BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (26 août 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

26 Août

Après Vintimille, la  » Jungle  » de Côme

Car la Suisse ne veut pas des milliers de migrants clandestins venus du sud de l’Italie et qui cherchent à violer sa frontière.

Admirez ces paysages du lac de Côme :

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Comment pourrait-on les imaginer ainsi : 

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C’est pourtant ce qui arrive à la petite ville italienne de Côme, transformée en nouvelle « Jungle » de Calais .

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Blason de Côme ou la Liberté en chute libre

Cela fait un mois environ que quelque 500 migrants ont élu domicile dans l’espace public situé au pied de la gare San Giovanni de Côme, dans le nord de l’Italie. Erythréens et Ethiopiens sont majoritaires, mais on trouve aussi des Guinéens, des Gambiens*, des Soudanais… 

L’apparition de ce camp sauvage remonte à la mi-juillet. A Chiasso, rien qu’en juillet, les gardes-frontières suisses ont interdit l’entrée à 3 560 personnes. La plupart des candidats à l’asile étant sans papiers, ils doivent être renvoyés dans le premier pays où ils ont été enregistrés en vertu des accords de Dublin, dont la Suisse applique les règles, même si elle ne fait pas partie de l’Union européenne. Dans la quasi-totalité des cas, les migrants sont donc expulsés vers l’Italie qui doit subir leur présence et la dénaturation de son magnifique environnement.

 

Adam, un Soudanais souriant de 25 ans, est ici depuis dix jours. Il raconte facilement son voyage qui a commencé en juin : d’abord l’Egypte, puis la traversée de la Méditerranée pendant quatorze jours sur un bateau de fortune. « Mon rêve est d’aller en France », explique-t-il avec les quelques mots  d’anglais qu’il connaît. Au Soudan, il cultivait le coton. Une fois en Italie, il est d’abord allé à Vintimille, où on lui a refusé le passage en France. Il est venu à Côme pour retenter sa chance par le nord en traversant la Suisse. En vain.

Comme Adam, la plupart des migrants tentent d’abord de passer en train. Mais dans tous les wagons, les contrôles sont devenus systématiques. Pour ceux qui traversent à pied, par les chemins de montagne, l’accès est tout aussi surveillé. Migrants et associatifs du lobby immigrationniste ont observé des hélicoptères et des drones thermiques, qui sillonnent la frontière. Une fois interceptés, les clandestins sont fouillés, interrogés puis renvoyés en Italie où ils campent dans des lieux improbables dans des conditions sanitaires précaires : des cas de gale, de tuberculose et même de malaria ont ainsi été détectés. Car ces bonnes personnes qui rêvent d’ « aller en France » ne manquent pas d’apporter dans leurs maigres bagages leurs cultures, leurs moeurs mais aussi leur maladies contagieuses…

Au bord du lac de Côme, à dix minutes à pied de la gare San Giovanni, les touristes qui n’ont pas encore fuit savourent encore la beauté des lieux. Mais pour combien de temps ?

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Quelque 500 migrants ont élu domicile dans l’espace public situé au pied de la gare San Giovanni de Côme

Pour ceux qui n’ont pas l’intention de demander l’asile en Suisse, la Confédération helvétique est dans son bon droit, puisqu’elle applique à la lettre les règles en vigueur sur le continent. La ministre de justice et de la police, Simonetta Sommaruga, l’a récemment confirmé lors d’une conférence de presse : la Suisse ne deviendra pas un pays de transit. Tout juste est-elle prête à accepter ceux qui ont de la famille dans le pays. Déjà, hélas, la municipalité de Côme, prise à la gorge, a décidé d’installer des baraquements en dur pour abriter tous ces migrants qui ne manqueront pas de passer l’hiver en Lombardie.

La « Jungle » de Côme n’en est qu’à ses débuts.

* À propos des Gambiens, il nous revient une enquête de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM – http://www.iom.int/cms/fr/sites/iom/home.html), publiée au printemps 2015 et qui montrait que ceux-ci constituaient l’un des plus importants contingents de migrants sub-sahariens (avec les Sénégalais, les Camerounais, les Nigérians, les Nigériens, les Maliens, etc.). Ce qui revient à faire le constat qu’il s’agit non pas d’une immigration d’asile consécutive aux persécutions guerrières mais bien, comme nous le prétendons depuis toujours, d’une immigration économique de gens miséreux qui viennent en Europe pour y couler des jours meilleurs et s’y installer avec leurs familles. Ce sont les victimes de la nouvelle traite négrière mais aussi les instruments du « Grand Remplacement«. Ne soyez pas dupes ! Ouvrez les yeux :

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la Gambie est le plus petit Etat d’Afrique ! Et sa population n’est que de 1,8 millions d’habitants. Alors, imaginez ce qui se passera quand les autres finiront par se mettre en marche…

 

Ne vous trompez pas sur les véritables objectifs militaires de la Turquie

Nos médias officiels se sont enflammés cette semaine sur l’offensive éclair, mercredi 24 août, de quelques milliers de rebelles syriens soutenus par des F16 et des chars turcs qui sont parvenus à prendre aux djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) la ville syrienne de Djarabulus, à l’ouest de l’Euphrate, non loin de la frontière turco-syrienne. Prétendant que le régime de Recep Tayyip Erdogan venait de lancer par là-même une campagne militaire visant à l’éradication des forces du prétendu Etat islamique.  » La Turquie ne tolérera aucun fait accompli en Syrie « , a d’ailleurs expliqué aussitôt le chef de l’Etat turc.

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Couverts depuis les airs par la coalition anti-EI menée par les Etats-Unis, dont on connaît les liens avec la Turquie, les rebelles syriens n’ont pas eu de mal à établir leur contrôle sur la ville. Et en début de soirée, des photos de combattants posant dans le centre-ville déserté de Djarabulus commençaient à circuler sur les réseaux sociaux. Visiblement, la conquête de cette ville stratégique, dernier point de contact du  » califat  » avec le monde extérieur, a été rapide, la plupart des djihadistes ayant pris la fuite vers Al-Bab, un autre bastion de l’EI au sud-ouest, avant l’arrivée des combattants. L’opération a causé la mort…d’un rebelle syrien.

Soutenue par la coalition internationale, l’incursion de l’armée turque marque de fait un nouveau tournant dans la guerre en Syrie. Mais pas le tournant auquel prétendent nos médias officiels pour tenter de redorer le blason passablement terni du régime de Recep Tayyip Erdogan. Baptisée  » Bouclier de l’Euphrate « , elle a pour cible non seulement et marginalement l’EI, mais surtout les combattants kurdes des unités de protection du peuple (YPG), le bras armé du Parti de l’union démocratique (PYD), affilié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste), en guerre contre Ankara depuis 1984 et qui font un travail militaire considérable contre l’EI en Syrie. Dailleurs, selon un officiel turc, l’opération vise à  » sécuriser la frontière turque « , à  » aider la coalition anti-EI  » ainsi qu’à  » créer une zone libérée des terroristes au nord de la Syrie « .

En réalité, les djihadistes de l’EI et les milices kurdes sont mis sur un même plan par les autorités turques car Ankara est bien décidé à empêcher la jonction des trois régions kurdes de Syrie (Afrin à l’ouest, Kobané et Djazira à l’est) que le PYD brûle de voir émerger en une seule région autonome kurde aux portes de la Turquie. Fort du soutien américain (frappes aériennes, armes, conseillers), à la pointe du combat contre l’EI, les Kurdes syriens se sont d’ores et déjà rendus maîtres d’une bande de 400 kilomètres à l’est, le long de la frontière turque, depuis l’Irak jusqu’à Kobané. Pour la Turquie, il est impensable que les 90 kilomètres restant, de Djarabulus à Afrin, puissent tomber aux mains des  » cousins  » du PKK.

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Et c’est alors qu’apparaît, une fois encore le grand écart du gouvernement des Etats-Unis dans sa (ses) politique(s) au Proche-Orient. Epine dans le pied de la relation turco-américaine, la question du soutien de Washington aux milices kurdes de Syrie a dominé la visite du vice-président américain Jœ Biden, arrivé mercredi à Ankara, quelques heures après le lancement de l’offensive sur Djarabulus. Le soutien de Washington à la Turquie est sans faille.  » Nous voulons aider les Turcs à débarrasser la frontière de l’EI « , a-t-il déclaré hypocritement sitôt arrivé, précisant que conseillers américains étaient présents au sein de la cellule de planification de l’offensive.

Soucieux de ménager le partenaire turc, allié incontournable au sein de l’OTAN, M. Biden a lancé un avertissement aux milices kurdes, les sommant de se retirer sur la rive orientale de l’Euphrate, faute de quoi  » elles ne pourront en aucune circonstance recevoir le soutien américain « .  » Les milices YPG doivent se retirer à l’est de l’Euphrate. Si elles ne le font pas, nous ferons tout ce qui est nécessaire pour « , a renchéri, mercredi matin, Mesut Cavusoglu, le ministre turc des affaires étrangères. Comme Manbij, ville syrienne située à 30 kilomètres au sud de Djarabulus, est située à l’ouest de l’Euphrate, les Kurdes syriens devront s’en retirer.

Lorsque les milices kurdes, associées à des combattants arabes au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), avaient lancé leur offensive sur Manbij, les Américains avaient promis aux Turcs que les Kurdes se retireraient sur la rive est de l’Euphrate après la conquête. Manbij a finalement été prise à l’EI le 12 août, mais les YPG ne se sont pas retirés. Un  » Conseil militaire de Djarabulus  » a même été créé au sein des FDS afin de préparer l’offensive sur la ville. Son chef, Abdul-sattar Al-Kadiri, a été assassiné dans le nord de la Syrie mardi 23 août ! Depuis, les responsables du PYD ont pointé du doigt les services turcs, lesquels nient être pour quoi que ce soit dans cet assassinat.

Ulcéré par l’offensive sur Djarabulus, Salih Muslim, le chef du PYD, a promis sur son compte Twitter que la Turquie serait   » défaite comme Daech – acronyme arabe de l’EI –  dans le  » bourbier syrien « . Alors, jusqu’où ira l’armée turque en Syrie ? S’agit-il d’une incursion  » rapide « , comme l’a affirmé le vice-premier ministre Numan Kurtulmus, ou d’une opération de longue durée ?  Une chose est sûre, les Turcs ne s’arrêteront pas à Djarabulus. Leur objectif est de réaliser une  » zone de sécurité  » qu’ils réclament depuis longtemps. Il est question que la portion de territoire allant de Marea à Djarabulus soit placée sous le contrôle de la rébellion syrienne soutenue par Ankara. Non content d’être une zone tampon entre les Kurdes d’Afrin et ceux de Kobané, l’endroit pourrait abriter les réfugiés syriens que la Turquie, terre de refuge pour 3 millions d’entre eux, n’a plus les moyens d’accueillir. CQFD ! Mais l’éventualité d’une confrontation directe turco-kurde en Syrie ne risque-t-elle pas de porter un coup fatal à la stratégie américaine contre l’EI ?

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 » La proposition turque de créer une zone de sécurité devrait être reconsidérée par la communauté internationale « , a expliqué, mardi, M. Kurtulmus dans un entretien accordé à la chaîne de télévision NTV. Selon lui, il serait  » naturel  » que le président syrien, Bachar Al-Assad, trouve sa place à la table des négociations en vue d’une transition en Syrie.

Les priorités turques ont changé. Longtemps réclamé par Ankara, le départ de Bachar Al-Assad est devenu secondaire, l’objectif numéro un étant désormais d’empêcher à tout prix l’émergence d’une région autonome kurde le long de la frontière turque. Ce changement de stratégie a permis aux Turcs de réchauffer leurs relations avec la Russie et l’Iran, principaux soutiens du régime de Damas.  » La proposition turque de créer une zone de sécurité devrait être reconsidérée par la communauté internationale « , a expliqué, mardi, M. Kurtulmus dans un entretien accordé à la chaîne de télévision NTV. Selon lui, il serait  » naturel  » que le président syrien trouve sa place à la table des négociations en vue d’une transition en Syrie.

Sans leur aval, la Turquie ne se serait pas risquée à mettre un pied en Syrie. Témoin des tractations régionales qui ont lieu en ce moment, des représentants des pays voisins, notamment le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, et Hossein Jaberi Ansari, vice-ministre des affaires étrangères iranien, se trouvaient à Ankara mardi. Selon la presse turque, des responsables des services turcs de renseignements (MIT) se sont rendus la semaine dernière à Damas pour informer le régime syrien des détails de l’opération sur Djarabulus.

Comme nous le savons bien, ce n’est pas la girouette qui tourne…c’est le vent. 

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

À ne pas manquer !

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L’exposition Charles Gleyre (1806-1874) – Le romantique repenti

Au Musée d’Orsay – Paris – jusqu’au 11 septembre 2016

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Académique, pompier ou romantique repenti ? Voilà toute la question que soulève le musée d’Orsay à propos du peintre suisse Charles Gleyre, dont c’est la première exposition monographique en France. Admiré par Gustave Flaubert ou Théophile Gautier, son art porté par le symbolisme et nourri d’ailleurs, à la suite de longs séjours en Egypte et au Liban, dont il revint mourant, fait les délices du débat en un corpus de quelque cent vingt œuvres. D’une grande probité, l’exposition examine le cas Gleyre, sa peinture au raffinement précieux, un peu froide, néogrecque ou présymboliste (Le Soir, 1843), ses échecs de reconnaissance, sa liberté d’aquarelliste lorsqu’il va sur les ruines de Karnak, et enfin son influence sur ses élèves, les futurs impressionnistes, Renoir, Sisley, Bazille ou Monet. On lit là toute une page de vie.

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Le Soir

Le 26 août 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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10 Réponses to “BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (26 août 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. erlande août 26, 2016 à 2:44 #

    Une précision:les kurdes turcs et syriens sont marxistes.

    • conseilesperanceduroi août 26, 2016 à 3:57 #

      Certes ! Mais les Turcs de l’Empire ottoman étaient musulmans et pourtant alliés objectifs de François Ier dans sa lutte contre les Habsbourg…

      • erlande août 26, 2016 à 11:07 #

        Exact mais en échange,François I imposa à l’empire ottoman « les capitulations » qui faisaient de la France le pays protecteur des chrétiens d’Orient!

      • conseilesperanceduroi août 26, 2016 à 11:26 #

        Il ne tient qu’à nous de renouer avec ces bonnes traditions abandonnées depuis longtemps…

      • erlande août 27, 2016 à 2:36 #

        En effet et la seule chose que dans « cet Orient compliqué » la France aurait du et pu faire aurait été de renouveler cette protection de que l’on appela longtemps « les échelles du Levant »,quitte à ce que cela criaille, mais nos clowns tristes préfèrent les islamistes!

      • conseilesperanceduroi août 27, 2016 à 6:25 #

        Bien vu !

  2. Hervé J. VOLTO septembre 2, 2016 à 1:22 #

    S’il deviendrait nécessaire de faire subir à la Turquie le sort de la Lybie, le Président Sarkosy nous a montré à l’époque comment s’y prendre. Et surtout que la France pourrait le faire sans l’aide des américains. Toute seule comme, une grande…

  3. Hervé J. VOLTO septembre 2, 2016 à 1:23 #

    La Turquie n’est qu’à 30 minutes d’interception pour des chasseurs-bombardiers basés en Corse.

Trackbacks/Pingbacks

  1. documentation.erlande - décembre 2, 2016

    […] écrivions le 26 août 2016, dans un article intitulé « Après Vintimille, la jungle de Côme » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/08/26/bulletin-climatique-quotidien-26-aout-201&#8230😉 et dans lequel nous rappelions le nombre considérable de citoyens de Gambie parmi les hordes […]

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