Soins médicaux : attendez-vous au pire.

10 Fév

Il y a longtemps déjà que nous montrons du doigt la dégradation non seulement de l’exercice des professions médicales actuelles mais, pire encore, de la formation des futurs médecins consécutive à un absurde numerus clausus purement comptable (Lire  » Vous avez dit ‘numerus clausus’ « : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/01/18/bulletin-climatique-quotidien-18-janvier-2016de-la-republique-francaise/).

Nous voici venus aujourd’hui aux premières manifestations catastrophiques de ce que nous annoncions.

Huit internes en médecine générale affectés dans des hôpitaux d’Ile-de-France viennent d’être  exclus de leur service pour cause d’incompétence. Et ont été priés de suivre un stage de remise à niveau de six mois, comme l’a révélé Le Quotidien du médecin. C’est une première mais, ne vous y trompez pas, il y en aura d’autres.

To go with AFP story in French by Mihaela Rodina French-speaking students attend a laboratory class as Romanian professor Camelia Alb (R) gives indications at the Medicine and Pharmacy University (UMF) in Cluj-Napoca city (480km northwest from Bucharest), on March 13, 2009. Around 130 students from France and 1000 from French speaking countries attend the medicine classes at UMF Cluj Napoca. AFP PHOTO DANIEL MIHAILESCU

Six d’entre eux, trois Français ayant fait leurs études en Roumanie et trois Roumains ayant commencé leur cursus dans leur pays, avaient choisi de faire leur premier stage de six mois à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne).  » Ils sont arrivés en novembre, trois étaient affectés en pneumologie, trois autres en gastro-entérologie, raconte Didier Hœltgen, directeur de l’hôpital. Très rapidement, les chefs de service et les praticiens hospitaliers nous ont fait remonter leurs difficultés.  »

A un manque criant de connaissances et de pratique s’ajoutait, pour les étudiants roumains, un niveau de français insuffisant.  » Or, je ne peux pas me permettre d’avoir du personnel médical inefficace. C’est aussi un problème de sécurité.  » Ces étudiants avaient aussi comme point commun….d’occuper les dernières places – entre la 8 688e et la 8 876e sur un total de 8 881 – aux épreuves classantes nationales (ECN), l’examen qui permet à tout étudiant en médecine ayant validé un 2e cycle d’études de faire son internat. Les deux autres venaient d’Afrique et n’étaient guère plus brillants que ces européens.

Il aura suffi de trois semaines pour que ces internes soient exfiltrés et réaffectés dans des services de médecine interne d’hôpitaux de l’AP-HP (Lariboisière, Bicêtre, Tenon, Georges-Pompidou…)  » Ils sont en surnombre pour un stage rémunéré mais non validant pour leur internat « , explique le Pr Philippe Jaury qui affirme que ces huit étudiants ne sont que la partie émergée de l’iceberg de l’incompétence. Le coordonnateur du diplômé d’étude spécialisée (DES) de médecine générale a du mal à masquer sa colère : «  A la rentrée 2014, nous avions déjà décelé ce type de problème. Nous avions été reçus au ministère de la santé et au ministère de l’enseignement supérieur, mais ils nous ont dit : “On ne peut rien faire, ce sont des étudiants européens” !  »

 » C’est la première fois qu’un hôpital prend une telle décision mais c’est un phénomène que l’on dénonce depuis des années et qui risque de s’aggraver « , réagit de son côté Jean-Pierre Vinel, ex-président de la Conférence des doyens, fraîchement élu président de l’université Toulouse-III-Paul-Sabatier. Alors, mettons tout de suite les choses au point : ce phénomène ne « risque (pas) de s’aggraver« ; il va nécessairement s’aggraver !

201323_medecins_etrangers

En effet, la particularité du système français est d’être plutôt accueillant avec les étudiants étrangers et les Français qui font leurs études de médecine à l’étranger. Certains pays exigent, au contraire, une épreuve de langue ou imposent un concours pour intégrer l’internat. Pas la France qui préfère limiter le nombre de ses propres étudiants au profit de ceux qui viennent d’ailleurs…

Au ministère de la santé, on rappelle les dispositions européennes : tout étudiant d’un pays membre de l’Union européenne engagé dans des études médicales qui a validé son deuxième cycle peut s’inscrire en troisième cycle dans un autre pays membre de l’Union. En août 2011, un décret avait interdit l’accès aux ECN aux étudiants n’ayant pas réussi à intégrer les études de médecine après la première année commune aux études de santé (Paces). Une manière de fermer la porte, de fait, à tous les étudiants qui poursuivaient leur cursus à l’étranger. Mais le Conseil d’Etat avait annulé ce décret. Encore un des bienfaits de l’Union européenne.

L’ECN a ceci de spécifique qu’il ne s’agit pas d’un concours mais d’un examen où chaque étudiant est classé… même s’il a rendu copie blanche.  » Il sera bon dernier mais sera interne et aura une place dans un hôpital « , s’indigne Philippe Jaury. En 2014, 250 candidats de l’Union européenne ayant suivi leur cursus hors de France ont passé les ECN. En 2015, ils étaient 350, dont 50 % de Roumains.

Cet épisode remet aussi en lumière les failles du numerus clausus.  » Aujourd’hui, il est possible de contourner la Paces par une inscription dans une autre université européenne donnant droit à revenir lors de l’ECN qui, en l’absence de note éliminatoire, donne droit à exercer la responsabilité d’interne « , insiste Jean-Luc Dubois-Randé, doyen de l’université Paris-Est-Créteil.

