BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (25 octobre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

25 Oct

I. Calais à J+1

Ou le scepticisme qui s’empare des habitants

Dimanche 23 octobre, Calais s’est éveillée comme tant d’autres week-ends. Avec une petite différence toutefois : en cette journée, les dernières maraudes se préparaient dans la « jungle », le bidonville installé aux portes de la ville qui devait être démantelé à partir de lundi au matin – il regroupe encore 8 000 personnes, selon l’association L’Auberge des migrants, soit environ 2 000 de moins qu’il y a quelques jours. Cette différence témoignant déjà du fait que nombreux sont ceux qui ont commencé à s’égayer dans la nature proche ou plus éloignée (nous ne le saurons que plus tard).

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Une perspective qui laissait les Calaisiens plutôt dubitatifs quant aux effets supposés de cette évacuation, d’une ampleur inédite, ordonnée par les autorités. Si certains ont milité en faveur de ce démantèlement du camp de la Lande, « pour restaurer l’image de la ville », cela ne les empêche pas d’avoir des doutes sur son efficacité à long terme. « Je suis content de l’annonce, mais on va voir dans les faits », déclare Frédéric Van Gansbeke, le président du collectif des entreprises et des commerces du Calaisis.

Beaucoup de commerçants lui emboîtent d’ailleurs le pas en affirmant « être comme Saint-Thomas ». C’est qu’ils en ont déjà connu « d’autres opérations du même ordre » depuis la fermeture du centre de Sangatte en 2002 : en septembre 2009, Eric Besson, alors ministre de l’intérieur, avait ordonné le démantèlement de la « jungle 1 » ; en mai 2014, deux vastes campements en centre-ville avaient été évacués ; en mars, la zone sud de la « New Jungle » a été démantelée. Mais ces opérations n’ont rien réglé du flux des migrants illégaux qui tentent chaque jour de rejoindre clandestinement le Royaume-Uni, qui finance barbelés et mur pour les en empêcher.

Le spectre de mini-camps informels qui se reconstitueraient dans la ville, dans les squares, sous les ponts… et « dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de Calais » est dans presque toutes les têtes. Stéphane Vancutsem, chef d’équipe pour l’une des deux compagnies de ferries au port de Calais, a été le précurseur de la demande de démantèlement – plus précisément « d’un déplacement » – du bidonville installé à 800 mètres du port, « une hérésie ! », s’exclame-t-il. S’il voulait avant tout « défendre économiquement son travail » – « on a perdu 40 % du fret de nuit » –, il voit dans l’évacuation, annoncée à partir de lundi, une simple « pause légère ». « Calais restera toujours un point de chute pour ceux qui veulent à tout prix passer en Grande-Bretagne », dit-il, fataliste.

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Manifestation de Calaisiens et de Calaisiennes pour le sauvetage de leur ville

Mais, ne vous y trompez pas, d’autres Calaisiens et Calaisiennes déplorent la précipitation de son exécution, qui ne permet pas d’installer « la confiance nécessaire  » ! Ainsi, Véronique (50 ans), appréhende aussi l’évacuation de la « jungle », « une part de (sa) vie qui va être détruite ». Cette salariée de La Vie active, l’association qui gère le centre d’accueil Jules Ferry, sera là lundi pour « dire aux réfugiés qu’on ne les oublie pas ». Mais comment s’étonner ? La France a toujours connu sa part de kollabos…

D’autres enfin ne désespèrent pas car entre les migrants qui ne partiront pas et resteront dissimulés pendant quelque temps avant de réapparaître, ceux qui reviendront à Calais après avoir fui les centres d’accueil et d’orientation (sic) dans lesquels Bernard Cazeneuve prétend les répartir et les nouveaux arrivants (puisqu’il arrive tous les jours des dizaines de nouveaux migrants à Calais, en provenance essentiellement d’Italie), ils vont avoir rapidement de nouvelles occupations !

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Ceux-là ont compris que quoi que fasse le gouvernement, qui persiste à ne renvoyer personne dans les pays d’origine, « Calais, pour très longtemps encore, sera toujours à 30 km de l’Angleterre » !

 

II. Dernières nouvelles du front de la dette publique

Le débat sur le budget 2017 a commencé en fanfare à l’Assemblée nationale. Dès la première semaine, quelques mesures votées s’annoncent déjà assassines pour la dette publique. Jugez-en avec les principales modifications adoptées lors de l’examen de la première partie (recettes) qui doit être votée mardi 25 octobre à l’Assemblée nationale : un coût supplémentaire de 600 à 700 millions d’euros par rapport au projet initial. Que voulez-vous, il faut bien arroser les uns et les autres pour espérer ne pas perdre trop de voix aux prochaines élections. Ils appellent ça la démocratie !

Impôt sur les sociétés

La trajectoire de réduction de l’impôt sur les sociétés (IS), qui doit être ramené en quatre étapes à 28 % pour toutes les entreprises en 2020, est revue à partir de 2019. Il sera abaissé à 15 % dès le 1er janvier 2019 pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros, sans remettre en cause la trajectoire de réduction de l’IS prévue pour les autres.

Actions gratuites

L’amendement de la rapporteure générale du budget, Valérie Rabault, et adopté contre l’avis du gouvernement revient sur la fiscalité avantageuse dont bénéficiait la distribution d’actions gratuites depuis la  » loi Macron  » de 2015. Il prévoit de fiscaliser le gain d’acquisition de l’action gratuite dans la catégorie des salaires et non plus des plus-values mobilières – le régime est maintenu dans les PME n’ayant jamais distribué de dividendes. Il fait repasser le taux de la contribution patronale de 20 % à 30 %, sans revenir sur la suppression de la contribution salariale de 10 % de la loi Macron. L’exonération de la contribution patronale pour les sociétés n’ayant jamais versé de dividendes est maintenue.

Taxe sur les transactions financières

La taxe sur les transactions financières (TTF) est étendue aux transactions intrajournalières. Par ailleurs, 75 % du produit de la taxe contre 50 % actuellement seront affectés au financement de l’aide publique au développement. Le taux de la TTF existante est porté de 0,2 % à 0,3 %.

Primes des sportifs

Un amendement a été adopté visant à exonérer d’impôt sur le revenu les primes des sportifs français médaillés aux Jeux olympiques et paralympiques de Rio 2016.

Opération  » Sentinelle  »

Les indemnités versées aux militaires engagés dans l’opération  » Sentinelle  » seront exonérées d’impôts. Par ailleurs, il est donné une base légale à l’exonération des indemnités journalières d’absence temporaire (IJAT) versées aux CRS et aux gendarmes mobiles, dont la suppression réclamée par la Cour des comptes avait suscité un grand émoi dans les rangs de la police et de la gendarmerie.

TVA essence

Le régime fiscal de déductibilité de la TVA accordé aux entreprises sur les véhicules à essence est aligné en cinq ans sur celui des véhicules diesel et roulant à l’E85, soit 10 % déductibles en 2017, 20 % en 2018, 40 % en 2019, 60 % en 2020 et 80 % à partir de 2021.

Aide publique au développement

Le budget de l’aide publique au développement (APD) est augmenté de 270 millions d’euros, ce qui le porte à 3,647 milliards d’euros, soit 160 millions d’euros de plus qu’en 2012. Un geste très symbolique pour montrer qu’en matière d’aide au développement, François Hollande a fait mieux que Nicolas Sarkozy !

Redevance TV

L’augmentation  » exceptionnelle  » d’un euro de la redevance prévue dans le projet de loi de finances a été annulée par les députés. Il en résulte une diminution de 33 millions d’euros des moyens alloués à l’audiovisuel public prévus dans le PLF. En parallèle, le gouvernement a décidé de relever de 25,5 millions d’euros le plafond de la taxe sur les opérateurs de communications électroniques affectée à France Télévisions.

Finances locales

Le gouvernement a fait adopter un amendement qui majore de 70 millions d’euros la dotation globale de fonctionnement en faveur des communautés d’agglomération.

Que du bonheur.

Le Monde a choisi son camp

Ulcéré par les succès littéraires mais aussi politiques d’un certain nombre de figures de proue de la droite (Philippe de Villiers, Eric Zemmour, Patrick Buisson et même quelques autres), le directeur du quotidien Le Monde, Jérôme Fenoglio, n’a pu s’empêcher de vomir un éditorial haineux autant que fourbe dans le numéro de mardi 25 octobre de son torchon. Nous ne pouvons résister au dégoût de vous le faire connaître in extenso :

 » Depuis plusieurs mois, le Front national ne semble plus s’appartenir tout à fait. Quelques polémistes se sont attribué son goût ancien pour la transgression, poussant toujours plus loin leurs fantasmes morbides et leur soif de notoriété. Des candidats à la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy en tête, se sont approprié ses principaux thèmes, sous l’effet d’une surenchère électoraliste.

De son côté, le parti de Marine Le Pen donne l’impression de délaisser ses fondamentaux. La présidente du FN s’est comme annexé nombre de références de ses voisins de droite, allant jusqu’à faire sienne la  » France libre  » du général de Gaulle. Elle a aussi multiplié les incursions dans les contrées, dont elle fut si longtemps bannie, de la politique spectacle et de la  » pipolisation  » – le dernier épisode avec l’émission  » Ambition intime  » sur M6, le 9 octobre.

Ces mouvements correspondent à une stratégie de banalisation, enclenchée depuis son élection à la présidence du Front national en janvier 2011, pour ne plus se contenter de perturber le système politique, comme le faisait son père, mais bien de conquérir le pouvoir.

Promise depuis des mois au second tour de l’élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen voit ses chances de s’y imposer amoindries par trois handicaps majeurs : aux yeux de nombre d’électeurs, sa personnalité demeure clivante, son programme irréaliste, ses idées dangereuses. La candidate FN a donc choisi d’enfouir ces défauts sous l’amoncellement de références, de signaux, de citations, de mesures ratissées le plus largement possible sur les terres négligées par ses adversaires.

A défaut de lui valoir un programme cohérent, cette tactique du camouflage peut permettre d’agréger un électorat déboussolé, aussi hétéroclite que contradictoire. Marine Le Pen n’a certes inventé ni le cynisme ni le clientélisme en politique. Mais il ne faudrait pas commettre l’erreur de sous-estimer les dangers que comporte sa manœuvre, nouvelle étape d’une  » dédiabolisation  » recherchée de longue date.

A six mois du premier tour de la présidentielle, Le Monde a choisi de décortiquer sa doctrine politique, pour prendre la présidente du FN à ses propres mots, pour mettre en lumière ses non-dits. Nous publions les principaux extraits du discours qui synthétise le mieux ses adaptations tactiques – celui qu’elle a prononcé aux Estivales de Fréjus (Var) le 17 septembre – en confrontant ses évolutions et ses invariants aux commentaires de plusieurs spécialistes du FN.

Ces analyses mettent en lumière le fait que, sous ses aspects attrape-tout, propres aux formations populistes, le  » marinisme  » reste profondément imprégné de la pensée d’extrême droite qui inspirait Jean-Marie Le Pen. Si sa fille a réduit les outrances, elle partage les mêmes obsessions : celles d’une nation organique tout au bord de sombrer parce qu’elle est rongée par un mal intérieur – l’immigration –, menacée par un ennemi extérieur – l’Europe – et trahie par ses élites. Elle joue sur les mêmes ressorts : l’exploitation de la peur et des passions tristes d’un certain nombre de citoyens. Cet exercice de décryptage et de mise en perspective, que nous réitérerons aussi souvent que nécessaire, démontre qu’il serait, plus que jamais, dangereux de se laisser duper par cet air du temps qui veut faire croire que la présidente frontiste, au verbe policé, aux thèses apaisées, serait devenue fréquentable.

Tout au long de la campagne présidentielle, Le Monde maintiendra le principe qu’il s’est fixé depuis de nombreuses années : aucune tribune de Marine Le Pen, ou d’un hiérarque du FN, ne sera publiée dans ses colonnes ou ses publications numériques. Cette ligne éditoriale ne signifie pas qu’il faille minimiser, voire passer sous silence, la parole lepéniste. Nous couvrirons le FN avec la même rigueur, les mêmes règles, la même exigence que les autres partis politiques. Nous en rendrons compte avec tous les outils dont nous disposons : l’entretien, l’enquête, le reportage ou le portrait.

Cette volonté de ne pas accorder à la direction du parti ce qu’elle espère – un signe supplémentaire de son institutionnalisation – ne doit pas, non plus, nous exonérer de remplir une mission cruciale en ces temps de trouble dans notre démocratie. Etre intransigeant avec le FN oblige à se montrer intransigeant avec les causes, réelles et non fantasmées, de sa popularité. Prendre Marine Le Pen à ses propres mots n’a de sens que si l’on décrit inlassablement ce qui, aujourd’hui, la rend audible. C’est l’engagement que prend la rédaction du Monde à l’orée de ces mois de campagne électorale. »

Nous connaissons le notre.

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Nous remercions chaleureusement Marlene et Spencer Hays.

Le rêve depuis longtemps caressé par le président du Musée d’Orsay a pris corps samedi 21 octobre, avec la signature de l’acte marquant la donation de la collection Marlene et Spencer Hays : 187 œuvres de peintres français, principalement du mouvement nabi, dont des chefs-d’œuvre d’Edouard Vuillard ou Pierre Bonnard, vont rejoindre le Musée d’Orsay à la mort de leurs donateurs. Un ensemble exceptionnel et cohérent, estimé à près de 173 millions d’euros, et qui constitue pour la France la donation étrangère la plus importante de l’après-guerre.

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Vuillard, Jardins publics

La donation correspond à peu de chose près aux œuvres présentées dans l’exposition organisée au Musée d’Orsay en 2013, qui honorait sous le titre  » Une passion française  » la collection des deux Américains. Parmi les toiles phares, on pouvait admirer le panneau d’un paravent peint par Vuillard, Jardins publics, qui complète les cinq autres déjà possédés par le Musée d’Orsay, une peinture d’Odilon Redon, Le Buisson rouge, à la composition audacieuse, ou un autre paravent très japonisant de Bonnard.

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Odilon Redon, Le buisson rouge

Spencer Hays, un autodidacte d’origine modeste, qui a fait fortune dans le commerce de prêt-à-porter, a commencé à collectionner la peinture américaine dans les années 1970, avant de se passionner avec sa femme pour les œuvres françaises de la fin du XIXe siècle et de la Belle Epoque. Achetant les œuvres au flair, sans prendre l’avis d’aucun conseiller, ils n’en ont quasiment pas revendu.

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Bonnard, paravent

Guy Cogeval, spécialiste de l’art de la période et en particulier du mouvement nabi, avait rencontré les époux il y a quinze ans, en 2001, alors qu’il préparait une exposition consacrée à Edouard Vuillard, dont il a écrit le catalogue raisonné. Après des années de discussions, le couple, qui aurait pu transmettre sa collection à ses enfants et petits-enfants ou construire une fondation pour l’abriter aux Etats-Unis, a préféré l’offrir à la France, renvoyant ainsi les œuvres à leur patrie d’origine.

Il a aussi souligné que le caractère inaliénable des collections des musées français avait pesé dans le choix des Américains :  » Ils savent que nous ne les vendrons jamais.  » La donation Hays devrait normalement connaître d’autres développements, les époux ayant prévu de donner à Orsay le reste de leur collection, qui compte 600 œuvres, évaluées à 350 millions d’euros, et qui continue de grandir.

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Maurice Denis, Le goûter sur la côte

Marlene et Spencer Hays, qui fêtent tous deux cette année leurs 80 ans et leur soixantième anniversaire de mariage, pourront encore profiter de leurs toiles, actuellement accrochées dans leurs résidences à New York, Nashville et Paris (ils se sont installés non loin du Musée d’Orsay) : l’acte de donation précise qu’ils en gardent l’usufruit jusqu’à leur mort.

US Spencer Hays (C) poses with his wife Marlene next to his favorite masterpiece by French painter Edouard Vuillard "Les Premiers Pas" (1894) after receiving the Officer of Legion of Honour from French Culture Minister on April 15, 2013 at the Orsay Museum in Paris. Spencer Hays presents today at the Orsay Museum an exhibition called “A French Passion. The Marlene and Spencer Hays Collection”. The majority of the works presented are returning to France, their country of origin, for the first time. AFP PHOTO FRANCOIS GUILLOT / AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT

Marlene et Spencer Hays

Le musée s’est aussi engagé à présenter la collection dans un lieu dédié, et prévoit de s’agrandir dès 2018 : un espace de 900 mètres carrés, actuellement occupé par la documentation, accueillera la collection Hays et la donation de Jean-Pierre Marcie-Rivière, signée en 2011.

 

Le 25 octobre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (25 octobre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. Hervé J. VOLTO octobre 25, 2016 à 10:59 #

    La première demande qui nous viendra à l’esprit est : si les migrants veulent se rendre en Angleterre, pour quoi les empêche-t-on d’y aller, créant l’effet d’accumulation dite « jungle de Calais » ?

    La seconde demande sera : s’il existe des accords entre Londres et Paris, pourquoi ces accords prévoient-ils que les migrants doivent être stoppés sur le sol Français et non sur le sol anglais? et pourquoi depuis le Brexit ces accords ne sont-ils pas révisés ?

    • conseilesperanceduroi octobre 25, 2016 à 6:40 #

      1/ Ce n’est pas nous qui les en empêchons, ce sont les Britanniques qui n’en veulent pas.

      2/ Parce que, depuis les accords du Touquet, signés par Sarkozy (qui n’en rate jamais une), la frontière du Royaume-Uni a été virtuellement transportée sur le territoire français. Il est évident qu’il va falloir d’urgence les abroger.

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