Le  » Pourrissoir « .

10 Oct

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Nous avons largement commenté les cérémonies des obsèques de SAR le prince don Carlos de Bourbon-Deux Siciles, Infant d’Espagne, au Monastère royal de l’Escurial (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/10/08/bulletin-climatique-quotidien-8-octobre-2015de-la-republique-francaise/). Après les quelques photos mises en ligne voici une brève vidéo du début des obsèques du prince :

http://www.larazon.es/espana/los-reyes-despiden-al-infante-carlos-de-borbon-dos-sicilias-NJ10917219#.Ttt138r80k6WEps

Nous avons signalé, à cette occasion, que le prince serait enterré dans le Panthéon des Infants d’Espagne à l’Escurial. Mais il nous paraît intéressant pour tous ceux qui s’intéressent aux coutumes et à l’histoire de l’Espagne, de préciser que, en réalité, la dépouille mortelle du prince a été provisoirement inhumée dans la partie du Monastère que l’on appelle « el Putridor » (le Pourrissoir) où sont conservés les restes des princes défunts pendant…25 ans, avant de pouvoir intégrer le Panthéon. Une des particularités des règles de l’étiquette funéraire espagnole est en effet que, avant d’être définitivement enterrés, les membres de la famille royale sont placés dans un mur sur un lit de chaux durant de longues années. Les corps sont ensuite placés dans leur cénotaphe définitif.

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Le duc de Saint-Simon nous en parle dans le Tome VIII de ses Mémoires :

 » On monte cinq ou six marches dans l’épaisseur du mur, et on entre dans une chambre étroite et longue. On n’y voit que les murailles blanches, une grande fenêtre au bout près d’où on entre, une porte assez petite vis-à-vis, pour tous meubles une longue table de bois qui tient tout le milieu de la pièce, qui sert pour poser et accommoder les corps. Pour chacun qu’on y dépose, on creuse une niche dans la muraille, on y place le corps pour y pourrir. La niche se referme dessus sans qu’il paraisse qu’on ait touché à la muraille, qui est partout luisante et qui éblouit de blancheur, et le lieu est fort clair. Le moine me montra l’endroit de la muraille qui couvrait le corps de M. de Vendôme près de l’autre porte, lequel, à sa mine et son discours, n’est pas pour en sortir jamais. Ceux des rois et des reines, lesquelles ont eu des enfants, en sont tirés au bout d’un certain temps, et portés sans cérémonies dans les tiroirs du panthéon qui leur sont destinés.  »

R I P

Le 10 octobre 2015.

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