BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (18/19 juin 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

18 Juin

Quand la Commission européenne se fait…lobbytomiser

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L’annonce, mercredi 15 juin, de sa proposition finale de réglementation des perturbateurs endocriniens a surpris tout le monde mais elle a surtout accablé le monde scientifique.

En offrant un traitement d’exception à cette famille de polluants chimiques, la Commission exige en effet un niveau de preuves d’effets nocifs quasiment impossible à atteindre. Les promesses de restrictions et d’interdictions, prévues dans le règlement régissant la mise sur le marché des pesticides et autres produits toxiques en Europe, ne seront donc tenues qu’au compte-gouttes pour ne pas dire qu’elles seront abandonnées sous la pression des lobby de l’industrie chimique.

Pourtant, depuis plus de vingt-cinq ans, les éléments de suspicion s’accumulent sur ces produits chimiques capables d’interférer avec le système hormonal (endocrinien) des êtres vivants, suscitant une sourde inquiétude dans la communauté scientifique. Constituants d’une multitude d’objets de consommation – plastiques, cosmétiques, peintures, etc. – et contaminant l’environnement, ils sont soupçonnés de contribuer à l’augmentation de nombreuses maladies : infertilité, certains cancers, développement du cerveau, etc. Plusieurs études ont tenté de chiffrer le coût, pour la société, des maladies liées à une exposition aux perturbateurs endocriniens. Les estimations oscillent entre 157 et 288 milliards d’euros par an en Europe.

Ces données n’ont, semble-t-il, pas pesé assez lourd dans l’étude d’impact  » socio-économique  » que la Commission a menée pendant plus d’un an pour appuyer sa décision. Pour que les perturbateurs endocriniens soient réglementés, elle propose en effet de leur appliquer une sorte d’adaptation de la définition énoncée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2002. Ce choix implique non seulement que les effets nocifs d’une substance soient démontrés et qu’ils soient causés par une action à travers le système hormonal, mais aussi qu’ils soient «  pertinents  » en termes de santé humaine. Or certains signaux d’alerte proviennent du monde animal, et tous ne sont pas forcément  » pertinents  » dans le sens où l’entend la Commission. L’imposex, par exemple, est un trouble qui procure des pénis aux femelles bulots. Et si aucune affection équivalente n’a, à ce jour, été constatée chez les humaines, l’alerte n’en a pas moins été lancée sur les perturbateurs endocriniens de la branche des organoétains qui se sont ensuite avérés en être la cause.

 » La Commission européenne a placé la barre si haut qu’il sera ardu de l’atteindre, quand bien même il existe les preuves scientifiques de dommages « , a estimé dans un communiqué l’Endocrine Society. Très active sur le dossier, la société savante des endocrinologues, qui compte 18 000 membres dans 120 pays, parle d’un  » échec pour la santé publique « . Suivant le raisonnement de la Commission, il faudrait en fait attendre la certitude et observer les preuves des effets sur l’homme ou l’environnement. A titre de comparaison, à peine plus d’une centaine de substances atteignent le  » statut  » de cancérogène certain pour l’homme selon la classification de l’OMS, parmi lesquelles l’amiante, le tabac ou l’arsenic. Quand on pense comment nos pouvoirs publics nous « bassinent » avec leur principe de précaution lorsqu’il les arrange, ne serait-ce qu’en faisant pousser les radars routiers comme des champignons « pour notre sécurité« …

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Pour les ONG aussi, cette annonce ressemble à une pochette de mauvaises surprises.  » Le niveau de preuve est si élevé qu’il nous faudra attendre des années de dégâts sur la santé avant de pouvoir retirer du marché  » un perturbateur endocrinien, analyse Lisette van Vliet, de l’association HEAL, qui représente plus de 70 ONG santé-environnement en Europe.  » La présentation des critères réalisée aujourd’hui s’éloigne de manière honteuse des connaissances scientifiques actuelles « , renchérit Michèle Rivasi. La députée européenne du groupe des Verts-Alliance a également critiqué une disposition qui élargit le champ des dérogations aux interdictions éventuelles. Ces exceptions vont  » totalement à l’encontre de la législation européenne qui défend l’idée de l’évaluation des substances selon le danger intrinsèque qu’elles représentent et non pas le risque supposé qu’elles pourraient causer « .

C’est précisément sur ce point que tique Andreas Kortenkamp, professeur de toxicologie à l’université de Brunel, à Londres (Royaume-Uni). Spécialiste mondialement reconnu du sujet, il estime que la Commission a tricoté dans les détails techniques de sa proposition un véritable retour vers ce que l’on appelle l' » évaluation des risques « . Derrière ce jargon réglementaire se cache le principal enjeu du choix de la Commission.  » L’évaluation des risques  » permet demesurer la nocivité des substances alors qu’elles sont déjà sur le marché, en fonction de calculs prenant en compte l’exposition. Or lerèglement Pesticide, adopté en 2009, exige une tout autre approche, en amont, dite  » fondée sur le danger « . D’après le chercheur, la Commission tournerait le dos à cette obligation de précaution pourtant inscrite dans la loi.

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Si elle n’a pas choisi l’option souhaitée par l’industrie (qui imposait une notion arbitraire de puissance des effets des perturbateurs endocriniens), la Commission n’a pas non plus opté pour celle qui avait la faveur de la communauté scientifique, de plusieurs Etats membres dont la France et des ONG. Elaborée par la direction générale de l’environnement de la Commission, cette option prévoyait de classer les perturbateurs endocriniens dans un système de catégories calqué sur celui des cancérogènes. Elle avait été soudainement remisée après que l’industrie, à l’issue d’une offensive de lobbying, avait obtenu, en juillet 2013, le report de la décision.(Lire « Et encore pourquoi nous réclamons un ‘Franxit’  » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/05/26/bulletin-climatique-quotidien-26-mai-2016-de-la-republique-francaise/).

C’est dans un contexte politique très tendu avec le Parlement et avec deux ans et demi de retard que tombe cette annonce initialement prévue en 2013. En décembre 2015, la Cour de justice de l’Union européenne avait condamné la Commission pour avoir  » violé le droit l’Union  » en ne respectant pas la date limite fixée par la loi. Le 8 juin, les députés européens adoptaient à une très large majorité une résolution la condamnant aussi pour son inaction. Il y a fort à parier qu’ils devraient accueillir froidement sa proposition quand elle reviendra devant eux, après approbation des Etats membres, d’ici quelques mois…

Mais, ne vous y trompez pas, l’oligarchie au pouvoir à Bruxelles saura avoir le dernier mot. Au détriment de notre santé puisque ce qui compte, ce sont les bénéfices du lobby de la chimie.

 

Quand le bon exemple nous vient de la rive sud

La Tunisie est un exemple en matière de gestion du médicament et l’organisation du secteur pharmaceutique tunisien intéresse beaucoup d’économistes de la santé après avoir été notamment saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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Elle présente en effet des caractéristiques uniques, en particulier dans le domaine de la réalisation et du contrôle de l’importation des médicaments qui repose sur un secteur public à caractère monopolistique. A côté des différentes structures de réglementation et de contrôle, on retrouve ainsi des structures publiques d’approvisionnement qui centralisent les importations des médicaments destinés à la fois au secteur public et au secteur privé.

Pour l’OMS, c’est dans cette centralisation que réside la particularité du système tunisien qui « offre un modèle efficace à tous les pays s’approvisionnant majoritairement en médicaments par importation et qui pourraient être intéressés au développement d’un système similaire ». Par la maîtrise des prix des médicaments importés, elle permet ainsi de contenir les coûts d’approvisionnement en médicaments au niveau des structures hospitalières publiques et d’améliorer l’accessibilité financière des médicaments vendus en officine privée pour la majorité de la population (Lire « Et ça ne va pas mieux en matière de médicaments » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/17/bulletin-climatique-quotidien-17-juillet-2015de-la-republique-francaise/).

La Pharmacie centrale de Tunisie (PCT) est le seul organisme habilité à importer les produits pharmaceutiques dans le pays et assume, sur ses fonds propres, le différentiel entre les tarifs négociés avec les fournisseurs et les prix officinaux sans intervention externe ni subventions étatiques. Ce mécanisme de compensation unique au monde est couplé à un système de collaborations entre différentes structures aux compétences bien définies et délimitées. Ainsi, pour éviter tout conflit d’intérêts, la PCT n’a pas la prérogative d’initier la moindre procédure de demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et ne peut donc inclure dans ses négociations que des médicaments ayant obtenu préalablement une AMM. Dans son rapport, l’OMS souligne que « la présence du secteur pharmaceutique privé permet également un contrôle externe de l’efficience du secteur public grâce aux interactions entre les deux secteurs ».

La centralisation des achats de médicaments permet d’acquérir une force de négociation certaine vis-à-vis des fournisseurs et présente des avantages en termes de rentabilité, de coût et de planification des commandes. Par ailleurs, le mécanisme de compensation permet de maintenir stables les prix de vente aux grossistes et au public des médicaments disponibles en pharmacies d’officine. Il est basé sur la prise en charge de toute augmentation du prix du médicament importé par la structure chargée de la centralisation des achats. En effet, cette dernière réinjecte directement dans le système d’approvisionnement les bénéfices générés par l’ensemble de son activité commerciale d’importation dans le but de maintenir l’accessibilité des médicaments essentiels.

Une activité rentable puisque, selon les chiffres communiqués par Mohamed Lamine Moulahi, directeur général de la PCT, cette dernière a enregistré en 2015 des bénéfices à hauteur de 92 millions de dinars tunisiens (environ 38 millions d’euros).

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Un exemple à suivre de près….bien qu’il date du gouvernement de Zine el-Abidine Ben Ali !

 

Mais le scandale est au Centre Pompidou

Voici ce que nous écrivions déjà…en juin 2012 (Lire https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/06/26/au-secours-la-beat-generation-est-de-retour/).

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 » Au secours ! La « Beat Generation  » est de retour.

Vous aurez sans doute observé que lorsque la gauche de la gauche revient aux affaires, par les bienfaits de ce que les élites politiques du moment osent appeler » l’alternance « , elle est précédée ou rapidement accompagnée par les Grands Prêtres des mouvements idéologiques les plus destructeurs de notre civilisation.

C’est ainsi que le retour en force, depuis quelques semaines, des dithyrambes patentés de la « Beat Generation » n’a pu vous échapper. Mais peut-être faut-il rappeler aux plus jeunes d’entre nous de quoi il s’agit.

Cette expression nord-américaine date de 1948 lorsqu’elle fut utilisée par Jack Kerouac pour qualifier son cercle d’amis, voire de disciples. Beat est un mot d’argot américain signifiant « fatigué », « cassé », « au bout du rouleau » et se rattachant à la situation des noirs du sud des Etats-Unis. Ce mot est d’ailleurs à rapprocher des liens du mouvement dont nous parlons avec les musiques rythmiques afro-américaines et le jazz en particulier. La Beat Generation fut constituée, à ses débuts, par Jack Kerouac (d’origine franco-canadienne) et quelques comparses états-uniens: Allen Ginsberg, William Burroughs, Gregory Corso, Lucien Carr, Herbert Huncke, Hal Chase, Neal Cassady et quelques autres hurluberlus. S’y associèrent aussi quelques pétroleuses comme Joan Vollmer et Edie Parker. Les points communs entre ces différents personnages, aspirants écrivains et artistes,furent avant tout leur anti-conformisme et leur désir libertaire, par rapport à la société américaine de l’époque. Mais ce qui demeure aussi et surtout de ce mouvement c’est combien il fit scandale par ses revendications et ses pratiques : liberté sexuelle, homosexualité et toxicomanie affichées de plusieurs de ses membres. Un certain nombre d’ouvrages publiés par ceux-ci firent d’ailleurs l’objet de procès en obscénité avant de devenir des références pour le mouvement gay et la « libération sexuelle » de la génération suivante. Il faut dire cependant que la Beat Generation fut malgré tout un authentique mouvement littéraire, social et culturel avec des oeuvres nombreuses, caractérisées par la spontanéité de l’écriture, allant jusqu’à l’automatisme et cherchant une prosodie libre et rythmée (le lien avec les musiques afro-américaines se retrouve ici tout particulièrement).

Une autre particularité de la Beat Generation fut son attachement aux grands espaces et à la nature mais aussi au chamanisme, allant alors jusqu’à l’exploration…des paradis artificiels. En ce sens, elle fut la mère spirituelle du mouvement beatnik des années soixante et de la génération « Peace and Love ». Le monde en paye encore aujourd’hui le prix, ne serait-ce que par les séquelles des révoltes de mai 1968 ou les dangers de l’écologie politique ( » verts dehors, rouges dedans » !). Il est d’ailleurs probable que ces éléments concourent à la reviviscence parisienne de ce mouvement, dans le sillage du retour de la gauche au pouvoir.

C’est ainsi qu’au même moment sort, sur les écrans, un film inspiré de l’oeuvre maîtresse et fondatrice de Jack Kerouac « Sur la route » (film de Walter Salles, dont la presse nous dit avec enchantement qu’il est un feu d’artifice de sexe, de jazz et de…benzedrine !) et nous est offerte, à grands renforts de publicité orientée, une exposition du manuscrit de Kerouac (au musée des Lettres et Manuscrits, à Paris) dont la particularité est d’avoir été écrit en 20 jours, sans ponctuation ni paragraphe, sur un rouleau de papier unique, de 36 mètres de long…Nous y ajouterons la publication simultanée de quatre ouvrages (pas moins) sur la Beat Generation: d’une part, chez Gallimard, la pièce de théâtre « Beat Generation » de Kerouac et « Visions de Gérard« , texte du même auteur, auxquels s’ajoute un livre collectif du groupe intitulé « Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines« , d’autre part, aux PUF, une enquête de Jean Duval intitulée « Kerouac et la Beat génération« . Souvenir, souvenir, quand tu nous tiens…

Un amusant clin d’oeil de l’histoire cependant est cette intéressante citation de Jack Kerouac, où l’on voit que même le diable porte pierre : « Pour moi ne comptent que ceux qui sont fous de quelque chose, fous de vivre, fous de parler, fous d’être sauvés, ceux qui veulent tout en même temps, ceux qui ne baillent jamais, qui ne disent pas de banalité, mais qui brûlent, brûlent, brûlent comme un feu d’artifice ». Ne prédisait-il pas déjà la venue…. du Conseil dans l’Espérance du Roi ? « 

 

Perseverare diabolicum, comme nous avons coutume de le rappeler. Le Centre Pompidou, et alors que la gauche idéologique est en pleine déconfiture, présente « Beat Generation », une rétrospective consacrée au mouvement que nous venons d’évoquer. Et tout y est : lectures, concerts, rencontres, cycle de films, colloque, programmation au Studio 13/16, etc.

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 » L’exposition du Centre Pompidou éclaire le mouvement beat dans un horizon élargi et protéiforme. Les pratiques artistiques de la Beat Generation – lectures, performances, concerts, films… – témoignent d’un décloisonnement des mediums et d’une volonté de collaboration qui met en question la notion de singularité artistique. À côté d’artistes plasticiens majeurs, en particulier issus de la scène artistique californienne (Wallace Berman, Bruce Conner, George Herms, Jay DeFeo, Jess…), une place importante est réservée à la dimension littéraire du mouvement, à la poésie parlée dans les relations qu’elle entretient avec le jazz, à la poésie noire américaine (LeRoi Jones, Bob Kaufman…). » Nous dit avec emphase la présentation de l’exposition émanant du Centre Pompidou. Montrant ainsi que ses organisateurs n’ont pas renoncé à instiller leur venin dans la société…

Et d’ajouter, au cas où nous n’aurions pas tout compris :  » (Cette exposition) illustre à quel point la Beat Generation, dans sa liberté d’expression, sa volonté de décloisonnement des disciplines et des cultures, son esthétique pauvre, extatique et contemplative, sa violence aussi, a conditionné les développements ultérieurs des contre-cultures contemporaines, dont elle apparaît comme l’origine et auxquelles elle permet de donner sens. » Nous n’en doutions pas !

Alors, si vous voulez notre avis, abstenez-vous de lui rendre visite.

 

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

R I P

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Nous avons appris le décès de don Leandro Alfonso Luis de Borbon (Leandro de Bourbon), dernier fils du roi Alphonse XIII d’Espagne, à l’âge de 87 ans à Madrid.

Don Leandro de Bourbon, était le fils naturel du roi Alphonse XIII et de Carmen Moragas. Le roi entretint une relation sentimentale de 1916 à 1931, date de son départ en exil avec la jeune actrice dont il eut deux enfants Maria Teresa et Leandro.

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Bien qu’il n’ait jamais porté le titre d’infant, Leandro de Bourbon a été pleinement reconnu par la justice comme fils du roi Alphonse XIII. Il a entretenu des relations distendue avec la famille royale d’Espagne mais plus étroite avec Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou et chef de la maison de Bourbon.

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Il était Capitaine général honoraire de l’ Association des  » Tercios Réales « .

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Leandro de Bourbon sera inhumé au cimetière de la Almudena à Madrid.

 

Le 18 juin 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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