BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (27 août 2015)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

27 Août

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Blason du Kosovo

Bande d’imbéciles !

On prétend que la Serbie et le Kosovo sont parvenus à un accord  » historique «  mardi 25 août dans plusieurs secteurs-clés. Cet accord – qui intervient avant un sommet qui doit réunir jeudi à Vienne les dirigeants des pays des Balkans qui ne sont pas encore entrés dans l’Union européenne (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine, Monténégro et Serbie) et les représentants de la Commission européenne – représente, aux yeux de la Commission, une avancée majeure vers la normalisation des relations entre les deux pays. L’accord comprend un volet sur l’énergie et les télécommunications et l’instauration d’un système judiciaire dans le nord du Kosovo acceptable à la fois pour la minorité serbe et les Kosovars d’origine albanaise, majoritaires.

Lorsqu’il a été annoncé, le sommet de Vienne devait porter sur la coopération régionale et les perspectives d’intégration dans l’UE, mais l’arrivée de migrants passés par la  » route des Balkans  » devrait bouleverser son agenda.

Cette « tragédie humanitaire« , comme l’appellent les européistes de tout poil, qui n’est pourtant que l’appellation bien-pensante des nouvelles « Grandes invasions barbares » arrive au plus mauvais moment pour le Kosovo, aux prises avec l’exode massif d’un grand nombre de ses habitants et la révélation de scandales de corruption dans lesquels se mêlent les oligarques locaux et des fonctionnaires européens (Lire « L’islamisation du Kosovo ne leur a pas suffi » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/11/18/bulletin-climatique-quotidien-18-novembre-2014de-la-republique-francaise/). Voyons cela de plus près.

Comme souvent au Kosovo (monstre engendré par l’accouplement de l’OTAN et de l’Union européenne en 1999), la délégation de l’UE a tout financé. Le tapis rouge, les écrans, le cocktail, les hôtesses, les récompenses, et même le voyage des journalistes européens venus couvrir l’événement. Ce soir de juin, on célèbre à Pristina (la capitale) la première édition du Prix du journalisme d’investigation dans les Balkans et la Turquie. Et la situation ne manque pas de piquant.

Le jury a choisi de décerner le premier prix à un journaliste qui a fait trembler les chancelleries occidentales fin octobre 2014. Vehbi Kajtazi, 34 ans, journaliste au quotidien Koha Ditore, a écrit plusieurs articles mettant en cause Eulex, la mission européenne de justice et de police censée faire appliquer l’Etat de droit au Kosovo. M. Kajtazi a notamment publié une interview d’une procureure britannique de la mission, Maria Bamieh, mise à pied après avoir accusé certains de ses homologues d’avoir accepté des pots-de-vin pour bloquer des dossiers sensibles. -Mme Bamieh reprochait également à sa hiérarchie de ne pas avoir enquêté sur ces faits.

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Gabriele Maucchi, à la tête d’Eulex, lors d’une conférence de presse à Pristina, le 30 octobre 2014

Au micro, Vehbi Kajtazi sourit.  » J’ai toujours cru dans les valeurs de l’Union européenne, même quand j’ai découvert les suspicions de corruption d’Eulex. Et ce prix montre que j’ai eu raison « , salue-t-il.  » On décore le travail d’investigation, mais cela ne veut pas dire que tout était vrai « , grince en aparté un diplomate de la mission européenne.

Cet épisode a surtout renforcé un peu plus le sentiment de gâchis qu’éprouve la population kosovare envers Eulex. La mission est déjà critiquée pour ne pas avoir empêché le pays et ses élites politiques de sombrer dans une corruption endémique depuis son indépendance autoproclamée de la Serbie, en 2008. Composée de centaines de magistrats et policiers européens qui se sont relayés à grands frais dans le pays, Eulex est accusée de n’avoir jamais attrapé, comme promis, de  » gros poissons « .  » Les Kosovars ne croient plus Eulex « , juge simplement Vehbi Kajtazi. Après avoir été massivement aidé par l’UE – plus de deux milliards d’euros en quinze ans –, le Kosovo affiche, sept ans après son indépendance, un chômage record (45,3 %), une émigration massive – c’est la deuxième nationalité en tant que demandeurs d’asile dans l’UE – et reste sous perfusion économique étrangère. Ce mauvais bilan pèse lourdement sur un autre dossier sensible : celui de la création d’un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre de l’UCK, l’ancienne armée de libération du Kosovo.

