BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (8/9 octobre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

8 Oct

I. L’UE a entrepris d’humilier méthodiquement les Grecs

Les relations entre l’UE et la Grèce virent au comique de répétition (si elles n’étaient pas si tristes pour les Grecs eux-mêmes) alors que les réunions des ministres des finances de la zone euro s’enchaînent en se ressemblant de plus en plus. Cela fait presque un an que les représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque centrale européenne (BCE) et du Mécanisme européen de stabilité (MES) discutent avec le gouvernement d’Alexis Tsipras sur les modalités du versement d’une nouvelle tranche de prêts (un peu plus d’11 milliards d’euros), dans le cadre du troisième plan d’aide au pays (86 milliards d’euros au total)….destiné principalement à rembourser ses créanciers !

dessin-grece-1

Il a d’abord fallu six mois aux deux parties pour s’entendre sur les réformes imposées aux Grecs, afin d’obtenir le droit en retour de toucher leur chèque. Elles prévoient des coupes dans les retraites qui ont provoqué récemment des manifestations très virulentes. Ces mesures sont d’autant plus difficiles à faire admettre que la population en a connu déjà de multiples depuis le premier plan de sauvetage du pays, en 2010, et que le gouvernement de la gauche radicale qui les impose aujourd’hui n’avait pas du tout proposé un tel programme aux Grecs quand il est arrivé au pouvoir, en janvier 2015.

A l’époque, M. Tsipras promettait  » la fin de l’austérité « . Il a fini par rentrer dans le rang après un bras de fer de six mois avec Bruxelles, terrorisé par un chantage au  » Grexit  » (sortie de la Grèce de la zone euro) piloté par Berlin. Depuis, il a regagné la confiance de ses créanciers grâce à la docilité de son ministre des finances, Euclide Tsakalotos. Mais il réclame un allègement du poids de sa dette publique, qui pèse encore plus de 180 % du produit intérieur brut (PIB). Un niveau que même le FMI juge insoutenable et qui rend impossible un redressement durable du pays.

dessin-cartoon-grece-02

En novembre 2012, l’Eurogroupe s’était engagé à cette mesure, la dette restant à des niveaux stratosphériques. A condition qu’Athènes fasse sa part de chemin et adopte des mesures d’économie radicales. La promesse concernant la dette n’a pas été tenue, dans l’attente de réformes toujours plus nombreuses et drastiques.

M. Tsipras a de nouveau réclamé des mesures fortes, début 2015. En vain, jusqu’en mai 2016 où, de nouveau, dans une déclaration assez similaire à celle de 2012, les ministres des finances de la zone euro se sont engagés à reconsidérer la dette hellène, sous conditions. Mais ils voulaient surtout mettre le sujet sous cloche quelques mois, pour ne pas polluer le référendum britannique de juin… Avec le succès que l’on sait.

150219-merkel-grece-cambon

On en est là. Déjà, plusieurs sources à Bruxelles assurent qu’il n’y a  » aucune  » volonté politique, du côté des ministres des finances, pour discuter d’un allègement à long terme de la dette grecque. Certes, la restructuration aurait un coût, mais pas énorme, puisqu’on ne parle pas (pour le moment) de baisse du nominal mais juste, par exemple, d’allonger encore un peu les maturités de la dette existante (Lire « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/08/17/bulletin-climatique-quotidien-17-aout-2015de-la-republique-francaise/). Il s’agirait pour le MES, le principal concerné, de renoncer à quelques centaines de millions ou même à quelques milliards. Rien, comparé aux plus de 250 milliards déjà prêtés à la Grèce depuis 2010.

Mais la Grèce risque à nouveau d’être prise en otage, cette fois par les élections législatives aux Pays-Bas, en mars 2017 et, plus tard dans l’année, en Allemagne. Deux pays où les thèmes de partis europhobes ont le vent en poupe et où la solidarité n’est plus un concept à la mode. Le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, principal  » faucon  » dans le dossier grec, pourrait encore durcir ses positions.  » Pas question de parler de la dette à long terme avant les élections allemandes « , insiste une source haut placée. Quant au ministre néerlandais des finances, le travailliste Jerœn Dijsselblœm, président de l’Eurogroupe, qui avait su, ces derniers mois, trouver des compromis avec Athènes,  » il n’a plus de marge de manœuvre « , ajoute cette source.

