BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (19 mai 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

19 Mai

Les noirs et les verts (suite)

Le mouvement de protestation contre la loi que l’on persiste à vouloir appeler  » El Khomri « , du nom de la ministre maghrébine du travail, ne  mollit que très faiblement . En revanche, les violences urbaines en marge de ces manifestations ouvrières prennent de l’ampleur et gagnent en puissance destructrice.

Des scènes impressionnantes  ont eu lieu dans plusieurs villes de province (principalement bretonnes – Lire « Et la Bretagne toujours terre de révoltes » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/05/14/bulletin-climatique-du-week-end-1415-mai-2016-de-la-republique-francaise/) mais aussi dans la capitale mardi 17 mai. C’est ainsi que des casseurs ont tenté de pénétrer en force dans le musée de l’Armée. Sur une vidéo de plus d’une minute tournée par un anonyme , on voit un gendarme fermer rapidement la grille d’entrée du musée afin que les agresseurs ne puissent prendre d’assaut les lieux. Le gendarme va recevoir l’aide de militaires. Les quelques hommes présents vont réussir avec difficulté à contenir les casseurs qui les insultent copieusement:

Mais nous voudrions attirer l’attention sur le profil très particulier de ces casseurs, quelque soit le lieu où ils sévissent. On retrouve en effet, dans ces groupes particulièrement violents (qui détruisent le mobilier urbain, pillent les commerces après en avoir brisé les vitrines, mettent le feu aux poubelles, aux abribus mais aussi aux véhicules, etc.) et qui veulent clairement « casser du flic » la conjonction des haines issues de la gauche radicale, des groupes anarchistes mais aussi, et c’est nouveau, de quelques exemplaires de la racaille des banlieues, trop contents d’être épaulés dans l’expression de leur violence naturelle. Nous avons déjà soulevé ce problème, dès 2014, en parlant de « l’alliance des noirs et des verts« https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/11/11/bulletin-climatique-quotidien-11-novembre-2014de-la-republique-francaise/.

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Prenons garde à cette convergence, non pas « des luttes » selon le schéma révolutionnaire marxiste, mais des intérêts nihilistes.

Il y a là un ferment pré-insurrectionnel que nous aurions tort de négliger.

 

Zone euro : après la dette de la Grèce voici le déficit du Portugal 

Vous ne pouvez plus ignorer que la situation financière de la Grèce est grave. Elle le restera en tout cas tant que ses créanciers (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI) ne s’entendrons pas pour réduire drastiquement la dette du pays. Autant dire que les difficultés sont encore devant nous…

Mais l’économie portugaise n’est pas en grande forme non plus , et cela inquiète Bruxelles. Selon la première estimation officielle, publiée vendredi 13 mai, le pays a enregistré une croissance de 0,1 % seulement au premier trimestre, après 0,2 % sur les trois derniers mois de 2015. C’est beaucoup moins que prévu. « Les nuages planant sur la conjoncture portugaise depuis quelques mois peinent à se dissiper », estime Ricardo Amaro, spécialiste du pays chez Oxford Economics.

Ces chiffres tombent au mauvais moment pour Lisbonne. Mercredi 18 mai, la Commission européenne envisageait une procédure de sanctions contre le pays car elle juge qu’il n’a pas réalisé suffisamment d’efforts pour ramener son déficit public sous la barre des 3 % du produit intérieur brut (PIB). « Bruxelles pourrait utiliser les performances économiques décevantes du Portugal pour faire pression sur le gouvernement », confie une source européenne. Ou comment constater que l’on a perdu sa souveraineté !

Portugal

En 2015, le pays a enregistré un déficit plus fort que prévu, à 4,4 % du PIB, plombé par le sauvetage de la banque Banif. Initialement, il s’était engagé à le ramener à 2,5 %. A l’issue d’un bras de fer houleux, le premier ministre socialiste Antonio Costa a été contraint, en février dernier, de revoir sa cible de déficit public pour 2016 de 2,6 % à 2,2 % du PIB. Sa prévision de croissance pour cette année, de 1,8 %, est toujours jugée trop optimiste par la Commission, qui table plutôt sur 1,5 %.

En cas de sanction, scénario jugé néanmoins peu probable par la plupart des économistes, le pays pourrait écoper d’une amende allant jusqu’à 0,2 % de son PIB. Ou comment aggraver une situation déjà désastreuse ! Une telle sanction serait une première depuis l’instauration des nouvelles procédures budgétaires européennes, en 2011. Et elle serait très mal vécue par le Portugal. En effet, ces dernières années, le pays s’est démené pour être le bon élève de l’austérité. Balayé par la crise des dettes, il est entré sous assistance de la « troïka » (Fonds monétaire international, Commission européenne, Banque centrale européenne) en 2011, à la façon de la Grèce. En échange d’un prêt de 78 milliards d’euros, le premier ministre de l’époque, Pedro Passos Coelho (centre droit), a appliqué la plupart des mesures de rigueur exigées par ses partenaires : baisse des dépenses publiques, taxe de 15 % sur les retraites dépassant 4 611 euros, réduction des traitements et du nombre de fonctionnaires…Un scénario à toute épreuve et que les Grecs connaissent bien.

De douloureux sacrifices qui, à première vue, semblait avoir porté leurs fruits : le pays est sorti du plan d’aide en mai 2014. « En 2015, le PIB a progressé de 1,5 %, au plus haut depuis 2010, tandis que le chômage est retombé de 17,5 % en 2013 à 12,1 % début 2016 », rappelle M. Amaro. La part des exportations est passée de 30 % à 40 % du PIB depuis 2007. Mais les Portugais, eux, tardent à ressentir la reprise dans leur quotidien. Sans surprise, Antonio Costa, l’ancien maire socialiste de Lisbonne, a pris le pouvoir en novembre 2015 sur la promesse de rompre avec l’austérité. Rappelant ainsi les promesses d’Alexis Tsipras, le Premier ministre grec.

Allié au Bloc de gauche et aux communistes, le nouveau premier ministre a promis de détricoter les réformes les plus dures de son prédécesseur. En janvier, il a ainsi relevé le salaire minimum de 505 à 530 euros par mois. Mais il s’est également engagé à respecter les règles budgétaires européennes. « Il doit trouver un équilibre entre ces deux contraintes : un sacré défi, analyse Antonio Barroso, spécialiste du pays chez Teneo Intelligence. D’autant que la reprise reste très fragile. »

Si la consommation des ménages va mieux, comme ailleurs en Europe, les exportations souffrent du ralentissement de l’économie mondiale : en mars, elles ont reculé de 3,9 % sur un an. Le Portugal exporte de l’agroalimentaire et des produits milieu de gamme, principalement vers l’Union européenne. Mais il est pénalisé par les déboires de ses anciennes colonies, avec qui il a gardé des liens commerciaux forts. L’Angola et le Brésil sont très affectés par la baisse des cours des matières premières. Ce qui est à l’image de ce que la France connaît avec l’Algérie sans oser l’avouer de peur de perdre la maîtrise de la paix sociale dans nos banlieues.

S’ajoutent à cela les séquelles de la récession. A commencer par le chômage des moins de 25 ans, qui culmine toujours à 31 %. Un chiffre qui serait pire si, depuis 2011, plus de 300 000 jeunes n’avaient pas quitté le pays. En outre, les PME ont vu leur niveau d’endettement s’envoler – il dépasse aujourd’hui les 115 % du PIB. Résultat : les créances douteuses, ces prêts dont une partie ne sera jamais remboursée, ont explosé. Elles handicapent un secteur bancaire particulièrement fragile, qui peine à financer l’économie. Enfin, la dette publique, colossale, frôle aujourd’hui les 130 % du PIB (180% pour la Grèce).

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Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne annonçant mercredi que l’UE se donnait un peu de temps pour décider de sanctions

Il est clair aujourd’hui que le Portugal est, après la Grèce, le second maillon faible de la zone euro.

 

Le culte inepte de Stéphane Hessel

Cinq années se sont écoulées depuis le 15 mai 2011 et la manifestation « Pour une démocratie réelle maintenant » qui a donné naissance en Espagne à un mouvement que seuls les médias français  ont appelés « Indignés » pour tenter d’ancrer dans la réalité l’imposture de l’opuscule du même nom écrit par Stéphane Hessel.

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Mais, comme nous n’avons cessé de le répéter, cette  » indignomania  » (du même acabit que leur  » Obamania « ) n’a reçu d’écho que dans notre pays ! Ce mouvement étant nommé en Espagne  » Movimiento 15-M « , en référence tout simplement à la date de ladite manifestation (Lire « L’indignomania des médias français » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/05/26/bulletin-climatique-quotidien-26-mai-2015de-la-republique-francaise/). Alors qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

L’Espagne est plongée dans une crise politique inédite. Le gouvernement de Mariano Rajoy assure l’intérim depuis les élections législatives du 20 décembre 2015 car le parlement n’est pas parvenu à former un gouvernement. De nouvelles élections doivent avoir lieu le 26 juin pour tenter de débloquer la situation mais le bipartisme a volé en éclats et le temps des accords et des coalitions n’a pas encore été assimilé.

Comme en France avec Nuit debout, le mouvement 15-M est né dans un contexte de profonde déception des électeurs de gauche. Mais pouvait-il en être autrement ? S’il est encore trop tôt pour mesurer l’ampleur des conséquences qu’aura le 15-M sur l’échiquier politique espagnol, il est tout e même à l’origine du développement du parti de gauche radicale « Podemos » (nous pouvons) qui est le frère jumeau de Syriza en Grèce mais duquel 15-M persiste à se distinguer. C’est ce que l’on appelle un mouvement « anti-système« , comme d’ailleurs il en nait ailleurs et même aux Etats-Unis, à l’occasion de l’actuelle campagne présidentielle.

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Alexis Tsipras (Syriza) et Pablo Iglesias (Podemos)

Se sentant dépouillés de représentation dans les institutions traditionnelles (et en particulier par le parti socialiste), les électeurs de gauche ont crié dans la rue le slogan « Non, ils ne nous représentent pas ». Derrière ce cri, se cachait aussi la colère contre la crise (qui était alors au plus haut) et le manque d’emplois (qui étaient au plus bas), contre l’absence de perspectives d’avenir pour les jeunes, contre des scandales de corruption à répétition et la croissance des inégalités sociales. Quelques ironiques diraient qu’ils sont « pour ce qui est contre et contre ce qui est pour » ! Et comme ils prétendent, en plus, qu’ « Il est interdit d’interdir » et que « Sous les pavés, la plage« , ils rappellent un peu un autre joli mois de mai, autour de la Sorbonne….

La principale conséquence du 15-M a été la politisation désordonnée des jeunes Espagnols. Nés après la mort du général Franco (1975), ayant grandi dans une société de consommation dopée par les illusions de l’Union européenne, ils étaient jusque là très peu politisés. « Nous dormions, nous nous sommes réveillés » était l’un de leurs slogans lors de leurs réunions de la Puerta del Sol, à Madrid, et les autres places publiques du pays.

A l’époque, le Parti populaire (PP, droite) réduisait le 15-M à une bande de jeunes loufoques « antisystème ». Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), désarçonné, ne savait pas comment réagir face une masse qui criait contre le « PPSOE », la version espagnole de l’UMPS. Depuis, les médias posent sans cesse la même question : vont-ils créer un parti ? La réponse est toujours la même : non.

Il a fallu trois ans pour que naisse Podemos, en mars 2014 (que son chef de file, Pablo Iglesias, définit abusivement comme « la traduction électorale la plus complète du 15-M ») et un an de plus pour que quelques municipalités passent, en 2015, sous la coupe de « plates-formes citoyennes », nourries d’activistes et soutenues par Podemos, comme Madrid, Barcelone ou Cadix. Trois années de maturation, durant lesquelles le mouvement 15-M est simplement resté vivant, à travers notamment des assemblées hebdomadaires décentralisées dans les quartiers de Madrid et des grandes villes d’Espagne.

