BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (22 février 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

22 Fév

1-ecartelement-201da

Nos forces armées ne peuvent pas rester dans cet état de dénuement 

Depuis quatre ans que le CER existe nous n’avons cessé d’attirer l’attention sur les dangers des réductions successives du budget des armées. Non seulement au titre des théâtres d’opération extérieure mais aussi en prévision des bouleversements à venir dans notre pays du fait des conséquences de l’arrivée de hordes migrantes sur le continent européen.

La multiplication de nos interventions militaires en Afrique, au Proche-Orient et peut-être bientôt au Maghreb met aujourd’hui en évidence les carences en hommes et en matériel de nos forces armées.L’état-major des Armées a ainsi annoncé, jeudi 18 février, qu’il basculait pour la première fois des moyens aériens depuis sa base de Niamey, au Niger, vers le théâtre syro-irakien.

apex_767_02

La base Prince-Hassan, en Jordanie, compte donc désormais huit Mirage 2000D, soit deux chasseurs-bombardiers de plus. Au moment même où le premier ministre, Manuel Valls, effectue une visite au Mali et au Burkina Faso, ce mouvement ne signifie  » aucun changement de cap stratégique « , assure le porte-parole de l’état-major, le colonel Gilles Jaron. Pour l’heure,  » le Sahel reste la priorité « . Tu parles ! Avec quels moyens ?

L’opération de contre-terrorisme  » Barkhane  » au Sahel (3 500 soldats), n’est pas remise en cause, mais elle tourne autour du combat aéroterrestre grâce aux hélicoptères qui traquent les djihadistes, souligne l’état-major. Un tout nouvel équipement d’artillerie, le  » lance-roquettes unitaire  » vient d’arriver sur le terrain, qui va donner  » une capacité permanente de frapper des objectifs au sol  » et viendra  » pallier le départ des deux Mirage 2000D « , nous dit-on. C’est bon pour ceux qui n’y connaissent rien. Mais ce n’est pas l’avis du CER.

3428528_3_2d76_un-rafale-sur-le-porte-avion-charles-de-gaulle_3700dc818888d9a0d5a180aefa1b9826

Dans l’immédiat, ces mouvements témoignent surtout des problèmes de moyens de l’armée française. L’équation est simple : le porte-avions Charles-de-Gaulle reprendra le chemin de Toulon d’ici quelques jours après avoir été le fer de lance de la  » réponse impitoyable  » promise par l’exécutif contre l’EI après les attentats de Paris – il a reçu deux visites présidentielles et trois visites ministérielles en 2015.

smiley_rire_w330_h329_r4_q90

Parti le 18 novembre, le navire et ses vingt-six avions permettaient ainsi d’afficher un  » triplement des capacités d’action française  » et portaient l’effectif de l’opération à 3 500. A partir du mois de mars,  » Chammal  » mobilisera un millier de militaires français.

Aujourd’hui, il faut continuer de répondre à la commande politique de «  l’intensification  » des frappes contre l’EI, mais le principe de réalité rattrape les opérations.  » Quand le chef dit qu’on est au taquet, on est au taquet « , expliquent les militaires en référence aux propos du chef d’état-major, Pierre de Villiers.  » Deux Mirage de plus en Jordanie, ça illustre plus cette situation tendue qu’une opération du genre invasion du Vietnam par les Américains « , souligne un gradé. Les huit Mirage de Jordanie devront abattre le travail de douze, ajoutent les spécialistes : plus de sorties aériennes, plus de frappes si besoin.

L’armée de l’air n’a pas les moyens de pallier le départ des 26 chasseurs de l’aéronavale. Elle est déjà en suractivité. Le contrat du Livre blanc de 2013, qui prévoyait de mobiliser  » une douzaine d’avions de chasse répartis sur les théâtres d’engagement « , est dépassé. Ils sont une vingtaine entre le Sahel et le Moyen-Orient. Les responsables français comptent sur les Européens, que le secrétaire à la défense américain, Ashton Carter, vient d’appeler en renfort en vue d’une future contre-offensive contre l’EI.  » Si on veut reprendre Mossoul, il faut les autres nations. A un moment, il va bien falloir que tout le monde cotise « , précise-t-on à l’état-major de l’armée de l’air. C’est beau de rêver mais quand on ne rêve plus…on est mort.