Le FMI et Berlin vont poursuivre leur interminable jeu de poker menteur. Le Fonds n’a toujours pas décidé s’il participera au troisième plan d’aide, dix-huit mois après son démarrage. Il conditionne cette participation à l’allègement de la dette. Or Berlin ne veut pas en entendre parler mais exige quand même la participation du FMI au plan d’aide… Totalement contradictoire et absurde car la Grèce n’a pas besoin de l’argent du FMI (les 86 milliards du troisième plan devraient suffire, sauf nouvelle catastrophe). Le seul moyen de sortir de ces blocages et de reléguer le débat sur la dette au deuxième plan serait que l’économie grecque accomplisse un miracle et retrouve le chemin d’une franche croissance. Ce qui n’est pas à l’ordre du jour et l’est d’autant moins que les mesures économiques imposées par les créanciers du pays ont installé une sévère récession.

82535534_p

 » La Grèce est la chronique d’un immense gâchis « , résumait justement l’eurodéputé libéral Jean Arthuis, mardi 4 octobre, lors d’un débat au Parlement européen. Il s’agit bien d’un gâchis, côté grec, avec des gouvernements successifs ayant enchaîné les fausses promesses et les engagements non tenus tant vis-à-vis des créanciers que du peuple grec. Gâchis aussi vis-à-vis de l’opinion publique européenne.

Et que dire de la misère rampante des citoyens d’Athènes ?

II. Mais ça ne va pas mieux à l’ouest de l’Europe

Les 19 Etats de la zone euro ont jusqu’au samedi 15 octobre pour soumettre leur projet de budget pour 2017 et, en retour, la Commission a jusqu’au 30 octobre pour donner son avis et le rejeter s’il s’éloigne trop des engagements pris dans le cadre du pacte de stabilité et de croissance (le fameux plafond d’un déficit public à 3 % du produit intérieur brut, PIB).

237036_vignette_croatie-ue

Cette année n’est pas différentes des précédentes : certaines capitales – à commencer par Madrid et Lisbonne – sont encore dans le collimateur de la Commission Juncker. Mais, à la différence de la Grèce qui ne pèse pas lourd, l’institution n’a aucune envie de jouer  les gendarmes. Elle s’apprête donc à explorer toutes les  » flexibilités  » du pacte, afin de le faire respecter à la lettre sans pour autant avoir à envoyer des messages trop durs aux capitales en question.

Ces derniers mois, Bruxelles a déjà dépensé beaucoup de capital politique, avec Madrid et Lisbonne. Fin juillet, à l’issue de deux mois de psychodrame, le Conseil européen (la réunion des Etats membres) a finalement décidé, sur recommandation de la Commission, de ne pas imposer de sanctions financières à Lisbonne et à Madrid, pour non-respect de leurs engagements dans le cadre de leurs budgets 2015 (Lire « L’Union européenne punit les pays méritants » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/07/20/bulletin-climatique-quotidien-20-juillet-2016-de-la-republique-francaise/).

Madrid a enregistré un déficit public de 5,1 % PIB en 2015, bien au-dessus des 4,2 % attendus par Bruxelles. Et Lisbonne a affiché 4,4 % de déficit, au lieu des 2,7 % prévus. Théoriquement, les deux capitales encouraient des amendes pouvant aller jusqu’à 0,2 % de leur PIB. Mais politiquement, il était impossible de pénaliser les deux pays qui ont beaucoup souffert de la crise et dû s’imposer de cruelles cures d’austérité. Sans oublier que l’Espagne n’a toujours pas de gouvernement stable depuis l’automne 2015…

Outre la pénalité financière, la procédure bruxelloise enclenchée en juillet prévoit que les deux pays soient privés – momentanément – d’une partie des fonds structurels européens (pour l’innovation, la jeunesse, etc.) qui leur sont alloués annuellement. La Commission explique qu’elle doit légalement faire une proposition de suspension de ces fonds pour 2017.

Le Parlement européen s’est invité dans cette procédure, exigeant un  » dialogue structuré  » avec la Commission. Les chefs de groupes politiques de l’hémicycle plaident en effet pour que le  » dialogue  » dure au moins jusqu’à fin octobre. En attendant, si les deux capitales envoient des propositions de  » corrections  » budgétaires satisfaisantes d’ici au 15 octobre, une levée de la  » suspension  » pourrait être étudiée. Même si cette procédure de sanctions a des chances d’être neutre pour l’Espagne et le Portugal, elle risque de ne pas l’être politiquement.

Le projet de budget 2017 de l’Espagne pourrait aussi poser problème. Le gouvernement provisoire du conservateur Mariano Rajoy, qui n’est pas encore parvenu à former une coalition stable, sera-t-il en mesure d’en envoyer un ? A Bruxelles, certains en viennent à souhaiter qu’il s’en dispense, pour ne pas avoir à constater que ce budget prévisionnel n’est pas dans les clous…

Mais ce n’est pas tout. Au printemps, la Commission a octroyé au premier ministre italien, Matteo Renzi, des  » flexibilités  » de l’ordre de 19 milliards d’euros au titre de son budget 2016. Ainsi, l’institution a accepté de considérer que ces milliards de dépenses publiques n’entraient pas dans le décompte du déficit au titre du pacte de stabilité, car destinées à l’accueil des migrants ou à l’innovation.

Mais cette concession comporte une contrepartie : le projet de budget 2017 de l’Italie doit être en ligne avec les engagements du pays. Rome doit parvenir à un déficit public de 1,8 % du PIB en 2017 et à un  » effort structurel  » de 0,6 % (part du solde public, sans les effets conjoncturels). Or, le projet de budget italien ressortirait plutôt à 2 % de déficit public, et Bruxelles craint que l’effort structurel soit plus proche de 0 que de 0,6 %.

Bruxelles pourrait donc dénoncer les flexibilités à 19 milliards pour 2016 et exiger de M. Renzi qu’il revoie sa copie pour 2017. Inimaginable, dans le contexte politique italien : le premier ministre risque son poste dans deux mois lors d’un référendum à haut risque sur une réforme institutionnelle qui vise notamment à réduire le poids du Sénat. Personne n’a envie de le déstabiliser à Bruxelles, comme à Paris ou Berlin.

La Commission discute donc intensément avec Rome pour tenter de faire arriver les Italiens au plus près de 1,8 % de déficit public. Et s’apprête encore à explorer toutes les flexibilités dont le pacte est capable : pourraient ainsi être défalqués du décompte du déficit les coûts liés au récent tremblement de terre dans le centre du pays…Dommage que l’ex-volcan de Santorin (mer Egée) n’ait pas réexplosé cette année !

union-europeenne-zone-euro

Enfin, avec un déficit au-dessus des 3 % de son PIB depuis 2008, la France a obtenu un nouveau délai de deux ans en 2015 afin de revenir dans les clous du pacte. Autant dire qu’elle est très attendue pour son budget 2017. Si Bruxelles espère un déficit à 2,8 % du PIB, le ministre des finances, Michel Sapin, mise sur 2,7 %, un niveau jugé  » improbable  » par le Haut Conseil des finances publiques.(Lire « Ça a la couleur de l’alcool, le goût de l’alcool…mais ce n’est pas de l’alcool » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/?s=haut+conseil+des+finances+publiques&submit=Recherche). Si la France ne tient à nouveau pas ses engagements, elle risque de perdre toute crédibilité européenne.

Qui s’en plaindra ? Pas nous.

III. Car nous avons d’autres chats à fouetter

Et, en particulier, les conséquences du racket fiscal que les Français on eu à subir depuis cinq ans.

le-gouvernement-va-devoiler-mercredi-son-projet-de-budget-2016-charge-d-enteriner-les-baisses-d-impots-promises-aux-menages-et-les-nouveaux-allegements-de-charges-pour-les-entreprises-tout-en-ouvrant

Pour la première fois, la direction du Trésor a publié un bilan d’ensemble des mesures nouvelles en prélèvements obligatoires – portant sur les ménages – intervenues entre 2012 et 2017. Et elle examine leurs effets. Cette étude, publiée mardi 4 octobre, constitue un des chapitres du rapport économique, social et financier (RESF) qui accompagne le projet de loi de finances pour 2017 qui sera donc soumis à la Commission européenne dans quelques jours.

Selon le Trésor, les mesures de hausses des prélèvements obligatoires portant sur les ménages ont représenté 26 milliards d’euros cumulés sur 2012 et 2013, soit environ 2 % du revenu disponible brut des ménages. Cependant, note son étude, ce montant résulte pour les deux tiers de mesures votées par la majorité précédente de Nicolas Sarkozy, mais dont l’effet s’est prolongé les années suivantes. Il en est ainsi de la suppression des triples déclarations en cas de mariage, de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, de la suppression de la  » demi-part des veuves  » ou du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt pour la résidence principale qui s’est éteint progressivement jusqu’en 2017.

Au total, entre 2012 et 2017, c’est un montant net cumulé de 32 milliards d’euros de mesures nouvelles qui aura pesé sur les ménages. L’étude du Trésor ne prend toutefois pas en compte les effets de la fiscalité indirecte, comme la TVA ou la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, qui représentent quand même plus de 40 % des prélèvements des ménages.

Le  » choc fiscal  » s’est donc essentiellement concentré sur les deux premières années du quinquennat. A partir de 2014, un début de  » restitution  » s’opère, mais en direction essentiellement des contribuables aux revenus modestes, oubliant comme d’habitude les classes moyennes. En 2014, la réduction exceptionnelle de 1,5 milliard d’euros d’impôt sur le revenu (IR) a bénéficié à 4,2 millions de foyers. La suppression de la première tranche du barème en 2015 permet une baisse supplémentaire de 1,5 milliard d’euros pour 9,5 millions de foyers. En 2016, la baisse de l’IR à hauteur de 2 milliards d’euros a réduit l’impôt de 8 millions de foyers fiscaux. Enfin, le projet de loi de finances pour 2017 prévoit une réduction de 20 % de l’IR pour 1 milliard d’euros, qui bénéficiera à 5 millions de foyers fiscaux. Au total, les baisses d’IR cumulées depuis 2014 représentent 6 milliards d’euros.

L’intérêt principal de ce bilan récapitulatif tient à l’évaluation des effets redistributifs des mesures prises depuis le début du quinquennat. Cette évaluation couvre seize mesures fiscales, regroupées en trois grandes catégories : les mesures fiscales ciblées sur les bas revenus et les revenus médians ; celles ciblées sur les hauts revenus ; les réductions d’avantages fiscaux non ciblés. Et quatorze mesures sociales : celles contribuant au financement du vieillissement de la population ; les mesures sociales ciblées sur les ménages modestes et la modulation des prestations familiales. Echappe toutefois à cette évaluation la fiscalité indirecte, ainsi que la fiscalité locale et sur le patrimoine.

impots-locaux-2010-hausse-nantes

Outre les baisses d’impôt sur le revenu, les mesures ciblées sur les ménages modestes comprennent notamment la revalorisation du revenu solidarité active (RSA), de l’allocation de soutien familial et de l’allocation de rentrée scolaire, la majoration du complément familial, la fusion de la prime pour l’emploi et du RSA en une prime d’activité. Autant de mesures qui ont bénéficié aux Français déjà les moins imposés et qui ne sont pas les acteurs principaux de la consommation et donc de la croissance.

A l’inverse, la baisse du plafond du quotient familial, la réduction à 10 000 euros du plafond de l’avantage des niches fiscales, la modulation des allocations familiales ou l’abaissement des plafonds, la modulation de la prestation d’accueil du jeune enfant  ainsi que la création d’une tranche d’imposition supplémentaire à 45 % pour les revenus supérieurs à 150 000 euros auront pesé sur les classes moyennes et les Français les plus aisés, qui sont, eux les moteurs de la croissance…

impots-01

Au total, ces mesures agrégées auront contribué à une hausse du niveau de vie des ménages du premier décile de revenu (moins de 10 730 euros annuels) de 4,7 %. Pour le deuxième décile (jusqu’à 13 520 euros), la hausse du niveau de vie aura été 0,8 %. Sur le quinquennat, l’ensemble des réformes fiscales et sociales aura permis d’augmenter de 2 milliards d’euros le pouvoir d’achat des 20 % de ménages les plus modestes.

Pour les ménages médians inférieurs, appartenant aux déciles 3 à 5 (jusqu’à 20 000 euros), les gains de pouvoir d’achat auront été modestes : de 0,2 % à 0,4 %. L’effet agrégé des différentes réformes se révèle nul pour le sixième décile (jusqu’à 22 340 euros). C’est à partir du septième décile que le pouvoir d’achat des ménages a été affecté à la baisse par les mesures considérées. De – 0,4 % pour le décile 7 (jusqu’à 25 230 euros), – 1 % pour le décile 8 (jusqu’à 29 580 euros), – 1,4 % pour le décile 9 (jusqu’à 37 200 euros et – 1,7 % pour le dernier décile (plus de 37 200 euros). Pour 40 % de la population, les mesures fiscales et sociales mises en œuvre pendant la législature auront donc eu un effet négatif sur le pouvoir d’achat.

Même si le Trésor prétend que les mesures cumulées auront permis de réduire de 360 000, dont 160 enfants, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, soit 1 008 euros par mois et par unité de consommation. Une affirmationtion qui ne peut cependant occulter le fait que, en 2014, 14,1 % de la population, soit près de 8,8 millions de personnes, vivaient en dessous du seuil de pauvreté fixé à 60 % du niveau de vie médian.

Avec cette étude du Trésor, il est facile de comprendre pourquoi et comment l’économie de la France a pâti des mesures Hollande-Ayrault-Valls. Il est urgent de les renvoyer à leurs chères études.

impotssnoop

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

À l’Opéra royal du château de Versailles

Le 13 octobre 2016 à 20h00
STRAVAGANZA D’AMORE ! FASTES DES MARIAGES ROYAUX BAROQUES CHEZ LES MEDICIS

versailles

La comédie de Girolamo Bargagli, La Pellegrina, est donnée au Palais Pitti à Florence en 1589, pour fêter le mariage du Grand-Duc Ferdinand 1er de Médicis et de Christine de Lorraine. Joué dans un cadre somptueux, le spectacle, qui relate des scènes de la mythologie grecque, sensées rappeler la vie des futurs mariés, fait appel à des effets de machinerie spectaculaires et des décors fastueux.

iris5640549750095267321

Les intermèdes musicaux, intercalés entre les actes, sont de la plume des plus talentueux compositeurs de l’époque – Jacopo Peri, Emilio de’ Cavalieri, Giulio Caccini… Ces musiciens sont tous membres de la Camerata Bardi, un mouvement qui regroupe, fidèle à la tradition humaniste florentine de la Renaissance, intellectuels, artistes et poètes. Leurs réflexions donnent naissance au genre melodramma, qui repense la forme du recitar cantando, recherche l’expression musicale la plus juste des affects et invente un nouveau rapport entre texte et musique.

La Pellegrina, qui fête pour la première fois le croisement des arts, constitue en ce sens les prémices de l’opéra. C’est ainsi la genèse de sa naissance que Raphaël Pichon, à la tête de son ensemble Pygmalion, nous convie en créant six intermèdes musicaux sur le modèle de cette œuvre fondatrice. Pièces polychorales à 30 voix, madrigaux intimistes, scènes d’opéra sont autant d’éléments qui constituent cette proposition d’une grande fresque musicale spatialisée. La liberté créatrice et le geste artistique qui s’y déploient préfigurent le mouvement d’éloquence et de séduction qui caractérise, par la suite, le premier baroque italien.

In exitu Israel de Mondonville par Raphaël Pichon et l’Ensemble Pygmalion, Chapelle Royale du Château de Versailles

♦ PROGRAMME

Intermèdes d’Il Commodo (1539) et de La Pellegrina (1589)

Extraits d’Il Ballo delle Ingrate de Claudio Monteverdi (1608)

Extraits d’Euridice de Jacopo Peri et Giulio Caccini (1600)

Le 8 octobre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

Une Réponse to “BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (8/9 octobre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. Hervé J. VOLTO octobre 8, 2016 à 3:45 #

    A l’heure où notre Etat est bradé, nos Eglises sont vidées, nos villes sont souillées, notre jeunesse gachée, abandonnée, livrée, nous appercevons toujours, au-delà de l’injuste oublie, la figure lumineuse de nos Rois : il ne serait pas impossible de voir très bientôt à présent nos concitoyens, dégouté par les cyniques, les traîtres et les terroristes, demender vivement qu’une Sainte et haute Légitimité ne vienne coutronner l’autorité de l’Etat Français.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :