BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (28/29 mai 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

28 Mai

Ce sont toujours les mêmes

Mi-mars dernier, une violente rixe avait eu lieu dans la « Jungle » de Calais, ce bidonville dont le ministre de l’Intérieur, sa préfète et la maire de la ville nous avait assurés que le démantèlement était en bonne voie. Les protagonistes de ces violences étaient les habituels migrants Soudanais et Afghans (parfois aussi Erythréens) qui ne cessent d’en découdre depuis qu’ils occupent la côte d’Opale. Comme nous pouvons imaginer les Huns au travers des Res Gestae d’Ammien Marcellin (IVe siècle).

Jeudi 26 mai, rebelotte ! Pendant plusieurs heures, plus de 200 migrants clandestins, une fois encore Afghans et Soudanais, en sont venus aux mains (et plus car il y a affinité) pour des raisons qu’eux-mêmes ne connaissent pas…Ces heurts, qui ont commencé vers 16H00 sous le préau du centre d’accueil de jour Jules-Ferry, se sont poursuivis dans la nuit au sein même de la « Jungle ».

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Tentes en feu dans la Jungle de Calais suite aux échauffourées 

Le bilan s’élève à « 40 victimes, dont 13 ont été évacuées sur le centre hospitalier de Calais » (au lieu de laisser pourrir les corps dans la boue !), a affirmé la préfète du département, Fabienne Buccio, l’âme damnée de Bernard Cazeneuve, lors d’un point presse jeudi soir aux abords du camp de migrants. « Trois personnes ont été blessées plus sérieusement, l’une d’elle par arme blanche et une autre par arme à feu« , a-t-elle dit.

Parmi les blessés: 33 migrants, deux CRS, et aussi cinq membres du personnel de la « Vie active« , l’association agréée par l’État pour gérer le centre Jules Ferry et le Centre d’accueil provisoire (CAP), dont une jeune femme blessée plus sérieusement après avoir reçu un projectile au visage, a ajouté Mme Buccio. Peut-être comprendront-ils qu’ils seraient mieux chez eux ou dans d’autres activités que celle qui consiste à s’occuper de ces sauvages.

Au total, 260 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour rétablir le calme a affirmé le chef de la direction départementale de la sécurité publique François Angelini, ainsi que 70 pompiers, plusieurs médecins et infirmiers, 11 ambulances et deux véhicules de lutte contre l’incendie, a indiqué le chef du SDIS, Laurent Moreau.

Plus de 5 000 migrants selon les associations, vivent actuellement dans la « Jungle » de Calais et ses alentours, dans l’espoir de rejoindre la Grande-Bretagne, et sans que personne ne soit encore parvenu à les en déloger.

Seules manquent, pour y parvenir, la volonté et la fermeté politiques.

 

Mais il n’y a pas que la traite négrière…

Il y a aussi celle des enfants.

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Car, aujourd’hui, en France, des enfants sont contraints à se prostituer, de mendier, de voler ou d’effectuer des tâches domestiques épuisantes. C’est pour faire connaître cette réalité que l’Unicef, l’association de soutien aux mineurs étrangers Hors la rue et celle de lutte contre la prostitution des enfants Ecpat France, organisaient, mercredi 25 mai, à Paris, un colloque consacrée aux enfants victimes de la traite.

Même incomplet et centré sur l’Ile-de-France, leur constat est inquiétant. Vanessa Simoni, de l’association Les Amis du bus des femmes, évoque une  » explosion du nombre de mineures prostituées depuis 2014 « . Une centaine d’entre elles, âgées en moyenne de 14 ou 15 ans et originaires du Nigeria, sont présentes à Paris. Elles sont venues par une filière active depuis vingt ans, mais qui concernait, auparavant, des majeures : des accords sont passés localement entre les familles des jeunes filles et celles des proxénètes, qui collecteront au pays l’argent de la dette de passage. Celle-ci peut atteindre 50 000 euros.

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Par ailleurs, des mineurs originaires de Roumanie, qui seraient deux cents à quatre cents à Paris, sont eux contraints à mendier ou à commettre divers délits : vols aux distributeurs de billets, vols de portefeuilles, de téléphones, arnaques à la charité, etc.  » Ce sont des groupes très mobiles, très difficiles à approcher, relate Mathilde Archambault, de Hors la rue. Participent-ils simplement à la survie du groupe familial ou agissent-ils sous contrainte ? Pour le déterminer, il y a des indices, comme l’intensité du travail et le nombre d’enfants qui effectuent la même activité en même temps.  » En 2014 et 2015, des groupes de quarante à quatre-vingts enfants agissaient ensemble dans le métro parisien.

Laëtitia Monnier, adjointe au chef de la section des mineurs du parquet de Paris, évoque l’émergence d’un nouveau phénomène. Selon la magistrate,  » entre cinq et dix gardes à vue par jour  » dans son ressort concernent de jeunes Algériens qui volent des téléphones portables. Ils n’ont aucuns papiers, seraient âgés de 14 à 17 ans et vivraient dans des squats. Bien que la justice soupçonne l’existence d’un réseau de traite, les jeunes orientent les enquêteurs sur de fausses pistes. Il est donc difficile de reconstituer leur parcours. A fortiori quand les directives du ministère sont : « Surtout pas de vague et pas de publicité, ça risquerait de favoriser le Front national… »

Le travail forcé est encore plus difficile à repérer. Les esclaves domestiques, surnommées  » petites bonnes « , sont exploitées à l’abri des regards. Le Comité contre l’esclavage moderne, qui a accompagné 145 personnes en 2015, relève qu’une partie d’entre elles arrivent mineures en France. Un trafic peut apparaître fortuitement.

En octobre 2015, un groupe de sept adolescents vietnamiens voyageant avec un homme plus âgé a été découvert par la police, près de Calais. Ils ont été placés en centre de rétention.  » Ils ne savaient pas où ils étaient, ni par quels pays ils étaient passés « , relate Alice Dupouy, de la Cimade. L’implication d’un réseau de traite alimentant des fermes clandestines de cannabis au Royaume-Uni est fortement soupçonnée.

Les droits élémentaires conférés à tout enfant sont niés : droit d’être protégé de toute forme d’abus, d’aller à l’école, d’avoir des loisirs, d’être soigné, etc. Tous vivent dans une grande précarité. Beaucoup n’ont pas conscience d’être exploités, car ils n’ont connu que cette activité et qu’ils sont, très souvent, exploités par des membres enrichis de leur propre famille ou de leur ethnie. Il est alors très difficile d’obtenir leur coopération afin de mettre en cause les auteurs de la traite.

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 » Le système repose sur l’isolement de la victime et la dépendance matérielle vis-à-vis de l’exploiteur, explique Bénédicte Lavaud-Legendre, chargée de recherche au CNRS. Ils n’ont pas de papiers, ne parlent pas la langue, doivent se loger, se nourrir… Même si leur environnement est malsain, ils s’y accrochent et protègent leurs agresseurs.  »

Des représailles sur les familles restées au pays peuvent peser. Celles-ci sont parfois impliquées dans le trafic, en ayant consenti, voire encouragé, le départ. Dénoncer le réseau signifie alors rompre tout lien avec le passé. Quand ils sont placés dans des foyers de l’aide sociale à l’enfance, beaucoup de mineurs fuguent, ce qui les expose à rester victimes ou à devenir eux-mêmes organisateurs de traite.

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Une expérimentation menée à Paris commence cependant à porter ses fruits. Elle est fondée sur le placement des mineurs dans des endroits éloignés de leurs lieux d’exploitation, afin d’empêcher toute pression du réseau, et comprend un accompagnement par des éducateurs spécialisés. Une quinzaine de jeunes Nigérianes victimes d’exploitation sexuelle en ont bénéficié.

Quand seront-elles rapatriées chez elles ? Car que peut -on espérer en terme d’insertion chez nous ?

 

En revanche, aux Pays-Bas…

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Un projet du ministre néerlandais de la justice, Ard van der Steur, a été voté, mardi 24 mai, par les membres de la Chambre des députés, à La Haye. Il prévoit de déchoir de leur nationalité ceux qui rejoindraient une organisation terroriste, même s’ils n’ont pas été condamnés.(ce qui est bien plus volontariste que ce qui avait été envisagé dans le défunt projet de loi Hollande). Le texte, qui doit encore être voté par le Sénat, est défendu par la coalition entre la droite libérale et la gauche socialiste au pouvoir. Il vise à empêcher le retour de personnes qui  » représentent un danger pour la sécurité nationale « . Une fois privés de leur nationalité néerlandaise, ils seront déclarés  » étrangers indésirables « . Tout simplement !

Hélas, la nouvelle loi ne pourra s’appliquer qu’à ceux qui possèdent une double nationalité (pour respecter les engagements internationaux des Pays-Bas. Un million de résidents sont dans ce cas, dont 70 % d’origine extraeuropéenne. Une grande partie d’entre eux, nés à l’étranger ou dont les parents y sont nés, ne peuvent renoncer à cette double nationalité, ce qui est proscrit par leur pays d’origine – en particulier le Maroc (excellente initiative de ce pays…)

Il sera impossible, en revanche, de déchoir un terroriste s’il est uniquement néerlandais : cela ferait de lui un apatride, ce qui est interdit par les traités internationaux auxquels ont souscrit les Pays-Bas. Il reste à savoir également si la loi pourra permettre d’expulser un djihadistes déchu de sa nationalité mais revenu au pays malgré l’interdiction car les juges pourraient avoir la folle idée de considérer que son renvoi dans son second pays pourrait être « dangereux pour lui » du fait de ses activités terroristes ! Un comble.

Dénoncé par la gauche radicale et le parti écologiste, le texte d’Ard van der Steur est approuvé par le parti social-démocrate au pouvoir qui souhaiterait pourtant qu’il ne s’applique que temporairement !

Sur ce sujet aussi la volonté et la fermeté politiques tardent à être pleinement au rendez-vous. 

 

Et nos meilleures terres qui s’envolent

Nous avons rapporté récemment cette affaire des 1 700 hectares de terres céréalières du Berry passés sous pavillon chinois (Lire « Après l’Afrique, c’est au tour de la France » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/05/07/bulletin-climatique-du-week-end-78-mai-2016de-la-republique-francaise/). Une opération devenue symbolique du risque d’accaparement des terres agricoles Mais une question qui concerne tout le territoire.

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Inquiète de la menace qui pèse sur l’agriculture familiale, la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FnSafer) alerte et demande une régulation pour préserver la souveraineté alimentaire. Au niveau national, voire européen.

Comme chaque année, la FnSafer a publié, jeudi 26 mai, le bilan 2015 des marchés fonciers ruraux. Premier enseignement, le prix des terres agricoles continue d’augmenter en France. Il s’est apprécié de 1,6 %, portant le prix moyen de l’hectare au-dessus du seuil de 6 000 euros à 6 010 euros.  » La progression ne s’explique pas par la hausse des revenus agricoles mais par la baisse des taux d’intérêt « , précise Robert Levesque, directeur des études de la Safer.

Mais derrière ce prix moyen se cachent des réalités très différentes. La Safer note d’abord un écart grandissant entre le prix des terres en zone céréalière et celui des arpents dans les régions d’élevage. L’un progresse à hauteur de 7 230 euros quand l’autre se stabilise à 4 500 euros. Signe de l’impact de la crise qui touche les éleveurs laitiers et bovins. Mais les différences sont particulièrement marquées dans les vignobles. Globalement, leur valeur continue à s’accroître. Le prix moyen des vignes AOP gagne 3 %, à 140 000 euros l’hectare. Même progression pour les vignes non AOP, à 13 100 euros l’hectare. Sans surprise, les terres de Champagne et de Bourgogne sont les plus prisées. Le prix le plus élevé est décroché par une parcelle de grand cru bourguignon négociée à hauteur de 11 millions d’euros l’hectare. Sachant que sur ce terroir, découpé en fine mosaïque, l’unité de mesure n’est pas l’hectare mais l’ouvrée.

La FnSafer tire un autre enseignement de son examen des marchés fonciers ruraux. Elle constate une modification profonde du paysage agricole français.  » Nous voyons que les exploitations familiales, qui étaient au cœur du modèle français, sont en train d’être marginalisées au profit des structures sociétaires « , dit M. Levesque. Si les exploitations individuelles restent majoritaires en nombre, estimées à 296 000 sur un total de 452 000, elles subissent une attrition rapide. Leur nombre a baissé de 13 % en trois ans, entre 2010 et 2013. En outre, elles ne détiennent que 38 % des surfaces agricoles.

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Et le décompte peut être biaisé. La FnSafer souligne la complexité des montages qui se mettent en place sur le terrain. Elle a ainsi mené une enquête en Haute-Normandie et découvert que 48 exploitations présentées comme individuelles sont en fait regroupées en une vingtaine d’unités de production et de gestion. Les holdings les plus sophistiquées détiennent des participations dans plusieurs sociétés d’exploitation et diverses sociétés de portage foncier. Ces structures très capitalistiques intéressent de plus en plus les investisseurs. En particulier étrangers.

Le cas de l’investissement chinois dans le Berry est typique de cette évolution. Avec quatre opérations successives, un grand patron chinois, qui a investi dans l’hôtellerie et l’industrie laitière par le biais d’une exploitation laitière de 13 000 hectares en Mongolie, s’est constitué une unité de production céréalière de 1 750 hectares en France. Des opérations sur lesquelles la FnSafer, censée contrôler les transactions de terre agricole, n’a aucune prise. Même si la loi d’avenir pour l’agriculture adoptée en 2014 devait renforcer ses pouvoirs. Depuis le 1er janvier 2016, toutes les ventes de terres agricoles, quelles que soient les formes de détention, doivent lui être notifiées. Mais elle ne peut faire jouer son droit de préemption dans le cas d’une société que si 100 % des parts sont cédées. Un habile tour de passe-passe permet donc de passer en dessous du radar. Et voilà comment l’Etat français se rend coupable de la pénétration des investisseurs étrangers qui ne sont en réalité que des accapareurs de notre territoire…

M. Levesque souligne également la montée en puissance d’exploitations multinationales dans d’autres pays européens, comme la société Spearhead qui exploite 80 000 hectares répartis entre la Pologne, la Roumanie, la Tchéquie, la Slovaquie et la Grande-Bretagne. Ou le groupe KTG Agrar, à la tête de 40 000 hectares en Allemagne et en Lituanie, une entreprise dans laquelle le chinois Fosun a investi. Une nouvelle preuve de l’appétit chinois pour l’agriculture, sachant qu’ils ont aussi grappillé près de 120 domaines viticoles bordelais.

Dans ce contexte, la FnSafer demande à l’Union européenne de se saisir du sujet, de réguler pour préserver l’exploitation familiale, veiller à la sécurité alimentaire et à la localisation de la valeur ajoutée. Elle met en garde, afin que les subsides de la politique agricole commune ne viennent pas rémunérer le capital des grandes exploitations détenues par de nouveaux acteurs attirés également par les fruits de l’agriculture.

Labourage et pâturage ne sont manifestement plus les deux mamelles de la France !

 

Quant à l’  » excellence universitaire « , elle ne mobilise plus l’Etat

Le 29 avril, Manuel Valls, le Premier ministre, a proclamé les résultats du jury de confirmation des  » initiatives d’excellence « , dotant définitivement les universités fusionnées de Bordeaux, Marseille et Strasbourg d’accroissements de leurs budgets d’une petite trentaine de millions d’euros par an chacune (soit moins de 5 % de leur budget), mettant en ballottage trois des nouvelles universités parisiennes regroupant écoles et universités (Paris Sciences et lettres, Paris-Saclay et Sorbonne Universités) et en rejetant deux autres (l’université de Toulouse et Sorbonne Paris Cité, à Paris).

Ce qui devait être la grande réforme de l’enseignement supérieur censée rapprocher les universités françaises des meilleures du monde et stimuler la compétitivité du pays en mettant la recherche au cœur de la formation consiste, pour l’instant….à reconstituer les grandes universités régionales des années 1960 !

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Bibliothèque Michel Fleury, Sciences historiques et philologiques

En d’autres temps pourtant, la France avait su investir efficacement dans l’  » économie de la connaissance « . A partir de 1868, impressionnée par les progrès de la science allemande avant même que la défaite de 1870 ne lui soit attribuée par Renan, la France avait créé une série d’institutions académiques d’un type nouveau : l’Ecole pratique des hautes études (en 1868) avait introduit la pratique scientifique dans la formation, pour questionner la science afin de mieux la produire, et non la reproduire ; l’Ecole libre de sciences politiques était destiné à mettre en contact praticiens de la chose publique et universitaires pour inventer de nouveaux modes de gestion publique ; l’Ecole supérieure de physique et chimie industrielles (ESPCI) de la Ville de Paris visait à former des ingénieurs de haut niveau scientifique, ayant eu une pratique de la recherche et capables d’innovation de rupture ; l’Ecole nationale supérieure de chimie de Paris avait été fondée en 1896 dans la même perspective par un Alsacien qui avait pu constater de près l’insuffisance de l’enseignement de la chimie en France par rapport à l’Allemagne, dont l’industrie chimique, alors militairement essentielle, dominait de loin la française.
Ces créations permirent une modernisation de la haute administration et surtout de l’industrie française. Par exemple, Air Liquide est créé en 1902 par un ingénieur de l’une des premières promotions de l’ESPCI.

Ces écoles renforçaient aussi l’effort de modernisation de l’université, qui restait alors centrée sur les écoles professionnelles de droit et de médecine : en 1875, on décerne seulement une dizaine de doctorats et une centaine de licences en sciences comme en lettres, loin des 600 docteurs en médecine et 400 docteurs en droit par an, mais aussi des centaines de diplômés des  » écoles spéciales du gouvernement « , notamment les écoles militaires.

L’effort du gouvernement se mesure, à l’époque, par les recrutements de professeurs et les investissements immobiliers : l’enseignement supérieur bénéficie de locaux nouveaux et bien équipés au cœur de Paris avec la reconstruction de la Sorbonne et l’installation de nouvelles écoles sur la montagne Sainte-Geneviève.

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La Sorbonne

Aujourd’hui, si l’université Paris-Saclay bénéficie effectivement d’investissements considérables, ils ne créent pas un campus assez concentré pour faciliter les croisements inopinés qui comptent tant dans l’innovation ; le Campus Condorcet, à Aubervilliers, promet de bénéficier de cette unité de lieu, mais il est divisé entre plusieurs des nouvelles universités parisiennes dont aucune n’y aura l’essentiel de ses effectifs.

Les nouvelles entités  » d’excellence  » parisiennes sont aujourd’hui géographiquement si dispersées que les constructions juridiques et politiques destinées à les unifier seront vaines. L’Etat ne met pas les moyens – et surtout les immeubles – nécessaires pour faire des universités qu’il ambitionne des lieux réels de vie scientifique et de sociabilité étudiante. Il préfère rejeter la faute sur leurs divisions plutôt que d’assumer ses choix.

Il préfère surtout gaspiller l’argent des contribuables dans l’accueil obstiné de la misère du monde ou les constructions insensées de l’Union européenne.

 

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

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Voici un texte du prophète Jean Raspail.

Comme Le Camp des Saints qui, déjà, en 1973, disait l’inconcevable invasion qui allait se produire et l’inconcevable suicide français qui irait de pair, cette analyse fait froid dans le dos. Mais elle a le mérite de ne pas laisser de côté les perspectives de Reconquête. Nous vous supplions de la lire avec attention et de la faire lire avec conviction tant elle résume, avec le talent de Jean Raspail, ce que vous pouvez lire tous les jours sur notre blogue au travers des différents aspects de notre Bulletin climatique…de la République française.

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QUAND LA PATRIE EST TRAHIE PAR LA REPUBLIQUE (par Jean Raspail)

J’ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d’un colis piégé. Difficile de l’aborder de front sans qu’il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C’est pourtant l’interrogation capitale. J’ai hésité.

D’autant plus qu’en 1973, en publiant « Le Camp des saints », j’ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n’ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites. Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu’« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d’une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu’au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié – la plus âgée – de la population du pays, le reste étant composé d’Africains, Maghrébins ou Noirs et d’Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l’islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer.

TOUTE L’EUROPE MARCHE À LA MORT

La France n’est pas seule concernée. Toute l’Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas – rapport de l’ONU (qui s’en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment -, mais ils sont systématiquement occultés et l’Ined pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l’Europe des Quinze est l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque.

Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l’incurie des « gouvernances » et qu’il lui faudra affronter dans son âge d’homme. Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l’homme, de « l’accueil à l’autre », du « partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives de l’antique charité chrétienne, n’auront plus d’autre ressource que de baisser les bras et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050.

LA PREMIÈRE HYPOTHÈSE : LES ISOLATS RÉSISTANTS

Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu’on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français – et pas nécessairement tous de race blanche – qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu’elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.

Face aux différentes « communautés » qu’on voit se former dès aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c’est nous qu’on intègre à « l’autre », à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s’agira en quelque sorte – je cherche un terme approprié – d’une communauté de la pérennité française.

Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.

Cela ne plaira pas.

Le clash surviendra un moment ou l’autre. Quelque chose comme l’élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ?

Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l’ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d’une espèce à jamais disparue qui s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé.

LA SECONDE HYPOTHÈSE : LA « RECONQUISTA »

Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu’en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c’est que les derniers isolats résistent jusqu’à s’engager dans une sorte de « Reconquista » (lire «De la Reconquête Française» – de Marc Noé) sans doute différente de l’espagnole mais s’inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus.

Ce n’est pas moi qui m’en chargerai, j’ai déjà donné.

Son auteur n’est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j’en suis sûr.

Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France (évitons le qualificatif d’«éternelle» qui révulse les belles consciences) sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé.*

Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’État (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l’organisme encore sain de la nation française.

LES RENÉGATS DE LA FRANCE

Même si je peux, à la limite, les créditer d’une part de sincérité, il m’arrive d’avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot « renégat », mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République.

Les « valeurs républicaines » se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d’abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, idéologie avec un grand « I », l’idéologie majeure.

Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde. Parmi le flot de références que j’accumule en épais dossiers à l’appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l’étendue des dégâts. Elle est extraite d’un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République. »

Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure:

« Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. » (Président Boumediene, mars 1974.)

Et celle-là, tirée du XXe chant de l’Apocalypse : « Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. »

Jean Raspail http://resistancerepublicaine.eu/2016/05/24/jean-raspail-toute-leurope-marche-a-la-mort/

* Nous pensons de ceux-là qu’ils sont allés si loin dans le reniement et la haine de soi et de la France qu’il ne leur est plus possible, croient-ils, de faire marche arrière. Car ils ignorent la Rédemption. Alors ils avancent, ils courent même, sur le chemin qui les mène à l’abîme en espérant que la fin leur viendra vite et, si possible, sans douleur…

 

Le 28 mai 2016.

Jean-Yves Pons, OCSG, CJA.

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