BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (23/24 avril 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

23 Avr

 

jean-qui-rit-qi-pleure

Les maires qui riaient sont les maires qui pleurent

Ils disent qu’ils ne peuvent rien faire ou presque. Qu’ils sont démunis face à des phénomènes qui les dépassent. Les maires, accusés de ne rien faire face à la radicalisation de certains de leurs administrés, plaident non coupables. Incompétents en matière de sécurité intérieure et de renseignement, sans pouvoir de police, ils sont mal à l’aise. Parfois même…incompétents tout court. Mais qui leur a demandé de réclamer le pouvoir dans certaines communes à haut risque ? Il est même probable qu’un mouvement général de renoncement aux charges municipales dans ces villes marquerait les esprit et mettrait en tout cas les pouvoirs publics devant leurs responsabilités.

Hélas, il ne le font pas et sont même allés, pour certains en tout cas, jusqu’à tenter d’acheter la paix sociale en s’acoquinant avec leurs administrés musulmans quand d’autres se rendent carrément complices des exactions des plus violentes de leurs racailles municipales…

unknown1

A lire de toute urgence

Stéphane Gatignon, maire écologiste de Sevran (Seine-Saint-Denis), en sait quelque chose. Début mars, il a été accusé par les parents de Quentin Roy, un jeune djihadiste mort en Syrie, d’avoir fermé les yeux sur la présence de « recruteurs » de l’organisation Etat islamique dans sa ville. Sa mère était sur le plateau de France 2, jeudi 14 avril, face à François Hollande. « Je n’ai jamais nié la réalité de la radicalisation, mais si on dit qu’il faut travailler uniquement dans les communes, on se plante complètement, juge M. Gatignon. Les radicaux, eux, travaillent sur des territoires. »

Ces critiques agacent aussi son voisin Olivier Klein, maire PS de Clichy-sous-Bois. « Ce qui est reproché à Stéphane Gatignon est injuste car le rôle des maires est dans la prévention. Pour le reste, on est hors jeu », déclare-t-il. Dans sa commune enclavée du 93, il y a aussi eu plusieurs départs en Syrie. Pour lui, le maire ne peut qu’« être dans l’accompagnement ». Ben, voyons !

C’est aussi l’avis de son collègue UDI de Drancy (Seine-Saint-Denis). L’inénarrable Jean-Christophe Lagarde a découvert « par hasard » l’arrestation de Samy Amimour en 2012. Puis appris sa mort lors de l’assaut du Bataclan : cette « Chance pour la France« , dont il nous dit qu’elle fut « sans histoire » et  qui a grandi à Drancy était l’un des trois kamikazes auteurs de la tuerie de novembre 2015. « On a aidé des associations de jeunes à organiser des débats, mais que voulez-vous faire en termes de prévention ? Vu la diversité des parcours, personne n’a de méthode. » En réalité, Jean-Christophe Lagarde est l’un de ceux qui instrumentalisent les jeunes issus de l’immigration à des fins strictement électoralistes, comme nous l’avons montré dans plusieurs de nos articles :

« Qui se sent morveux se mouche » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/11/17/quand-le-maire-de-drancy-tente-de-se-blanchir/

« L’UDI, instrument de la Taqyia« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/11/14/bulletin-climatique-quotidien-14-novembre-2014de-la-republique-francaise/

« Balle au centre » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/04/18/bulletin-climatique-quotidien-18-avril-2014-de-la-republique-francaise/

« Et ce n’est pas mieux chez ceux d’en face… » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/08/01/bulletin-climatique-quotidien-1er-aout-2014de-la-republique-francaise/ et, pourquoi pas,

« Méfiez-vous du marais ! » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/10/29/bulletin-climatique-quotidien-29-octobre-2014de-la-republique-francaise/.

