BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (3 mai 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

3 Mai

Croc en jambe à l’Assemblée nationale

Ils sont 86 députés à l’origine de la résolution adoptée jeudi 28 avril à l’Assemblée nationale qui invite à la levée de l’embargo européen contre la Russie. Un texte adopté contre l’avis du gouvernement, à 55 voix contre 44 (députés présents). Cette résolution invite le gouvernement français à s’opposer au renouvellement des sanctions européennes en juillet 2016 et à entamer une négociation visant à « lever le plus rapidement possible la politique de sanctions à l’égard de la Russie » tant dans le domaine économique que sanitaire.

Des sanctions qui sont jugées « aujourd’hui totalement inefficaces pour résoudre la crise internationale et dangereuses pour les intérêts de la France », par les députés à l’origine de ce texte. Ils arguent du fait que la France subit en représailles un embargo sur certains produits alimentaires qui est en partie responsable de la crise agricole .

« J’espère que ce vote permettra au gouvernement d’accélérer le processus pour la levée de cet embargo », a déclaré l’ancien Premier ministre François Fillon qui, comme l’ancien président Nicolas Sarkozy, juge l’instrument contre-productif.

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Thierry Mariani à l’Assemblée nationale

A l’origine de cette proposition se trouve notamment le député Les Républicains (LR) Thierry Mariani. Ce dernier est le représentant de la 11e circonscription des Français de l’étranger, dont la Russie fait partie. Outre le groupe LR, l’UDI (centriste), le Front national et le Front de gauche ont voté pour cette proposition de résolution. Une partie du groupe des radicaux de gauche a également voté en faveur du texte, quand les autres députés du groupe se sont abstenus.

Les groupes PS et les écologistes ont voté contre. Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Harlem Désir, avait en effet appelé l’Assemblée à refuser de voter ce texte « qui risquerait de réduire les chances de règlement de ce dossier ». « Le sens de ces régimes de sanctions est de disposer d’un levier pour revenir à la négociation », avait-il précisé.

Ne nous le cachons pas, il s’agit là d’une courageuse et bonne décision. Et si vous en doutiez vous pourriez en trouver la preuve dans l’acharnement du quotidien officiel de la pensée conforme et obligatoire (Le Monde,bien sûr) à la dénigrer. L’éditorial du journal, en date du 30 avril 2016, non signé et intitulé  » Russie : mauvais signal des députés français « , affirme en effet que :  » (Mais) cette analyse témoigne d’une singulière myopie. Car, loin d’être inefficaces, les sanctions ont largement contribué à amener la Russie à la table des négociations et à conclure les accords de Minsk II, en février 2015, qui fixent le cadre d’un règlement pacifique du conflit ukrainien. Certes, ces accords sont loin d’avoir définitivement réglé la crise – autant du fait des violations sur le terrain que du manquement de Kiev (NDCER : la protégée de l’UE et son cheval de Troie au sein de l’espace culturel russe) à son engagement d’adopter une réforme constitutionnelle sur le statut de la région du Donbass. Mais ils ont, à tout le moins, fait baisser drastiquement le niveau de violence. Les sanctions restent donc un puissant moyen de pression sur Moscou pour aboutir à un règlement politique et à sa mise en œuvre effective. Face à un régime russe qui ne connaît que le rapport de force, les génuflexions sont complaisantes, inopérantes, voire les deux. Négliger les règles élémentaires du droit international est la pire des manières de régler les conflits. « 

Craignons donc que le gouvernement français n’en fasse rien et se conforme, une fois encore, à son habituelle démarche de bon toutou fidèle aux diktats de ses médias officiels, de Bruxelles et de l’Otan.

Pour autant, les choses auront été dites et il devra prendre ses responsabilités à l’aune desquelles il sera jugé.

 

 » On dit ce qu’on fait, quand on n’a rien à cacher ! « *

Nous sommes de ceux qui sonnent le tocsin depuis longtemps à propos des négociations du fameux « Tafta » (acronyme de Trans-Atlantic Free Trade Agreement), le traité commercial que l’Union européenne (UE) négocie dans la plus grande opacité avec les Etats-Unis depuis près de trois ans (Lire par exemple « Ils l’ont appelé Tafta ! Quel joli nom – pour l’une des plus grandes escroqueries de tous les temps –  » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/04/23/bulletin-climatique-du-week-end-2324-avril-2016-de-la-republique-francaise/).

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Le secret qui accompagne ces négociations n’est pas anodin, comme vous allez le voir, et témoigne de l’arnaque en cours.

On nous révélait hier 2 mai que l’ONG Greenpeace Netherlands avait obtenu communication par un lanceur d’alerte d’un certain nombre de documents restés secrets jusque là et concernant lesdites négociations. Nous restons pourtant sceptiques et nous nous interrogeons sur le côté « ballon d’essai » dont nos excellences sont coutumières pour tester la résistance de leurs opposants. Voyons en tout cas de qui il retourne puisque les documents révélés par Greenpeace Netherlands abordent presque tous les aspects de cette très vaste négociation : l’abaissement des tarifs douaniers, mais surtout la coopération réglementaire entre les deux parties.

Portant sur les deux tiers de l’ensemble des textes discutés, ils couvrent 13 chapitres – des télécommunications aux pesticides en passant par la coopération réglementaire – et ont pour l’essentiel servi de base au dernier cycle de négociation du Tafta ou TTIP (sigle du nom officiel du futur traité : Transatlantic Trade and Investment Partnership ou « Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement »), le 13e, entre l’administration Obama et la Commission européenne, qui s’est tenu du 25 au 29 avril dernier, à New York.

Leur intérêt principal est qu’y figurent non seulement la position des Européens mais aussi celle des Américains qui, jusqu’à présent, était restée totalement confidentielle.

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Cette série de documents confirme à quel point la discussion est déséquilibrée et peu avancée. C’est d’ailleurs là que nous trouvons la principale raison de notre scepticisme tant nous pensons, au contraire, que ces négociations sont bien plus avancées qu’on nous le dit mais que les acteurs de cette triste affaire manient les leurres, par ONG interposée, pour calmer les inquiétudes de leurs opposants.

Ainsi, il apparaîtrait que les Européens sont plus impliqués, plus intéressés à la négociation, qu’ils ont produit davantage de propositions, veulent notamment obtenir un accès plus grand aux marchés publics américains, la reconnaissance de leurs indications géographiques et appellations d’origine (comme le parmesan ou le chablis), et une harmonisation la plus poussée possible des standards industriels (automobile, cosmétique…). Toutes choses que revendiquent âprement tous ceux qui sont hostiles à ce traité. Bizarre, ne trouvez-vous pas ?

De leur côté, les Américains restent campés sur leurs positions, peu enthousiastes. Ils n’ont pas encore produit de proposition sur plusieurs chapitres de la négociation. Malgré l’insistance européenne, ils se refusent toujours, après douze cycles de négociations, à ouvrir les discussions sur la coopération réglementaire dans les services financiers, ou à dissiper les interrogations des Européens sur la portée réelle de l’ouverture des marchés publics (que les Etats fédérés pourraient contourner). Pas moins bizarre quand on se souvient des discours de Barak Obama en Grande-Bretagne, en Allemagne et à Bruxelles dans lesquels (avec l’appui marqué d’Angela Merkel)  il insistait sur la nécessité de terminer les négociations avant son départ de la Maison-Blanche sous peine que l’accord ne soit «pas achevé avant un certain temps».

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On lui donnerait presque le Bon Dieu sans confession…

Ces documents rappellent aussi que les réglementations des deux côtés de l’Atlantique sont très divergentes. Ce qui n’est en rien une surprise. Ils montrent que, pour surmonter cette difficulté, les parties envisagent de pratiquer la reconnaissance mutuelle des réglementations (l’UE reconnaît la norme américaine comme équivalente à la sienne, et donc acceptable), plutôt que l’harmonisation (l’UE et les Etats-Unis modifient leurs normes respectives pour les faire converger).

En l’état, le Tafta serait par ailleurs susceptible de porter un coup au principe de précaution, qui permet aujourd’hui à l’Europe de refuser certains produits et pratiques au nom de la santé ou de l’environnement. Il inverserait la charge de la preuve, en contraignant les autorités européennes à justifier chacune de leurs décisions par des preuves tangibles de leur dangerosité – pas toujours consensuelles, comme l’illustre le débat sur les OGM. Malgré les assurances récentes de la commissaire européenne chargée du commerce, Cecilia Malmström, les Européens ne font référence à aucun moment à ce principe central dans les documents de négociation consultés.

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Manifestation contre Tafta

Mais, pour finir de nous conforter dans l’hypothèse d’une manipulation, Greenpeace met en garde sur le fait que ces textes sont une photographie, datant d’il y a à peu près un mois, de l’état des négociations entre Europe et Etats-Unis. L’ONG insiste d’ailleurs sur le fait qu’il s’agit de positions de négociation : chacun campe sur ses positions, et il est évidemment impossible de préjuger du résultat final, de là où les parties choisiront d’« atterrir » dans les mois qui viennent.

Pas étonnant quand on sait que l’ONG s’est procuré 15 documents liés à la négociation, totalisant 248 pages, et portant sur les points suivants :

Traitement national et accès au marché pour les biens
Agriculture
Services
Télécommunications
Commande publique
Coopération réglementaire
Barrières techniques au commerce
Mesures sanitaires et phytosanitaires
Droits de douane et facilitation du commerce
Concurrence
PME
Entreprises publiques
Résolution des différends entre Etats

ainsi que deux documents de négociation.

Il resterait, paraît-il, 5 documents de négociation consolidés qui n’ont pas fuité :
E-commerce
Services financiers
Cohérence réglementaire
Règles d’origine
Recours commerciaux

Arnaque ? Vous avez dit arnaque ?…

Citation de Émile Zola ; La faute de l’abbé Mouret (1875)

 

Il paraît aussi que la zone euro va mieux…

C’est, en tout cas, ce qui nous est annoncé par les Grands-Prêtres de Bruxelles et de Francfort après la publication des chiffre d’Eurostat, l’organisme officiel des mensonges statistiques de l’UE.
On nous dit ainsi que, sur les trois premiers mois de l’année, le PIB de la zone euro a progressé de 0,6 %. C’est deux fois plus qu’au quatrième trimestre 2015. Mieux : une fois n’est pas coutume, la croissance de l’union monétaire a été plus dynamique que celle qui a été enregistrée aux Etats-Unis sur la même période (0,12 %) et qu’au Royaume-Uni (0,4 %). Et c’est ainsi que l’on nous affirme que la zone euro a retrouvé son niveau de richesse d’avant la crise – les Etats-Unis, eux, avaient regagné le leur en 2011. Et, plus fort encore (car ça ne suffisait pas), la douloureuse page de la récession se tourne enfin, même si l’union monétaire garde de profondes séquelles du violent effondrement de l’activité enregistré en 2009 (–4,5 %).

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N’en jetez plus, la cour est pleine !

 » Ce chiffre est plus fort que prévu, mais il faut rester prudent : cette première estimation d’Eurostat est peut-être imprécise « , nuance cependant Johannes Gareis, spécialiste de l’Europe chez Natixis. Dans le détail, la France et l’Espagne ont dépassé les attentes des analystes, avec un PIB respectivement en hausse de 0,5 % et de 0,8 % au premier trimestre. Les chiffres des autres pays membres seront dévoilés ces prochaines semaines. Selon les prévisions de la banque suisse Pictet, le PIB allemand, publié le 13 mai, devrait progresser de près de 0,6 %, et celui de l’Italie, attendu le même jour, de 0,3 %.

D’après les économistes, tout indique que le principal moteur de la croissance européenne au premier trimestre a été la demande domestique.  » Depuis deux ans, c’est le plus important ressort de l’activité en zone euro « , remarque Frederik Ducrozet, chez Pictet. En France, seul pays dont les grandes composantes du PIB sont déjà connues, les dépenses des ménages se sont ainsi fortement redressées. Elles ont rebondi de 1,2 % après le recul de 0,1 % au dernier trimestre 2015, en partie lié aux attentats parisiens de novembre. De même, l’investissement des entreprises tricolores a progressé de 1,6 %, au plus haut depuis début 2011. Un signal encourageant mais…en trompe l’oeil. Car ne perdons pas de vue que rien n’a changé structurellement. Et, en réalité, ce regain de consommation est lié à la chute vertigineuse du prix des matières énergétiques (pétrole, gaz) et une inflation nulle. Toutes choses dont la « durée de vie » est forcément limitée . Si l’on y ajoute l’inondation des marchés par les liquidités de la Banque centrale européenne (BCE)  et des taux de crédit au plus bas, on voit mal comment les consommateurs pourraient refuser les paradis artificiels. Mais il reste, en France, un énorme boulet à la cheville de notre économie : le chômage.

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Chez nos voisins allemands, italiens ou espagnols, la demande domestique a bénéficié de vents favorables. L’amélioration sur le front de l’emploi, d’abord, a soutenu la consommation des ménages. Au mois de mars, le taux de chômage, dans l’ensemble de l’Union, est tombé de 8,9 % à 8,8 % (plus de 10% en France). Surtout : le nombre de chômeurs recule dans 25 des 28 pays membres. Si le taux de chômage reste élevé en Grèce (24,4 %) et en Espagne (20,4 %), certains Etats, comme l’Allemagne (4,2 %) ou la République tchèque (4,1 %), sont déjà au plein-emploi.

La consommation a, comme nous venons de le rappeler, été soutenue par la baisse des cours du pétrole. En avril, l’inflation a ainsi reculé de 0,2 % dans la zone euro, principalement du fait de la chute des prix de l’énergie (–8,7 %). Si cette baisse laisse craindre un scénario déflationniste à la japonaise, elle offre à court terme un sérieux coup de pouce au pouvoir d’achat des ménages.

 » Tous ces éléments ont compensé la faiblesse du commerce extérieur « , note Natixis. Mais,  » Malheureusement, il est probable que la demande domestique ne bénéficie pas de soutiens aussi forts au deuxième trimestre « , s’inquiète un spécialiste de la zone euro chez Capital Economics.

Et pour cause : l’effet positif de la baisse des cours des matières premières sur le pouvoir d’achat devrait s’estomper. Les dernières enquêtes indiquent que le moral des chefs d’entreprise recommence à flancher. Quant au risque politique, il menace de revenir sur le devant de la scène, au détriment de la confiance, ingrédient indispensable au redémarrage durable de l’investissement et des embauches.

De fait, les prochains mois seront riches en événements potentiellement déstabilisateurs pour la zone euro. Outre la crise des migrants, tous les yeux se tourneront vers le Royaume-Uni le 23 juin. Ce jour-là, le pays choisira par référendum s’il quitte, ou non, l’Union européenne. Si un  » Brexit  » n’aurait pas de conséquences économiques dramatiques directes sur la zone euro, il déclencherait en revanche une crise politique aux conséquences imprévisibles. En semant le doute sur l’avenir de l’Union, il pourrait briser la fragile dynamique de la reprise. S’ajoute à cela la tenue d’élections législatives anticipées en Espagne courant juin. Et l’enlisement des négociations entre Athènes et ses créanciers. Toutes choses qui…nous font rêver à des jours meilleurs.

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D’autant que personne n’ose encore parler de ce que les bourses européennes nous montrent chaque jour davantage : la remontée du cours de l’euro par rapport aux autres monnaies et, principalement, le dollar. Mettant en évidence l’échec de la politique de Mario Draghi et de la BCE qui s’efforçaient depuis deux ans de faire baisser artificiellement le cours de l’euro pour relancer le commerce extérieur.

Une fois de plus attendez-vous à quelques turbulences. Mais, au moins, vous en aurez été prévenus.

 

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Alors sourions un peu…

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Le 3 mai 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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