À Calais, Bernard Cazeneuve leur a chipé leurs jouets.

25 Nov

Un vent d’automne, froid et humide, souffle sur les dunes de la Côte d’Opale et les associatifs qui s’étaient donnés pour mission d’aider les milliers de migrants ayant envahi Calais et ses environs sont désemparés. Les plus actifs d’entre eux, en terme de nourrissage et autres soins visant à faire durer le plaisir, ont vu fondre comme neige au soleil le bidonville de la zone portuaire après l’évacuation de ce que l’on a appelé longtemps  » la Jungle  » de Calais, au fur et à mesure que ses squatteurs venus d’ailleurs étaient transportés un peu partout en France. Et les plus coquines de ceux-là, celles qui avaient réussi à faire du campement un très actif lupanar pour assouvir leurs fantasmes exotiques, sont désoeuvrées…(Lire « La ‘jungle’ de Calais est devenue le lupanar des immigrationnistes » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/23/bulletin-climatique-quotidien-23-septembre-2016-de-la-republique-francaise/).

Si cette partie de la zone industrielle des Dunes, à l’est de la ville, exhale toujours ses effluves chimiques provenant des industries qui la longent mais aussi des déchets et autres immondices abandonnés sur place par les envahisseurs, elle est entièrement vidée de ses occupants depuis le 2 novembre. Le sol boueux révèle toujours quelques traces de leur passage : chaussures, brosses à dents, débris alimentaires, peluches, bois calciné…

Le lieu est encore surveillé par les forces de l’ordre – tout comme les gares de Calais-Ville et Calais-Fréthun, le port et Eurotunnel –, mais les renforts arrivés pour le démantèlement, à la fin d’octobre, veillent surtout à limiter que squats et campements ne fassent leur réapparition dans le Calaisis. Sans hélas parvenir, malgré les promesses du ministre de l’Intérieur et de sa préfète du Pas-de-Calais, à les éviter totalement. Alors petit à petit, sournoisement, les migrants reviennent comme nous l’avions prévu mais se dispersent, ce qui n’est pas mieux qu’avant ! (Lire  » C’est le jour J  » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/10/24/bulletin-climatique-quotidien-24-octobre-2016-de-la-republique-francaise/).

Selon les responsables associatifs, à la mi-novembre il y avait environ 2 à 300 migrants de nouveau installés dans les alentours sans solution de mise à l’abri. L’Auberge des migrants (la principale association immigrationniste locale) a d’ailleurs acheté 700 tentes en prévision de retours.

Parallèlement, le camp humanitaire de La Linière, à Grande-Synthe (Nord), construit par Médecins sans frontières, a vu ses effectifs augmenter de « 400 personnes venues de Calais, des Kurdes principalement », explique M. Salomé. Ce qui porte à plus de 1 000 le nombre de réfugiés dans ce camp, situé près de Dunkerque, « pour une capacité en dur de 700 personnes » précise Amin Trouvé Baghdouche, le coordinateur général de Médecins du monde (MDM), à Calais. À quand son évacuation ?

Les associatifs se disent dans le flou quant au maintien, ou non, d’un centre d’accueil à Calais. Ils attendent les arbitrages du gouvernement. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a reçu le rapport de l’ancien préfet du Nord, Jean Aribaud, et du président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, Jérôme Vignon : tous deux avaient déjà rédigé et remis un premier document, en juillet 2015, intitulé « Le pas d’après », qui avait été à l’origine de la mise en place de centres d’accueil et d’orientation (CAO) un peu partout en province.

La création d’une zone de transit, comme celle ouverte à Paris au début de novembre, et dont le but est d’orienter les réfugiés vers un des 450 CAO répartis en France, est une hypothèse.

Dans l’immédiat, chez beaucoup des acteurs et bénévoles qui intervenaient dans la « jungle », c’est un sentiment de « vide » qui s’est installé. « Il est intense », témoigne Amin Trouvé Baghdouche, qui souligne que des « amitiés, des réseaux » s’étaient créés, parlant d’une véritable « dynamique sociale » mêlant humanitaires de tout poil, associatifs, bénévoles et migrants à Calais. La rapidité avec laquelle a été évacué le camp laisse quelques-uns des acteurs sur place un peu abasourdis. Ce qui démontrent qu’ils n’ont encore rien compris à la traite négrière organisée par le grand capital pas plus qu’au  » Grand Remplacement  » voulu par nos élites.

unknown8

Le démantèlement de la « jungle » a débuté le 24 octobre. Dix mille personnes – Afghans, Soudanais, Erythréens, Irakiens, Syriens, etc. – « se sont envolées en quatre jours », résume Martine Devries, membre actif d’une association. « Les gens sont partis dans la précipitation », appuie Stéphane Duval, encore étonné par le désert et le silence qui règnent autour de lui. « Le démantèlement s’est passé très vite et on ne s’attendait pas à ce qu’il soit total », renchérit M. Duval, directeur de La Vie active, l’association mandatée par l’Etat pour ouvrir, en janvier 2015, le centre d’accueil provisoire (CAP), qui proposait 1 500 places dans des conteneurs, et gérer le centre d’accueil de jour Jules-Ferry et l’hébergement des femmes et des enfants – deux structures qui ont été fermées.

La « jungle » et son effervescence continuelle exerçaient une forte attraction. Pour eux, c’était un peu Disneyland…Il s’est agi d’« une aventure humaine d’une intensité constante », témoigne Stéphane Duval, dont l’association a, en l’espace de vingt-deux mois, distribué 1,6 million de repas (2 400 repas quotidiens en moyenne), voyant ses effectifs passer de 16 à 148 salariés, dont 110 en CDI. Mais il se console en observant les retours discrets et subreptices au fil des semaines.

Aujourd’hui, la présidente de la PSM (Protection sociale des migrants) se soucie beaucoup du soutien…aux bénévoles. « Pour certains, la “jungle” était juste une étape avant de prendre du recul. D’autres, venus avec toute leur générosité, n’étaient pas toujours en mesure de se protéger », explique-t-elle.

Véronique, bénévole depuis dix ans auprès des réfugiés, assure vouloir « regarder vers l’avant » et se préoccupe de garder des contacts avec ceux qu’elle connaît afin de continuer à les épauler (et là, ce n’est plus de l’amour c’est de la rage).Elle reconnaît que « la solidarité qui existait dans la jungle » lui « manque, comme à certains exilés, qui se sentent isolés en CAO », mais parle aussi de la difficulté de ne jamais savoir ce que ceux et celles qu’elle a rencontrés sont devenus. « C’est lourd cette incertitude. »

Les employés de La Vie active sont maintenant occupés à finir de vider et nettoyer les lieux. « Maintenir un minimum d’hébergement, c’était maintenir un flux », se résigne Loïc, l’un des salariés à l’hébergement des femmes et des enfants. L’un d’entre eux éprouve, pour sa part, de la frustration à l’idée que « tout le travail collectif » mené avec les différents partenaires, et qui commençait à porter ses fruits dans cet univers si « mouvant », soit perdu.

Mais tous savent aujourd’hui que le flux migratoire ne va pas se tarir, ce qui, au fond, les réjouit en donnant ce qu’ils appellent  » un sens à -leur- vie « ! « L’accueil des migrants va s’imposer à nous », expose un autre, qui se dit optimiste quant à une prise en compte des savoir-faire développés au cours de ces derniers mois dans cette « ville de 10 000 habitants ».

« Les jours passent et nous attendons avec une certaine impatience la proposition d’accueil sur Calais », confiait le 18 novembre Jean-Claude Lenoir, président de Salam (en novlangue dans ledit microcosme), au quotidien régional Nord Littoral. « Force est de constater que les migrants continueront de venir à Calais. On peut alors se refuser à mettre un minimum d’accueil d’urgence à Calais, mais les migrants viendront. » « L’inventivité pour passer en Grande-Bretagne n’a pas de bornes », souligne Martine Devries qui a sans doute lu quelques pages du blogue du CER.

Christian Salomé vit cela « comme une parenthèse » : « L’impasse demeurera tant que le blocage de la frontière avec l’Angleterre ne sera pas résolu. » Il se dit « très inquiet » pour les mineurs isolés, qu’il s’attend « à voir revenir pour la plupart dans les prochaines semaines ». Le Royaume-Uni a accepté le transfert sur son sol de 300 mineurs isolés. Mille six cent seize mineurs isolés étrangers ont été les derniers, le 2 novembre, à quitter Calais pour des centres d’accueil spéciaux (les Caomie) en France, ayant eu ou devant avoir des entretiens avec des fonctionnaires du Home Office. Mais Londres a imposé des conditions d’accueil beaucoup plus restrictives que celles précédemment annoncées.

En résumé…tout ce que nous avions annoncé se met en place. Le pire aussi, hélas.

Le 25 novembre 2016.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA, Ministre de la Maison du Roi, Conseiller aux affaires intérieures, à l’ordre public et à l’organisation du territoire.

 

Advertisements

2 Réponses to “À Calais, Bernard Cazeneuve leur a chipé leurs jouets.”

  1. Hervé J. VOLTO novembre 25, 2016 à 10:57 #

    On va dire que je me répète mais…

    Halte à la fausse charité et une compassion coupable, vis à vis de ceux qui viennent détruire la France ! Accueillir avec amour les malheureux enfants et les mères fuyant des pays en guerre, oui… Accueillir les hommes entre 16 et 45 ans qui arrivent après avoir abandonné leur famille, alors que leur pays réclament leurs bras et leur aide pour se défendre et se reconstruire, NON : celà relève de l’inconscience.

    Et après la fermeture de la Jungle de Calais, il faudrait développer les moyens de renseignement : un effort important doit être consentit au profit de la DGSE, des satélites de reconnaissance et de tous les systèmes d’information et de commendement, et que des moyens d’écoute et d’analyse des télécommunications), créer un organisme de contrôle des frontière et de contrôle de populations étrangères (à l’image du service des douannes, à renforcer, regrouper certaines compétances aujourd’hui Police de l’Air et les Frontières, les Renseignements Teritoriaux (ex-Renseignements Généraux), la DGSI et les Douannes volantes, avec mission de rendre les fontières étanches à l’immigration clandestine et de controler les étrangers présents sur le territoire national…

Trackbacks/Pingbacks

  1. BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (30 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE. par conseilesperanceduroi :I. Macron n’a pas que des ralliements-et varia | actualitserlande - avril 19, 2017

    […] D’ailleurs, les « leaders d’opinion sont devenus des suiveurs d’opinion qui ont capitulé devant le Front national et n’osent plus faire de pédagogie », avance Vincent Coninck, chargé de mission du Secours catholique, qui regrette la disparition, avec la fermeture du guichet de demandes d’asile à Calais au moment du démantèlement, d’« une véritable culture de l’asile » : celle-ci, assure-t-il, se traduisait par « des demandes traitées rapidement » et avait fait « la preuve qu’on peut amener les gens à renoncer au Royaume-Uni ». Menteur ! (Lire « A Calais, Bernard Cazeneuve leur a chipé leurs jouets » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/11/25/bernard-cazeneuve-leur-a-chipe-leurs-joue…). […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :