BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (16 juin 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

16 Juin

L’UE veut la mort des pêcheurs écossais

A Peterhead, au nord-est de l’Ecosse, les trois quarts de la flotte locale ont disparu. Pour une très large majorité de marins, Bruxelles et les quotas en sont la cause.

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Les drapeaux qui affichent fièrement des poissons protégés par un bouclier aux couleurs britanniques sont devenus leur nouveau pavillon.  » Fishing for leave « ( » Les pêcheurs pour la sortie « ) : à Peterhead, un des plus grands ports de pêche d’Europe, les pêcheurs ont clairement choisi leur camp.  » Ici, 100 % – d’entre eux – vont voter contre l’Union européenne – UE – « , promet John Buchan, depuis le petit local commercial désaffecté où ce quinquagénaire, au visage buriné par la mer, coordonne la campagne anti-UE.

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Derrière lui, de grands cartons sont remplis de fanions, pulls, étiquettes ou posters destinés à propager le message.  » En 1972, 80 % des poissons pêchés dans les eaux britanniques l’étaient par des pêcheurs britanniques, maintenant, ce n’est plus que 17 % « , s’emporte le marin, en attendant une livraison de nouveaux drapeaux.

Pour lui, la faute revient directement à l’Europe, qui impose ses satanés quotas et surtout le partage des stocks avec les marins des autres pays.  » Ce sont des bureaucrates non élus qui décident pour nous !  » abonde un autre pêcheur, Jimmy Buchan (les Buchan cités n’ont aucun lien de parenté), propriétaire d’un bateau de 21 mètres.

A Peterhead, comme dans le reste du Royaume-Uni, le secteur a été décimé par la baisse des quotas de pêche. En vingt-cinq ans, les trois quarts de la flotte locale ont disparu, et il ne reste plus qu’un peu moins de mille emplois directs dans le secteur, cinq mille en ajoutant le mareyage.

Même si le développement concomitant de l’industrie pétrolière a permis de belles reconversions et de maintenir un taux de chômage parmi les plus bas du Royaume-Uni, la gloire déchue de Peterhead se lit dans la tristesse des petites rues de la commune, désormais désertes la plus grande partie de la journée.  » Et tout ce qui s’est passé ici est une conséquence directe de ces décisions. Il faut qu’on récupère le contrôle si on veut avoir notre voix « , assure Jimmy Buchan. Comme nous le disons chez nous : « Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés ! » Mercredi 15 juin, les Buchan prévoient de descendre à Londres en flottille pour remonter la Tamise et faire entendre leur opposition à l’UE, avec le soutien du leader du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), Nigel Farage.

Les pêcheurs sont persuadés qu’une sortie de l’UE leur permettrait de négocier un meilleur deal avec l’Europe.  » La pêche sera confiée au ministre écossais de la pêche, il pourra mieux nous défendre « , garantit Jim Buchan, réparateur de bateaux et membre du Parti conservateur.

Mais les arguments des pêcheurs inquiètent beaucoup une autre catégorie de professionnels : les mareyeurs. Même s’ils sont nettement plus discrets, certains n’hésitent pas à défendre l’UE et ses quotas dans les travées de la criée.  » Le management des stocks européens, cela fonctionne. Certes, on a beaucoup souffert, mais depuis cinq ans, ça va mieux. On a intérêt à ce qu’une pêche durable continue « , assure ainsi Andrew Charles, entre deux enchères. Sa petite compagnie de mareyage exporte 20 % de ses poissons vers l’UE. Un renforcement des contrôles à la frontière pourrait être dramatique pour ses produits.

 » Les mareyeurs s’en“foutent” de nos bateaux. Avec la mondialisation, ils peuvent acheter leur poisson ailleurs et se le faire amener de la terre entière, on n’a juste pas les mêmes intérêts « , répond le vindicatif Jimmy Buchan. Derrière son Mac dernier cri, il développe pourtant son site de vente en ligne pour démarcher les consommateurs directement. Et sur son bateau, ses skippeurs sont philippins, faute de main-d’œuvre locale.

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Navires de pêche dans le port de Peterhead

Conséquence de l’assouplissement récent des quotas européens et de la hausse des captures, la criée de Peterhead doit être déplacée et agrandie, et le port approfondi, pour accueillir des navires plus gros. Un projet financé notamment grâce à 3,5 millions de livres sterling de subventions de l’UE. Dans son local, John Buchan n’en démord pourtant pas.  » Ils agrandissent surtout pour donner plus de place à la logistique des plates-formes pétrolières, maugrée-t-il. Et l’argent, on l’aura de toute façon de notre gouvernement.  »

Ne nous faisons pas d’illusion. Les marins-pêcheurs français seront les suivants.

 

Mais il y a aussi le double langage de l’UE…

Quand ça l’arrange.

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Dévoilé le 13 juin, le nouveau volet des plans européens pour la migration comporte un chapitre qui intrigue : à côté de projets censés favoriser l’intégration des immigrants, mieux cibler les aides de l’Union ou entrouvrir le marché de l’emploi à davantage de travailleurs prétendument spécialisés, il évoque  » une coopération renforcée avec les pays tiers pour mieux gérer la migration « .

 » Nous devons repenser la manière dont l’UE et ses Etats membres unissent leurs efforts pour coopérer avec les pays tiers « , soulignait Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission européenne. Il ajoutait que les partenaires qui coopéreraient dans la lutte contre  » les causes profondes  » de la migration seraient récompensés mais que les autres risquaient de faire les frais d’une révision de l’aide financière des Vingt-Huit. La haute représentante Federica Mogherini se contentait, elle, d’évoquer la nécessité de  » partenariats solides avec des pays clés « .

Au-delà des mots, le projet a des ambitions évidentes : certes, sauver des vies humaines en évitant les traversées périlleuses, mais aussi faire en sorte que les migrants et les demandeurs d’asile restent près de chez eux, et augmenter le nombre de réadmissions dans les pays de départ. Le tout à l’aide d' » incitants « , dits positifs – aides pour l’emploi, l’investissement, la protection des réfugiés, mais aussi pour un meilleur contrôle des frontières –, et aussi négatifs. Mais,faute de définition précise de ceux-ci, le projet évoque seulement des  » conséquences  » pour ceux qui refuseraient des  » pactes sur mesure « , avec, à la clé, 8 milliards d’euros sur cinq ans. Ce sont là des options qui ont notre agrément tant nous sommes persuadés que la prévention (sous forme d’une aide matérielle adaptée voire d’une mise sous tutelle des pays de départ des migrants) de la traite négrière est non seulement la méthode la plus efficace mais aussi la plus honorable pour mettre en échec ces nouvelles « Grandes Invasions« .

Dans ses premières communications, la Commission évoque des actions ciblées sur quelques pays : Jordanie, Liban, Niger, Nigéria, Sénégal, Mali, Ethiopie. Une coopération renforcée avec la Tunisie et la Libye est évoquée – plus prudemment pour ce dernier pays. Amnesty International vient de souligner le risque d’une telle coopération alors que réfugiés et migrants, souvent détenus illégalement, sont l’objet de  » terribles violations des droits humains  » de la part, notamment, des passeurs.

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Mais qu’en sera-t-il d’autres pays ?  » Que peut-on espérer faire avec le Pakistan ou l’Afghanistan, voire avec l’Egypte ou la Tunisie, qui réadmettent difficilement leurs ressortissants ?  » demande une source diplomatique. Compliqué à envisager, aussi, un projet de coopération avec le Soudan, dont le président, Omar Al-Bachir, fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, ou de l’Erythrée, accusée par une commission d’enquête de l’ONU d’avoir commis des  » crimes contre l’humanité  » depuis 1991. Ou encore avec l’Ethiopie, qui poursuit une violente politique de répression à l’égard de ses opposants.

Le cas du Soudan semble emblématique.  » Les généraux qui tiennent le pouvoir ont bien compris que la lutte contre les migrations était un moyen de redorer leur image et de renforcer la relation avec l’UE. Le problème est que le processus engagé depuis plus d’un an est bidon. L’Europe arrive avec des valises d’argent pour des gens qui font partie du problème, car ce sont eux qui structurent les réseaux de passeurs « , s’indigne un officiel français. En mai, Khartoum a renvoyé dans leur pays au moins 442 Erythréens parmi lesquels figuraient six demandeurs d’asile, selon Human Rights Watch. Ils ont, d’après le président de la commission d’enquête de l’ONU, été immédiatement arrêtés.

Rashid Saeed Yagoub, un journaliste d’origine soudanaise qui préside en France l’association Espoir, affirme d’ailleurs que les services secrets soudanais sont liés aux réseaux de passeurs. Et que c’est notamment dans le but d’obtenir la levée de l’inculpation du président que le régime fait mine de vouloir coopérer avec les Européens. Dont certains – l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne – ont fourni des millions d’euros à Khartoum pour qu’il bloque les départs !

C’est aussi dans l’espoir de juguler l’exode de milliers d’Erythréens que des Etats européens se sont rapprochés ces derniers mois du gouvernement de ce pays.  » Les relations vont dans le bon sens, se félicite Hanna Simon, l’ambassadrice d’Erythrée en France. Nous sommes en train d’appliquer les recommandations de l’UE et nous consolidons notre système judiciaire. Les Allemands, les Italiens, les Britanniques, les Scandinaves, les Suisses se rapprochent de nous. Malheureusement, avec la France cela reste difficile, même si nous collaborons régulièrement avec la police française pour confirmer l’identité d’un migrant se disant Erythréen.  »

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Bruxelles nie aujourd’hui l’idée d’un soutien à des régimes qui bafouent les droits de l’homme (qui lui sont si chers en apparence), promettant que les aides seront affectées à des personnes ou des groupes œuvrant à des projets concrets d’aide aux populations. L’usage de cet argent serait, prétend la Commission européenne, régulièrement contrôlé et la Commission veillerait à ce que les dirigeants n’en tirent aucun profit. Si elle prône une approche européenne, c’est pour éviter que ces dirigeants jouent un Etat membre contre un autre…

 » Les députés européens devraient insister pour obtenir des rapports publics, démontrant que les projets de la Commission visant à endiguer les flux migratoires ne violent pas le droit d’asile ou ne servent pas à soutenir d’autres abus contre les réfugiés « , indique toutefois Gerry Simpson, de Human Rights Watch.  » Il faut trouver des voyous qui se chargent de dissuader les candidats au départ, tout ce qui compte est que cela ne se voie pas trop. Alors les dirigeants européens trouvent une feuille de vigne qui rend cette politique acceptable « , conclut Gérard Prunier, chercheur et spécialiste de la Corne de l’Afrique.

Avec l’UE c’est toujours  » Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais  » !

 

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

LA SÉRÉNADE ROYALE DE LA GALERIE DES GLACES

du château de Versailles

Du 18 juin au 17 septembre 2016

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Juste avant les Grandes Eaux Nocturnes, une visite des appartements royaux et de la Galerie des Glaces en compagnie de musiciens de l’ensemble Les Musiciens de Saint-Julien et des danseurs baroques costumés de la Compagnie de Danse l’Eventail (durée : 40 minutes).

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A l’image de la Cour du 17ème siècle, le public assiste à des scènes farfelues ou pleines de grandeurs dont les murs de Versailles furent témoins : cérémonie de l’habillage, rituel du bal à la Cour, charivari de la farce des médecins moliéresques, recueillement du chant religieux, légèreté pastorale de la cornemuse. Des artistes de la Compagnie de Danse l’Eventail et les Musiciens de Saint-Julien réveillent des personnages redevenus vivants le temps de nos regards…

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Dirigée depuis 1985 par Marie-Geneviève Massé, chevalier des Arts et des Lettres, la Compagnie de Danse l’Eventail est installée à Sablé sur Sarthe depuis 2001. Tournant dans le monde entier et reconnue comme pôle de référence essentiel dans le domaine de la danse baroque, elle développe deux démarches complémentaires reliant mémoire et innovation : l’une dans l’esprit des 17ème et 18ème siècles, et l’autre par la conception de spectacles originaux sur des arguments et des concepts contemporains.

Séances :
18h30 – 18h50 – 19h10 – 19h30 – 19H50

Parcours :
Salon d’Hercule, Vestibule de la Chapelle Royale, Galerie des Glaces, Salle du Sacre.

 

Le 16 juin 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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