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A la suite d’un rapport du Conseil de l’Europe remis en 2010, qui évoquait notamment des trafics d’organes, les Etats-Unis et l’Union européenne ont nommé un procureur spécial basé à Bruxelles et chargé d’enquêter sur ces allégations. Mais ce n’est qu’après une longue bataille et de fortes pressions européennes et américaines que le Parlement kosovar a finalement adopté le 3 août les amendements constitutionnels autorisant la création d’un tribunal spécial pour juger les personnes mises en cause depuis plus d’un an par ce procureur. Parmi lesquelles pourrait figurer l’homme fort du Kosovo, Hashim Thaçi.

Ancien chef politique de l’UCK pendant la guerre contre la Serbie (1998-1999) et actuel ministre des affaires étrangères après avoir été longuement premier ministre (2008-2014), M. Thaçi est nommément mis en cause dans le rapport du Conseil de l’Europe. Lui assure ne rien craindre et soutenir pour cette raison la Cour spéciale qui  » contribue au futur du Kosovo  » et Eulex qui  » a fait un très bon travail « . Mais, avec ses homologues au pouvoir, il est un de seuls à tenir un tel discours. Peut-êtra a-t-il de bonnes raisons de croire à la préservation de son immunité par ses amis de l’UE…

Pourtant, le maire adjoint de Pristina, Dardan Sejdiu, issu du parti Vetëvendosje ( » autodétermination  » en albanais) accuse : «  Après avoir remporté la mairie en 2013, nous avons envoyé cent dossiers suspects concernant le maire précédent – devenu entre-temps premier ministre – à Eulex. Et il ne s’est rien passé.  » Le parti Vetëvendosje avait, à sa création après la guerre, combattu le principe de la tutelle internationale incarnée, alors, par la mission des Nations unies au Kosovo (Minuk), confiée s’il vous en souvient à….Bernard Kouchner. Il appelle aujourd’hui à en finir avec Eulex et avec la justice internationale, mais aussi à organiser un référendum sur la fusion avec l’Albanie voisine. Autant de sujets explosifs pour les chancelleries occidentales qui ont jusqu’ici préféré soutenir les élites en place.

Le problème est que les critiques d’Eulex dépassent désormais le cercle de la seule opposition kosovare. Ancien chef de la mission économique internationale qui a chapeauté le pays entre 2008 et 2012, Andrea Lorenzo Capussela estime lui aussi qu’Eulex a délibérément ralenti certaines enquêtes sensibles pour ne pas déstabiliser le Kosovo et ses dirigeants actuels.  » Les Européens ont essayé de lutter contre la corruption, mais beaucoup trop faiblement, et les Américains n’avaient pas intérêt à le faire. On ne peut pas avoir la même mission qui conseille le ministre de la justice du Kosovo et le lendemain le procureur de cette mission qui arrête ce ministre « , estime M. Capussela, auteur d’un livre, non traduit en français, sur la corruption et la construction du Kosovo.

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Gendarmes français en mission au sein d’ Eulex

Comment expliquer alors ce sentiment d’impunité des plus puissants ?  » Il y a eu un enthousiasme excessif d’une partie du Kosovo. Ils nous considéraient comme des libérateurs qui allaient nettoyer le pays de leur propre personnel politique. Mais c’est le travail des électeurs de s’attaquer aux politiques suspects, estime M. Meucci, chef actuel de la mission Eulex. Nous, nous sommes comme des docteurs qui disent à leurs patients qu’il faut qu’ils s’arrêtent de fumer. Mais s’ils ne le font pas, on ne peut pas les forcer.  » Quand il s’est agi de détruire la Serbie sous les bombardement et d’instaurer cet Etat islamique croupion, il eurent moins de scrupules.