Les maires considèrent souvent que ce n’est pas leur mission de jouer les détectives. Surtout quand ça dérange leurs plans ! « On nous demande de faire face à des affaires de terrorisme mais ce n’est pas notre rôle juridiquement parlant. Nous sommes impuissants car nous n’avons ni les prérogatives ni les outils », assure Philippe Rio, maire PCF de Grigny (Essonne), qui dit « faire une overdose » de l’assimilation de sa ville à un repaire de terroristes depuis l’implication d’Amedy Coulibaly dans les attentats de janvier. Et s’ils agissaient tout simplement pour rendre la vie impossible à tous les islamistes de leurs communes : la tolérance zéro. Et, mieux encore, organiser la remigration (le retour chez soi).

François Pupponi, maire PS de Sarcelles (Val-d’Oise), lui, plaide plutôt pour une « meilleure circulation de l’information », notamment pour savoir qui sont les habitants de sa commune visés par une fiche « S » (pour atteinte à la sûreté de l’Etat). Un avis partagé par Roland Ries, maire socialiste de Strasbourg. En 2013, sept jeunes de sa ville sont partis combattre en Syrie. « Les maires ont beau connaître leur terrain, ils ne savent pas ce qui se passe dans les reins et les cœurs : ce serait une manière de les rassurer », affirme-t-il. Nous n’y sommes pas opposés évidemment mais nous n’ignorons pas que ce sont les détenteurs de l’autorité qui font systématiquement de la rétention d’information pour ne pas risquer « d’inquiéter la population« .
C’est d’ailleurs une demande qui n’est pas près d’aboutir pour Sébastien Pietrasanta, député PS des Hauts-de-Seine et rapporteur de la commission d’enquête relative aux moyens mis en œuvre par l’Etat pour lutter contre le terrorisme. « Par définition, une fiche “S” se veut discrète, ce n’est pas un avis de recherche », note-t-il. Nous voilà rassurés !

Ecouter, tenter de prévenir, sont les seuls leviers dont les élus disent disposer. Colombe Brossel, adjointe à la sécurité d’Anne Hidalgo, avoue que la nouvelle de l’implication des frères Kouachi dans les attentats de janvier 2015 l’a « beaucoup interrogée » : « Ils ont grandi aux Buttes-Chaumont. Devenus adultes, ils y passaient du temps. » La réaction de l’équipe municipale a été d’aller sur le terrain dans les quartiers populaires de la ville, à la rencontre des associations et chefs d’établissement. La ville a aussi décidé de dégager des moyens pour les jeunes sortant de prison ou condamnés à des mesures alternatives….Alors qu’il faut tout simplement les mettre définitivement hors d’état de nuire.

Certains élus inventent leurs propres solutions. A Strasbourg, un adjoint pilote désormais une « mission de lutte contre la radicalité » qui a vocation à devenir l’interlocuteur unique sur le sujet. Le maire de Sarcelles veut lancer une « structure de prévention » qui devrait voir le jour en 2016 pour prendre en charge les individus en voie de radicalisation. Mais que peuvent-ils espérer, ces naïfs ?

Ils oublient tous cette évidence : le risque de radicalisation islamique (et ses conséquences) est directement proportionnel au nombre de musulmans dans un pays. Chacun peut en déduire la solution.

 

Ils l’ont appelé Tafta ! Quel joli nom…

Pour l’une des plus grandes escroqueries de tous les temps.

Le traité de libre-échange transatlantique, connu sous le nom de TTIP ou Tafta, est-il déjà mort avant d’avoir vu le jour ? Alors que le treizième round de négociations entre Américains et Européens doit s’ouvrir lundi 25 avril, le scepticisme gagne du terrain à Bruxelles.

People protest on October 11, 2014 against the Transatlantic Free Trade Agreement (TAFTA) being negotiated between the European Commission and the exploitation of shale gas in the center of the southwestern French city of Narbonne. European and US negotiators have been in talks for more than a year to create the world's biggest free-trade and investment agreement, the proposed Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP). AFP PHOTO / RAYMOND ROIG

A commencer, une fois n’est pas coutume, par le camp français, qui envisagerait de mettre de son côté un terme aux discussions. « La France a fixé ses conditions, la France a dit que s’il n’y a pas de réciprocité, s’il n’y a pas de transparence, si pour les agriculteurs il y a un danger, si on n’a pas accès aux marchés publics et si, en revanche, les Etats-Unis peuvent avoir accès à tout ce que l’on fait ici, je ne l’accepterai pas », avait déjà expliqué François Hollande sur France 2 lors de l’émission « Dialogues citoyens », jeudi 14 avril. En coulisses, le chef de l’Etat est incité par Matthias Fekl, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur (un petit jeune qui monte à la façon d’Emmanuel Macron), chargé du dossier, à prendre les devants sur la scène internationale. Le calcul politique est simple : Paris n’aurait rien à perdre à quitter des négociations qui ne lui sont pas favorables et tout à gagner sur le plan politique à dénoncer un accord de plus en plus impopulaire en Europe et en France.

Nous ajouterons avec moins de circonvolutions : la France ne doit pas signer ce traité honteux qui n’est qu’un marché de dupes.

euro-usa-francais-etoiles

D’ailleurs, la contestation monte dans plusieurs pays à propos de cet accord qui prévoit d’abaisser les barrières douanières des deux côtés de l’Atlantique, mais surtout de parvenir à une forme de convergence des réglementations et des standards dans l’industrie et les services. Aux Pays-Bas, un référendum pourrait être engagé sur le sujet. Barack Obama doit se rendre à Hanovre, dimanche 24 avril, pour rencontrer Angela Merkel. « Vu la tonalité de la campagne aux Etats-Unis, il est clair que, quel que soit son successeur à la Maison Blanche, les accords commerciaux ne seront pas la priorité, ils vont revenir à du protectionnisme, estime Alain Lamassoure (LR), le patron des eurodéputés béni-oui-oui au Parlement. Ma crainte c’est que la fenêtre soit quasiment déjà refermée. »

Pourtant, Barack Obama a profité de son passage à Londres pour vanter l’intérêt de ce traité pour la Grande-Bretagne. Rencontrant sur ce sujet l’adhésion du Premier ministre de Sa Majesté, David Cameron : « Nous travaillons dur pour faire avancer (ces négociations) parce que cela ferait gagner des milliards à nos économies et donnerait l’exemple au reste du monde », a prétendu le Premier ministre britannique en bon « cheval de Troie » des Etats-Unis !

poignee

De gauche à droite : Le négociateur américain Dan Mullaney et le négociateur pour l’Union européenne Ignacio Garcia Bercero (photo : AP)

La chancelière allemande pousse aussi, de son côté, pour trouver une solution avant la fin du mandat du président américain. Angela Merkel, qui comme d’habitude dans ces affaires, avait mis tout son poids politique dans la balance dès le début des négociations, en juillet 2013, joue gros, alors que l’opinion publique allemande est de plus en plus défavorable. Mais, comme pour l’accueil des migrants, les motivations d’Angela Merkel ne sont plus celles de ses compatriotes et, moins encore, celles des autres peuples européens.

Pour éviter un échec, elle serait prête à signer un accord symbolique, qui ne contiendrait rien, ni sur l’ouverture des marchés publics américains aux Européens, ni sur la reconnaissance des indications géographiques protégées ! Une solution que veulent à tout prix éviter les Français, qui estiment que cela entérinerait la situation actuelle, favorable aux Américains. « L’accord n’a de sens que s’il y a une convergence réglementaire par le haut, s’il ne met pas en cause nos propres régulations, et s’il y a une réelle ouverture du marché américain qui fait actuellement du protectionnisme déguisé », estime enfin le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Harlem Désir. La commissaire Cecilia Malmström, chargée des négociations, a, elle aussi, laissé très clairement entendre qu’elle ne voudrait pas d’un accord au rabais.

