BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (13 avril 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

13 Avr

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Le compte à rebours du « Brexit » a commencé

Plus il consent d’  » aveux  » plus cela suscite de nouvelles questions. David Cameron n’a pas réussi, ce week-end, à endiguer la déferlante des  » Panama papers  » qui, sans le menacer en tant que premier ministre, continue de l’affaiblir comme chef de la campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne au référendum du 23 juin, alors que les partisans du  » Brexit  » ne cessent de marquer des points.

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Même sa décision sans précédent de rendre publique ses déclarations d’impôts, samedi 9 avril, ne semble avoir ni étanché la soif de révélation de la presse ni allégé la pression de l’opposition qui a obtenu, lundi, une loi pour rendre pénalement responsables les sociétés qui favorisent l’évasion fiscale.

En quelques jours, Downing Street est passée du no comment absolu au grand déballage fiscal. Le 4 avril, le premier ministre avait allégué du respect de sa vie privée pour refuser de répondre aux premières révélations sur le rôle de son père dans la gestion d’un fonds fiduciaire (trust fund) enregistré au Panama.

Samedi, il a soudain tenu la promesse qu’il avait faite en 2012 : rendre public le montant de ses revenus et de ses impôts. Les Britanniques ont ainsi appris que M. Cameron avait perçu plus de 200 000 livres (247 000 euros) en 2015 et payé 76 000 livres (94 000 euros) d’impôts sur le revenu.

Entre-temps, le premier ministre avait fini par admettre, jeudi 7 avril, que son épouse Samantha et lui-même avaient bénéficié entre 1997 et 2010 du fonds offshore (Blairmore) que son père, Ian, décédé en 2010, avait géré pendant près de trente ans par l’intermédiaire du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca sans payer le moindre impôt. Il a affirmé avoir cédé en 2010, avant d’entrer à Downing Street, les parts qu’il détenait dans Blairmore et réalisé à cette occasion une plus-value de 19 000 livres déclarée au fisc, mais exonérée.

Mais cet assaut tardif de transparence n’a pas permis à M. Cameron de reprendre la main. Dès dimanche, la presse a soulevé un nouveau lièvre : le don de 200 000 livres effectué par sa mère en 2011 après la mort de son époux. La presse s’interroge sur la provenance de cet argent : sans doute le fonds Blairmore, mais aussi un deuxième fonds que M. Cameron père gérait dans un autre paradis fiscal, Jersey. Les médias insistent aussi sur le fait que l’absence de transparence sur les revenus antérieurs à 2009 ne permet pas d’évaluer le bénéfice que le premier ministre a pu tirer des fonds offshore.

Le chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn, s’est pourtant bien gardé, dimanche, de crier  » Cameron démission !  » comme quelques centaines de manifestants l’avaient fait la veille devant Downing Street. Se défendant de reprocher une quelconque faute au premier ministre, M. Corbyn a tout de même exigé de lui une déclaration formelle devant le Parlement, car  » il doit encore répondre à de grandes questions « . M. Cameron  » a trompé l’opinion  » et il a  » perdu la confiance des Britanniques « , a déclaré le chef de l’opposition, qui aimerait connaître les déclarations d’impôts antérieures à 2009.

M. Corbyn, qui a promis de publier lui aussi le montant de ses revenus et de ses impôts, réclame  » la transparence  » non seulement sur les actionnaires des sociétés et des fonds de placement, mais aussi sur les acteurs du système politique, journalistes compris, ce qui n’est pas sans arrière pensée. A la BBC, il s’est aussi interrogé sur la façon dont Londres encourageait ses territoires d’outre-mer, confettis de son empire, à prospérer comme des paradis fiscaux.

D’ailleurs, la revendication de la  » transparence  » vise désormais l’ensemble du gouvernement, au premier chef le ministre des finances, George Osborne, numéro deux du gouvernement. La pression sur les deux têtes de l’exécutif, qui sont aussi les deux principaux propagandistes du oui à l’Europe au référendum, pourrait affaiblir leur camp. «  Ça n’a pas été une grande semaine « , a reconnu M. Cameron samedi.