En attendant, tout le monde s’accorde à dire que la mission d’Eulex, qui doit venir à son terme en juin 2016, ne pourra plus continuer ainsi. Les chefs d’Etat européens devraient prendre une décision dans les prochains mois.  » Il n’y a aucune raison de rester si c’est pour faire la même chose « , résume dans son rapport Jean-Paul Jacqué, en demandant d’instaurer un véritable suivi statistique des affaires, des  » règles d’éthique communes  » ou de vérifier davantage le passé professionnel des magistrats, qui ne seraient pas toujours au niveau (doux euphémisme).

 » Pour un Français qui va là-bas, il faut six mois avant de comprendre comment fonctionne le système, il y a une culture très particulière  » (encore un euphémisme), explique M. Jacqué. Mais il préconise qu’Eulex reste dans le pays pour surveiller fermement le fonctionnement de la justice locale, face à l’emprise des clans et des groupes criminels organisés :  » On ne peut pas totalement abandonner les choses.  »

Ces gens sont fous et, en plus, beaucoup parmi eux sont pourris.

 

Migrants ou réfugiés ?

Le débat sémantique s’installe en Europe pour savoir comment qualifier les milliers de personnes qui arrivent quotidiennement sur les côtes méditerranéennes de l’Europe.

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Nous soulevions déjà cette question et les mensonges qu’elle sous-tend dans notre Bulletin climatique du 11 août 2015 (Lire « Qui survivra au tsunami migratoire (acte II) ?« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/08/11/bulletin-climatique-quotidien-11-aout-2015de-la-republique-francaise/) en écrivant ceci :

«  Comme vous le savez, ce n’est pas ce que nous ressassent nos responsables politiques et leurs complices des médias officiels. Au point que les mots » immigrés » et » migrants » ont cédé la place à celui de « réfugiés » dans toutes les informations relatives à ce tsunami migratoire.  »

Le premier terme est fustigé pour ne pas refléter la détresse de ceux qui, le plus souvent, fuient un conflit. Et le média qatari Al-Jazira a pris les devants en annonçant le 20 août qu’il n’utilisera plus que le mot « réfugié » dans le contexte méditerranéen : « Le terme parapluie “migrant” ne suffit désormais plus pour décrire l’horreur qui se déroule en mer Méditerranée. Il a évolué depuis ses définitions de dictionnaire, pour devenir un outil péjoratif qui déshumanise et distance. (…) C’est un mot qui ôte la voix aux personnes qui souffrent » a-t-il affirmé avec impudence !

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En droit international, le « réfugié » est le statut officiel d’une personne qui a obtenu l’asile d’un Etat tiers. Il est défini par une des conventions de Genève (« relative au statut des réfugiés »), signée en 1951 et ratifiée par 145 Etats membres des Nations unies :
« Le terme “réfugié” s’appliquera à toute personne (…) qui, craignant d’être persécutée du fait de sa race [son origine], de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. »

Ce statut peut être « perdu » si la situation dans son pays a changé, si la personne y est retournée volontairement ou encore si elle a changé de nationalité.
Une demande d’asile est normalement individuelle. Est donc réfugiée toute personne qui a demandé l’asile et est reconnue par un Etat comme ayant fui son pays en raison de menaces sérieuses pour sa vie. Cette condition doit normalement être argumentée : le réfugié doit apporter à son Etat d’accueil la preuve de ces menaces.

Ces dernières années, les réfugiés en Europe ou au Moyen-Orient sont principalement des Syriens, Afghans, Irakiens ou encore des Libyens. Autant de pays en proie à des guerres civiles largement reconnues sur le plan international. Dans le cas d’afflux massifs d’habitants fuyant des combats, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) reconnaît que « la capacité de mener un entretien personnel d’asile avec chaque personne ayant traversé la frontière n’est pas suffisante. Cela ne s’avère d’ailleurs pas nécessaire dans la mesure où, dans de telles circonstances, la raison de leur fuite est généralement évidente ». Et là, nous tombons dans la plus totale subjectivité : ces groupes sont alors dits réfugiés prima facie, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas besoin d’apporter la preuve de persécutions.

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Dans une note d’octobre 2013 consacrée à la Syrie, le HCR déclare donc qu’il reconnaît comme « réfugié » toute personne fuyant le pays et correspondant à des profils parfois très spécifiques (opposants, journalistes) mais aussi très larges : enfants pouvant être menacés par des actes de violence, femmes risquant d’être violées ou mariées de force, personnes appartenant à un groupe religieux ou un groupe ethnique… ce qui recoupe toute la population. Seuls les individus reconnus comme ayant commis des actes de violence sont exclus de cette disposition.

En revanche, il est clair que tous les migrants ne sont pas des réfugiés. Le dictionnaire Larousse définit d’ailleurs un « migrant » comme toute personne qui effectue une migration, c’est-à-dire qui se déplace volontairement dans un autre pays ou une autre région « pour des raisons économiques, politiques ou culturelles ». Le Petit Robert restreint la raison de ces déplacements au fait de « s’établir ».

Dans les faits, les dizaines (et bientôt centaines) de milliers de personnes ayant traversé la mer Méditerranée sont bien des migrants, car ils se sont déplacés d’un pays à un autre, même d’un continent à un autre. Parmi eux se trouvaient des personnes considérées comme réfugiés par le HCR (comme les Syriens). Les autres, de nationalités diverses, quittant un pays en développement pour chercher une vie meilleure en Europe, sont dits « migrants économiques » car « ils font le choix du déplacement pour de meilleures perspectives pour eux et pour leurs familles », explique le HCR. C’est ce que nous appelons le principe de « l’herbe est plus verte ailleurs« .

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Mais ces migrants économiques, qui sont en réalité les plus nombreux et proviennent soit de pays dits « sûrs » (comme les Balkans) soit de l’Afrique sub-saharienne, se mêlent volontairement aux réfugiés (jusqu’à utiliser de faux passeports syriens ou érythréens par exemple) et brouillent considérablement les pistes. Ce qui amène le HCR, depuis quelques années, à prôner l’assimilation des deux groupes faute de savoir les distinguer. Ceci est inacceptable.

En attendant, le discours du HCR reste équivoque ce qui permet toutes les interprétations par le lobby immigrationniste. Il décrit ainsi le mouvement massif vers l’Europe comme « une crise de réfugiés ». Tout en utilisant parfois les deux termes, réfugiés et migrants, pour décrire la population dans son ensemble, assurant par exemple que, « jusqu’à aujourd’hui, 292 000 réfugiés et migrants sont arrivés par la mer en Europe en 2015 ».

L’utilisation des deux termes est également le parti pris des organisations telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch ou encore la Cimade en France. Cette dernière fournit un accompagnement juridique aux migrants et tient, sauf exception, à privilégier le vocabulaire précis : des demandeurs d’asile peuvent être déclarés réfugiés en cas de réponse positive.

Pour le reste, il s’agit de migrants qui doivent être reconnus et reconduits aux frontières.

 

Nous vous l’avions dit, elle ira loin !

Dans notre Bulletin climatique du 14 avril 2015, nous évoquions la figure de Marion Maréchal-Le Pen (MMLP) à propos des prochaines élections régionales et de sa candidature dans la région Provence-Alpes-Côte d’azur (Lire « Elle ira loin ! » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/04/14/bulletin-climatique-quotidien-14-avril-2015de-la-republique-francaise/).

Marion Marechal Le Pen en rendez vous

Les choses se précisent depuis peu et nous ne saurions trop insister sur la valeur de cette jeune femme et l’avenir qui sera sans aucun doute le sien.

Ce fait nouveau, dans le contexte traditionnellement diabolisateur, réside dans le fait que certains groupes catholiques ont décidé de rompre avec la stratégie de  » cordon sanitaire  » autour du Front national observée jusqu’ici par l’Eglise. Et pour la première fois, des représentants du diocèse de Fréjus-Toulon ont invité MMLP à participer à un débat qu’ils organisent. La députée du Vaucluse, participera à une table ronde samedi 29 août, au terme des universités d’été de la Sainte-Baume, dans le Var, aux côtés de Valérie Boyer, députée (Les Républicains) des Bouches-du-Rhône, et de Simon Renucci, ancien député (divers gauche) de Corse-du-Sud et ancien maire d’Ajaccio. Certains s’en émeuvent, d’autres s’en étonnent. Ce n’est pourtant rien moins que normal.

Cette manifestation, destinée à former de jeunes chrétiens désireux de s’engager dans la vie publique et qui en est à sa cinquième édition, est organisée par l’Observatoire sociopolitique (OSP), fondé en 2005 par l’évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey. Du 27 au 29 août, les participants réfléchiront aux rapports entre  » médias et vérité « . Traditionnellement, des élus catholiques aux étiquettes variées sont invités à témoigner de leur engagement au dernier jour de cette réunion estivale. Mais jusqu’alors aucun n’avait arboré celle du Front national.

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Mgr Rey célébrant la messe de Requiem pour Louis XVI en 2013

Mgr Rey, qui sera lui-même présent à la table ronde, veut banaliser cette innovation.  » Dans la mesure où nous invitons des personnalités aux positionnements différents, à droite et à gauche, nous nous sommes dit : pourquoi pas une personne qui représente beaucoup d’électeurs ? « , explique-t-il avec la lucidité qu’on lui connaît. Il observe que les dirigeants du FN  » ont un temps de parole sur les chaînes publiques « , que ce parti est représenté aux Parlements français et européen, que les maires des villes varoises de Fréjus (David Rachline, sénateur) et de Cogolin (Marc-Etienne Lansade, un proche de Marion Maréchal-Le Pen) en sont membres, et il en conclut :  » Le FN est un parti comme un autre sur l’échiquier politique. Il faut faire preuve de réalisme, ne pas se boucher les yeux et les oreilles.  »

Il s’agit néanmoins d’une rupture incontestable pour l’Eglise de France (nettement gauchisante) qui, depuis ses dénonciations vigoureuses des positions du Front national émergeant des années 1980 et 1990, s’était gardée d’établir des ponts avec le parti de Jean-Marie Le Pen. Le lieu et les acteurs de cette nouvelle étape ne sont pas anodins. Le Var est l’une des plus anciennes terres du parti lepéniste, qui y a obtenu son meilleur résultat aux élections départementales (38,9 %) et y dispose aujourd’hui d’une solide implantation locale. Marion Maréchal-Le Pen, tête de liste aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, affiche sa foi – elle a participé au pèlerinage de Chartres, à la Pentecôte –, sa ferveur pour l’idée d’une France chrétienne et sa proximité avec les positions de l’Eglise sur des sujets importants pour cette institution, comme la famille. La députée avait été jusqu’à défiler contre le mariage pour tous, au contraire de sa tante Marine Le Pen. Bref, elle a, aux yeux de l’Eglise, des vertus que n’avait pas son grand-père Jean-Marie Le Pen.

L’évêque de Fréjus-Toulon, quant à lui, est, avec Marc Aillet, son collègue de Bayonne, l’un des représentants les plus offensifs de ce  » catholicisme d’identité  » – selon la formule du sociologue des religions Philippe Portier – extrêmement critique du  » subjectivisme  » et du  » relativisme  » à l’œuvre dans la société actuelle, et qui sont la négation de la doctrine sociale de l’Eglise. Ayant su comme peu d’autres dynamiser le tissu ecclésial et militant de son diocèse, ce prélat nommé par Jean Paul II intervient fréquemment dans les controverses sur la bioéthique, la famille ou la vie. Les invités de l’université d’été portent la marque de ce tropisme identitaire. Y figurent notamment l’ancien président de La Manif pour tous Guillaume de Prémare, délégué général d’Ichtus, un institut catholique traditionaliste aujourd’hui proche du Printemps français, ou encore Thomas Delenda, le créateur du  » réseau de prière  » Hozana.org.

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Organisateur de l’université, le Père Louis-Marie Guitton, responsable de l’Observatoire sociopolitique de Fréjus-Toulon, fait un constat d’obsolescence de la situation actuelle.  » Nous étions conscients que nous allions susciter des réactions, admet-il. Mais il y a aussi des chrétiens au FN. Il faut essayer de dialoguer. Aucun parti n’est idéal. Si on dialogue uniquement avec des gens bien, on ne dialogue avec personne.  » Il cite le pape François et ses appels aux chrétiens à se rendre dans  » les périphéries existentielles « , et ajoute :  » Avant, il y avait une diabolisation, on ne dialoguait pas. Maintenant, quand on dit aux jeunes de ne pas s’adresser au FN, ils ne comprennent pas.  »

De fait, dans les urnes, on constate depuis quelques années un comportement nouveau des électeurs catholiques. Si, pendant longtemps, une pratique religieuse catholique soutenue était un frein à voter pour le Front national, ce n’est plus le cas aujourd’hui.  » Le vote des catholiques pratiquants a rejoint la moyenne nationale. Depuis quatre à cinq ans, il n’y a plus vraiment de cordon sanitaire dans l’électorat catholique « , résume Philippe Portier.

Et Vincent Neymon, le directeur de la communication de l’épiscopat français, d’ajouter :  » Les raisons qui ont conduit au blacklistage du FN il y a quinze ans ne sont plus valables aujourd’hui, affirme-t-il. Le parti change, des gens plus variés le suivent. Les thèses ouvertement xénophobes du FN ne sont plus aussi explicites. Marion Maréchal-Le Pen rassemble des personnes qu’il vaut mieux inviter à débattre. Je trouve ça intéressant. On n’est plus à l’heure où on pouvait s’arrêter aux principes. Tous les milieux sont touchés, y compris les cathos. Raison de plus d’entrer dans le débat.  »

Pour le chercheur Philippe Portier, l’invitation de Marion Maréchal-Le Pen à la Sainte-Baume vient couronner une triple évolution : celle d’un Front national post Jean-Marie Le Pen moins dissuasif pour l’épiscopat, la droitisation de l’électorat catholique, mais aussi une Eglise qui, depuis le pontificat de Jean Paul II, a été appelée à  » affirmer son identité et à agir « , ce qui l’a conduite à s’impliquer davantage dans la chose publique à partir des années 1990. C’est bien ce que traduit Vincent Neymon en affirmant :  » L’Eglise est moins complexée qu’avant par rapport à la chose politique. Elle ose plus entrer dans le débat. Cela rejoint le débat sur la laïcité, sur la place de l’Eglise dans la société. Il n’y a pas de raison que l’Eglise se taise sur le terrain politique si elle a quelque chose à dire.  » Encore faudrait-il que beaucoup de ses évêques abandonnent leurs vieilles lunes gauchistes.

Maurice Clavel ne disait-il pas en 1990 :  » Ils ont tellement peur d’être les derniers chrétiens qu’ils seront les derniers marxistes  » ?

 

La fausse stabilisation du chômage

Ou comment mentir effrontément

Dans notre Bulletin climatique du 5 août 2015, nous rapportions l’opinion de François Hollande sur le taux de chômage en France d’après les résultats publiés par Pôle emploi (Lire « Plus on pédale moins fort, moins on avance plus vite » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/08/05/bulletin-climatique-quotidien-5-aout-2015de-la-republique-francaise/) et notre conclusion, à propos de la baisse tant attendue des chiffres, était la suivante :  » Que vont-ils manigancer pour faire croire qu’ils y sont parvenus ?  »

Un mois plus tard, les choses se précisent tant l’heure de….vérité approche !

Et l’on nous annonce que le chômage a baissé au mois de juillet par rapport à juin pour la catégorie A. Toutefois deux nuances sont à apporter. Premièrement cette baisse est très faible : -0,1%, soit 1.900 personnes sans emploi de moins. Mais surtout, les nouveaux modes de comptabilité des chômeurs, amorcés en juin, ont encore un impact sur les chiffres de juillet. « Ces opérations, réalisées principalement sur le mois de juin 2015, se poursuivent à la marge en juillet et ont un impact à la baisse sur les évolutions du nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B et C« , avoue le ministère du Travail.

