BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (9/10 avril 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

9 Avr

Que restera-t-il…

des résultats économiques de François Hollande et de ses gouvernements ?

RIEN, comme chacun peut le déplorer chaque jour. Un quinquennat pour rien en somme ou, si vous préférez, CINQ ANNÉES DE PERDUES. Alors que nous aurions eu tellement besoin de renouveau après le catastrophique séjour de Nicolas Sarkozy à l’Elysée…

Ainsi, en est-il du déficit commercial de la France qui a atteint 5,2 milliards d’euros au mois de février. Il s’agit du solde mensuel le plus négatif depuis août 2014, un moment où pourtant, le baril de pétrole valait environ 100 dollars, contre environ 40 dollars en février.

A l’été 2014, l’euro était aussi 15 % plus cher par rapport au dollar qu’aujourd’hui. « Le déficit cumulé des douze derniers mois atteint 47,5 milliards d’euros, contre 45,6 milliards en 2015 », remarquent les douanes.

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« Les exportations plafonnent même si elles restent à un niveau élevé alors que les importations, elles, sont de plus en plus dynamiques », constate Axelle Lacan, économiste chez Coe-Rexecode. « Clairement, une partie croissante de la demande domestique française est captée par la production étrangère et non par la production locale ». En clair, le maigre surcroît de pouvoir d’achat dont bénéficient les ménages français est dépensé en smartphones chinois ou en écrans plats coréens plutôt qu’en automobiles de marque française…Achetez donc « Français » au lieu de vous laisser séduire par les produits étrangers !

La non moins maigre reprise contribue en fait à l’aggravation du déficit. En effet, quand on compare le niveau des exportations des trois derniers mois par rapport à celui des trois mêmes mois d’il y a un an, alors la hausse atteint à peine 2 %, contre 3 % pour les importations, malgré le recul important de la facture pétrolière. Et en matière de produits manufacturés, les importations ont même bondi de 6 % au cours des trois derniers mois sur un an.
Tant et si bien que le déficit commercial de biens manufacturés a atteint 46,2 milliards d’euros sur les douze derniers mois. Pour mémoire, en 2011 (sous Nicolas Sarkozy), année record au cours de laquelle les comptes extérieurs de la France étaient fortement dans le rouge, le déficit commercial de produits manufacturés s’élevait à 44,2 milliards. La compétitivité de l’industrie française n’est donc pas encore restaurée.

La dégradation du déficit commercial va-t-elle continuer ? Pour Axelle Lacan, « l’effet de la dépréciation passée de l’euro risque de s’amenuiser cette année. Donc les exportations vont croître à peine plus vite que la demande mondiale tandis que les importations vont grimper plus vite », explique-t-elle. En réalité, la remontée de l’euro a déjà commencé malgré les efforts désespérés de la BCE. Les exportations devraient donc progresser de 4,2 % cette année en volume contre 6,1 % l’an passé, alors que les importations devraient augmenter de 4,9 %.

La contribution du commerce extérieur à la croissance serait donc négative cette année, d’au moins 0,3 point de PIB. « L’évolution de la croissance mondiale n’est pas aussi favorable qu’il y a quelques mois », note pour sa part Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas. « Même si l’économie française est moins ouverte que d’autres et qu’elle est donc moins exposée, elle sera touchée. D’autant que l’Allemagne, très tournée vers les marchés étrangers, est notre premier partenaire commercial », prévient-elle.

En d’autres termes, tout cela ne va pas s’arranger. Faut-il le dire à ceux qui suivent ?

 

 La jacquerie sans doute la plus préoccupante

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Drôle de mouvement que cette mobilisation lycéenne contre le projet de loi sur le travail, dit inconsidérément loi « El Khomri« . Spontané, insaisissable, déstructuré, parfois radical. Un mouvement sur lequel personne n’a véritablement prise, pas même les syndicats lycéens qui appellent à une nouvelle journée d’action samedi 9 avril – soit un mois jour pour jour après la première. Un mouvement auquel personne ne comprend rien non plus…pas même les lycéens ! Car, que savent-ils de la situation réelle de notre pays, des enjeux et des solutions que l’on doit y apporter ? Et pourtant, ce mouvement est autrement plus dangereux pour le pouvoir que les mouvements syndicaux animés par des professionnels de la contestation mais qui ne représentent plus qu’eux-mêmes.

Au fil des cortèges, où les banderoles artisanales sont bien plus nombreuses que les drapeaux des syndicats, les lycéens témoignent d’ailleurs d’une distance surprenante à l’égard de ces derniers, certains même d’une véritable méfiance. Et comme on les comprend quand on a connu ce dont ces gens-là ont été capables ou incapables depuis la fin de la dernière guerre mondiale.  » On est indépendants de toute organisation. Les syndicats lycéens, on n’a pas de contact avec eux « , assure l’un des lycéens, en terminale au lycée Montaigne, à Paris (6e arrondissement), qui n’est pourtant pas le plus mal fréquenté.  » On ne veut pas être récupérés, renchérit Mona, en 2de au lycée Sophie-Germain (4e arrondissement), idem. Il y a certainement des adhérents au lycée, mais ils ne sont pas censés nous représenter. On ne veut pas qu’ils décident à notre place.  »

Dans les lycées, les mobilisations fonctionnent un peu comme en 1793, de sinistre mémoire. Souvent à l’initiative d’une poignée d’élèves, capables, en l’espace de quelques jours, de bloquer tout un établissement. A Hélène-Boucher, un des lycées «  moteurs  » à Paris, dans le 20e arrondissement, ils sont une dizaine à avoir lancé le mouvement – des terminales surtout – , renseignés, politisés. «  A la rentrée des vacances de février, on a passé une semaine à étudier la loi avant d’organiser une première assemblée générale (AG) . On a d’abord lancé une pétition pour avoir le droit de le faire, car la direction n’était pas très chaude, raconte un autre, en terminale. Pendant cette première AG, on a passé une demi-heure à expliquer la loi.  » Quand on en sait la complexité, étalée en 131 pages, on peut avoir quelques doutes sur la possibilité de l’expliquer de façon compréhensible en…une demi-heure ! Depuis, assemblées et blocages ont lieu toutes les semaines.

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Mais, au fait, c’est quoi un « blocage » ? L’expression s’est imposée au meilleures des années 2000, avec la contestation de la loi Fillon, puis du contrat première embauche (CPE) : les blocages doivent permettre aux lycéens de se rassembler, de débattre, puis de venir grossir les rangs des manifestants.  » Dans les années 1968-1970, on se réunissait entre lycéens, on prenait une salle, on lançait une AG. Ça se faisait dans l’enceinte des lycées, témoigne Robi Morder, juriste spécialiste des mouvements de jeunes. Quand on n’a plus – ou pas toujours – cette possibilité, on se recentre sur les moyens à disposition : bloquer.  »

Des blocages plus virulents ? Les rectorats tiennent la liste des  » débordements « . Derniers en date : les feux de poubelles et jets de pierres qui, jeudi 7 avril dans cinq lycées des Hauts-de-Seine, ont abouti à une vingtaine d’interpellations. Le SNPDEN-UNSA, syndicat de proviseurs, n’a pas caché son inquiétude face à une  » certaine véhémence  » qui peut s’exprimer. Le 31 mars, il a d’ailleurs défendu des fermetures préventives de certains lycées.

Si les ressorts de cette mobilisation, ses  » figures « , n’émergent pas spontanément, c’est aussi que beaucoup d’étapes se jouent sur Facebook : on y vote les AG, on y donne le calendrier…  » Un mouvement n’a pas nécessairement besoin de porte-parole quand chacun, sur les réseaux sociaux, peut se faire entendre « , note Robi Morder. «  Chaque lycée mobilisé a sa page Facebook, rapporte une lycéenne à Paris. Il y a des groupes de conversation privés dans chaque établissement, et des groupes interlycées.  » C’est comme ça que les établissements parisiens sont entrés en relation avec d’autres à Rennes, Clermont, Bordeaux, Marseille, Lyon, pour tenter de s’organiser en  » coordination nationale « .

C’est aussi comme ça que Catherine Argoud-Daudon, proviseure du lycée Salvador-Allende d’Herouville-Saint-Clair (Calvados), suit l’évolution du blocage de son établissement, prise, dit-elle, «  entre le désir de ne pas couper le fil avec les lycéens, une certaine fierté de les voir devenir citoyens, et la crainte que tout le monde se retrouve soumis à une dictature de l’indignation « , montée en épingle par les disciples médiatiques de Stéphane Hessel*. Le blocage de ce lycée normand a été voté sur les réseaux sociaux : 70 % des 350 participants l’ont approuvé.

Quelle place, alors, tiennent les organisations dites  » représentatives  » mais qui ne représentent plus qu’elles-mêmes), FIDL, UNL et SGL, dans le mouvement, elles qui n’appellent pas aux blocages ?  » Les lycéens nous contactent, on leur apporte une assistance sur le fond et la forme « , explique Pierre Monquet, du SGL, sans trop y croire.

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 » Les lycéens, c’est comme le dentifrice : une fois sortis du tube, on ne sait pas comment les faire rentrer  » : la métaphore, attribuée à l’un des ministres de l’éducation dite nationale, a beau être usée jusqu’à la corde, elle reste d’actualité.

Nous vous le disions, il s’agit probablement de la jacquerie la plus préoccupante.

* Lire « Stéphane Hessel : du bon usage de l’anti-mythe » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/03/07/billet-dhumeur-du-sieur-du-plessis-hessel-du-bon-usage-de-lanti-mythe/

 

Lorsque le gouvernement algérien dicte sa loi aux médias français

Après les voyages successifs de François Hollande à Alger pour tenter de glaner les voix des électeurs franco-algériens de nos banlieues les plus malfamées (Lire entre autres « Le grand remplacement à l’oeuvre » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/05/01/le-grand-remplacement-a-loeuvre/), c’est au tour de Manuel Valls et de quelques uns de ses ministres d’aller faire la danse du ventre sur la rive sud de la Méditerranée.

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Samedi et dimanche (9 et 10 avril), Manuel Valls, accompagné (excusez du peu) d’une dizaine de ministres français (dont sa copine, Najat Belkacem), sera à Alger. Il rencontrera le président Bouteflika, mais pas seulement. Il va probablement devoir serrer la main d’un homme qui est impliqué dans le scandale « Panama Papers« , Abdeslam Bouchouareb. L’homme par qui le scandale arrive.

Ce proche du président Bouteflika a fait fortune dans les pommes de terre (dans la purée et les chips, pour être précis). Il est aujourd’hui ministre de l’Industrie et des Mines de l’Algérie. C’est un partenaire incontournable pour la France qui cherche à reconquérir sa place de premier fournisseur du pays, ravi par la Chine. C’est avec lui que les entreprises françaises, comme Renault et Peugeot, discutent pour signer des contrats.

Il a été directeur de la communication du président Bouteflika. Son nom est même évoqué pour devenir premier ministre. « Certains journaux d’Alger réclament sa démission, mais son nom dans le scandale Panama Papers n’ébranle pas le régime algérien« , explique la correspondante de RTL à Alger, Amina Boumazza. Cela peut en revanche poser un problème d’image à Manuel Valls et à ses dix ministres. Emmanuel Macron, par exemple, a prévu de faire le voyage à Alger. Il était convenu, jusqu’à lundi, qu’il rencontre son homologue. Il était même possible que les deux ministres signent des accords commerciaux ou de partenariat.

On va donc avoir un gouvernement français qui affiche sa détermination à lutter contre la fraude fiscale le lundi et qui, le dimanche, rencontre et négocie avec des hommes « soupçonnés » de fraude.

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La visite est marquée par un autre casse-tête : la rencontre avec le Président Bouteflika. Cela aussi peut changer. Pour l’instant, Manuel Valls a rendez-vous avec lui dimanche à 16 heures. Le Premier ministre va faire une demi-heure de voiture, aller à 40 kilomètres d’Alger, pour rencontrer le président invisible, âgé de 79 ans, dans la résidence transformée en mini-hôpital depuis son accident vasculaire cérébral en 2013, qui l’a cloué dans un fauteuil roulant et qui ne lui a laissé qu’un filet de voix.

Mais ça, la presse française qui suit Manuel Valls ne le verra pas. À l’exception d’un journaliste d’agence sans caméra, aucun journaliste parisien ne rencontra Abdelaziz Bouteflika. Sachant que, de toute façon, plusieurs journalistes français ne feront même pas le voyage puisqu’ils ont été déclarés persona non grata par le gouvernement algérien !

C’est ainsi en effet que des journalistes du Monde (auxquels se sont joints par solidarité d’autres médias), accusés d’avoir diffamé le président Abdelaziz Bouteflika et son ami le fameux ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb en révélant les liens de ce dernier avec certains paradis fiscaux, n’ont pas été autorisés à se rendre à Alger malgré les interventions de Matignon. Manuel et la quirielle de ministres qui l’accompagnent devront se contenter d’une couverture médiatique minimale… »OUÈCHE ALORS« , c’est pas bon pour leur image dans les quartiers !

Mais un autre casse-tête s’est invité dans cette visite bancale et cette ambiance de fin de règne : la Libye. Le pays voisin de l’Algérie est un sujet d’inquiétude commun entre Alger et Paris, qui craignent de voir le chaos libyen déborder des frontières de la Libye, comme cela est déjà le cas avec la Tunisie. Mais l’Algérie est opposée à toute intervention étrangère en Libye autant qu’elle redoute que l’Occident et la France finissent par lui demander de s’engager militairement sur le sol libyen. La présence d’une plante verte à la tête du pays et les magouilles successorales qui se mettent en place ne favorisent pas la clarification d’une situation dont Paris a tout à craindre.

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Mais, après tout, nos Excellences ne récoltent-elles pas ce qu’elles n’ont cessé de semer ?

 

Le 9 avril 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

 

 

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2 Réponses to “BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (9/10 avril 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. Sophie Drouin avril 10, 2016 à 1:31 #

    Les lycéens ont de bonnes raisons de sortir. Pour plus de compétitivité, leurs conditions de travail sont bradées. Pour ceux qui réussiront à se trouver un emploi.

    • alaintexier avril 10, 2016 à 9:31 #

      En tant qu’universitaire en retraite , je crois pouvoir vous dire que les lycéens qui travaillent sérieusement leurs examens au lieu de scander bêtement des slogans qu’ils ne comprennent souvent pas dans le cadre de l’exploitation éhontée qui est faite d’eux trouveront plus sûrement du travail que les braillards de la nuit et du jour .

      Alain Texier , CJA
      Docteur en Droit, Diplômé des Sciences plitiques .
      Maître de Conférences (e.r.) en Droit public.
      Garde des sceaux du CER.

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