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Ce revers cinglant survient après d’autres polémiques potentiellement préjudiciables à la campagne contre le  » Brexit  » : la démission fracassante, à la mi-mars, de Iain Duncan Smith, ministre du travail eurosceptique, et les accusations selon lesquelles M. Cameron, pour se ménager les faveurs de Pékin, aurait sacrifié 15 000 emplois dans la sidérurgie en refusant les droits de douanes souhaitées par l’Union européenne contre l’acier chinois.

Seule consolation pour M. Cameron, les eurosceptiques conservateurs n’utilisent pas pour le moment, dans la bataille du référendum, cette histoire de  » Panama papers « . Peut-être estiment-ils aussi que le scandale sape de lui-même l’autorité du premier ministre sans qu’ils aient besoin d’en rajouter : selon un sondage publié vendredi, un an après sa reconduction, la cote de satisfaction de David Cameron (58 % d’opinions défavorables, 34 % favorables) est au plus bas depuis 2013.

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Pour peu que les négociations entre la Grèce et ses créanciers tournent au vinaigre, le « Brexit » est dans la poche…

Malmö, la Molenbeek suédoise

Osama K., l’homme soupçonné d’être le deuxième terroriste du métro bruxellois, est un  » Suédois  » de 23 ans (né de parents syriens et devenu suédois de papier). Interpellé vendredi 8 avril au matin à Laeken, dans la banlieue de Bruxelles, Osama K. a été aperçu le 22 mars à la station de métro Pétillon en compagnie de Khalid El Bakraoui, le kamikaze du métro de Maelbeek.

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Malmö : une « tête d’aigle arrachée » aujourd’hui, un « croissant » demain ?

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Osama K. a été repéré grâce à un message envoyé via Facebook à son frère cadet, permettant aux services de sécurité suédois, de prévenir leurs homologues belges. Le jeune homme habitait Malmö, la troisième ville du pays, et plus précisément Rosengård, un quartier assez central connu pour être la porte d’entrée de nombreux immigrants en Suède, ce même secteur où a grandi le joueur de balle-au-pied Zlatan Ibrahimovic.

Selon des renseignements publiés dans la presse suédoise, Osama K. a connu le parcours classique de nombreux candidats au djihad – défiance vis-à-vis de la société, exclusion, difficultés à obtenir un emploi. Un parcours qui, comme ses complices de Molenbeek, l’a mené de la délinquance au terrorisme. Le jeune homme aurait été lié depuis des années à un réseau criminel de Malmö, impliqué dans des affaires de violences et de trafic de drogue. Il faut dire aussi que le maire socialiste (jusqu’en 2013) de la ville, Ilmar Reepalu, était un pro-palestinien notoire doublé d’un actif anti-sémite et qu’il achetait la paix sociale de sa commune (dont un tiers est d’origine musulmane) comme le faisait en son temps son collègue, ami…et complice,le maire de Molenbeek, Philippe Moureaux (Lire « Sidi Moureaux« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/01/02/bulletin-climatique-du-week-end-23-janvier-2016-de-la-republique-francaise/).

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Ilmar Reapalu (au centre) lors d’une manifestation pro-palestinienne

Son endoctrinement fondamentaliste a eu lieu à Malmö, selon un proche de la famille cité dans un quotidien suédois. Osama K. a cessé de consommer alcool et drogue en s’inscrivant dans un projet d’aide à l’emploi au sein des services de loisirs de la commune de Malmö où il aurait passé un an. Sa transformation serait devenue très visible dans les deux à trois derniers mois avant son départ pour la Syrie. Il s’était écarté de ses anciens amis, s’était laissé pousser la barbe et écoutait des prêches d’imams sur son téléphone mobile.

Début 2015, il part pour la Syrie. Dès janvier 2015, un blog avait publié une photo de l’homme en treillis et bandeau noir, une kalachnikov dans la main droite, devant un drapeau noir de l’organisation Etat islamique.  » Puisse Allah t’aimer « , avait commenté son jeune frère Anas le même jour sur Facebook.

