BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (26 mai 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

26 Mai

Voici pourquoi la BCE ne peut plus rien pour nous

Malgré ses rachats de dettes souveraines et l’inondation des marchés par ses liquidités, Mario Draghi et la Banque centrale européenne sont en échec face au lobby bancaire, constitué aujourd’hui de mastodontes qui, par la masse et l’éventail de leurs activités, forment un véritable oligopole et puisent leur rente aux dépens des consommateurs de services bancaires et de la stabilité d’ensemble du système financier.

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Ils sont au centre des scandales financiers : sur le Libor, l’Euribor, les produits structurés toxiques, les prêts hypothécaires, l’évasion fiscale, etc. Leur gigantisme et leurs activités de plus en plus éloignées de celles qui fondent leur raison d’être en font un abysse de conflits d’intérêts, d’où jaillissent potentiellement la fraude et les comportements déviants. Ces défauts de loyauté récurrents, tant vis-à-vis des clients que de la collectivité qui leur délègue le pouvoir de création monétaire, restent hélas impunis.

Certes, théoriquement les autorités judiciaires les sanctionnent désormais et les autorités de régulation tentent de resserrer leur bride en exigeant qu’ils puissent mieux assumer leurs pertes éventuelles (davantage de fonds propres, de dettes transformables en actions) et en mettant à contribution leurs créanciers. Tout cela est nécessaire mais très largement insuffisant pour attaquer le nœud du problème. En vérité, c’est leur masse et leur structure même qu’il faut défaire.

Les banques géantes sont devenues le maillon faible de la politique monétaire qui peine tant, notamment en Europe, à produire ses effets : peu importe les tombereaux de liquidité gratuite déversés pour eux par la banque centrale, elles demeurent plus affairées à acheter sur les marchés des titres qu’ils revendront aussitôt et à réaliser des montages de produits toujours plus complexes qu’à financer l’économie réelle. Et il y a fort à craindre que le contexte actuel de taux bas, dont les banques pâtissent autant qu’elles en sont responsables, n’exacerbe ce biais court-termiste et spéculatif.

Leur hypertrophie est à la mesure de la rente qu’elles prélèvent. Plus cette rente est élevée, plus les moyens de la préserver le sont : des profits élevés permettent de verser de substantiels dividendes aux actionnaires, des salaires et des bonus extravagants détournent les talents de secteurs porteurs de croissance et déroutent par les fameuses « portes tournantes » la mission de service public de hauts fonctionnaires. Ces banques géantes capturent tout ce qui peut servir leur intérêt.

Jusqu’à quand la société acceptera-t-elle que l’intérêt d’un seul  secteur commande l’intérêt général ? Faut-il attendre le point de rupture où s’exprimerait une défiance radicale ? Certaines propositions actuelles de priver les banques des privilèges que la société leur avait concédés expriment cette défiance. Leur retirer, par exemple, le pouvoir de création monétaire.

Que l’on croie ou non à cette proposition que l’économiste américain Irving Fisher avait recommandée au sortir de la crise de 1929, il faut constater que son audience est plus grande là où l’hypertrophie du secteur bancaire a été la plus marquée et la plus coûteuse – en Suisse et en Islande. Mais d’autres propositions, comme celle de la distribution directe de monnaie sans passer par la médiation bancaire, questionnent quant à elles l’accès des banques au refinancement de la banque centrale.

À moins qu’elles aient auparavant tout emporté avec elles dans leur chute…

 

Voilà pourquoi la Grèce ne se relèvera pas

Les dix-neuf ministres des Finances de la zone Euro ont cru trouver un accord au sein de l’Eurogroupe en vue de verser une nouvelle tranche d’aide de 10,3 milliards d’euros à la Grèce lui permettant de faire encore ses fins de mois pendant quelque temps. Alexis Tsipras est satisfait car…il a gagné du temps avant le défaut. Comme à l’été 2015.

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Alexis Tsipras

Nos ministres des Finances ont renoué avec leur pratique habituelle du plus fort de la crise : des réunions marathon jusqu’au milieu de la nuit et un Eurogroupe prolongé qui porte quelques fruits au petit matin. Permettant à Michel Sapin, ministre français des Finances, de prétendre que  » Cet accord et l’ensemble des discussions entre nous ont souligné les efforts considérables, la confiance que l’on pouvait avoir dans le gouvernement grec aujourd’hui, sa capacité à mettre en œuvre, même quand c’est politiquement difficile, des réformes nécessaires. Cet accord est un acte de confiance vis-à-vis de la Grèce aujourd’hui.  »

Mais, dans la pratique, il n’y aura pas de réduction de la dette. Seulement quelques mesures visant à réduire les taux d’intérêt payés par le gouvernement à ses bailleurs de fonds et d’éventuels délais pour les remboursements. La nouvelle tranche d’aide financière fera quant à elle l’objet de plusieurs versements, dont le plus conséquent interviendra dans la seconde quinzaine de juin pour sept milliards et demi d’euros.

Comme le relève une note d’analyse de Citibank, sous la pression de Berlin et de son ministre des Finances (Wolfgang Schaüble) qui ne veut pas lâcher la bride à Athènes ni prendre aucun engagement avant les législatives allemandes de 2017, « toute décision sur la dette a en fait été renvoyée à 2018 au plus tôt« , à la fin théorique du programme de sauvetage financier du pays initié il y a six ans, laissant « une forte incertitude » continuer de planer « sur la viabilité de la dette« .

Autrement dit, et comme nous le redoutions pour la Grèce, il n’y aura pas d’allègement et moins encore de réduction de la dette publique du pays qui continuera donc de s’enfoncer dans la misère et l’insolvabilité. Le problème n’est donc que repoussé…aux calendes alors qu’il faudrait impérativement un allègement immédiat et de grande ampleur en lieu et place du corset d’austérité  à l’Allemande, imposé par la zone euro.

 » Nous avons effectivement renvoyé le problème à plus tard « , commentait mercredi une source européenne (Lire « Les créanciers de la Grèce nous ont-ils entendus ? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/05/24/bulletin-climatique-quotidien-24-mai-2016-de-la-republique-francaise/).

Merci Wolfgang Schaüble ! Grâce à vous la zone euro va imploser.

 

Et encore pourquoi nous réclamons un  » FRANXIT* « 

Tout simplement parce qu’il est urgent de sauver notre peau !

Mais ne croyez pas que ce soit seulement à cause de l’abandon de la souveraineté de notre pays, des nouvelles « Grandes Invasions barbares » qui submergent l’Europe mais sont encouragées par nos dirigeants ou de la débâcle économique et financière dont nous venons de parler. Non, c’est aussi et peut-être surtout à cause du scandale de la mise en danger volontaire de nos vies et de celles de nos enfants par la Commission européenne. Accrochez-vous.

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Epandage de pesticides dans nos champs

C’est l’un des secrets les mieux gardés d’Europe. Enfermé quelque part dans le dédale des couloirs de la Commission européenne, dans une pièce à accès surveillé et dans laquelle ne peuvent pénétrer que quelques rares hauts-fonctionnaires autorisés. Un dispositif de sécurité plus strict encore que pour l’accord de libre-échange transatlantique entre l’Union européenne et les Etats-Unis (ou Tafta) ! C’est dire…

Ce secret, c’est un rapport d’environ 250 pages. Dans le jargon de la Commission, une « étude d’impact » qui évalue les conséquences « socio-économiques » (entendez strictement financières pour les actionnaires des sociétés concernées) d’une réglementation visant une famille de polluants chimiques. Capables d’interférer avec les hormones des espèces animales, humains compris, les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés d’être à l’origine de nombreuses maladies graves (cancers hormonaux-dépendants, infertilité, obésité, diabète, troubles neuro-comportementaux…). Ces substances se trouvent dans une multitude d’objets de consommation courante, dans les cosmétiques, les pesticides ou les plastiques (à l’instar du bisphénol A). Des secteurs entiers de l’industrie seront concernés à moyen terme par leur réglementation. Des milliards d’euros sont en jeu. Mais notre santé et celle de nos descendant plus encore.

La perspective d’éventuelles restrictions, parfois même d’interdictions, liées au règlement européen sur les « produits phytopharmaceutiques », suscite de vives inquiétudes chez les industriels. Le secteur des pesticides, en particulier, n’a jamais caché son hostilité à certaines de ces dispositions. Adopté au Parlement en 2009, ce texte réserve en effet un traitement spécial aux pesticides : ceux reconnus comme perturbateurs endocriniens ne seront plus autorisés sur le marché. Encore faut-il pouvoir les reconnaître.

La Commission devait donc trouver le moyen de distinguer les perturbateurs endocriniens des autres produits chimiques. Très concrètement, son travail consistait à énoncer des critères qui permettraient de les identifier. Sans critères, pas d’application de la loi. Autorités sanitaires nationales, industriels et ONG sont ainsi suspendus à une décision imminente sur ces critères d’identification – outil réglementaire qui permettra ensuite d’en restreindre l’usage ou, plus radicalement, d’en interdire certains. Or, sept ans plus tard, les critères n’existent toujours pas.

C’est cette étude d’impact qui en est en grande partie responsable. Elle n’était pas prévue au départ, mais l’industrie l’a réclamée afin d’affaiblir la réglementation, puis l’a obtenue à l’issue d’une offensive éclair de lobbying menée en tandem par les industriels des pesticides et de la chimie au début de l’été 2013. Principalement au travers de leurs organisations de lobbying bruxelloises : l’Association européenne de protection des plantes (ECPA) et le Conseil européen de l’industrie chimique (Cefic). Mais les géants de l’agrochimie étaient aussi montés au front : les deux poids lourds allemands BASF et Bayer, ainsi que la multinationale suisse Syngenta.

L’ancienne secrétaire générale de la Commission, Catherine Day, avait fini par céder à leur requête au nom des « opinions divergentes » dans la communauté scientifique et des « impacts potentiels sur des pans de l’industrie chimique et le commerce international » – une référence directe au Tafta, dont les négociations venaient alors tout juste de commencer. Dans une note interne datée du 2 juillet 2013, la plus haute fonctionnaire européenne qualifiait alors les critères des perturbateurs endocriniens de « sujet sensible ». Il en est devenu :

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Car le Parlement européen avait donné une date butoir à la Commission pour rédiger ces fameux critères : décembre 2013. Ne voyant rien venir, la Suède avait alors décidé de poursuivre la Commission en justice. Une procédure soutenue par la France, le Danemark, la Finlande et les Pays-Bas et à laquelle s’étaient joints le Parlement et le Conseil – une configuration rare.

La Cour de justice de l’Union européenne n’a, elle, pas tardé. Juste avant Noël 2015, elle a jugé que la Commission avait « violé le droit de l’Union », elle qui est pourtant la gardienne des traités. L’arrêt balaye la « prétendue nécessité de procéder à une analyse d’impact des critères scientifiques » que la Commission a placée au cœur de sa défense. Mais le jour même, le porte-parole du commissaire européen à la santé, le Lituanien Vytenis Andriukaitis, annonce tout de go que l’étude d’impact sera malgré tout menée jusqu’au bout. D’hypersensible, le dossier devient inflammable.

Les députés européens sont furieux. Certains d’entre eux ont déjà envoyé plusieurs lettres au président de la Commission. Elles sont restées sans effet. Le 13 janvier, c’est le président du Parlement en personne qui écrit à Jean-Claude Juncker. Le retard de la Commission est « inacceptable », souligne Martin Schulz. Tout autant que la poursuite de l’étude d’impact « au mépris du jugement » de la plus haute juridiction de l’Union et auquel il lui demande de « se conformer sans délai ». Le message est répété dans un second courrier, le 10 mars. La Suède, pour sa part, persiste. Dans un document daté du 13 mai, les autorités suédoises rappellent sèchement aux services de la Commission que la Cour « interdit l’utilisation de considérations économiques pour définir les critères ». Peine perdue…

La Commission européenne, qui n’est élue par personne, s’arroge le droit de vie et de mort sur les citoyens européens pour préserver les profits des multinationales de la chimie.

Les fameuses « considérations économiques » consignées dans les pages de l’étude d’impact enfermée à double tour prendront-elles en compte le coût des maladies liées à l’exposition aux perturbateurs endocriniens, qui a été estimé par des études indépendantes entre 157 milliards et 288 milliards d’euros par an (Université d’Utrecht, 2016) en Europe ?

Réponse le 15 juin. Date à laquelle la proposition finale de critères d’identification des perturbateurs endocriniens devrait être présentée en réunion du collège des commissaires.

Sept ans de perdus. Combien de malades ? Combien de morts peut-être ? Ces gens sont des assassins.

* Sortie de la France de l’Union européenne et de tous ses appendices.

 

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Les Français sont inconstants. Ils avaient applaudi lors de l’édification de la pyramide du Louvre par l’architecte Ieoh Ming Pei, au temps de François Mitterrand. Les voilà qui applaudissent de nouveau quand l’artiste JR, au temps de François Hollande, la fait disparaître !

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D’un coup de baguette magique, la pyramide du Louvre a disparu…

Le photographe français a recouvert l’une des faces du bâtiment d’une reproduction en noir et blanc de l’aile du musée. Résultat : la pyramide se fond dans le décor de pierre du Louvre. L’illusion est parfaite.

Les Français savent-ils qu’ils peuvent aussi effacer la République ?

 

Le 26 mai 2016.
Jean-Yves Pons, CJA.

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