Après la Hongrie, l’Autriche se fâche.

28 Avr

Chacun sait combien les appels de la chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, à l’ouverture des frontières aux hordes de migrants venues d’Orient et d’Afrique ont été et demeurent nuisibles pour l’ensemble des pays de l’Union européenne.

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Il en est résulté une fermeture progressive des frontières des pays qui se situent sur ce que l’on nomme la  » Route des Balkans  » (Macédoine, Serbie, Monténégro, Bosnie, Croatie, Slovénie) avec, pour conséquence, le séjour forcé en Grèce de dizaines de milliers de migrants qui constituent une terrible bombe à retardement pour ce pays qui dispose de peu de moyens financiers pour y faire face et qui, en outre, traverse depuis de longs mois une crise économique sans précédent. Merci Angela !

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La Hongrie fut à la pointe de la révolte des pays européens avec la construction d’une barrière anti-migrants le long de la plus grande partie de ses frontières mais aussi avec la mise en place d’une législation extrêmement sévère à l’encontre de tous ceux qui s’avisent de pénétrer dans le pays sans y avoir été autorisés. Ses dirigeants furent, comme on pouvait s’y attendre…cloués au pilori de la bien-pensance européenne et Victor Orban, son Premier ministre, traités de tous les noms d’oiseau que l’on imagine dans ce domaine.

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Depuis le week-end dernier, la montée inexorable de la droite populiste lors des élections présidentielles en Autriche, a déclenché un séisme politique et les députés de la majorité au pouvoir ont adopté hier à une large majorité une loi inédite d’« état d’urgence » migratoire, qui va pétrifier Bruxelles.

Sociaux-démocrates et chrétiens conservateurs, unis dans une coalition gouvernementale depuis 2008, ont en effet choisi de suivre la politique du voisin hongrois Viktor Orban en introduisant des dispositions qui, sauf à Budapest, n’ont guère d’équivalent au sein de l’Union européenne.

Désormais, les réfugiés syriens, afghans ou irakiens auront un permis de séjour limité dans le temps. Au bout de trois ans, la situation dans leur pays d’origine sera examinée. Si la guerre y est finie, ils devront rentrer chez eux. Fini l’accueil systématique et l’attribution non moins automatique de la nationalité du pays d’accueil.

Ils auront également plus de difficultés à faire valoir leurs droits à une vie maritale. Un frein drastique est mis aux conditions du regroupement familial, notamment pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire.

Cette mesure vise spécifiquement à décourager les jeunes hommes afghans, qui ont été les plus nombreux parmi les 90 000 requérants à l’asile en Autriche (8,5 millions d’habitants) pour l’année 2015. Les femmes resteront au pays !

Anticipant une possible arrivée massive l’été prochain de réfugiés en provenance d’Italie (puisque la route maritime trans-méditerranéenne à partir de la Libye est en pleine expansion), Vienne veut enfin pouvoir mettre en place un régime d’exception, valable deux ans, afin de refouler les migrants à ses frontières, si son administration se juge dépassée.

Les réfugiés, même de nationalité syrienne ou irakienne, devront alors prouver qu’ils sont persécutés dans le pays par lequel ils sont arrivés en Autriche. Cette dernière disposition est très clairement destinée à faire pression sur l’Italie, accusée par Vienne de ne pas contrôler efficacement ses frontières extérieures, et surtout, de laisser beaucoup de migrants continuer leur route vers le nord, sans les enregistrer. C’est le reproche que nous lui avons fait depuis longtemps à l’égard de la France.

L’Autriche s’estime poussée à agir face à l’incurie des Vingt-Huit pays de l’UE, elle qui se trouve à la jonction finale des deux routes migratoires, celle de l’Italie et celle des Balkans. Les 18 000 demandes d’asile déposées depuis le 1er janvier exaspèrent le gouvernement, qui a dépensé des millions d’euros pour lutter contre les réseaux de passeurs, pesé de tout son poids pour dévier les flux migratoires et qui subit par ricochet sans broncher depuis six mois la politique du « zéro réfugié » de ses voisins d’Europe centrale.

L’Autriche a plafonné à 37 500 le nombre de réfugiés qu’elle entend accueillir en 2016, arguant du fait qu’il s’agit d’un chiffre généreux, encore supérieur à la moyenne des efforts consentis par les autres pays européens.

La police a également détaillé, mardi, les mesures adoptées pour instaurer des contrôles au col du Brenner, un point de passage névralgique des échanges ferroviaires et routiers entre le nord et le sud du continent : une barrière de 370 mètres y sera installée. Le trafic routier sera entravé. Les trains s’arrêteront à la frontière, afin de permettre aux forces de l’ordre de réclamer des pièces d’identité. Le Tyrol, dont les autorités réclament une coopération transalpine plus poussée, n’a pas encore avancé de date précise pour le début de ces blocages au cœur de l’espace Schengen. Mais, afin de convaincre de sa détermination, Vienne a annoncé une rallonge de 1,3 milliard d’euros pour l’armée et de 1,1 milliard pour le ministère de l’intérieur.

L’Institut Ludwig-Boltzmann pour les droits humains, chef de file du lobby immigrationniste en Autriche, prévient malgré tout que les plaintes auprès de la Cour européenne des droits de l’homme pourraient se multiplier. Il doute aussi de la conformité de cette loi avec la Constitution autrichienne et la charte européenne des droits fondamentaux…

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Le cardinal Christoph Scönborn

Mais les critiques les plus virulentes ont émané d’associations de défense des migrants et, pire encore, surtout de l’Eglise catholique dans la foulée des gestes accueillants du pape François (mais que représente le poids de douze réfugiés syriens logés au Vatican par rapport aux millions de migrants économiques qui menacent tous les autres pays du continent européen ?) . C’est ainsi que le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et très influent au Vatican, a estimé que la situation dans son pays ne nécessitait — « Dieu soit loué » — nullement de telles « mesures d’urgence » !

La grande aristocratie européenne, longtemps protégée des conséquences des invasions subies par notre continent, n’a pas toujours été à la pointe de la lucidité …

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Christoph Schönborn

(Aux 1 et 4 de l’archidiocèse de Vienne, au 2 de Schönborn, au 3 de l’ordre dominicain. Devise : « Vos autem dixi amicos » –Je vous appelle amis*-)

Le 28 avril 2016.

* Tout s’explique.

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