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Mais cette baisse cache aussi l’augmentation des demandeurs d’emplois exerçant une activité réduite : +0.3% pour les personnes au chômage ayant travaillé au maximum 78 heures dans le mois (catégorie B), et +1.3% pour ceux ayant effectué plus de 78 heures de travail (catégorie C).

Le ministre du Travail (provisoire) s’est pourtant félicité dans un communiqué de la baisse du chômage des plus jeunes : il a diminué de 0,7% chez les moins de 25 ans, soit « 10.000 jeunes de moins depuis fin mai« , grâce bien entendu à de nouveaux emplois subventionnés. En revanche il a augmenté chez les 25-49 ans et chez les plus de 50 ans. François Rebsamen juge d’ailleurs ces résultats « cohérents » avec ceux obtenus sur le plan économique : « la croissance repart (elle a augmenté de 0,7 % au premier semestre) et les entreprises créent à nouveau des emplois (27.000 créations nette sur la même période) ». Autrement dit…RIEN.

C’est sans doute pour cela que François Rebsamen a décidé de quitter le gouvernement pour reprendre sa mairie de Dijon. Il se met à l’abris.

 

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Et un nouveau livre en cette année  » François Ier « 

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François Ier

Les femmes, le pouvoir et la guerre

de Cédric Michon

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« Vainqueur de Marignan, prince de la Renaissance ou pantin manipulé par les femmes de son entourage, François Ier est en vérité bien autre chose que ce que les images d’Épinal ou les portraits à charge ont voulu faire de lui. Derrière la majesté et la stature du roi, on trouve un compagnon simple, amical et spontané.

Derrière le géant sympathique et débonnaire, un roi autoritaire qui brise parlements, grands féodaux et favoris. Derrière le souverain absolu, un roi qui s’efforce de régner par consensus. Derrière le luxe des châteaux, les rudes campements de chasse ou de campagnes militaires.

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Nourri d’archives inédites, notamment italiennes, Cédric Michon nous livre à la fois une analyse du règne et un portrait empathique de François Ier. En évoquant le rôle de Louise de Savoie ou de la duchesse d’Étampes, en soulignant l’influence des favoris et en donnant à comprendre la portée de la bataille de Marignan comme du désastre de Pavie, il nous présente celui qui fut peut-être le dernier roi chevalier et le premier souverain absolu de l’histoire de France. »

« François Ier. Les Femmes, le pouvoir et la guerre », Editions Belin, 2015

 

Le 27 août 2015.

Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (27 août 2015)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Alerte rouge ! Branle-bas de combat ! Panique générale ou lutte finale pour TC ( Témoignage Chrétien ) ? « Le fou du Roi Louis XVII - août 27, 2015

    […] Et quel charme de Marion Maréchal-Le Pen capable de provoquer une telle manifestation de paranoïa chez TC ! Nous ne savons pas quel est l’âge actuel de Pharamond de Bourbon-Habsbourg et s’il est célibataire, comme vous semblez l’être vous-même ! Mais qui sait ce que vous réserve l’avenir ? Le CER n’a-t-il pas écrit dans son    BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (27 août 2015)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE ? […]

  2. Tant d’horreur et de honte pour en arriver là… -conseil dans l’espérance du roi | actualitserlande - juin 16, 2017

    […] La situation économique catastrophique du pays pousse massivement les Kosovars à l’émigration depuis leur pseudo-indépendance, en 2008. Autre préoccupation majeure des anciens de l’UCK : le lancement attendu d’ici à la fin de l’année d’un nouveau tribunal international pour juger des accusations de tortures et de trafic d’organes commis juste après la guerre. Plusieurs anciens dirigeants du mouvement armé albanophone, à commencer par M. Thaçi, pourraient être directement menacés de poursuites (Lire « Bande d’imbéciles » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/08/27/44072/). […]

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