DASSAULT-RAFALE-MARINE

L’état-major est réticent à disperser ses efforts, mais la pression politique est forte pour obtenir des résultats contre l’ennemi prioritaire désigné, l’Etat islamique. La bascule des moyens va donc se poursuivre. Une réorganisation plus importante est prévue, par étapes, d’ici à l’été. Des Rafale supplémentaires rejoindront la base d’Al-Dhafra, aux Emirats arabes unis (EAU), depuis N’Djamena au Tchad (quatre appareils) et seront remplacés par d’autres moyens. Lesquels ? Personne ne répond à cette question.

Et que fera-t-on si, brutalement, survient l’impérieuse nécessité de réprimer des soulèvements islamistes dans nos banlieues ? Que fera-t-on quand l’inéluctable guerre civile mettra notre pays à feu et à sang ?

Le Roi, vite !

 

Les prébendes de la République

ob_c64631_nouvelle-region-bourgogne-franche-comt

Avant leur fusion, Bourgogne et Franche-Comté figuraient parmi les plus petites régions. En se rapprochant, elles ont constitué un ensemble de 2,9 millions d’habitants. Avec une conséquence mécanique, l’augmentation de 380 euros de l’indemnité mensuelle de ses élus, passée de 1 900 euros à 2 280 euros brut ! Lors de l’assemblée plénière du 4 janvier, Marie-Guite Dufay, la nouvelle présidente PS de région a pourtant choisi de faire voter ce barème, contrairement à d’autres régions. Le groupe des élus Front national lui a demandé de réduire ces indemnités de 10 % et s’est abstenu. Les Républicains et l’UDI ont voté contre. Les deux oppositions ont jugé qu’il s’agissait d’un  » mauvais signal  » adressé aux citoyens. La majorité PS-PRG-DVG n’a pas tremblé, et l’augmentation a été adoptée…

Ce jour-là, Mme Dufay a expliqué que c’était  » le prix de la démocratie  » (que nous appelons les prébendes de la République) et qu’il fallait résister  » à la démagogie et au simplisme « . L’affaire en serait sans doute restée là si, en Saône-et-Loire, Hélène Larmet,  » simple citoyenne choquée « , n’avait pas été à l’initiative d’une pétition sur Change.org qui a recueilli 21 500 signatures que la citoyenne a remises à la présidente de région mardi 16 février.

870x489_cx4rvsgwmayrx7z

Maie-Guite (Marguerite) Dufay

Après son échange avec Mme Larmet, la présidente s’est dite  » meurtrie  » par  » l’opprobre  » jetée sur sa décision. Son but, a-t-elle révélé, était de compenser le manque à gagner de ceux de ses quinze vice-présidents auxquels sa  » charte éthique  » impose un non-cumul renforcé. Mais impossible de le faire sans augmenter en proportion la totalité des cent conseillers régionaux.  En d’autres termes, c’est…la faute à la loi ! A ceux qui l’interrogeaient sur ses intentions, renoncer à la hausse ou persévérer, Mme Dufay a répondu qu’elle  » ne s’interdisait rien « .

Nous verrons bien. Mais, en attendant, nous ne lâcherons rien.

 

Quand la justice copine avec le mauvais rap

En prononçant, jeudi 18 février, la relaxe du rappeur Orelsan, la cour d’appel de Versailles a rendu une décision à haut risque sur le droit de la liberté d’expression en France. Orelsan était poursuivi par plusieurs associations de défense des droits des femmes pour plusieurs chansons interprétées lors d’un concert à Paris, en mai 2009, au Bataclan.

orelsan_2

Orelsan

Parmi les textes incriminés de son album Perdu d’avance, sorti la même année, figuraient les propos suivants : «  Renseigne-toi sur les pansements et les poussettes/Je peux te faire un enfant ou te casser le nez sur un coup de tête « ,  » J’respecte les schnecks – les filles – avec un QI en déficit/Celles qui encaissent jusqu’à devenir handicapées physiques  » ou encore cette expression :  » Ferme ta gueule ou tu vas te faire marie-trintigner « , en référence explicite à la mort de l’actrice Marie Trintignant, à la suite des coups portés par son compagnon Bertrand Cantat. Que de la belle et bonne littérature !

En mai 2009, la pourtant très libérale (!) 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris, qui construit jour après jour la jurisprudence en matière de…liberté d’expression, avait considéré que certains de ces propos constituaient bien le délit de  » provocation à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur sexe  » et avait condamné le rappeur Orelsan à 1 000 euros d’amende avec sursis ainsi qu’au paiement de 1 euro symbolique à chacune des associations parties civiles.

Sur ce sujet hautement sensible de la violence faite aux femmes, la cour d’appel de Versailles, présidée par Olivier Leurent, vient de prendre le contre-pied. Sa décision, longuement motivée, illustre le cheminement des juges entre les deux impératifs contraires que leur fixe la société : d’un côté, assurer la protection de tout groupe –à raison de son sexe ou de sa religion – contre la discrimination ou l’incitation à la violence ou à la haine. Défendre, d’autre part, ces principes démocratiques, souverains entre tous, que sont la liberté d’expression et la liberté de création artistique. Tous ceux qui, dans notre famille de pensée, ont été confrontés à cette parodie de justice peuvent en témoigner !

L’arrêt de la cour rappelle tout d’abord que  » le domaine de la création artistique, parce qu’il est le fruit de l’imaginaire du créateur, est soumis à un régime de liberté renforcé afin de ne pas investir le juge d’un pouvoir de censure qui s’exercerait au nom d’une morale nécessairement subjective, de nature à interdire des modes d’expression, souvent minoritaires, mais qui sont aussi le reflet d’une société vivante et qui ont leur place dans une démocratie « . Comprenez bien ce que cela signifie : si nous décidons de chanter ou de peindre les méfaits des migrants à Calais, plutôt que de les décrire tout simplement dans les pages de notre blogue, nous bénéficierons paraît-il d’un « RÉGIME DE LIBERTÉ RENFORCÉE » puisque nous pourrons prétendre que nos opinions s’inscrivent dans « LE DOMAINE DE LA CRÉATION ARTISTIQUE » ! C’est ce que n’avait pas compris l’abbé Pagès (Lire http://ripostelaique.com/author/guy-pages).

Or, relève l’arrêt, le rap est  » par nature un mode d’expression brutal, provocateur, vulgaire, voire violent puisqu’il se veut le reflet d’une génération désabusée et révoltée « .

La question qui s’est posée aux juges était donc de déterminer si les paroles incriminées cherchaient volontairement à injurier les femmes et à inciter à la violence contre elles ou si elles étaient d’abord et principalement  » l’expression du malaise  » d’une partie d’une génération. C’est cette deuxième voie que la cour d’appel de Versailles a retenue :  » Orelsan dépeint, sans doute à partir de ses propres tourments et errements, une jeunesse désenchantée, incomprise des adultes, en proie au mal-être, à l’angoisse d’un avenir incertain, aux frustrations, à la solitude sociale, sentimentale et sexuelle.  » Alors, suivez notre conseil, exprimez votre malaise mais restez des artistes.

Relevant que le rappeur  » n’a jamais revendiqué à l’occasion d’interviews ou à l’audience la légitimité des propos violents provocateurs ou sexistes tenus par les personnages de ses textes « , la cour estime que  » la distanciation avec ces propos, permettant de comprendre qu’ils sont fictifs, est évidente « . Bref, mettez de la distance entre vous et vos sujets de colère et il vous sera beaucoup pardonné…si vous êtes reconnus par le politiquement correct.

La cour souligne que de tels propos exprimant aussi brutalement la violence des rapports entre les hommes et les femmes ne sont d’ailleurs pas seulement l’apanage du rap.  » Le cinéma s’en est fait largement l’écho ces dernières années et il serait gravement attentatoire à la liberté de création que de vouloir interdire ces formes d’expression.  » En revanche, les juges n’ont rien dit de la christianophobie !

Sanctionner de tels propos  » reviendrait à censurer toute forme de création artistique inspirée du mal-être, du désarroi et du sentiment d’abandon d’une génération en violation du principe de la liberté d’expression « , conclut la cour en prononçant la relaxe du rappeur.

Fermez le ban. Et selon que vous serez noir ou blanc, les jugements de cour…

 

N’oubliez jamais de noter leur matricule

manifestation-calais

Les sbires de Bernard Cazeneuve s’encagoulent mais…Il ne leur est pas permis de masquer leur numéro matricule !

Plusieurs dizaines de personnes ont défilé samedi après-midi 6 février à Calais. Elles voulaient exprimer leur soutien au général Piquemal, arrêté le 6 février. Mais le rassemblement étant interdit, les manifestants n’ont pu parcourir qu’une centaine de mètres avant l’intervention des forces de l’ordre. Quatre personnes ont été interpellées, dont l’organisateur de la manifestation, un homme d’une soixantaine d’années, détenteur d’une carte d’ancien combattant. Ils encourent jusqu’à 1 an de prison et 15 000 euros d’amende car ils ne chantaient pas du rap !

Dans ces circonstances, nous vous rappelons qu’il n’y a qu’une seule réponse : SE TAIRE ET SAVOIR OBSERVER…

 

 

Le 22 février 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :