BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (5 juillet 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

5 Juil

Royaume-Uni : la contre-attaque économique

Qui pouvait douter des capacités de résistance et des moyens de la mettre en oeuvre des Britanniques après leur décision de quitter le camp de rétention de l’Union européenne (UE) ? Les imbéciles ou les ignorants. En tout cas et à coup sûr tous ceux qui n’ont aucune mémoire et n’ont rien retenu de l’histoire.

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La cathédrale Saint-Paul de Londres pendant le « Blitz »

Dans un entretien au Financial Times (FT), dimanche 3 juillet, le Chancelier de l’échiquier (ministre des finances) britannique, George Osborne, a révélé la première arme financière qui devrait bientôt être déployée : faire passer sous la barre de 15 % l’impôt sur les sociétés. Le grand argentier expliquait que le gouvernement souhaitait mettre en place une « économie super compétitive », avec cette baisse de plus de 5 points – le taux d’imposition étant actuellement de 20 % –, ce qui en ferait le plus faible parmi les grandes puissances économiques, selon le FT. « Il nous faut rester concentrés sur l’horizon et la route devant nous et tirer parti de la situation donnée », a fait valoir le ministre.

Cette mesure, qui réduirait l’écart avec l’Irlande voisine, où l’impôt sur les sociétés à 12,5 % est un important facteur d’attractivité qui interviendrait alors que nos médias prétendent que certaines grosses entreprises envisagent de quitter le Royaume-Uni en raison de l’incertitude pesant sur ses futures relations avec l’UE. Prenant ainsi, et comme on pouvait s’y attendre, leurs désirs pour des réalités.

Le scrutin du 23 juin, lors duquel les Britanniques s’étaient majoritairement prononcés pour le Brexit, avait provoqué une baisse de la livre face au dollar et un séisme boursier à l’échelle mondiale. Les marchés financiers tentent depuis de reconquérir le terrain perdu, mais il ne faut pas perdre de vue que cette baisse de la livre sterling présente aussi l’avantage de favoriser les marchandises produites au Royaume-Uni. Comme le ferait une dévaluation volontaire…que la monnaie unique européenne interdit de pratiquer.

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Ne doutons pas que d’autres mesures suivront bientôt auxquelles les entreprises internationales ne manqueront pas d’être sensibles. Nous le disions d’ailleurs il y a peu dans notre blogue (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/07/01/bulletin-climatique-quotidien-1er-juillet-2016-de-la-republique-francaise/) :

«  Depuis le résultat du référendum britannique (…), de nombreux organismes et autres institutions se prennent à rêver et cherchent à organiser le partage de ce qu’ils pensent être « les dépouilles » de feu la Grande-Bretagne !

À l’inverse, nous pensons qu’ils vendent la peau de l’ours bien avant de l’avoir tué et que leur réveil risque fort d’être douloureux (car), en vérité et comme souvent dans cette machine infernale qu’est devenue l’UE, le plus important n’est pas là. Il est plutôt dans le fait que les espoirs de tous ces rapaces ont toutes chances d’être déçus par le seul fait que Londres…ne cessera pas d’être la plus importante place financière du monde, malgré le « Brexit« . Pire, il y a fort à parier que les Britanniques vont déborder d’imagination pour utiliser, plus encore qu’aujourd’hui, les possibilités financières offertes par leur immense empire ex-colonial ! Les ennemis acharnés des paradis fiscaux ont encore bien du souci à se faire.  »

Nous prenons date.

 

Et voici le premier effet domino en France

Lors des négociations de f »virer 2016 avec l’UE, visant à obtenir des faveurs qui pourraient éviter le « Brexit« , David Cameron s’était vu accorder, être autres avantages, le droit de restreindre les avantages sociaux prévus pour les travailleurs européens migrant en Grande-Bretagne  (appelés « travailleurs détachés« ). Nous avions à l’époque exigé du gouvernement français qu’il profite de ces brèches ouvertes dans le carcan des directives de la Commission européenne pour réclamer l’application de la clause de la nation la plus favorisée (Lire « Ils sont prêts à tout pour empêcher le Brexit » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/06/14/bulletin-climatique-quotidien-14-juin-2016-de-la-republique-francaise/).

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Or, que vient de déclarer Manuel Valls en personne, dimanche 3 juillet ? Tout simplement que la France pourrait ne plus appliquer la directive européenne sur les travailleurs détachés, si elle n’obtient pas gain de cause à Bruxelles sur sa demande d’un alignement « par le haut » des cotisations sociales versées ! Il était temps qu’il nous écoute.

Né d’une directive européenne de 1996, ce principe permet à des salariés de pays membres de travailler dans un autre pays de l’Union. Les travailleurs sont payés selon le salaire local, mais les cotisations sociales appliquées restent celles de leur pays d’origine. La Commission européenne entend revoir les règles du détachement, mais 11 Etats sur 28 s’opposent à cette réforme.

Interrogé sur le sujet sur TF1, le Premier ministre a donné raison au Conseil dans l’Espérance du Roi : « Le gouvernement français cherche aujourd’hui à convaincre – et beaucoup de pays sont d’accord avec lui – qu’il faut changer, qu’il doit y avoir une égalité de traitement, par le haut, pour lutter contre le dumping social, qu’on doit payer les cotisations sociales les plus élevées (…) Si on ne nous entend pas, il faudra dire que la France n’applique plus cette directive. » Et d’ajouter : « Si ce n’est pas possible de convaincre, il faudra revenir là-dessus », fustigeant un « dispositif européen qui fait des ravages majeurs, terribles, dans le monde des salariés, le monde ouvrier ».

Selon la Commission nationale de lutte contre le travail illégal (CNLTI), le recours au détachement a concerné, en 2015, 286 025 travailleurs (+ 25 % par rapport à 2014). La Pologne est le principal pays d’origine des salariés détachés en France, avec 46 816 travailleurs. Suivent le Portugal (44 456), l’Espagne (35 231) et la Roumanie (30 594). Le bâtiment-travaux publics (BTP) reste le premier secteur concerné (27 % des déclarations).

Mais le système fait l’objet de nombreux détournements : non-déclaration, rémunérations très inférieures au smic, dépassement des durées maximales de travail, hébergement indigne, etc. Qui s’ajoutent, car ça ne leur suffit pas, à l’encouragement de la traite négrière et la venue des hordes migrantes qui submergent aujourd’hui le continent européen.

Le projet soumis à Commission européenne, soutenu par la France mais aussi l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg, la Suède et les Pays-Bas, prévoit d’aligner les régimes des travailleurs détachés sur ceux des travailleurs locaux. Le projet prévoit également de limiter à deux ans les missions des travailleurs détachés. Toutefois, les travailleurs détachés continueront d’être assujettis au système de sécurité sociale de leur pays d’origine, ce que déplore par exemple le député PS Guillaume Balas, car c’est selon lui « là où se niche le dumping social légal ».

Onze pays européens, dont dix d’Europe de l’Est, ont adressé un « carton jaune » à la Commission, bloquant pour l’instant le processus législatif autour de ce projet porté par la commissaire européenne chargée du travail, Marianne Thyssen. La Commission a promis de leur répondre avant fin juillet.

Le départ du Royaume-Uni va peut-être enfin lui ouvrir les yeux…

 

Quant à la Grèce, qui s’en soucie ?

C’était il y a un an, quasiment jour pour jour. Le 10 juin 2015, toutes les officines pharmaceutiques de Grèce avaient baissé leur rideau et s’étaient jointes au mouvement de protestation contre l’intention du gouvernement d’autoriser la vente des médicaments sans ordonnance (OTC) à d’autres commerces. Il faut dire que la dérégulation du marché des OTC est une demande de longue date de la part des principaux bailleurs de l’Etat européen le plus endetté de l’Union. Car c’est l’idée fixe de l’UE et du FMI : DEREGULER LES MARCHÉS au prétexte que la concurrence fait baisser les prix , ce qui permettra d’augmenter les ventes et donc de donner un coup de pouce à l’économie du pays ! En vérité, pour le plus grand malheur des citoyens européens mais le plus grand profit du grand capital cosmopolite et mondialisé.

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Jusqu’alors, les différents gouvernements avaient réussi à contenir cette exigence, notamment grâce à la libéralisation des prix de ces produits en 2014, mais l’actuel exécutif emmené par Alexis Tsipras a fini par céder devant la pression des créanciers. On se demande même sur quoi il ne cèdera pas…

Adoptée le 22 mai dernier, la nouvelle législation autorise désormais la vente de 216 OTC (sur un total de 1 582 spécialités autorisées dans le pays) en dehors du réseau officinal national. Ces médicaments sont inclus dans une liste mise en place avec l’aide d’experts internationaux qui  » recense les spécialités traitant les symptômes de maladies aisément identifiables et traitables par le patient lui-même, à condition qu’ils ne puissent être confondus avec ceux d’autres maladies. » On y retrouve principalement des analgésiques, des antipyrétiques, des laxatifs, des antiprurigineux ou des bains de bouche. Afin de marquer une différence avec les mêmes médicaments proposés en pharmacie, leur conditionnement sera de taille inférieure et leur emballage modifié.

Mais « Les médicaments ne sont pas des produits de consommation courante » déclarait en mars 2014 le président de l’association panhellénique des pharmaciens (PFS), Kyriakos Theodosiadis, avant de rajouter que « compétition et système de soins sont deux concepts qu’il est incongru d’associer ». A l’époque, cette réaction face à l’esquisse d’une loi qui est désormais effective s’était accompagnée de menaces d’effondrement du secteur des officines pharmaceutiques. K. Theodosiadis alléguait en effet que la perte de revenus liée à la libéralisation de la vente des OTC risquait d’entrainer la fermeture de 11 000 officines dans tout le pays. Un peu moins sévère que son représentant national, Konstantinos Lourantos, le président de l’Association des pharmaciens de l’Attique (région d’Athènes), juge cependant avec beaucoup de sévérité cette mesure qui n’a, selon lui, pas de sens dans un pays pourvu d’un maillage officinal très dense au sein duquel les OTC sont les moins chers d’Europe.

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Avec une pharmacie pour 1 000 habitants, la Grèce est en effet le pays de l’Union qui possède, et de loin, la plus grosse densité d’officines sur son territoire. Par comparaison, la France présente un ratio d’une pharmacie pour 2 900 habitants. Ces données issues du dernier rapport (2010) du Groupement pharmaceutique de l’Union européenne (PGEU) sont bien connues des experts de la Commission européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE), chargés d’étudier les moyens de remettre le système économique grec à flots. Si la mesure de libéralisation de la vente des OTC est une première bataille perdue pour les pharmaciens grecs, tout porte à croire que d’autres réformes suivront au sein d’un système officinal qui, jusqu’à présent, demeurait l’un des plus protégés et régulés de l’Union.

Dérégulation, vous dis-je ! Ah, comme nous sommes loin de la lucidité du général De Gaulle lorsqu’il parlait de tous ces européistes sautant sur leurs chaises comme des cabris en criant  » l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! « 

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Ecole nationales des Chartes

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Formation complémentaire proposée du 19 au 21 septembre 2016

Sous les fleurs de lis. Héraldique, sigillographie et emblématique royales des origines à la fin de l’Ancien régime.

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Animée par Michel Pastoureau, Laurent Hablot, Marie-Adélaïde Nielen, Pierre Couhault, Jean-Luc Chassel, Ghislain Brunel, Louisa Torrès, Hanno Wijsman

Complétant la formation initiale dispensée en janvier dernier sur l’héraldique, l’emblématique et la sigillographie, cette formation experte propose aux participants de centrer l’approche du sujet sur une thématique précise, abordée de façon diachronique et à travers de multiples supports. Il s’agira de comprendre comment, entre le Moyen Âge et l’Époque moderne, le pouvoir royal a su développer un véritable système de communication politique à travers les emblèmes qui le représentent. Fleurs de lis, couronne, cimier, devises, supports et cris d’armes envahissent le décor monumental ou matériel et sont alors utilisés comme de véritables reflets de l’élection divine du roi, de son autorité féodale et souveraine, de sa communion parfaite avec la France. Ce thème, traité par les spécialistes reconnus du sujet, sera abordé ici sous de multiples aspects et grâce à de multiples supports dont les sceaux, les manuscrits, les décors.

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Programme 

lundi 19 septembre 2016
de 9 h 30 à 12 h 30
Introduction de Michel Pastoureau : la symbolique et le légendaire de la fleur de lis. Le partage des lis.

lundi 19 septembre 2016
de 14 h 00 à 17 h 30
Le cimier royal et les devises, une nouvelle emblématique. Les lis et leurs rivaux : l’emblématique des rois de France à la Renaissance.

mardi 20 septembre 2016
de 9 h 30 à 12 h 30
Les sceaux des rois, princes des lis, reines et princesses, aspects sigillographiques et esthétiques. L’usage de armes royales sur les sceaux des officiers et institutions.

mardi 20 septembre 2016
de 14 h 00 à 18 h 00
Le scellage des rois de France, aspects diplomatiques et sigillographiques. La mise en signe des chartes royales.

mercredi 21 septembre 2016
de 9 h 30 à 13 h 00
Lieu :
Bibliothèque de l’Arsenal, 1, rue de Sully, 75004 Paris
Visite des manuscrits royaux de la bibliothèque de l’Arsenal. La mise en signe des princes des fleurs de lis.

mercredi 21 septembre 2016
de 14 h 00 à 17 h 30
Lieu :
Musée de Cluny, 6, place Paul-Painlevé, 75005 Paris et 40, avenue d’Iéna, 75116 Paris
Visite héraldique au musée de Cluny et à la bibliothèque héraldique de l’Irht.

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Le 5 juillet 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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