu’une seule traversée, et il est de plus en plus difficile d’en dénicher de nouveaux. En Libye, les constructeurs de ­bateaux se plaignent : la guerre civile a interrompu les livraisons de bois égyptien. C’est, pour l’heure, l’un des rares facteurs susceptibles de ralentir l’afflux de migrants en provenance des côtes africaines. « 

Chris Stephen et Tom Westcott (The Guardian)

Traduit de l’anglais par Gilles Berton

 

Vous y avez découvert, en prime, ce que le gouvernement français cache à ses citoyens : en plus des filières qui alimentent le passage de ces migrants (miséreux et seulement attirés par la pompe aspirante de nos généreuses prestations sociales et autre Aide médicale d’Etat) venant d’Italie par la voie transalpine, il existe une nouvelle voie de pénétration trans-méditerranéenne directe de Libye vers le France, réservée par son coût à ceux qui ont davantage de moyens financiers !

 

Alors, n’est-il pas déjà trop tard ? Et nos compatriotes sont-ils prêts à se battre pour sauver ce qui peut encore l’être , comme ils surent le faire au quinzième siècle à l’appel de Jeanne d’Arc et de Charles VII ?

Ils doivent savoir que pour y parvenir, ils devront non seulement prendre en main* leur destin en renvoyant, d’une manière ou d’une autre, les dirigeants politiques qu’ils se sont imprudemment donnés mais en prenant enfin conscience qu’en assassinant le roi Louis XVI, le 21 janvier 1793, leurs ancêtres se sont trompés de cible : aujourd’hui, le roi n’est plus là mais l’absolutisme règne.

 

Jean-Yves Pons. CJA.

* Nous les invitons à se reporter à notre article consacré à la création de l’Observatoire du Grand Remplacement : http://www.grand-remplacement.com

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