Depuis le début de l’année 2015, Matthias Fekl a adopté une position de fermeté sur le sujet. A l’époque, déjà, il s’exprimait contre les tribunaux d’arbitrage, censés régler les conflits entre les multinationales et les Etat dans le cadre des accords de libre-échange, mais critiqués par la droite nationale, la gauche radicale et les Verts européens pour leur opacité. Comme nombre d’eurodéputés, il réclamait des aménagements, des juges plus indépendants, la création d’une cour internationale de justice, une idée également portée par la Luxembourgeoise et ex-commissaire européenne Viviane Reding. M. Fekl avait aussi, dès sa prise de poste, en septembre 2014, réclamé un accès libre aux documents de négociation du TTIP, comme beaucoup d’eurodéputés, toutes familles politiques confondues. La France a fait du manque de transparence l’un de ses principaux griefs. Une soixantaine de parlementaires de gauche ont d’ailleurs signé une tribune dans Le Monde pour critiquer l’opacité des pourparlers et pour affirmer qu’ils ne laisseraient pas l’Union européenne « réduire le Parlement français au silence ».

Qui-est-Matthias-Fekl-le-remplacant-de-Thevenoud

Matthias Fekl…en « premier de la classe« 

Un an plus tard, en septembre 2015, il mettait en garde : si les Américains ne prenaient pas davantage en compte les préoccupations françaises (respect des indications géographiques protégées, accès plus grand aux marchés publics outre-Atlantique), alors la France ne ratifierait pas le traité. Mais Matthias Fekl est-il socialiste ?…

Mais il y a aussi une forme de cynisme de la France officielle à endosser une telle démarche, tant Paris est apparu pendant longtemps déconnecté des négociations. Avant Matthias Fekl, Fleur Pellerin, qui était chargée du dossier, avait brillé par son absence sur ce sujet pourtant très sensible dans les opinions publiques européennes, et aux implications économiques mais surtout géopolitiques considérables. François Hollande lui-même a largement ignoré le sujet de longs mois durant. Mais, Fleur Pellerin….

Fleur Pellerin

La Commission de Bruxelles (qui dispose d’un mandat de négociation au nom des 28 membres de l’Union) avait à plusieurs reprises discrètement fait savoir qu’elle regrettait ce manque d’implication – du chef de l’Etat français, mais aussi d’autres dirigeants européens –, expliquant ne pas avoir les moyens de faire, seule, campagne, pour un tel accord. Elle finira peut-être par regretter le silence de Paris. Car si la France venait enfin à mettre tout son poids dans la balance, ce pourrait être non pas pour sauver l’accord, mais pour lui porter le coup fatal.

« Alea jacta est« . C’est ce que le CER réclame depuis le début de cette affaire*. Il ne s’en plaindra pas.

* Lire « Au pied du mur » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/06/12/bulletin-climatique-quotidien-12-juin-2015de-la-republique-francaise/ et la suite.

 

Et ça bouge en Autriche

Austria_Bundesadler.svg

L’Autriche vote dimanche 24 avril pour élire le nouveau chef de l’Etat et, pour la première fois depuis 1945, les candidats des deux grands partis qui gouvernent traditionnellement l’Autriche pourraient être éliminés dès le premier tour. Les sondages donnent le social-démocrate (SPÖ) Rudolf Hundstorfer et le conservateur-chrétien Andreas Khol (ÖVP) largement derrière trois candidats de l’opposition.

Afin de succéder au président sortant SPÖ Heinz Fischer, l’Autriche semble aspirer à un chan-gement radical : elle plébiscite l’écologie (Die Grünen), la droite populiste (FPÖ) et une personnalité sans étiquette. Si un second tour est nécessaire, il aura lieu le 22 mai.

La raison de ce grand chambardement ? C’est très simple : la crise migratoire que les Autrichiens ne supportent plus.

L’Autriche, située sur la route des migrants, a enregistré 90 000 demandes d’asile en 2015. Rapporté à sa population (8,58 millions de personnes), c’est un chiffre qui la place parmi les premiers pays d’accueil en Europe.

