Image

Michel Orcel publie le Dictionnaire raisonné des devises (Tome I).

28 Oct

14853027_10210944835277034_7687062214585140347_o

 

AVANT-PROPOS &  REMERCIEMENTS

Paru en 2009, mon « Livre des devises » visait avant tout à combler une carence éditoriale, le dernier dictionnaire de ce genre remontant à la fin du XIXe siècle (il s’agit du « Dictionnaire des devises héraldiques et historiques » de Chassant et Tausin). Mon travail avait également pour objectif d’oeuvrer de façon nouvelle dans un champ qui jusque-là n’était arpenté que par les héraldistes et les érudits à l’ancienne. Outre l’étude que j’y donnais de la devise comme véritable genre littéraire, oscillant entre aphorisme et fulguration poétique, je montrais que l’Occident n’avait pas tout à fait le privilège de ce genre et que, dans divers espaces extra-européens, il existait des répertoires d’énoncés normatifs tout à fait identiques à nos devises. De plus, fait nouveau, cet ouvrage ne se contentait pas d’aligner des noms en face de chaque sentence (à la façon de Chassant et Tausin, puis de Lartigue et Pontbriand dont le travail à compte d’auteur est resté confidentiel), mais procurait une traduction (quand la devise est en langue morte ou étrangère, ce qui est si fréquent), donnait une notice sur l’origine historique ou emblématique de la sentence, et enfin fournissait ses sources.

Hélas, bien que publié aux éditions du Seuil, la diffusion du Livre des devises s’est avérée très décevante. C’est pourquoi j’ai voulu fondre ce premier ensemble dans un second volume, en reprenant sur des frais nouveaux toute ma matière. C’est donc un ensemble de plus de 2700 devises qui est ici présenté. De mon premier travail, celui-ci ne s’écarte que par le resserrement de son champ aux devises occidentales et musulmanes (ces dernières connues et reconnues comme telles depuis le XVIe siècle en France), et par l’apport de nouvelles sources plus riches encore : archives, bibliographies rares, manuscrits numérisés, nouveaux laboratoires de recherche en ligne, tel que le site « Devise » de Laurent Hablot… Ajoutons le tout récent répertoire de Ph. Palasi, qui, bien qu’il se contente, comme ses prédécesseurs, d’aligner les devises sans aucun commentaire, est un outil de recherche désormais indispensable. J’ai parlé des travaux, autrement intéressants de Laurent Hablot. L’évocation de ce chercheur me donne l’occasion de préciser que les critères fondamentaux de ma propre enquête n’ont pas changé et, notamment, que je n’entends pas le mot « devise » au sens chronologiquement très restrictif où il le prend. Le mot a une histoire ancienne, antérieure à la « devise muette » et bien postérieure aussi puisqu’elle n’a pas tout à fait cessé aujourd’hui. Je ne puis, pour ma part, amputer le mot « devise » du sens essentiellement linguistique, et même détaché de l’image, qu’il a pris chez nous depuis plusieurs siècles. La chose est ancienne, car, comme je l’évoque dans ma préface, le Tasse en personne, au XVIe siècle, avait pressenti que le « corps » de la devise disparaîtrait tôt ou tard au profit de l’ « âme ».

S’agissant d’un travail anthologique (un deuxième tome est déjà en préparation), je n’ai pas rompu avec les critères qui avaient guidé l’établissement de mon premier travail. Outre les choix qui tiennent au goût personnel, ou aux pistes imprévisibles qui s’ouvrent au chercheur, j’ai pris pour habitude, sinon pour principe, d’écarter des « mots », non sans beauté sans doute, mais répétitifs et usés (« Libertas », « Semper fidelis », etc.), ou que disqualifie parfois – mais pas toujours – leur caractère adulatoire (devises pour les carrousels de Louis XIV, devises pour Mgr Fouquet, etc.), à moins que leur présence ne se trouve justifiée, par exemple, par leur liaison à une autre devise ou à une image qui leur confère une réelle plus-value historique ou littéraire. La difficulté de la traduction (pensons à « Nec pluribus impar » de Louis XIV), la qualité poétique, l’originalité de la sentence, la relation à l’image (devises allusives et équivoques aux armes ou au nom), la notoriété – ou l’obscurité ! – de leurs possesseurs ont été, parmi d’autres, des critères de sélection.

Il me plaît de dire ici ma gratitude à tous ceux qui ont contribué, chacun à sa mesure, à la construction de ce premier grand devisaire raisonné. Et d’abord à M. Alban Pérès, qui a véritablement collaboré à ce répertoire par ses recherches, ses suggestions, ses apports d’images ou de blasonnements, ses scrupuleuses relectures. Grâce aux nouveaux réseaux sociaux, j’ai pu également bénéficier de l’aide ponctuelle mais soutenue de Mme Anne Behaghel-Dindorf, MM. Nicolas Vernot, Michel Popoff, Michael Y. Medvedev, Hughes de Jonfroy Hughes De Jouffroy Gonsans, Mathieu Chaine, qui m’ont souvent fait profiter de leur profonde science héraldique, au point que je les ai parfois cités dans les notices auxquelles ils avaient apporté une aide décisive. J’ai également usé de l’amitié de M. Federico Bona, spécialiste de l’héraldique des anciens Etats de Piémont-Savoie, et de l’abondant matériel que le voyageur et photographe Marc Tanzi m’a gracieusement soumis. Ce livre doit encore beaucoup à MM. Francesco La Brasca (pour la partie issue du Livre des devises) et Jean-Pierre Lemaire, qui m’ont aidé à débrouiller les devises latines les plus absconses ou fautives, ainsi qu’à M. Paul Demont, qui a bien aimablement rajusté mes souvenirs de grec ancien… Je veux encore remercier M. Bruno Pinchard, qui m’a fait profiter de ses connaissances dans le monde de l’ésotérisme ; M. Hamid Triki, savant historien du monde arabo-andalou ; Mme Claire Boudreau, qui m’a officiellement autorisé à reproduire quelques devises concédées par l’Autorité héraldique du Canada ; M. Laurent Granier, héraldiste lyonnais bien connu ; l’amical Fabrizio Delmastro ; la très regrettée Inès de Baulny, récemment disparue ; le général Ph. Chatenoud, généalogiste et lecteur scrupuleux ; la très aimable Irene Thaon de Revel ; Mmes Luisa Gentile, Elena Yarovaya et Loretta Marcon ; Mlle Marie Lambert-Marie Lambert Glasson ; le comte Alessandro Casati, MM. Dominique Delgrange, Christian Dardy, Robert Fohr, Jean de L’Ermite et Bertrand Reynaud.

Je tiens enfin à témoigner de ma reconnaissance à la Société française d’héraldique et de sigillographie, qui, reconnaissant la validité de mes travaux, a bien voulu m’accueillir parmi ses membres.

M. O.

Publicités

Une Réponse to “Michel Orcel publie le Dictionnaire raisonné des devises (Tome I).”

  1. Hervé J. VOLTO octobre 29, 2016 à 8:45 #

    Intelligent et instructif. On attend le second thome avec impatience…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :