BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (26 septembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

26 Sep

I. Les mensonges de Marisol Touraine

La ministre s’est félicitée vendredi d’avoir « sauvé la Sécurité sociale » (l’expression n’est pas trop forte !) anticipant un retour à l’équilibre l’année prochaine. Oubliant qu’avant elle beaucoup d’autres, aux commandes des affaires sociales, ont déjà fait la même annonce. Avec les succès que l’on sait. Mais, après tout, peut-être que Marisol Touraine a secrètement résolu la quadrature du cercle qui associe le vieillissement de la population (et donc la demande de soins), les progrès techniques et médicaux (et donc le coût de la santé publique), la prise en charge de toute la misère du monde (et donc de la misère sanitaire aussi), le chômage (et donc le déficit des cotisations sociales) sans compter les difficultés (le mot n’est pas trop fort non plus !) budgétaires d’un gouvernement impécunieux…

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Marisol Touraine : une sainte femme ou une illusionniste ?

Alors, le « trou » de la Sécurité sociale ne sera-t-il bientôt plus qu’un mauvais souvenir ? C’est ce qu’affirmait en tout cas, vendredi, Marisol Touraine dans une interview aux Échos, assurant qu’ « en 2017, [il] aura disparu« .

De fait, cette année, le déficit de la Sécurité sociale atteindra 3,4 milliards d’euros, au plus bas depuis 2002. Dans le détail, « trois branches sur quatre seront à l’équilibre« , selon Marisol Touraine : les branches vieillesse et accidents du travail afficheront un excédent, tandis que la branche famille limitera son déficit à 1 petit milliard d’euros. Des résultats imputables, nous dit-on, à la réforme des retraites sous Nicolas Sarkozy (pour la banche vieillesse), la modulation des allocations familiales (branche famille) et diverses mesures pour maîtriser les dépenses comme la promotion des médicaments génériques. Vous remarquerez cependant qu’il s’agit là des trois domaines qui reflètent le plus directement…la paupérisation de notre société.

En revanche, la branche maladie plombe les comptes.

Fort de ces bons résultats apparents cette année, Marisol Touraine anticipe que « le régime général, qui affichait 17,4 milliards de déficit en 2011, sera à 400 millions de l’équilibre«  en 2017. « Nous aurons sauvé la Sécu« , résume la patronne de l’avenue de Ségur. La formulation ne laisse que peu de place au doute : en réalité le gouvernement compte bien faire de ce domaine un argument de la campagne présidentielle qui s’annonce.

Mais Marisol Touraine a-t-elle raison de se réjouir si vite ? La ministre omet d’abord de comptabiliser le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), dissocié de la branche retraite, qui prend en charge le minimum vieillesse et cotise pour la retraite des chômeurs. Or, le déficit du FSV frôlera les 4 milliards d’euros en 2016 et en 2017. Le secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert, ne table sur un retour à l’équilibre qu’à l’horizon 2020. En ajoutant les 400 millions du régime général, on arrive donc à un déficit total de 4,4 milliards. L’équilibre des comptes ne sera donc pas complètement atteint.

En outre, selon un rapport de la Cour des Comptes publié mardi, le gouvernement a intégré « de manière très discutable » un « produit exceptionnel » de contribution sociale généralisée (CSG) dans les recettes de la branche maladie. Autrement dit, les magistrats de la rue Cambon estiment qu’une petite manipulation comptable a permis de limiter le déficit sur le papier. « Toutes choses égales par ailleurs, le déficit prévisionnel du régional général et du FSV devrait être réévalué à 9,8 milliards d’euros pour 2016« , écrivent-ils dans leur note.

Mais la plus grosse menace qui pèse sur l’équilibre de la Sécurité sociale reste la hausse des dépenses prévues l’an prochain, du fait de diverses mesures décidées par le gouvernement. Parmi elles, le dégel du point d’indice et la revalorisation des carrières des fonctionnaires du secteur hospitalier. Coût estimé par le ministère de la Fonction publique : 552 millions d’euros. Il faut y ajouter la revalorisation de la consultation chez le médecin généraliste. La faire passer de 23 à 25 euros à partir du 1er mai 2017 coûtera 400 millions d’euros en 2017.

Pour compenser, le gouvernement a prévu, dans le plan de loi de finance de la sécurité sociale (PLFSS) 2016, de nouvelles économies. Quatre milliards au total, obtenus, entre autres, grâce au « virage ambulatoire« , qui favorise les hospitalisations sur une journée, à la promotion des médicaments génériques ou à l’amélioration de « l’efficience de la dépense hospitalière » (ce qui peut se traduire, par exemple, par la mutualisation des achats des hôpitaux).

L’exécutif anticipe aussi de nouvelles recettes. L’augmentation du prix du tabac à rouler permettra par exemple de renflouer les caisses à hauteur de quelque 130 millions d’euros. Une hausse de la masse salariale sera enfin synonyme de cotisations supplémentaires.

Mais encore faut-il que les objectifs d’économies et les prédictions de recette se réalisent. Dans son rapport, la Cour des comptes a estimé que l’augmentation de la masse salariale par exemple, n’avait rien de certain. Si elle était moins importante que prévue, elle pourrait remettre en cause le sauvetage de la « Sécu« . Et sans compter que le retour à l’équilibre repose aussi sur des prédictions de croissance optimistes : 1,5% en 2017. Alors que l’Insee vient d’annoncer un repli du PIB au deuxième trimestre de cette année, l’exécutif sait parfaitement qu’il n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise sur ce front-là.

Nous aussi, nous le savons. Mais nous le disons et ne faisons pas « comme si…« 

II. Après la Libye, voici l’Egypte

On en parle moins mais l’Egypte devient un gros fournisseur de migrants pour l’Europe ! Les départs de rafiots bondés de candidats au  » Grand Remplacement  » sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pléthoriques, quittant le pays au nez et à la barbe ( à moins que ce ne soit avec la complicité) des gardes-côtes du maréchal Al-Sissi, l’ami de notre pays. N’oubliez pas en effet les commentaires élogieux de nos dirigeants politiques lorsqu’ils réussirent à « fourguer » à ce dernier les deux portes-hélicoptères Mistral refusés à la Russie puis 24 Rafales et une frégate multimission Fremm ! Manifestement, aucun de ces armement ne participe à la prévention du risque migratoire.

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Abdel-Fattah Al-Sissi

Au moins 162 personnes, dont beaucoup de femmes et d’enfants, sont mortes, mercredi dernier, dans le naufrage d’un bateau de pêche transportant des migrants vers l’Italie, selon le dernier bilan provisoire établi par les autorités. Les recherches se poursuivent pour retrouver d’autres corps. Selon les témoignages recueillis parmi les 163 rescapés, au moins 450 personnes étaient à bord de l’embarcation. Parmi elles se trouvaient une majorité d’Egyptiens, ainsi que des Syriens, des Soudanais, des Somaliens, des Ethiopiens et des Erythréens. Que du beau monde mais rien que des migrants économiques, non éligibles au statut de réfugiés politiques…

Les rescapés de Rosette ne doivent leur salut qu’à la présence d’un navire de pêche au moment du naufrage, mercredi, au lever du jour, et non pas aux unités navales de grand pays ami qu’est l’Egypte. Il a fallu d’ailleurs cinq heures aux gardes-côtes pour rejoindre les lieux, a déclaré l’Associated Press (AP).

 » Le bateau était fait pour transporter 200 personnes et ils en ont mis 400. C’est ce qui a causé la catastrophe. Ceux qui savaient nager se sont éloignés, laissant derrière eux les femmes et les jeunes enfants « , a commenté Ahmed Darwich, l’un des survivants interviewés par AP. Ce qui donne une idée de l’importance de ces deux catégories dans l’esprit d’un homme musulman et nous éloigne significativement de l’impératif chrétien et chevaleresque :  » Les femmes et les enfants d’abord « . Quatre Egyptiens, passeurs présumés, ont été arrêtés sur des soupçons de  » trafic d’être humains  » et d' » homicide involontaire « , selon les autorités. En réalité…quatre lampistes quand on sait que de plus en plus de pêcheurs égyptiens s’adonnent au trafic de migrants pour arrondir leurs maigres revenus.

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Les femmes et les enfants d’abord

La côte méditerranéenne de l’Egypte est en effet devenue un point de départ privilégié vers l’Europe, depuis la fermeture de la route des Balkans aux migrants et le contrôle accru des frontières turques après l’accord signé entre Ankara et l’Union européenne en mars. Selon l’OIM, la Libye reste la principale route de migrations vers l’Europe, mais l’Egypte, par sa position centrale, gagne en intérêt pour les migrants, notamment africains. Le nombre de migrants qui ont effectué une traversée – jugée périlleuse – depuis l’Egypte a déjà augmenté de façon significative en 2015, avait alerté, en juin, l’agence européenne de contrôle des frontières Frontex.Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), les départs depuis l’Egypte en bateau comptent désormais pour environ 10 % des arrivées en Europe.

Les candidats au départ se recrutent parmi les cinq millions d’immigrés clandestins – dont une moitié de Soudanais –, présents sur le territoire égyptien. Mais plus nombreux encore à tenter la traversée sont des mineurs et des jeunes hommes égyptiens.

En 2015, les mineurs ont constitué 1 711 (soit 66 %) des 2 610 immigrés clandestins égyptiens arrivés en Italie, selon l’OIM. Souvent originaires de zones rurales, ces jeunes partent en quête d’emploi ou d’éducation, poussés par la crise économique ou appâtés par le succès de ceux ayant émigré avant eux. Les parents et les proches aident souvent à financer le coût de la traversée, qui varie entre 3 000 à 5 000 dollars (Lire « Le scandale des faux mineurs isolés » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/07/20/bulletin-climatique-quotidien-20-juillet-2016-de-la-republique-francaise/).

Un projet de loi sur la lutte contre l’immigration clandestine et le transfert illégal de migrants doit être prochainement discuté par le Parlement égyptien…sans illusion sur son efficacité. Les passeurs opèrent jusqu’à présent avec une certaine liberté, certains allant jusqu’à diffuser leurs coordonnées, les tarifs ainsi que les dates de traversée sur les réseaux sociaux.

Le Royaume-Uni n’aurait jamais dû abandonner son protectorat sur l’Egypte.

 

III. Une approche originale de l’essor du christianisme en Occident

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Vu d’aujourd’hui, le triomphe du christianisme en Occident paraît faire suite à la conversion de l’empereur Constantin, en 312. Peter Brown, le célèbre biographe de saint Augustin, montre qu’il n’en est rien et que ce christianisme impérial est loin de signifier la conquête accomplie de la société romaine et polythéiste. Avec cet ouvrage*, que complète son Prix du Salut (Belin, 2016), le professeur émérite de Princeton (Etats-Unis) expose pourquoi l’Eglise l’a réellement emporté dans le contexte précis des IVe et Ve siècles, et révise en passant quelques-unes de ses propres hypothèses.

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Le songe de Constantin et la bataille du pont Milvius

Maniant une langue élégante, saupoudrée d’humour, Brown conduit son lecteur dans ces époques infiniment moins fréquentées que le siècle d’Auguste. Il récuse toute idée de continuité entre monde chrétien et monde païen : non, l’Eglise, dont il suit le développement entre 350 et 550, ne s’est pas contentée de coiffer le diadème impérial et de prolonger Rome par d’autres moyens ! De fait, à l’époque constantinienne, les chrétiens sont loin d’imaginer que leur doctrine puisse s’imposer un jour à tous. Dans la ville de Rome, déchue de son rang de capitale mais restée la métropole antique par excellence, la présence chrétienne est longtemps invisible, et les dieux continuent à planer sur la cité jusque dans les familles chrétiennes. L’épousée Proiecta, proche du pape Damase (366-384), se fait ainsi représenter sur un coffret précieux de mariage au-dessous de la figure d’une Vénus dénudée, et l’on continue à se rendre en public au sanctuaire de Castor et Pollux pour obtenir de bonnes récoltes.

Quel basculement s’est opéré pour que la confession prêchée par le Christ, de lointaine adhésion impériale, se métamorphose en croyance collective ? La réponse a de quoi surprendre. Telle qu’elle est décrite dans ce tableau vivant et passionnant, cette révolution tient au passage d’une culture de l’ostentation et de l’évergètisme (la contribution aux dépenses publiques, aux jeux du cirque, par exemple) à une épidémie de renoncements à la richesse. Celle-ci draine dans les caisses de l’Eglise les trésors des nobles romains, dans une période de prospérité économique entre les crises des siècles précédents et la déstabilisation à venir des invasions barbares (symbolisée par le sac de Rome perpétré par Alaric en 408). De cette époque témoignent, selon Peter Brown, le luxe des villas aristocratiques exhumées par de récentes fouilles archéologiques ainsi que les marbres aux couleurs vives et l’or des habits, auxquels la sobriété du costume évangélique et la place théologique accordée au pauvre sont autant de réactions.

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Mais l’historien l’historien ne sombre pas dans un  » économisme trivial « . Ces renoncements à des patrimoines souvent considérables traduisent à ses yeux un phénomène spirituel : la montée en puissance d’un idéal monachiste ou ascétique, porté par saint Augustin et saint Jérôme au sein de l’Eglise latine. Idéal auquel s’opposent en vain des païens comme Symmaque (par ailleurs protecteur du même Augustin), mais aussi des chrétiens plus modérés comme le poète et administrateur Ausone de Bordeaux (310-395). Autre tournant culturel : les pauvres à soutenir ne sont plus la foule des clients du patron romain ou le populus (peuple), tous ces indigents ayant la chance d’être des citoyens, mais tous ceux à qui l’on doit rendre leur dû (en hébreu, le terme tsedaqah signifie à la fois  » charité  » et  » justice « ).

Cette évolution, Peter Brown la suit à travers des figures comme celle de Paulin de Nole, premier grand seigneur de rang sénatorial à abandonner son immense patrimoine à l’Eglise et à se faire prêtre, ou de celle d’un jeune couple, Pinianus et Mélanie, qui, après avoir interrompu volontairement leurs relations conjugales, se démettent de leurs biens.

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Dans l’histoire du christianisme, l’abandon des richesses s’avérera bien plus lourd de conséquences que celui de la sexualité, sur lequel se sont longtemps focalisés tant de spécialistes, et parfois Brown lui-même. Persuader les plus nantis d’affronter le défi du dépouillement aura été sans doute l’un des succès les plus considérables de l’Eglise, et la belle démonstration de ce maître livre.

Et un beau projet pour nous…aujourd’hui.

* Peter Brown, A travers un trou d’aiguille. La richesse, la chute de Rome et la formation du christianisme (Through the Eye of a Needle), de Peter Brown, traduit de l’anglais par Béatrice Bonne, Les Belles Lettres, 814 p., 29,50 €.

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Au château de Versailles…il n’y a pas que le château

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Il y a aussi le restaurant ORE – DUCASSE

Deux univers à découvrir aux différents moments de la journée.

ore – Ducasse au château de Versailles, qui vient d’ouvrir ses portes, est un élégant café contemporain, dans l’esprit français, situé au premier étage du pavillon Dufour et ouvert sur la cour Royale.

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Les visiteurs se retrouvent dans ce lieu chaleureux et convivial conçu par l’architecte Dominique Perrault et par Frédéric Didier, architecte en chef du château de Versailles. Son aménagement mené en cohérence avec l’ensemble du bâtiment s’appuie sur des rappels de la splendeur du Roi Soleil et de nombreuses réinterprétations contemporaines de thèmes décoratifs historiques développés par Gaëlle Lauriot-Prévost.

En journée, le restaurant ore est un lieu ouvert à tous. Il propose un cadre et une vue exceptionnels pour faire une pause et se restaurer pendant les heures d’ouverture du château autour de trois services : Petit-déjeuner, déjeuner et afternoon tea. Côté carte, des classiques de notre cuisine, mais aussi des assiettes légères et rapides pour les petites faims, des desserts et des pâtisseries gourmandes.

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Ore signifie bouche en latin. Alain Ducasse fait ainsi référence aux plaisirs de bouche ancrés dans l’art de vivre à la française, et, particulièrement, à Versailles, aux services de la bouche du Roi, en charge de la préparation des repas servis à la cour.

Le soir, Ducasse au château de Versailles est une table d’exception. Lorsque le château se vide de ses visiteurs, le restaurant devient le théâtre de grands dîners pour des événements exclusifs pour vivre une expérience inoubliable.

Pour en savoir plus – http://www.ducasse-chateauversailles.com

 

Château de Versailles
Pavillon Dufour – 1er étage
Place d’Armes
78 000 Versailles

Tél. +33 1 30 84 12 96

Le 26 septembre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

 

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Une Réponse to “BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (26 septembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 27, 2016 à 12:19 #

    Il manquait un endroit élégant comme celà aux portes de Paris… Bravo !

    Une idée pour les futurs repas du 21 janvier suivant la Messe pour Louis XVI…

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