Une tante qui habite également à Malmö (encore ce foutu « regroupement familial« ) a raconté à la télévision suédoise que la famille a reçu un coup de téléphone de sa part en provenance de l’étranger.  » Je suis avec eux, je ne reviens pas « , aurait-il assuré à ses proches.

L’homme serait revenu de Syrie à l’automne 2015 à l’aide d’un faux passeport syrien au nom de Naïm Al-Hamed, en se faisant passer pour un réfugié, transitant par l’île grecque de Leros et la ville allemande d’Ulm. De là, il a rejoint la Belgique dans une voiture louée par Salah Abdeslam.

Mohamed Belkaid, tué mardi 15 mars par la police belge lors de la perquisition d’un appartement de Forest, au cours de laquelle Salah Abdeslam s’était enfui, avait également une connexion avec la Suède. D’origine algérienne, Belkaid avait épousé une Suédoise (pauvre folle !) et avait vécu en Suède à partir de 2010.

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Scène d’intifada à…Malmö (Suède)

En 2009, deux experts suédois du terrorisme mettaient en garde dans un rapport contre les dérives constatées dans le quartier Rosengård. Selon l’un de ces experts, Magnus Ranstorp, spécialiste du terrorisme auprès de l’Ecole des études de la défense, la Suède a longtemps été un pays idéal où se cacher pour les réseaux terroristes car les autorités refusaient de voir la réalité. La ville de Malmö est d’ailleurs toujours critiquée pour minimiser la menace fondamentaliste (Lire « La liste est déjà longue » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/01/13/bulletin-climatique-quotidien-13-janvier-2016de-la-republique-francaise/).

Tout comme celle de Molenbeek et quelques autres chez nous (comme Patrick Kanner, notre ministre de la Ville l’a confirmé).

 

Avec le Yémen, ils vont nous refaire le coup des « réfugiés« 

Combien d’années faudra-t-il à un Yémen en ruines pour se relever de la guerre qu’y mène, depuis mars 2015, l’Arabie saoudite (l’amie sunnite de François Hollande), à la tête d’une coalition de pays arabes, contre les rebelles houthistes que l’Arabie saoudite considère comme une tête de pont de l’Iran à sa frontière ?

Les répercussions de la crise pèseront durant des années, voire des décennies, sur le pays. « Ce conflit a détruit des années d’investissement humanitaire », estime Hanalia Ferhan, chef de mission de l’ONG Acted dans la capitale, Sanaa, tenue par les houthistes. « En 2012, près d’un enfant sur trois était en situation de malnutrition dans les gouvernorats de Sanaa et d’Hodeïda. Juste avant le conflit, début 2015, ce chiffre était tombé à 16 % à la suite du travail qui a été mené. Aujourd’hui, nous sommes revenus à la situation d’avant-guerre. »

 

Houses in the UNESCO-listed heritage site in the old city of Yemeni capital Sanaa, are seeing destroyed on June 12, 2015 following an overnight Saudi-led air strike. Residents said the pre-dawn strike, which killed five people was the first direct hit on old Sanaa since the launch of the bombing campaign against Huthi rebels in late March. AFP PHOTO / MOHAMMED HUWAIS

Sanaa bombardée

Or l’antique Arabie heureuse était, dès avant la guerre, le pays le plus pauvre du Proche-Orient. Début 2015, treize millions de personnes y avaient besoin d’une assistance humanitaire, selon les Nations unies. Après un an de conflit seulement, elles sont 21 millions, soit près de 80 % de la population.

« Début 2015, le Yémen était, comme une île, dépendant à 90 % de ses importations commerciales pour ses fonctions vitales, notamment les denrées alimentaires, le pétrole et les médicaments », rappelle une diplomate européenne. Aujourd’hui, le blocus naval partiel, imposé au pays par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, la destruction des installations portuaires par les bombardements et les combats, notamment à Hodeïda, et les difficultés de la Banque centrale yéménite, qui découragent les établissements financiers internationaux de travailler avec les marchands livrant encore des denrées alimentaires dans ces ports, ont créé des pénuries graves et durables. Des millions de personnes sont menacées de famine, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

Depuis le début de l’intervention de la coalition saoudienne, le conflit au Yémen a fait plusieurs milliers de morts, dont une moitié de civils, selon les Nations unies. Dans les zones de combat, les armes explosives (roquettes, bombes, mortiers) ont fait 36 000 blessés depuis un an, d’après Handicap international. Les structures de santé manquent cruellement pour soigner ces blessés : la moitié ont été détruites en un an, estime Jean-François Corty, directeur des opérations internationales de Médecins du monde (MDM).

YEMEN. Sanaa. 8 September 2015. Mathbah district. A group of fighters loyal to Sheik Ali Aiyedh inside his destroyed house.

En janvier, l’armée saoudienne, qui a multiplié les erreurs de tir au fil du conflit, a reconnu sa responsabilité dans le bombardement d’une structure de Médecins sans frontières (MSF) à Haydan, mené le 26 octobre. MSF a subi deux autres bombardements dans les trois mois suivants, dans les villes de Taëz et de Razeh. L’organisation Human Rights Watch a par ailleurs affirmé, jeudi, au terme d’une enquête de terrain, que le dernier carnage en date, qui avait provoqué la mort d’au moins 97 civils, dont 25 enfants, sur un marché du district de Mastaba, avait été mené par un avion saoudien équipé de bombes GBU fournies par les Etats-Unis, alors que plusieurs ONG multiplient les appels à faire cesser les livraisons d’armes à Riyad.
L’armée saoudienne, qui envisageait en mars 2015 une campagne rapide, estime d’ores et déjà que la « consolidation de l’Etat yéménite » durera des années…

YEMEN. Sanaa. 7 September 2015. The aftermath of an airstrike carried out by the Saudi Arabian-led coalition that destroyed a building in the old city and killed 6 civilians. The old city was declared a World Heritage Site by the United Nations in 1986. The buildings are more than 1,400 years old.

Encore des bombardements sur Sanaa

Ce sera un défi économique pour le royaume saoudien, qui a enregistré en 2015 un déficit budgétaire record de 87 milliards d’euros, dû à la baisse des prix du pétrole. Début mars, pour la première fois depuis plus d’une décennie, Riyad cherchait à emprunter entre 5 et 7 milliards d’euros pour combler ce déficit. L’écroulement de l’Etat yéménite, à sa frontière sud, présente également pour Riyad un enjeu démographique. Avec une population estimée à 28 millions de personnes, dont près d’un tiers d’étrangers, l’Arabie saoudite hébergeait déjà, en 2015, 583 000 migrants yéménites, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un chiffre qui a augmenté d’au moins 40 000 personnes depuis le début du conflit.

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Mais la guerre a fait en un an près de 2,5 millions de déplacés à l’intérieur du Yémen. Elle a poussé 173 000 personnes à l’exil, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), pour l’essentiel dans la péninsule Arabique et la Corne de l’Afrique : à Oman, en Arabie saoudite, à Djibouti, en Somalie.

L’arrivée à terme de ces migrants en Europe, à travers le désert soudanais, la Libye puis la Méditerranée, n’est qu’une question de temps. Les premiers migrants yéménites ont été repérés à Lampedusa.*

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De là à Calais, Grande-Synthe ou ailleurs chez nous il n’y aura plus qu’un pas que le lobby immigrationniste ne manquera pas de leur faire franchir !

* D’ailleurs, plus de 4 000 migrants, dont un certain nombre de Somaliens, ont été « secourus » par la marine italienne, au cours de ces deux derniers jours, dans la canal de Sicile (Lisez impérativement « Hep, taxi !« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/02/17/bulletin-climatique-quotidien-17-fevrier-2015de-la-republique-francaise/).

 

Le 13 avril 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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