Irmgard Griss, seule femme en lice, dépasse les 20 % d’intention de vote, alors qu’elle a fait campagne sans l’argent ni l’organisation d’une formation établie. Irmgard Griss est indépendante, même si le fondateur du parti libéral Neos a appelé à voter pour elle. Cette ancienne juge à la Cour suprême de 69 ans s’est fait connaître du grand public en présidant une commission d’enquête parlementaire sur un scandale de corruption très médiatisé dans le passé.  » Dans notre culture, avoir sa carte dans un parti a longtemps été indispensable pour faire carrière, observe-t-elle. Je milite pour que, désormais, la qualification soit l’unique critère des nominations au sein du secteur public.  » Elle capitalise aujourd’hui sur le désaveu des arrangements politiciens traditionnels au sein d’une classe dirigeante déconsidérée partout en Europe. L’UMPS à l’Autrichienne…ça ne fait plus recette !

Depuis janvier et sous la pression des évènements, le gouvernement a cessé de suivre comme un caniche les injonctions d’Angela Merkel et établi des restrictions drastiques au droit d’asile. Depuis, il est pris en tenaille entre la droite populiste, qui lui reproche de ne pas en faire assez, et les droitdelhommistes, qui trouvent au contraire qu’il va trop loin.

Mais le débat n’a pas tourné qu’autour des réfugiés. L’usure des partis au pouvoir en Autriche a également été largement évoquée lors de la campagne.  » Les gens ont l’impression qu’ils ne sont plus là que pour satisfaire une clientèle « , affirme Irmgard Griss. Ça ne vous rappelle rien ?

Ce discours est également porté par les Verts. Le candidat qu’ils soutiennent, Alexander Van der Bellen, 72 printemps et toujours populaire, est une autorité morale, dont la voix porte bien au-delà des cercles écologistes traditionnels. Beaucoup d’électeurs des sociaux-démocrates pourraient voter pour lui afin de faire barrage au FPÖ.

heinz

Heinz-Christian Strache

Symptôme de la crispation du débat public sur les bords du Danube, M. Van der Bellen a, pour sa part, avancé qu’il refuserait, s’il était élu, de confier la chancellerie au leader du FPÖ Heinz-Christian Strache, pourtant loin devant ses concurrents dans les intentions de vote aux prochaines législatives. L’usage veut que le candidat arrivé en tête soit chargé par le président de former une coalition gouvernementale. Du coup, sa prise de position lui a valu d’être taxé de  » dictateur vert fasciste  » par son concurrent de droite !

Rendez-vous dimanche soir pour connaître la suite…

 

À Athènes aussi, ça bouge

Cela fait trois mois qu’Athènes et ses créanciers (Fonds monétaire international – FMI – , Banque centrale européenne, Mécanisme européen de stabilité) discutent sans parvenir à s’entendre sur les réformes censées débloquer une nouvelle tranche de prêts à la Grèce, dans le cadre du troisième plan d’aide au pays (86 milliards d’euros, décidé en août 2015).

Les réunions de printemps du FMI, à Washington, du 15 au 17 avril, étaient l’occasion de se retrouver une nouvelle fois pour tous les protagonistes du dossier : Christine Lagarde, la patronne du Fonds, Euclide Tsakalotos, le ministre des finances grec, Wolfgang Schäuble, son homologue allemand, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne (Lire notre dernière mise au point sur le sujet : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/04/11/bulletin-climatique-quotidien-11-avril-2016de-la-republique-francaise/).

Dans le  » memorandum of understanding « , le contrat de prêts passé entre les Grecs et leurs créanciers, le pays est censé pouvoir dégager un surplus primaire (excédent budgétaire avant paiement des intérêts de la dette) de 3,5 % du PIB à partir de 2018. C’est sur ce scénario que travaillent le gouvernement d’Alexis Tsipras et ses créanciers européens depuis des mois. Les Européens estiment que la Grèce, pour y parvenir, doit réaliser 5,4 milliards d’économies budgétaires et que le plan de réformes présenté en janvier par Athènes (refonte du système des retraites, nouvelles mesures fiscales) y parvient.

Mais le FMI, plus pessimiste sur l’économie grecque, pense qu’il faudrait 3,6 milliards d’euros d’économies supplémentaires pour qu’Athènes dégage un surplus de 3,5 % en 2018. A moins d’alléger radicalement l’énorme dette publique du pays (180 % du PIB), ce à quoi l’Allemagne se refuse.

