Billet d’Aquilée ou la mort des civilisations.

9 Août

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Un séjour en Frioul – Vénétie – Julienne, après l’année catastrophique que nous venons de connaître (et dont nous n’avons pourtant cessé d’annoncer les dangers), nous offre l’occasion de réfléchir à la disparition des civilisations et donc de la notre.

Le grand historien René Grousset*, pour lequel nous avons une très grande admiration, écrivait déjà  (dans Bilan de l’histoire) en 1946 :

«  Aucune civilisation n’est détruite du dehors sans s’être tout d’abord ruinée elle-même, aucun empire n’est conquis de l’extérieur, qu’il ne se soit préalablement suicidé. Et une société, une civilisation ne se détruisent de leurs propres mains que quand elles ont cessé de comprendre leur raison d’être, quand l’idée dominante autour de laquelle elles étaient naguère organisées leur est comme devenue étrangère « .

C’est précisément ce que nous démontrons chaque jour dans les pages de notre blogue.

Et c’est là qu’il est intéressant de se souvenir des circonstances de la fin de la Sérénissime (République de Venise).

A la veille de son déclin, le commerce maritime de Venise est exsangue, comme l’agriculture et l’industrie. Cette décadence économique est fustigée en 1784 par le procurateur Andrea Tron qui se plaint de ne plus trouver chez les habitants de la Sérénissime  » la moindre ressemblance de caractère avec les marchands d’antan  » et déplore de voir se répandre à Venise  » la mollesse, le luxe excessif, les spectacles oiseux, les faux divertissements et le vice « . Ça ne vous rappelle rien ?

Il est vrai que Venise est en état de fête permanente et reçoit de plus en plus d’étrangers, venus d’abord pour se distraire mais ensuite…Ce premier  » tourisme  » devient d’ailleurs la base de l’économie, au point qu’en 1789 (ça ne s’invente pas) on cache pendant plusieurs jours la mort du doge Paolo Renier, survenue en plein carnaval, par souci de préserver les recettes !

Et c’est alors que survint la Révolution françaises et ses catastrophiques conséquences qui aboutirent à l’invasion de la Vénétie par les troupes de Bonaparte mais aussi par les Autrichiens. Par le traité de Campoformio, signé entre la France et l’Autriche le 18 octobre 1797, l’acte de décès de la Sérénissime était scellé. Sa mort fut officiellement constatée en janvier 1798, lorsque les troupes de l’empereur François II d’Autriche prirent possession de Venise, de la Vénétie, du Frioul, de la Dalmatie et des îles de l’Adriatique alors que les chevaux de Saint-Marc gagnaient Paris dans les fourgons de Bonaparte…

Unknown

Ainsi s’acheva la prodigieuse épopée vénitienne, après 2 000 ans d’histoire.

Il serait bien que nos compatriotes s’en souviennent.

Le 9 août 2016.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

L’Épopée des Croisades et l’Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem, constamment réédités depuis sa mort, comptent encore aujourd’hui parmi les ouvrages de référence.

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