BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (26 janvier 2015)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

26 Jan

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1977

Le premier  » plan banlieue  » fut lancé par Jacques Barrot, ministre de Valéry Giscard d’Estaing….en 1977. Il y a 38 ans. Il fut suivi par neuf autres ( ! ) jusqu’à celui de Jean-Marc Ayrault en décembre 2013. Et il y eut dans la même période une trentaine de comités interministériels des villes et presque autant de mobilisations générales impulsées au plus haut niveau.

Pour quel bilan ?

La cruelle réalité de ce bilan, on la retrouve dans les statistiques sociales concernant les quartiers populaires publiées régulièrement par l’Observatoire national des zones urbaines sensibles. Le taux de chômage y équivaut encore à deux fois et demie celui du reste du pays.La pauvreté y sévit massivement : un ménage sur cinq vivant dans un quartier prioritaire est au-dessous du seuil de pauvreté, contre un sur dix dans le reste de la France. Côté qualification, les signes restent inquiétants : 39 % des habitants des ZUS n’ont aucun diplôme à l’issue de leurs études, contre 21,2 % des personnes des autres quartiers.

La rénovation urbaine, mise en œuvre massivement depuis 2004, a certes remodelé le visage des banlieues. Cinq cents quartiers en ont bénéficié. Trois cent quarante mille logements ont été rénovés et 141 000 autres construits.

Pour quel résultat ?

La transformation urbaine ne s’est pas prolongée par une transformation de la population de ces territoires, objectif assigné à la politique de la ville. Les banlieues demeurent spécialisées dans l’accueil des pauvres, des précaires et des minorités. Minorités hélas…de plus en plus visibles et, on l’a vu récemment, de quelle façon !

Depuis trente ans, les gouvernements de droite ou de gauche ont pourtant tenté de lutter contre la ségrégation, avec une obsession : changer la politique de peuplement, en essayant de casser les concentrations ethniques. Il y eut même le plan Besson, qui a essayé de jouer sur la politique d’attribution des logements sociaux en maîtrisant le profil des entrants. Plusieurs condamnations par les tribunaux pour discrimination ont eu raison de cette politique.

Puis, en 2000, avec la loi sur la solidarité et le renouvellement urbains (SRU), les pouvoirs publics ont poussé à la construction de logements sociaux dans les communes les moins pourvues pour favoriser la mixité sociale. Enfin, la rénovation urbaine lancée en 2003 a parié sur les démolitions pour chercher à déconcentrer les cités HLM.  » Tout cela n’a changé que marginalement la structure du parc social et n’a pas produit la dispersion attendue « , remarque Renaud Epstein, sociologue à l’université de Nantes.  » La ségrégation sera toujours aussi forte tant qu’il n’y aura pas de déploiement très large de l’habitat social sur le territoire « , ajoute Marie-Hélène Bacqué, socio-urbaniste à l’université de Nanterre, qui entend sans doute par là qu’il faut que nous accueillions tous au moins une famille de migrants…Alors, que les bobos tirent les premiers !

Manuel Valls a décidé pourtant d’actionner à nouveau ce levier du peuplement pour forcer une mixité sociale introuvable. Introuvable, tout simplement parce qu’on ne peut pas la trouver avec ces gens-là. Jeudi 22 janvier, le Premier ministre a annoncé qu’il allait réunir début mars un « comité interministériel des villes » (il ne sait décidément plus quoi inventer !) qui devra proposer des pistes en ce sens. La secrétaire d’Etat à la ville, Myriam El Khomri (tout un programme à elle toute seule), a expliqué dans la foulée travailler sur le changement des règles d’attribution des logements sociaux pour parvenir à une plus grande mobilité sociale. Encore plus pour les mêmes alors que la misère de nos compatriotes ne cesse de s’étendre !

Et tout ça à quel prix ?

La réponse nous est donnée par la Cour des comptes. Au cours des vingt-sept dernières années, la « politique de la ville  » nous aura coûté plus de cent milliards d’euros…

Depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, la gauche tâtonne sur la question des banlieues. Après avoir voulu réorienter la politique de la ville en l’élargissant à d’autres territoires délaissés, le gouvernement semble se rendre compte que l’urgence est d’agir dans les quartiers. Mais a-t-il compris qu’agir dans les quartiers, cela signifie qu’il faut les nettoyer comme nos soldats savent nettoyer une kasbah :

1/ bloquer toutes les voies d’accès et de sortie par des barrage, comme en temps de guerre,

2/ y pénétrer par la force car il n’y a pas d’autre moyen,

3/ les vider de tous leurs trafics, rue par rue, immeuble par immeuble, cave par cave,

4/ mettre à terre toutes les « barres » et autres « tours » non seulement insupportablement laides mais qui en sont aussi les sanctuaires impénétrables,

5/ mettre aux fers tous les délinquants qu’on ne manquera pas d’y trouver ; le bagne et des camps de travail feront parfaitement l’affaire,

6/ renvoyer chez eux manu militari tous les illégaux et organiser (vraiment) la remigration du reste.

C’est ça « agir dans les quartiers » !

Cette soi disant « politique de la ville » est ainsi le plus immuable, ruineux et stérile des cadavres politiques encombrant les placards de la République.

 

Ἀθῆναι

La victoire était annoncée depuis plusieurs semaines. Syriza, le parti de gauche radicale anti-austérité, est donné large vainqueur des élections législatives de ce dimanche en Grèce. Selon les premières estimations, il obtiendrait entre 35,5% et 39,5% des voix tandis que Nouvelle Démocratie, le parti de droite de l’actuel Premier ministre Antonis Samaras, est lui crédité de 23% à27% des suffrages.

La grande question, désormais, pour Alexis Tsipras, le leader de Syriza, est de savoir s’il va réussir à obtenir la majorité des sièges. Selon les estimations, il lui manquerait deux à trois voix pour obtenir la majorité absolue de 151 sièges. Sans attendre les résultats officiels, le porte-parole de Syriza a déjà évoqué une « victoire historique« . « C’est un message qui n’affecte pas seulement les Grecs mais qui résonne dans toute l’Europe et apporte un soulagement », explique Panos Skourletis. Quant au chef du parti, Alexis Tsipras, il a déclaré : « Le peuple grec a écrit l’histoire, il laisse l’austérité derrière lui. Le mandat donné par le peuple grec annule les plans d’austérité. » Fortes paroles qui ont, sans aucun doute, fait grand bruit à Bruxelles (à la Commission européenne), à Francfort (au siège de la BCE) et à Washington (au FMI) qui n’avaient pas compris que lorsqu’on vous a tout pris, et surtout votre dignité, vous n’avez plus rien à perdre !

Le grand vainqueur de ce scrutin a ensuite expliqué que la Grèce allait « définir son propre plan national de réformes et de changements » tout en promettant que « le nouveau gouvernement évitera la confrontation destructrice avec ses partenaires« . Il entend d’ailleurs « négocier avec ses créanciers une nouvelle solution viable pour la Grèce et l’Europe« . C’est sur ces trois points que l’on prendra la mesure exacte des changements intervenus à Athènes.

D’autant que se tient en embuscade le troisième larron de cette élection législative anticipée, le parti de la droite radicale Aube dorée, une sorte de Pegida à la sauce Tzatziki, qui, avec près de 7% des suffrages, ne manquera pas de jouer les troubles fête.

L’Union européenne et la zone euro sont entrées, hier dimanche 25 janvier 2015, dans une nouvelle zone de turbulence ainsi que nous l’avions annoncé depuis longtemps (Lire « La panique saisit la troïka« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/12/30/bulletin-climatique-quotidien-30-decembre-2014de-la-republique-francaise/).

 

 

« La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Le 11 février 2015 la société Sotheby’s à Paris, met en vente aux enchères de nombreux objets des collections des ducs de Mortemart. 234 lots qui proviennent du château du Réveillon.

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L’antique maison limousine de Rochechouart-Mortemart* est l’une des très rares familles de la noblesse française dont les origines connues sont antérieures à la date fatidique de l’an 1000. La seule maison qui les précède dans l’histoire de France est celle des capétiens qui eux passent en origines prouvées, la barrière de l’an 900.

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Sotheby’s précise que cette vente symbolise le goût français raffiné de l’une des plus anciennes familles de l’aristocratie française, qui a connu des illustrations brillantes, de la marquise de Montespan, née Athénaïs de Rochechouart-Mortemart, à la Duchesse d’Uzès, pionnière du féminisme en France à la fin du XIXe siècle, pour ne citer qu’elles. La collection combine des meubles et objets d’art de grande qualité avec un ensemble de porcelaines exceptionnelles.

En voici quelques exemples :

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* Lire : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/07/13/les-facades-du-chateau-de-rochechouart-87600-en-voie-detre-restaurees/

Le 26 janvier 2015.

Jean-Yves Pons, CJA.

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