A Washinton, selon deux sources proches des discussions, c’est la ligne du FMI qui semble l’avoir emporté : le Fonds et les autres créanciers se sont entendus pour que les Grecs s’engagent sur un nouveau  » paquet  » de réformes (à hauteur de 3,6 milliards d’euros), à adopter s’il s’avère que les perspectives pour le pays s’assombrissaient, dans les mois qui viennent, rendant l’objectif des 3,5 % inatteignable. En revanche, l’allègement de la dette publique du pays n’est pas encore à l’ordre du jour, face à la résistance de l’Allemagne qui refuse de comprendre que celui-ci est, à terme, incontournable.

Reste aux Grecs à accepter ce compromis, ce qui n’a rien d’évident. Lundi 18 avril, les représentants de la  » troïka  » sont revenus à Athènes pour reprendre les négociations, afin de préparer le terrain d’un accord politique, lors de la réunion des ministres des finances européens, les 22 et 23 avril à Amsterdam.  » Plusieurs propositions seront sur la table, certaines meilleures, certaines pires « , a déclaré sobrement Euclide Tsakalotos, le 16 avril !
Mais,  » Ce compromis, c’est un jeu de dupes car, avec la stagnation de l’économie liée au retard pris par la revue, cet objectif s’éloigne chaque jour un peu plus « , estime une source au sein de Syriza, le parti que dirige M. Tsipras.  » Finalement, ils se sont entendus à Washington pour nous imposer plus de mesures d’austérité, au lieu d’ouvrir enfin le chapitre de la renégociation de la dette. Rien n’a changé « , ajoute, amer, cet interlocuteur. Quand on connaît l’état actuel de l’économie grecque et l’impact de la crise migratoire subie par le pays on reste stupéfait devant l’aveuglement germanique.

Le gouvernement Tsipras pourra-t-il d’ailleurs imposer ces nouveaux sacrifices à Athènes ? Deux journaux grecs, dont le principal quotidien conservateur du pays Kathimerini, ont titré dimanche sur une possible démission du premier ministre en cas d’échec des négociations. Selon le journal Real News, M. Tsipras aurait prévenu François Hollande, qu’il a rencontré mercredi 13 avril, que  » soit la mission d’audit se termine comme prévu sur la base des mesures convenues à l’été 2015, soit je m’en vais « . Une information démentie par les services du premier ministre qui, dans un communiqué, affirmaient dimanche qu’aucun projet d’élections n’est sur la table.

Pourtant, le scénario d’élections anticipées, réclamées quotidiennement par le leader du parti conservateur, Kiriakos Mitsotakis, ne quitte cependant jamais les esprits en Grèce. D’abord, parce que la majorité parlementaire du gouvernement est très fragile, avec 153 députés sur les 300 que compte le Parlement. C’est juste assez pour faire passer les difficiles mesures réclamées par les créanciers, tant que la discipline règne au sein du groupe parlementaire et de Syriza.

Mais de plus en plus de mécontents se font entendre. Le 15 avril, le  » Mouvement des 53 « , une mouvance interne à Syriza, dont M. Tsakalotos est l’un des principaux leaders, a publié sur le site grec Commonality un long texte expliquant pourquoi il recommandait au gouvernement de  » tomber en résistant héroïquement (…) à la “troïka” plutôt qu’humilié par la société elle-même « .

Seule certitude : le temps presse à Athènes comme à Bruxelles. Tous craignent en effet le retour de la crise en zone euro, alors que l’Etat grec doit rembourser plus de 3 milliards d’euros à la BCE en juillet, et que les marchés vont devenir très nerveux à l’approche du référendum sur le  » Brexit « , le 23 juin…

Tout était écrit dans nos Billets d’Argolide de l’été 2015.* Que ne les ont-ils lus ?

* Par exemple celui du 4 juillet 2015 : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/04/billet-dargolide-zone-euro-comment-va-samorcer-le-cercle-vicieux-du-defaut/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :