BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (18 novembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

18 Nov

I. L’inversion de l’inversion

de la courbe du chômage !

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Ce devait être les derniers bons chiffres avant une éventuelle annonce de candidature de François Hollande à sa propre succession. Une confirmation, qu’après tout, la promesse à laquelle il avait conditionné sa participation à la prochaine élection présidentielle était tenue : l’inversion de la courbe du chômage.

Hélas ! Les statistiques publiées jeudi 17 novembre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ne sont pas vraiment celles qui étaient attendues. Le taux de chômage a ainsi augmenté de 0,1 point entre le deuxième et le troisième trimestre en France métropolitaine, passant de 9,6 % – niveau dont s’étaient réjouis les observateurs et économistes au service du pouvoir – à 9,7 % (mais dépassant les 10% de la population active avec les DOM et TOM). Le nombre de chômeurs augmente donc, selon l’Insee, de 31 000 personnes sur trois mois, pour atteindre 2,8 millions de personnes en France métropolitaine.

Le taux de chômage publié jeudi par l’Insee surprend le gouvernement au regard des bons chiffres de créations d’emploi rendus publics récemment par le même institut : au troisième trimestre, l’économie française a créé 52 000 postes supplémentaires dans le privé. Le meilleur chiffre depuis 2008 (année de la crise), selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). De quoi faire perdre leur latin aux économistes, qui ne comprennent pas cette divergence.

Faut-il pour autant s’inquiéter ? Pas encore, répond, Alexandre Delaigue, professeur d’économie à l’université de Lille-I. Selon lui, même si les données publiées trimestriellement par l’Insee sont de bons indicateurs, « les vrais chiffres qui comptent sont ceux calculés sur l’année. Ici c’est une stabilisation », explique-t-il. Or, sur l’année le taux de chômage en France métropolitaine baisse de 0,4 point, autant dire de pas grand chose.

Pour M. Delaigue, qui « se veut optimiste » (pour reprendre une de ces expressions volontaristes qui ne s’apparentent en réalité qu’à la méthode Coué !) la situation de l’économie française et par conséquent du chômage s’améliorerait : « La situation macro-économique n’est plus gelée, il n’y a plus l’incertitude qui régnait il y a quelque temps. Les entreprises et les ménages se sont peut-être aussi habitués à une croissance plus poussive, ils en ont pris leur parti. » Résultat, les seconds consomment un peu plus, remplissant les carnets de commande des premiers.

Myriam El Khomri, ministre de l’emploi toujours à la peine, a, elle aussi, voulu rappeler, dans un communiqué, qu’il fallait tenir compte des évolutions à long terme : « Malgré cette légère hausse trimestrielle des chiffres du chômage de l’Insee, les bons résultats que nous enregistrons en matière de créations nettes d’emploi se traduisent par une baisse notable du chômage sur un an, la plus forte depuis huit ans. Mais ces résultats, nous devons les consolider et les amplifier, notamment pour faire face à la croissance de notre population active. »

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En tout cas et quoi qu’elle nous raconte, ce résultat est bel et bien une « inversion de l’inversion » de la fameuse courbe du chômage.

II. Les ZEP de Najat Belkacem sont en perdition

Un chantier que le ministère de l’éducation nationale a laissé en sommeil il y a deux ans, et qui se voit réveillé par une mobilisation croissante, celle des professeurs de lycées de ZEP. Craignant d’être rayés de la carte de l’éducation prioritaire, plusieurs dizaines d’établissements, rassemblés dans le collectif  » Touche pas ma ZEP  » – dont l’appel a été signé par 73 lycées de 11 académies –, étaient en grève, jeudi 17 novembre. C’est la troisième fois après le 29 septembre et le 11 octobre. Ils sont soutenus par la FSU, la CGT, FO et SUD.

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Ça ne s’invente pas…

Le dossier est embarrassant pour une ministre qui s’est fixé comme priorité la lutte contre les inégalités à l’école. En 2014, c’est pour donner un nouveau souffle à l’éducation prioritaire qu’elle entreprend une révisionde la carte des ZEP. De nouveaux réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP +) sont définis, comprenant chacun un collège et les écoles de son secteur. Des moyens leur sont alloués : prime, allégement de service, formations, soutien aux élèves…Autant dire beaucoup d’argent pour rien car que peut-on espérer de tant de jeunes allogènes qui trouvent davantage d’intérêt dans le trafic de stupéfiants que dans les études que leur offre généreusement la République ?

Les lycées sont les grands absents de cette réforme.  » A ce moment-là, il y avait du remous dans les collèges qui sortaient de l’éducation prioritaire. Politiquement, le ministère ne s’est pas senti en mesure d’ouvrir plusieurs fronts « , souligne un syndicaliste sous couvert d’anonymat. Pour les lycées s’ouvre alors une période transitoire au cours de laquelle leurs moyens supplémentaires sont maintenus, en attendant des discussions. Sauf qu’en cette fin de quinquennat, la phase transitoire touche à sa fin, sans que le chantier de l’éducation prioritaire au lycée n’ait été lancé.

Au printemps, le flou laisse place à l’inquiétude. Dans une lettre adressée au député (PS) des Hauts-de-Seine Sébastien Pietrasanta (qui depuis a décidé d’abandonner tous ses mandats électifs), la ministre Najat Belkacem signale clairement que la  » refondation de l’éducation prioritaire est axée sur la scolarité obligatoire, c’est-à-dire l’école et le collège « . Pas sur les lycées, qui font l’objet d’une  » clause de sauvegarde  » jusqu’en 2016-2017. Et après ?  Ce sera l’affaire de ceux qui succèderont à la gauche inefficace…

 » On comprend alors que pour nous, c’est la sortie de l’éducation prioritaire « , souligne David Pijoan, professeur au lycée Maupassant de Colombes (Hauts-de-Seine) et membre du collectif « Touche pas ma ZEP.  » Or, poursuit-il, nos lycées accueillent pour une bonne part des élèves venus de REP et REP +. Les difficultés scolaires et sociales ne s’arrêtent pas à la fin de la 3e !  » Tous ces acronymes cachent, en réalité, l’état catastrophique de notre tissu social, fruit de l’acculturation voulue par nos élites et dont nous n’avons pas fini de payer le prix exorbitant.

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Ça non plus !

La mobilisation démarre dans les Hauts-de-Seine, avant de s’étendre en Ile-de-France et dans d’autres régions. Les enseignants demandent une carte élargie des lycées de ZEP et des moyens pérennes. De son côté, le ministère tente de calmer le jeu. Fin septembre, il annonce le prolongement de la clause de sauvegarde jusqu’en 2019. Devant les parlementaires, le 2 novembre, Najat Belkacem déclare que  » les enseignants des lycées qui ont vocation à être dans l’éducation prioritaire ont raison de réclamer les mêmes moyens que leurs collègues de collèges. Il faudra faire cette réforme des lycées de l’éducation prioritaire « , sous-entendu dans le prochain quinquennat ! Auquel elle ne participera pas, après avoir fait tant de dégâts. Un engagement réitéré le 15 novembre, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée.

Le chantier risque d’être lourd. Car pour l’heure, la carte des lycées de ZEP ressemble à un maquis d’acronymes créés au fil du temps. Certains relèvent de l’éducation nationale (168 lycées  » ZEP « , 36  » Eclair « …), d’autres de la politique de la ville (comme les 58 lycées en  » zones sensibles « , entendez dans les territoires de non droit de la République) ; d’autres encore cumulent plusieurs dispositifs. Chaque label se traduit par différents avantages : heures en plus pour limiter le nombre d’élèves par classe ou travailler en demi-groupes, soutien scolaire, projets, indemnités, avantages pour les mutations et les carrières…  » La situation est d’autant plus complexe que certaines appellations survivent alors qu’elles n’existent plus réglementairement « , observe Catherine Nave-Bekhti, du SGEN-CFDT. On croit rêver !

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Et ici, ouvrez grands les yeux

En attendant, les enseignants défendent leur label et leurs moyens en plus.  » En cinq ans, on est passé d’un taux de réussite au bac de 60 % à 86 %. Si on est mobilisés, c’est parce qu’on voit que ce qu’on fait, ça marche, pourvu qu’on nous en donne les moyens « , estime Teresa Cannavo, enseignante au lycée Joliot-Curie de Nanterre (Hauts-de-Seine) qui ne voit pas qu’en vérité c’est surtout le niveau général du baccalauréat qui a baissé…S’agissant de la prime ZEP, de 1 000 euros par an environ,  » ce n’est pas une somme folle, mais ça compte, souligne Caroline Chevé, secrétaire académique adjointe du SNES et professeure au lycée Saint-Exupéry, à Marseille. C’est une reconnaissance du dévouement, de l’énergie, de l’inventivité pédagogique nécessaires en ZEP « . C’est surtout un insupportable gaspillage de temps, d’efforts et d’argent pour des élèves dont on n’obtiendra jamais rien.

Tous ces naïfs mettent en garde contre le risque d’une sortie de l’éducation prioritaire. Celui de  » voir le niveau chuter aux examens, le climat scolaire se détériorer, la mixité sociale diminuer…, résume Clément Bigot, enseignant au lycée Branly à Dreux (Eure-et-Loir). A l’heure où les candidats entrent en campagne pour la présidentielle, on se saisit de cette mobilisation pour que tous prennent des engagements pour les lycées de ZEP « .

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Il ne faut pas rêver

Et si on leur apprenait plutôt à nettoyer les rues et à vider les poubelles de nos villes ?…ça nous coûterait moins cher et ça servirait au moins à quelque chose.

III. Ça sent le roussi à la CPI

Depuis quelques mois, la Cour pénale internationale semble avoir du plomb dans l’aile. Après le départ, mi-octobre, du Burundi, de l’Afrique du Sud et de la Gambie c’est au tour de la Russie de ruer dans les brancards.

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Siège de la CPI à La Haye

Le président Vladimir Poutine, a en effet décidé, par décret pris le 16 novembre, de retirer la signature de la Russie du traité établissant la Cour pénale internationale (CPI), dont elle était signataire mais qu’elle n’a jamais ratifié – à l’instar des Etats-Unis.  » La Russie ne peut être indifférente à l’attitude de la Cour par rapport à la situation d’août 2008 « , a déclaré le ministère des affaires étrangères dans un communiqué, en allusion à la brève guerre russo-géorgienne de l’été 2008. Il reproche à la juridiction son manque d’indépendance.

Le procureur de la CPI a ouvert, en janvier, une enquête sur les crimes commis en 2008. Fatou Bensouda a enclenché la procédure après que Tbilissi lui a indiqué avoir mis fin à ses enquêtes. Côté russe, les procédures étant toujours en cours, la procureure a décidé de ne pas enquêter, dans l’immédiat, sur la mort de soldats russes, mais de se concentrer sur les crimes commis par les milices sud-ossètes et les forces russes. C’est l’argument évoqué par Moscou.

Mais la Russie est aussi visée par un examen préliminaire – une étape préalable à l’enquête – sur l’Ukraine. Pour le directeur d’Amnesty International en Russie, Sergueï Nikitine, cette décision a été prise  » quelques heures seulement après que le procureur de la CPI a déclaré que la situation sur le territoire de la Crimée et de Sébastopol pouvait constituer un conflit armé international entre la Russie et l’Ukraine « .

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La Russie avait voté en faveur du statut de Rome créant la Cour, adopté en juillet 1998, puis signé deux ans plus tard. Le texte n’avait néanmoins jamais été ratifié. En 2002, le président américain, George W. Bush, avait entrepris une démarche identique, retirant la signature apposée par Bill Clinton à la fin de son mandat. Le Congrès avait ensuite adopté une loi autorisant le chef de l’Etat à user de tous les moyens nécessaires pour libérer le personnel américain éventuellement arrêté par la Cour !

La décision de Moscou, qui a accepté que la CPI soit saisie par le Conseil de sécurité de l’ONU à deux reprises, sur le Darfour et la Libye, et a coopéré avec l’accusation au début du dossier Russie-Géorgie, est-elle dès lors purement symbolique, ou s’engagera-t-elle frontalement contre la Cour ? Son opposition à la juridiction s’est dessinée clairement à la suite des appels lancés en 2013 demandant au Conseil de sécurité de saisir la Cour des crimes commis en Syrie.

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Ce nouveau coup dur pour la CPI intervient alors que l’Assemblée annuelle de ses 124 Etats membres débutait mercredi à La Haye, avec pour ordre du jour de  » circonscrire la crise  » provoquée par le départ, mi-octobre, de trois pays africains.  » Ne partez pas ! « , a imploré le président de l’assemblée, le ministre sénégalais de la justice, Sidiki Kaba, devant un parterre de diplomates, dont les délégués des trois pays déserteurs. Ceux qui l’ont fait  » ont été entendus. Comme le sont ceux qui sont restés et veulent aussi une justice égale pour tous, selon que l’on soit un Etat faible ou fort, riche ou pauvre « , a-t-il ajouté.

S’il a reconnu une justice de  » deux poids deux mesures  » dénoncée par nombre de pays africains, le ministre sénégalais a jugé qu’il fallait réformer «  le système actuel issu de Yalta « .  » Le droit de veto n’est pas un privilège, mais une lourde responsabilité, il doit être encadré pour les crimes de masse « , a déclaré Sidiki Kaba. Mercredi, plusieurs Etats africains, qui réclament un changement des statuts allant vers une plus grande protection des chefs d’Etat, confiaient attendre la suite des débats pour décider, ou non, de rester.

Quand les mondialistes comprendront-ils que leur haine des nations et leur désir de gouvernement mondial sont voués à l’échec ?

 

Le 18 novembre 2016.
Jean-Yves Pons, CJA.

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3 Réponses to “BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (18 novembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. hathoriti novembre 18, 2016 à 9:04 #

    Ils ne comprendront jamais et ne se résigneront jamais ! Ils ne l’ont jamais compris…

  2. Hervé J. VOLTO novembre 20, 2016 à 10:48 #

    Avant François Rebsamen. cétait Michel sapin qui avait les boules en consultants les chiffres du chômage !

Trackbacks/Pingbacks

  1. documentation.erlande - novembre 18, 2016

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