BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (9/10 juillet 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

9 Juil

Avant la finale de l’Euro de football…

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Comme sous l’arbre à palabre, les  » Bleus  » patientent jusqu’à dimanche soir et comptent les heures qui les séparent de l’événement. © Frank Augstein/AP/SIPA

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La main dans le sac !

Il a quitté la présidence de la Commission européenne en 2014, après dix ans de mauvais et déloyaux services. Il n’y aura donc pas de conflit d’intérêt patent mais…le recrutement de  José Manuel Barroso au poste de conseiller et président non-exécutif des activités internationales de la banque d’affaires Goldman Sachs fait tâche. Il donne la nausée lorsqu’on se souvient de l’arrogante et calamiteuse gestion par le premier de la crise financière de 2008 qui résultait en grande partie des malversations de la seconde (parlez-en aux Grecs…).
José Manuel Barroso, President of the European Commission, at the press conference about the European Union during the 37th G8 summit in Deauville, France.

Sa mission ? Aider la banque à conseiller ses clients face à  » un environnement économique et de marché difficile et incertain « , ont déclaré les co-directeurs généraux de Goldman Sachs International, Michael Sherwood et Richard Gnodde, dans un communiqué.

Cette embauche intervient alors que la banque doit se préparer aux conséquences de la sortie annoncée de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Goldman Sachs et d’autres banques d’investissement américaines sont considérées comme particulièrement vulnérables aux conséquences du Brexit car leurs activités en Europe reposent en grande partie sur le principe du « passeport européen« , qui leur permet d’offrir leurs services dans tous les pays de l’Union dès lors qu’elles ont obtenues une licence dans un seul d’entre eux. Or, Goldman Sachs International, dont Barroso va prendre la présidence, a son siège à Londres, où sont basés moins d’un millier de ses 6 000 salariés. Alors, comme vous l’imaginez, on compte sur lui et sur son entregents pour négocier de petits arrangements fructueux !

Ces aigrefins n’ont aucun scrupule. Et ils s’étonnent ensuite que les peuples n’en veuillent plus…

 

D’ailleurs, les grandes manoeuvres commencent

Comme aurait pu le dire le prince de Talleyrand,  » Ils n’ont rien appris ni rien oublié « , en parlant cette fois des technocrates apatrides de la Commission européenne de Bruxelles et non plus du retour des émigrés de la révolution française (Talleyrand désignait cette noblesse, confite dans ses certitudes, revenant en France après un exil de vingt ans et incapable de comprendre que, durant son absence, un autre monde était né).

Deux propositions de la Commission européenne, examinées par le Parlement de Strasbourg, pourraient en effet laisser les banques renouer avec les errements qui ont conduit au krach de 2008 et, en particulier avec la  » titrisation « , cette technique financière controversée qui permet de transformer des créances peu ou non liquides – crédits hypothécaires, prêts automobiles, encours de cartes de crédit – en titres négociables ? Les avis divergent au sein de nos instances réglementaires. Alors que certains réclament son retour, d’autres souhaitent retenir les enseignements de la crise financière et appellent à plus de prudence.

Certains, liés bien sûr au lobby bancaire, soutiennent que la titrisation est un moyen efficace de refinancement au service de la croissance, du développement des entreprises et de la création d’emplois. Ce point de vue est partagé par la Commission européenne, qui a déposé en septembre 2015 deux propositions législatives visant à améliorer la profitabilité de certaines titrisations. Il s’agit même d’une priorité pour la Commission en termes de réglementation financière. Les deux textes sont actuellement entre les mains du Parlement européen et des membres de la commission  » affaires économiques et monétaires « , qui peuvent les amender jusqu’au 20 et au 22 juillet. Un premier vote ne devrait pas intervenir avant novembre 2016.

Mais d’autres experts, dont plus de 80 universitaires signataires d’une  » Lettre ouverte aux députés européens sur les risques d’une relance de la titrisation  » (publiée en français dans La Tribune du 23 mai 2016), tirent la sonnette d’alarme et demandent un retour à la raison. Car la question est la suivante : comment un essor de la titrisation va-t-il améliorer le quotidien des citoyens ? Soutiendra-t-il une croissance basée sur la création d’emplois ? Nous en doutons très fortement et craignons plutôt que cette mesure rallume de nouveaux risques qui seront in fine supportés par les citoyens.

La titrisation modifie le rôle traditionnel des intermédiaires financiers, puisqu’elle vise à remplacer un système reposant sur des intérêts perçus par des intermédiaires financiers par un système de commissions touchées par des distributeurs. Contrairement au prêt bancaire traditionnel, où toutes les fonctions sont assurées par une seule entité (la banque), les différentes étapes de la titrisation (origination, financement, gestion des recouvrements, surveillance des risques) sont réalisées par une succession d’entités spécialisées. Ce qui peut provoquer de sérieux effets nocifs si l’un des maillons de la chaîne se brise.

Certes, les opportunités de profits qu’offre la proposition de la Commission sont nombreuses. En particulier pour les grandes banques. Et bien que la titrisation permette de faciliter certains prêts, comme les crédits hypothécaires, il n’est certainement pas établi que c’est de ce genre de dette que l’Union européenne a besoin. Etant donné qu’il n’y a actuellement pas de pénurie réelle de crédit en Europe (comme l’indiquent les taux d’intérêt historiquement bas), il est probable qu’un essor de la titrisation n’aura aucun impact significatif sur la croissance. De plus, cette mesure ne permettra pas vraiment de stimuler ce dont l’Europe a le plus besoin : des investissements à long terme et durables, ainsi qu’une croissance reposant sur la création d’emplois. Une fois encore, le lobby bancaire et ses complices de la Commission européenne veulent nous vendre une économie virtuelle, c’est-à-dire du vent ! Pour le plus grand profit…des profiteurs bien sûr. Mais pendant ce temps-là ils étranglent l’économie réelle comme le subissent actuellement les Grecs, les Portugais ou même les Espagnols.
Bien réel aussi en revanche est le risque qu’un intense lobbying rende cette proposition législative encore plus favorable au secteur financier, refusant ainsi de tirer les leçons de la crise de 2008 et des années suivantes. N’oublions pas que la titrisation a amplifié l’impact de la crise des subprimes que nous devions d’ailleurs en grande partie à la banque Goldman Sachs dont nous parlions plus haut, en facilitant le modèle consistant à consentir des crédits puis à les revendre sur les marchés financiers, aux dépens du métier bancaire classique, mais aussi en favorisant les conflits d’intérêts et en dissuadant les investisseurs d’analyser les véritables risques.

En réalité, mieux encadrer les pratiques du secteur, c’est lui assurer le retour de la confiance des investisseurs. Et, pour cela, les institutions européennes doivent rechercher l’intérêt de l’ensemble des citoyens, et non pas seulement l’intérêt du seul secteur financier.

Autant dire que cela tient davantage du rêve que de la réalité et qu’il n’y a donc pas d’alternative à la mise à mort du système actuel. Les Britannique l’ont enfin compris.

 

Ça sent la débâcle

alors on place ses copains

Nous évoquions déjà cette triste situation il y a deus jours, après la révélation du projet de nomination du directeur de cabinet de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, à la direction de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) bien qu’il n’en ait pas les compétences (Lire « Il est donc urgent de placer ses copains » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/07/07/bulletin-climatique-quotidien-7-juillet-2016-de-la-republique-francaise/). En voici un nouvel exemple, pas moins scandaleux et plus dangereux encore.

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Olivier Poivre entre sa fille adoptive et sa femme

Parmi les promu du vaste mouvement diplomatique décidé fin juin par François Hollande, on a la surprise de constater la nomination de l’un des proches du président de la République, Olivier Poivre (dit Poivre d’Arvor), ancien directeur de France Culture, homme de théâtre et bobo bon chic bon genre, à la tête de l’ambassade de France à Tunis ! Dans un pays qui ne sort pas des suites catastrophiques de sa révolution contre le président Zin el-Abidine Ben Ali en 2011, qui s’enfonce dans le terrorisme islamiste et qui a pour voisins immédiats la Libye dont on connaît la tragédie et l’Algérie qui se prépare à la sienne…Manifestement, François Hollande aura confondu « homme de théâtre » avec « théâtre d’opération extérieure » !

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Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieures

Partout l’étonnement va bon train. À Tunis d’abord, où va s’installer début septembre – sous réserve d’un agrément des autorités locales, qui ne fait cependant guère de doute –. Nul ne conteste les capacités d’organisateur et le dynamisme de celui qui fut notamment directeur du centre culturel d’Alexandrie (1988-1990), puis de Prague (1990-1994) et de Londres (1994-1999) avant de diriger l’Association française d’action artistique dépendant à la fois du Quai d’Orsay et du ministère de la culture.

Mais d’aucuns s’interrogent néanmoins sur la pertinence du choix d’un diplomate sans expérience politique, économique et sécuritaire dans un pays frappé plusieurs fois par de spectaculaires attentats djihadistes, limitrophe d’une Libye dans le chaos et d’une Algérie à haut risque. Au prorata de sa population, la Tunisie est le principal fournisseur de volontaires étrangers pour l’organisation Etat islamique. Les autorités tunisiennes auraient, dit-on, préféré un diplomate mieux rodé alors même que, cinq ans après la révolution, la démocratie reste fragile, menacée par les tensions politiques et sociales sur fond de misère et de chômage chronique, notamment dans le sud du pays.

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Quelques grincements de dents se sont aussi fait entendre à Paris, au sein même du ministère des affaires étrangères, alors même que le nombre de postes d’ambassadeur est nettement inférieur à celui des diplomates qui pourraient y prétendre par leur âge et leur carrière. On argue ainsi d’un  » fait du prince  » pour recaser un intellectuel de gauche dont le nom avait déjà été cité ces dernières années pour les présidences d’Arte, de Radio France, de TV5 Monde, ou la direction de la Villa Médicis à Rome…Nul n’a oublié les maladresses passées, dont la nomination, juste après la révolution dite  » de jasmin « , de Boris Boillon, un protégé de Nicolas Sarkozy arrivé de Bagdad et dont l’absence de tact fit des ravages à Tunis.

Le départ de l’ambassadeur sortant à Tunis, François Gouyette, a hélas précipité le mouvement. Parfait arabisant, ancien ambassadeur aux Emirats et en Libye, ce diplomate de renom a été envoyé en Arabie saoudite pour remplacer au pied levé Bertrand Besancenot, rappelé à Paris après une longévité record à un poste – neuf ans. A un an de la retraite, ce dernier aurait souhaité rester sur place, mais sa proximité avec le défunt roi Abdallah a été vue comme un handicap vis-à-vis du nouveau roi Salman et de son fils, le vice-prince héritier, Mohammed ben Salman, véritable homme fort du pays.  » Il y a un changement à Riyad et nous devons aussi donner le signal du changement « , explique-t-on au ministère des Affaires étrangères, d’autant que Paris peine à concrétiser ses contrats, notamment en matière d’armement.

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Mais Paris se trompe encore gravement avec sa politique pleine de déférence à l’égard du royaume saoudien et de l’islam wahhabite qui forme et finance le terrorisme le plus violent. Comme il se trompe  quand il confond Tunisie et Club Med…

Quand le gouvernement de la République française le comprendra-t-il ?*

Trop tard, comme toujours !

* Lire « La politique arabe anachronique de François Hollande » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/01/14/la-politique-arabe-anachronique-de-francois-hollande/

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Les habits neufs du Louvre

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Plus lumineux, fluide et didactique, le nouveau Musée du Louvre a été inauguré mardi 5 juillet.

Un chantier ouvert il y a deux ans et qui s’achève, pour 53,5 millions d’euros, financé par les revenus du Louvre Abou Dhabi et du mécénat.

Le Louvre reçoit aujourd’hui près de dix millions de visiteurs, deux fois plus qu’il y a vingt-sept ans, lors de l’inauguration du Grand Louvre dans la pyramide de verre dessinée par Ieoh Ming Pei, en 1989. L’accueil comme la signalétique étaient devenus inadaptés. Depuis sa nomination, en 2013, le nouveau directeur, Jean-Luc Martinez s’est employé à réorganiser le musée, avec pour mission prioritaire la transmission.

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Maquette tactile et lumineuse montrant les phases successives de l’évolution du Louvre

Il s’agit dorénavant de guider les visiteurs à travers les 70 000 mètres carrés du musée, ses 404 pièces, ses vingt-trois aires de civilisations et ses 38 000 œuvres exposées. Près de 30 % des cartels ont déjà été réécrits, en trois langues, avec plus de clarté.

La principale innovation, c’est l’ouverturedu pavillon de l’Horloge, au centre du palais, dans l’aile Sully. L’enfilade des salles, sur trois niveaux, conte l’histoire même du musée, logé dans la résidence des rois et de leurs collections, qui est celle de l’Histoire de France depuis le Moyen Age. Le visiteur arrive, en sous-sol, par les fossés qui longent les tours du château fort de Philippe Auguste (1180-1223), qui sera transformé jusqu’au XIVe siècle, sous le règne de Charles V.

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Louvre médiéval, la forteresse de Philippe Auguste, dégagée lors des fouilles préventives à la construction de la Pyramide, musée du Louvre 2016.

Dans la charmante crypte Saint-Louis (XIIIe siècle) qui a conservé ses chapiteaux sculptés aux masques grimaçants, une maquette, tactile et lumineuse, montre les agrandissements successifs de la forteresse, jusqu’aux palais raffinés de François Ier, Henri IV, Louis XIV et Napoléon III, règne sous lequel le quadrilatère, encadré par ses deux galeries de 500 mètres, sur la Seine et la rue de Rivoli, a acquis sa silhouette d’aujourd’hui.

Le résultat est éblouissant. La scénographie minimaliste met en valeur les œuvres ponctuant le parcours historique sur trois niveaux. Plans, cartes, relevés d’époque, dessins, aquarelles, peintures, sculptures, objets d’art, photos, films, reconstitutions 3D racontent le palais, ses collections et ses extensions, notamment à Abou Dhabi, établissement qui ouvrira en décembre. L’efficacité et la simplicité d’usage des multiples sources d’informations multimédias, tablettes et maquettes interactives, permettent de localiser les œuvres, de connaître leur pedigree, leur histoire, leur arrivée dans les collections du Louvre, etc. Un dispositif dont on feuillette les pages, comme on le fait sur un smartphone ou une tablette.

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Salle Saint Louis, Pavillon de l’Horloge, musée du Louvre 2016.

« On a chaussé les lunettes des visiteurs, pour se mettre à leur place, avoue M. Martinez, pragmatique. Chacun passe en moyenne deux heures quarante-cinq minutes dans le musée. » La priorité est allée à l’accueil pour « rendre sa noblesse à la Pyramide, celle voulu par Pei », victime aujourd’hui d’un brouhaha assommant. « On avait pollué les choses, avec quatre caisses, des portiques avec parasols, du provisoire, un pôle d’information central… », reconnaît le président. Cet espace a été dégagé. Deux comptoirs d’information insonorisés occupent les angles, une billetterie plus efficace, à l’écart, est doublée d’une réservation par créneau horaire sur Internet avec garantie d’entrée en trente minutes. Le vestiaire individuel à code évite de faire la queue. D’élégants bancs massifs en chêne ont fait leur apparition. Enfin, l’application gratuite Louvre ma visite à télécharger permet de se guider à la carte.
Le département des objets d’art, comme les salles des peintures XVIIIe et XIXe sont aux nouvelles normes. Celles du XVIIe et de la peinture flamande vont suivre jusqu’à rénovation complète.

Le 9 juillet 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

 

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Une Réponse to “BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (9/10 juillet 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. conseilesperanceduroi juillet 10, 2016 à 9:46 #

    À propos de l’embauche de Jose Manuel Barroso par la banque Goldman Sachs, ils sont manifestement nombreux à avoir lu le blogue du CER et à avoir des nausées ! Il suffit pour s’en convaincre de se reporter à cet article du Monde : http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2016/07/09/pluie-de-critiques-apres-l-embauche-de-barroso-par-goldman-sachs_4967021_3214.html

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