Une des solutions serait alors d’instaurer une note éliminatoire aux ECN. Elle a les faveurs des doyens de faculté de médecine. Mais les syndicats d’étudiants y sont farouchement opposés. Une autre serait de remettre un examen de fin d’études du 2e cycle avec un oral que tous les étudiants seraient tenus de valider avant de pouvoir passer l’ECN. Enfin, la réforme du 3e cycle, qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2017, devrait aussi prévoir une année socle en début d’internat permettant de s’assurer que chaque étudiant a les compétences pour poursuivre dans sa spécialisation.

En attendant, les huit internes en question seront-ils à la hauteur à la fin de leur stage de remise à niveau en avril ? Rien n’est moins sûr.  » Mon interne est roumain. Il est plein de bonne volonté et d’humilité mais son niveau est très faible. Je l’ai renvoyé suivre le cours de deuxième année de sémiologie médicale « , dit Jean-François Bergmann, chef du service de médecine interne à Lariboisière. A l’hôpital Bicêtre, le Pr Cécile Goujard est, elle aussi, assez pessimiste.  » C’est un étudiant français formé en Roumanie. Nous avons repris l’encadrement comme s’il était en 3e ou en 4e année. Il n’a aucune responsabilité.  »

A l’hôpital Tenon, le Pr Gilles Grateau est plus confiant :  » Il est très travailleur. On le remet à niveau et cela devrait être bon à la fin du stage. On lui confie peu de responsabilités mais il a une formation satisfaisante du point de vue des connaissances. Son problème est qu’il a une expérience clinique limitée par rapport aux étudiants formés en France et qui sont face à des malades dès la troisième année.  »

Bref, nous avons bien du souci à nous faire pour nos prochaines prises en charge médicales.

Le 10 février 2016.

Hippocrate, Conseiller à la Santé publique et aux affaires médicales du CER.

3 Réponses to “Soins médicaux : attendez-vous au pire.”

  1. Hervé J. VOLTO février 10, 2016 à 11:31 #

    PROJET D’ALTERNATIVE ROYALE

    LE ROI ET LA SANTE

    Pour sauvegader la santé, il faudrait :

    1.Assurer la pérénité et la qualité des soins.
    2. Améliorer la santé publique.

     

    1. Assurer la pérénité et la qualité des soins.

    Confirmer le principe d’exellance dans les études médicales, adapter le nombre des médecins à la population à soigner, préserver le caractère libéral des professions de santé, conforter le rôle du médecin généraliste, maintenir la médecine en milieux rural, revaloriser le statut du personnel infirmier, améliorer le système hospitalire, encourager la recherche médicale et l’industrie pharmaceutique, ouvrir de nouveaux droits aux malades Français, réserver aux seul Français l’accès aux emplois médicaux.

    2. Améliorer la santé publique.

    Renforcer la prévention, prendre en compte la longévité accrue de la population, maîtriser l’épidémie du SIDA, combattre la drogue, lutter contre l’importation des maladies, suborner la médecine au respect de l’éthique et de la morale Chrétiennes.

  2. Hervé J. VOLTO février 10, 2016 à 11:35 #

    Subordonner la santé au bien être des familles. Replacer la famille au centre de la santé.

    PROJET D’ALTERNATIVE ROYALE

    LE ROI ET LA FAMILLE

    Pour la préférence familiale, le Roi devra:

    1. Rendre à la Famille ses droits légitimes.
    2.Donner aux familles les moyens d’exister.
    3.Protéger les enfants.

    1. Rendre à la famille ses droits légitimes.

    Remettre le mariage à l’honneur : affirmation et défense de la Sainteté du mariage, préférence religieuse dans la fiscalité et la succession, redonner aux parents la responsabilité de l’instruction et de l’éducation de leurs enfants, sanctionner pénalement tout défaut d’éducation, instaurer le suffrage universel intégral où le père peut voter pour ses fils mineurs et la mère pour ses filles mineures, réprimer l’adultaire, l’abandon de famille, les violences conjugales, la drogue, l’abus d’alcool. La PMA est autorisée uniquement pour les couples mariés. La GPA est un crime et un délit.

    La Noblesse, c’est la reconnaissance publique du rôle social de la famille.

    La Royauté, c’est le couronnement de la famille et de l’Etat.

    Voulus Chrétiens.

    2. Donner aux familles les moyens d’exister.

    Créer le revenu maternel ou parental pour les Français, donner un satut à l’activité de mère de famille, réserver les allocations familiales aux couples Français mariés, créer des aides pour les femmes seules en difficultè avec enfants, créer pour les Français le pret familial au logement.

    3. Protéger les enfants.

    Choisir la Vie, permettre l’adoption prénatale, faciliter l’adoption des enfants Français abandonnés, défendre les enfants contre la violence et la pronographie, interdire toute propagande homosexuelles aux enfants mineurs. L’adoption ne sera possible que par un couple hétérosexuel marié à l’église.

  3. Hervé J. VOLTO février 10, 2016 à 11:40 #

    Sur l »interruption volontaire de grossesse : sous le septennat des frères Kasinsky, l’IVG n’était admis en Pologne que dans 4 cas extrêmes :

    -viol.

    -Inceste.

    -Malformation du foetus.

    -Mise en danger immédiate pour la santé de la future maman.

    hors de ces 3 cas extrêmes, l’IVG était considéré comme illégal et puni comme un crime et un délit.

    La Hongrie est en train d’étudier un projet de loi similiare…

    En tant qu’homme, je me pose une demnende ingénue : avec tous les moyens modernes de contraception qui existent aujourd’hui, est-il encore besoin d’avorter hors des 4 cas etrêmes cités ci-dessus ?

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