Les « marées », ces mobilisations convoquées par messagerie instantanée, sont régulièrement dans les rues. La « marée blanche » en défense de la santé publique, la « marée verte » pour la protection de l’éducation publique, etc. La Plate-forme des victimes des crédits immobiliers, la PAH, s’est étendue dans toute l’Espagne, avec des centaines de personnes qui s’étaient découvert une vocation d’activiste sur les places publiques. Il suffisait qu’une personne sur le point d’être expulsée de son logement appelle la PAH pour que des centaines d’autres se réunissent pour bloquer la porte aux huissiers, pacifiquement. A la télévision, les tertulias, ces débats où des journalistes commentent pendant des heures l’actualité sur un ton enflammé, sont devenus à la mode. Mais pourquoi faire ? Ce qui finit par lasser les Espagnols qui devront retourner prématurément aux urnes le mois prochain.

French protesters gather at Place de La Republique in Paris as part of demonstrations by the Nuit Debout (Up All Night) movement on April 12, 2016. The Nuit Debout or "Up All Night" protests began in opposition to the government's labour reforms seen as threatening workers' rights, but have since gathered a number of causes, from migrants' rights to anti-globalisation. AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG / AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

Nuit debout, place de la République à Paris

Bref, il apparaît que le mouvement français « Nuit debout » s’est largement inspiré de 15-M avec ses assemblées populaires stériles où les fumées de cannabis et les vapeurs d’alcool occupent davantage l’espace que ne le font les fruits de leurs réflexions !

Un bon point pourtant à verser au dossier du movimiento 15-M : il ne connaît pratiquement pas la violence, à la différence de son homologue français.

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À Paris, on « casse du flic » !

 

 Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Cecilia Bartoli : De Venise à Saint Petersbourg

Opéra Royal de Versailles, le 31 mai 2016 – 20h

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En octobre 2014, Cecilia Bartoli présentait en première mondiale à Versailles son nouveau programme, Saint Petersburg, qualifié “d’envolées impériales” par la presse. Cecilia Bartoli avait promis, après cette soirée éblouissante, de venir présenter l’intégralité du programme à l’Opéra Royal : cette fidélité conduit au concert de mai 2016, qui vient en quelque sorte clore la tournée St Petersburg là où elle avait commencée.

Comme à son habitude, Cecilia Bartoli y déploiera son arsenal de séduction musicale : une virtuosité à toute épreuve, un sens du drame incomparable, une émotion palpitante qui hypnotise son auditoire… pour la plus grande gloire de la musique des Tsars !

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Programme
Antonio Vivaldi (1678-1741)
Ouverture in C major de »Farnace“ (1727) – (Allegro), Andante, Allegro
« Gelosia, tu già rendi l’alma mia“ – Aria of Caio from « Ottone in Villa“ (1713)
“Sol da te, mio dolce amore” – Aria of Ruggiero from “Orlando furioso” (1727)
« Agitata da due venti » – Aria of Costanza from « Griselda » (1735)
Concerto Alla rustica in G major for Strings, RV 151 – (Allegro – Adagio – Allegro)
« Gelido in ogni vena » – Aria of Farnace from « Farnace » (1727)
« Sventurata navicella » – Aria of Leocasta from « Giustino » (1724)

Hermann Raupach (1728-1778)
March from “Altsesta” (1758)
Aria of Altsesta from « Altsesta“ (1758)
“O placido il mare” – Aria of Laodice from “Siroe, re di Persia” (1760)

Baldassare Galuppi (1706-1785)
Ouverture from « Iphigenia in Tauride » (1768)

Francesco Domenico Araia (1709-c.1770)
« Pastor che a notte ombrosa“ – Aria of Demetrio from « Seleuco » (1744)

Johann Adolf Hasse (1699-1783)
Ouverture from “La Clemenza di Tito” (1727)
“Se mai senti spirarti sul volto” – Aria of Sesto from “La Clemenza di Tito » (1727)
« Vò disperato a morte” – Aria of Sesto from “La Clemenza di Tito”

Francesco Domenico Araia (1709-c.1770)
Ouverture from “Bellerofonte » (1750)

Nicola Porpora (1686-1768)
« Nobil onda » – Aria of Adelaide from « Adelaide » (1723)

Le 19 mai 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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