BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (29 septembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

29 Sep

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I. « Ça a la couleur de l’alcool, le goût de l’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool »

C’est ainsi qu’apparaît le projet de budget 2017 du gouvernement de Manuel Valls : il a les apparence du sérieux, le goût de la sincérité…mais ils est rempli d’adjuvants !

Forcément, puisqu’il commence par tabler sur une croissance de 1,5 % en 2017 alors que la plupart des organismes de conjoncture anticipent un résultat inférieur.

Si le déficit de l’ensemble des administrations publiques est prévu à 2,7 %, soit une baisse de 2,1 points par rapport au début du quinquennat, l’Etat présentera, lui, un solde négatif de 69,3 milliards d’euros (– 3 %), quasiment identique au déficit prévisionnel de 2016, 69,9 milliards (– 3,3 %). Le déficit de l’Etat était de 3,9 % en 2012. La réduction du déficit public aura en grande partie reposé sur les efforts de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales. C’est à dire, dans les deux cas, sur les efforts des citoyens qui ont dû serrer de plus en plus leur ceinture…

La part des dépenses publiques dans le PIB s’établit à 54,6 %. Une baisse continue depuis 2012 – ce taux était alors de 56 % –, revendique le gouvernement, rappelant que, depuis le début du quinquennat, la hausse moyenne des dépenses publiques en valeur aura été de 1,3 % par an, alors qu’elle était de 3,6 % par an entre 2000 et 2012.  » Au total, nous aurons réalisé 46 milliards d’euros d’économies entre 2015 et 2017 « , affirme le ministre des Finances, Michel Sapin. Un montant qui laisse sceptique, le budget 2017 prévoyant une hausse de 1,6 % des dépenses publiques en valeur, après 1,4 % en 2016.

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Peut-on faire confiance à cet homme ?

Le gouvernement devait trouver 14 milliards d’euros pour financer les mesures nouvelles annoncées ces derniers mois. La  » sphère sociale  » y contribuera pour 1,5 milliard d’euros : réduction de niches sociales, hausse de l’imposition du tabac à rouler et imposition des distributeurs de tabac, produit en hausse de la lutte contre la fraude, économies sur la gestion des caisses, et  » moindres dépenses  » prévues sur des réformes comme celles du capital décès ou de l’allocation congé parental.

L’Etat, quant à lui, prévoit d’engranger 1,3 milliard d’euros de recettes supplémentaires grâce à l’accélération du paiement de l’impôt sur les sociétés pour les plus grandes entreprises (qui rapportera 530 millions d’euros) ainsi qu’à des mesures sur les produits d’épargne (concernant la taxe sur les surfaces commerciales ou la taxe sur les véhicules de société ainsi que sur le plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune). Sont également prévues, pour 1,2 milliard d’euros, des mesures de régulation du programme d’investissements d’avenir. Le budget 2017 compte aussi sur des rentrées supplémentaires grâce, notamment, aux recettes engendrées par la lutte contre la fraude fiscale ainsi que par la baisse de 1 milliard d’euros de l’évolution des dépenses locales en 2017.

Enfin, et surtout, la réorientation du pacte de responsabilité – substituant aux baisses d’impôts prévues une hausse du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) qui s’imputera budgétairement en 2018 et non en 2017 – permet de libérer 5 milliards d’euros de marge.

Au total, le gouvernement affiche donc 13,8 milliards d’euros de recettes supplémentaires ou de moindres dépenses, qui couvrent quasiment les 14 milliards d’euros de dépenses nouvelles, mais grâce à un assemblage de bric et de broc qui laisse planer le doute sur la crédibilité de ses objectifs.

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Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à douter de la faisabilité de ce budget. Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), chargé depuis 2013 d’apprécier le réalisme et la cohérence des prévisions macroéconomiques du gouvernement, a rendu public, mercredi 28 septembre, son avis sur les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2017. Dans ce document, le HCFP juge  » improbables  » les réductions du déficit public prévues par le projet de loi de finances (PLF) pour 2017. Il considère d’abord comme  » incertain  » le retour du déficit public en dessous des 3 % en 2017. Ce qui constitue un argument essentiel pour douter des propos de Michel Sapin.

Mais ce n’est pas tout. Pour 2016, la prévision de croissance maintenue à 1,5 % est estimée  » un peu élevée « . Quant à celle de 2017, que le gouvernement a également fixée à 1,5 %, elle est jugée  » optimiste  » au vu des multiples incertitudes qui pèsent sur la conjoncture économique. Pour le HCFP,  » le scénario de croissance retenu par le gouvernement (…) tend à s’écarter du principe de prudence qui permet d’assurer au mieux le respect des objectifs et des engagements pris en matière de finances publiques « .

Le Haut Conseil  » estime que les risques pesant sur les dépenses sont plus importants en 2017 que pour les années précédentes « . Il juge  » irréalistes  » les économies prévues sur l’Unedic, exprime de  » fortes incertitudes  » quant à la réalisation des économies envisagées sur l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie, de même que sur l’évolution des dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales, sans parler des conséquences prévisibles pour le budget de l’Etat des recapitalisations annoncées des entreprises publiques du secteur énergétique. Le HCFP émet également des doutes sur les prévisions de recettes du gouvernement.

Enfin, l’organisme de surveillance ne manque pas de relever que le choix du gouvernement de remplacer des baisses d’impôts, dans le cadre du pacte de responsabilité, par des crédits d’impôts afin de financer une partie des dépenses supplémentaires prévues en 2017 «  conduit à reporter sur 2018 l’impact de ces baisses de recettes « . «  Ce choix fragilise la trajectoire de finances publiques à compter de 2018 « , conclut le Haut Conseil. Mais le gouvernement s’en moque puisqu’il ne sera plus aux affaires !

Les Français avertis ne manqueront pas de faire leur miel de cet avis d’une sévérité inédite.

 

II. Et une casserole de plus pour Nicolas Sarkozy

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Dieu sait pourtant qu’elles ne lui manquent pas ! Mais voilà que reviennent dans l’actualité les soupçons de financement illégal de sa campagne de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi. Ceux-ci se renforcent encore un peu plus après la publication, mardi 27 septembre, par le site Mediapart d’une nouvelle pièce mettant en cause l’ancien président. Il s’agit de quelques lignes retrouvées dans le carnet manuscrit d’un ancien haut dignitaire du régime, retrouvé mort noyé dans le Danube en avril 2012, qui mentionnent sans détour les millions d’euros qui seraient partis de la Libye vers la France.

Ancien ministre du pétrole de Mouammar Kadhafi, Choukri Ghanem notait scrupuleusement ses comptes rendus de réunion dans son journal intime. L’une d’entre elles s’est tenue le 29 avril 2007 vers midi, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli, la capitale libyenne. Dans la propriété de Bechir Saleh, directeur de cabinet de M. Kadhafi, se trouve ce jour-là le chef des services secrets du régime, Abdallah Senoussi, accusé de massacres d’opposants et condamné par contumace en France en 1999 pour sa responsabilité dans l’attentat du DC-10 d’UTA de 1989, qui avait fait 170 morts.

En cet entre-deux tours de l’élection présidentielle française, ces trois dignitaires du régime évoquent l’aide de la Libye à la campagne de Nicolas Sarkozy. Choukri Ghanem retranscrit dans ses carnets les affirmations de M. Saleh qui dit avoir versé 1,5 million d’euros au candidat de l’UMP. Deux fois moins que Saïf Al-Islam Kadhafi, fils du numéro un libyen et responsable de la Fondation Kadhafi (avec qui la France a négocié la libération des infirmières bulgares en juillet 2007 contre une importante vente d’armement), qui aurait versé de son côté…3 millions d’euros.

A cela s’ajouteraient 2 millions d’euros prétendument transférés par Abdallah Senoussi pour la campagne de M. Sarkozy, écrit M. Ghanem. Selon le récit que ce dernier en fait dans son carnet, les trois hommes se demandent toutefois si les 6,5 millions d’euros sont bien arrivés à destination.

Ces notes ont été communiquées à la justice française et aux enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption après un long périple. La justice française en a désormais connaissance et ces écrits ont été versés à l’enquête judiciaire.

M. Ghanem n’est plus là pour confirmer et étayer ses écrits. Son corps a été découvert à Vienne, dans le Danube, le 29 avril 2012. L’ancien ministre du pétrole, qui dirigeait aussi la société pétrolière nationale, avait fait défection en 2011 durant la guerre. Après une escale à Rome, il s’était secrètement installé en Autriche où il bénéficiait d’une protection des autorités. Les enquêteurs autrichiens ont conclu à une noyade accidentelle suite à une crise cardiaque. Mais en réalité sa mort reste encore aujourd’hui un mystère. Mais nous n’irons pas jusqu’à demander  » À QUI PROFITE LE CRIME ?  »

A l’époque, Mediapart avait dévoilé un document faisant état d’un accord de principe noué entre le clan Kadhafi et l’équipe Sarkozy, pour un financement à hauteur de 50 millions d’euros. Document dont l’authenticité a toujours été contestée par M. Sarkozy et son entourage, mais dont la justice n’a pu établir qu’il s’agissait d’un faux. L’ancien président avait porté plainte contre le site mais la justice a rendu un non-lieu dont il a fait appel.
Une information judiciaire contre X a été ouverte le 19 avril 2013 pour  » corruption active et passive « ,  » trafic d’influence « ,  » faux et usage de faux « ,  » abus de biens sociaux « ,  » blanchiment, complicité et recel de ces délits « . Rien que ça…Et ce suite aux dépositions faites par l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine auprès du juge Van Ruymbeke, après qu’il eut été interpellé au Bourget, de retour de Libye, avec 1,5 million d’euros en espèces dans une valise. M. Takieddine était un proche de M. Ghanem avec qui il a discuté d’importants contrats pétroliers.  » Choukri détenait de lourds secrets financiers et politiques d’ordre corruptifs qui pouvaient déstabiliser la droite française « , dit aujourd’hui l’ancien intermédiaire.

Dans cette affaire, l’ancien secrétaire général de M. Sarkozy à l’Elysée, Claude Guéant, a été mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée en raison d’un virement de 500 000 euros reçu sur son compte qu’il a peiné à justifier. L’ancien ministre avait assuré sans convaincre qu’il avait reçu cet argent en paiement de la vente de deux tableaux, dont de nombreux experts ont assuré ensuite qu’ils valaient beaucoup moins.

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Récemment, plusieurs protagonistes de cette affaire ont été convoqués par la justice. Bechir Saleh, aujourd’hui établi en Afrique du Sud et qui aurait participé à la réunion citée par M. Ghanem, ne s’y est pas rendu. Selon son avocat, l’Union européenne a gelé ses comptes et l’interdit de séjour en Europe. M. Saleh avait été exfiltré de France vers le Niger par l’homme d’affaires et intermédiaire Alexandre Djouhri, une opération montée en lien avec Bernard Squarcini, alors patron de la direction centrale du renseignement intérieur (entendu cette semaine par les « boeuf-carottes »). Il réside aujourd’hui à Johannesburg dans une villa octroyée par le gouvernement, sous étroite surveillance des services de renseignement sud-africains et de M. Djouhri qui, selon nos informations, s’y est rendu à l’improviste en juin 2015 pour s’assurer que M. Saleh ne s’exprimerait pas…

M. Djouhri, officiellement établi en Suisse, n’a pas non plus honoré sa convocation le même jour.  » Monsieur Alexandre « , comme il est surnommé, est soupçonné d’être au cœur des complexes montages financiers entre la Libye et la France.

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Nous donnons rendez-vous à Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite et du centre !

 

III. Quand la CGT se pique de gérer la santé des femmes

La maternité des Bluets, à Paris, fut fondée avant la dernière guerre mondiale par Fernand Lamaze, un médecin gynécologue-accoucheur communiste, père néanmoins de l’accouchement dit « sans douleur« .

 

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Il fut aidé en cela par le syndicat CGT de la Metallurgie. Fernand Lamaze ne cachait pas son admiration pour le camarade Staline et il était d’ailleurs allé se former en Union soviétique pour étudier les travaux de Pavlov. Il en était revenu avec l’idée de la  » maternité heureuse « .

Mais aujourd’hui, la maternité Pierre-Rouquès – les Bluets, dans le 12e arrondissement de Paris, s’enfonce chaque jour davantage dans la crise. La décision – rarissime – de la Haute Autorité de santé (HAS) de ne pas accorder la certification à cet établissement privé à but non lucratif survient alors qu’une partie des médecins, des soignants et des personnels administratifs conteste depuis le mois d’avril les choix stratégiques faits par l’association gestionnaire, – toujours issue de la CGT-Métallurgie.

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Si cette absence de certification, réexaminée tous les quatre ans, n’entraîne pas automatiquement la suspension d’autorisation d’activités ou la fermeture de l’établissement, elle constitue, en revanche, un sérieux coup de semonce pour l’actuelle direction.

Dans son rapport, rendu public lundi 26 septembre, la HAS dénonce avec sévérité plusieurs problèmes d’organisation et regrette un manque de  » stratégie  » ou de  » pilotage  » dans la conduite de certaines activités de la maternité, telles que le  » management de la qualité des risques « , la  » gestion du risque infectieux « , le parcours patient ou le  » management de la prise en charge médicamenteuse du patient « .

 » L’absence d’effectif suffisant (en nombre ou en compétences) obère la continuité des soins au sein de l’établissement « , relève-t-elle. Avec plus de 3 000 naissances par an, 1 200 interruptions volontaires de grossesse et 1 200 essais de procréation médicalement assistée réalisés, la maternité des Bluets, adossée à l’hôpital Trousseau, bat de l’aile.

Las.  » Nous avons considéré que les conditions de fonctionnement faisaient courir un risque potentiel aux patientes « , explique Yvonnick Morice, le président de la commission de certification des établissements de santé à la HAS. Une mise en garde que l’association Touche pas aux Bluets, qui mène la fronde contre l’actuelle direction, souhaite nuancer.  » Ce qui est vraiment dommageable pour les Bluets, même en cas de changement de gouvernance, c’est le dégât en termes de réputation : en la matière, on dégringole plus vite qu’on ne remonte.  »

Anissa Chibane, une « Chance pour la France  » qui dirige l’association Ambroise-Croizat et gère les Bluets, explique, elle, que la mission de certification menée par la HAS s’est faite dans un  » contexte difficile « .  » Aujourd’hui, dit-elle, les équipes travaillent sur les dossiers pointés par la HAS et redoublent d’effort. On était engagés, on l’est encore plus.  » On peut lui faire confiance !

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Anissa Chibane

Si la maternité a désormais douze mois pour fournir à la HAS des engagements sur la façon dont elle compte répondre aux critiques, elle dispose de beaucoup moins de temps pour convaincre l’agence régionale de santé d’Ile-de-France, son autorité de tutelle. A l’agence, on assurait mardi n' » écarter aucune hypothèse  » sur la suite des événements, et on appelait à «  une prise de conscience rapide par l’association gestionnaire du besoin rapide de changements internes majeurs « . La mise en place d’une administration provisoire pourrait être l’un des scénarios à l’étude. Une mission de l’Inspection générale des affaires sociales, diligentée en juillet par le ministère de la santé, devrait rendre ses conclusions d’ici à la fin de l’année.

Nous surveillerons cela de près.

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Appel au mécénat pour le château de Chambord

À la suite des intempéries de juin dernier, le château de Chambord a été largement encerclé par les eaux. Les inondations sans précédent qui ont touché la région avaient même contraint à sa fermeture. Rouvert depuis à la visite, les premiers bilans font apparaître que certains travaux de restauration vont être nécessaires au sein du domaine.

Paradoxe de ces catastrophes naturelles, elles nous donnent une représentation de ce que François Ier voulait pour Chambord : un château surgissant des eaux, celles qu’il aurait voulu détourner de la Loire.

Aujourd’hui, Chambord, joyau de notre patrimoine national, et la Fondation du patrimoine s’unissent pour parer d’urgence aux dommages qui ont affecté le domaine : https://www.fondation-patrimoine.org/

 

 

Le 29 septembre 2016.
Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (29 septembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. hathoriti septembre 30, 2016 à 9:10 #

    Peut-on faire confiance à cet homme ? Au sapin ? AH ! NON!

  2. Hervé J. VOLTO octobre 7, 2016 à 9:46 #

    Quel est l’Etat d’âme de Michel Sapin quand il regarde les chiffres du budget, du déficit, de la Sécu et du chômage ? il a les boules…

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