Anne-Lys, CJA . De l’attentat islamiste de Magnanville (78200)

16 Juin

Le 21 mai dernier le porte-parole du prétendu État islamique avait annoncé de nouvelles attaques contre l’Occident, à partir du début du ramadan, dans un message audio d’une trentaine de minutes où il enjoignait aux Musulmans de tuer des « koufar » et des « croisés » par n’importe quel moyen.

Je n’ai donc, malheureusement, pas été surprise par l’attentat d’Orlando ni par celui de Magnanville hier soir. La seule chose qui m’avait surprise, le ramadan ayant commencé le 6 juin, c’est qu’il se soit écoulé six jours avant que le premier « loup solitaire » (ou pas solitaire !) passe à l’acte.

Et donc le discours des parlementaires socialistes qui se répandent sur les télévisions pour défendre l’action du gouvernement et affirmer que tout le possible avait été fait pour éviter ce qui s’est effectivement produit est fort peu crédible.

Le prétendu « loup solitaire » de Magnanville était plus que « connu de la police » : outre quelques menus délits de droit commun qui l’avaient, fort jeune, conduit à connaître la prison , Larossi Abballa avait déjà été condamné à de la prison ferme pour participation à une filière djihadiste. Or, il ne faisait plus l’objet d’aucune surveillance.

Les défenseurs du pouvoir invoquent, certes à juste titre, l’impossibilité de surveiller la totalité des 10.000 personnes qui font l’objet d’une fiche S, leur radicalisation étant avérée, car il faut 10 personnes pour surveiller constamment un seul suspect, et que la France, comme d’ailleurs tous les pays menacés par le terrorisme islamique, ne dispose pas d’un tel nombre de policiers et/ou gendarmes à affecter à cette tâche.

Mais Larossi Abballa n’était pas un « simple » fiché S ; en 2013 il avait été condamné à 3 ans de prison, dont six mois avec sursis, pour activités djihadistes. Une peine déjà très faible. Mais en vertu des instructions données alors par la chancellerie (Mme Taubira) pour l’exécution des peines, et étant donné qu’à la date de sa condamnation la durée de son incarcération provisoire permettait une demande de libération conditionnelle, il était aussitôt remis en liberté sans le moindre contrôle, bien que, au cours de sa détention, il ait fait preuve de prosélytisme islamiste et n’ait certes pas eu le profil d’un éventuel repenti.

Les mêmes défenseurs du pouvoir invoquent l’obligation de respecter la loi qui protège les droits des accusés et des condamnés et affirment qu’il n’y a eu, en cette affaire, pas la moindre négligence. Ils n’oublient qu’une chose : les mesures prises pour protéger les intérêts des personnes mises en cause pour crime ou délit l’ont été en temps de paix. Beaucoup pensaient d’ailleurs qu’elles étaient excessives et allaient à l’encontre de la nécessaire protection des victimes passées et à venir[1].

Mais aujourd’hui, nous sommes en guerre. Et s’il n’est pas question, comme ces partisans du pouvoir en brandissent la menace, d’emprisonner, sur simple suspicion, tous les suspects de terrorisme (voire tous les Musulmans !), nous serions parfaitement en droit d’assigner à résidence dans des camps correctement aménagés toutes les personnes fichées S : en 1939 en France, les Allemands, à partir de décembre 1941 aux États-Unis, les Japonais, ont subi ce sort, certes déplaisant, mais mesure nécessaire pour éviter qu’une véritable « 5ème colonne » ennemie soit en mesure, sortant de l’ombre, de transformer notre pays en « cimetière », comme l’en a menacé Larossi Abballa.

Anne Lys

[1] L’on sait d’ailleurs que le respect de ces mesures est à géométrie variable : très strictement défendu en ce qui concerne les auteurs présumés de délits ou crimes contre les personnes et les biens et, nous le voyons, d’actions terroristes s’il est impossible de les attribuer à « l’extrême droite », il n’existe pratiquement pas en ce qui concerne les personnes ou les mouvements que le pouvoir redoute, déteste ou veut faire disparaître : ainsi, tout ce qui concerne M. Sarkozy ou, en général, des membres de partis qui ne soutiennent pas le pouvoir actuel, tout ce qui concerne les Catholiques, est mis sur la place publique dans la minute qui suit l’action judiciaire (convocation, garde à vue, mise en examen, contenu d’écoutes légales ou non), sans que la violation du secret de l’instruction soit si peu que ce soit sanctionnée, etc.

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