BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (29 novembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

29 Nov

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I. Liberté, Liberté chérie…

Cette phrase, extraite du sixième couplet de notre hymne national, est devenue un des poncifs les plus éculés de la République et ce dans quoi elle se drape avec volupté : les droits de l’homme !

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! 
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

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Pourtant, c’est au nom de cette prétendue liberté que nos pouvoirs publics nous imposent chaque jour davantage de restrictions à nos libertés. En voici la démonstration.

En 2015, le parlement français a adopté la fameuse loi sur le renseignement (dont nous avons déjà parlé ici), dont l’une des dispositions les plus contestées, les fameuses  » boîtes noires « , consiste à imposer aux fournisseurs d’accès à Internet de détecter en temps réel ou quasi réel les personnes qui ont une activité en ligne typique de celle des terroristes. Un dispositif qui implique l’analyse des données de navigation de tous les Français, dans le but de repérer quelques individus. Ce qui signifie que, sous couvert de protéger notre pays de la radicalisation et du terrorisme islamique, plus aucun Français ne peut accéder librement à Internet pas plus qu’il ne peut s’y exprimer sans être immédiatement repéré et catégorisé, au risque d’être tôt ou tard poursuivi par des tribunaux aux ordres du pouvoir. Une situation qui, à bien y réfléchir, s’avère équivalente à celle que connaissent bien des pays qualifiés pourtant de  » totalitaires  » ! (voir notre communiqué du 17 décembre 2015 sur Facebook : https://www.facebook.com/Lautre-Conseil-des-ministres-454216797978037/).

Et c’est au tour du Royaume-Uni qui vient de légaliser la surveillance la plus extrême de l’histoire des démocraties occidentales. Elle va plus loin que certaines autocraties. Trois ans et demi après ses révélations sur la surveillance de masse exercée par l’Agence nationale de la sécurité (NSA) américaine, mais aussi par le GCHQ britannique, le lanceur d’alerte Edward Snowden a exprimé sa déception après l’adoption, par le Parlement du Royaume-Uni, d’une nouvelle loi sur le renseignement, jeudi 17 novembre.

Celle-ci renforce considérablement les pouvoirs de surveillance des services de renseignement, mais aussi ceux de la police. Ce texte impose notamment aux opérateurs de stocker l’historique de navigation des internautes britanniques pendant douze mois, afin qu’il puisse être consulté par les services, qui sont aussi désormais autorisés à pirater des ordinateurs, des téléphones et des réseaux. Si, au commencement, en 2015, ce projet de loi avait suscité de vives inquiétudes, son adoption par les deux chambres s’est finalement faite sans accroc.

De son côté, l’Allemagne a élargi, en octobre, le champ de la surveillance du BND, le service fédéral de renseignement, dans le cadre d’une réforme qui vise à mieux l’encadrer. Le BND est désormais autorisé à collaborer avec la NSA et, dans certains cas, à espionner les institutions européennes et les Etats membres.

Plus tôt dans l’année, le gouvernement avait donné son accord à l’utilisation d’un logiciel espion qui permet de dérober des informations sur une machine. Des signaux loin d’être anodins, dans un pays où la question de la surveillance reste épineuse, en raison d’une histoire marquée jusqu’à la chute du Mur par la Stasi, la police secrète est-allemande.

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Aux Etats-Unis, la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle, le 8 novembre, a suscité des préoccupations.  » Voilà pourquoi il ne faut pas construire des outils de surveillance secrets et tout-puissants, critiquait, par exemple, sur Twitter, un ingénieur en sécurité informatique au lendemain de l’élection. Vous ne savez jamais quel gars finira par avoir les clés ! » Mais il faut dire que cette assertion est valable pour tous…Déjà, des voix s’élèvent pour implorer Barack Obama de restreindre le champ d’action de la NSA avant la prise de pouvoir de son successeur. L’actuel président américain  » a encore quelques semaines pour faire une chose qui pourrait empêcher les Etats-Unis de dériver vers le fascisme : déclassifier et démanteler autant que possible  » les outils de surveillance de la NSA, écrit, le 9 novembre, dans une tribune publiée dans le Time, Evan Greer, directeur de campagne de l’organisation Fight for the Future, consacrée aux libertés numériques.

Edward Snowden a tenu sur Twitter des propos dans ce sens, peu après le résultat de l’élection :  » Les pouvoirs d’un gouvernement sont transmis au suivant. Les réformer maintenant est l’une des plus grandes responsabilités de ce président, ce qui aurait dû être fait il y a longtemps.  »

Mais, jusqu’ici, Barack Obama semble rester sourd à ces appels, tout comme à ceux qui l’implorent d’accorder son pardon à Edward Snowden avant de quitter le bureau Ovale.  » En pardonnant à Snowden, le président Obama contribuerait à pérenniser son héritage, tout en envoyant un puissant message – que s’élever contre les abus d’un gouvernement est une tradition que nous devons chérir et emporter avec nous ces quatre prochaines années « , soulignait, le 18 novembre, Noa Yachot, responsable de la campagne Pardon Snowden. Le même jour, dans les colonnes du quotidien allemand Der Spiegel, Barack Obama répondait par la négative :  » Je ne peux pas pardonner à une personne qui ne s’est pas présentée devant un tribunal « , a-t-il déclaré.

De son côté, le lanceur d’alerte ne semble pas s’inquiéter outre mesure des conséquences de l’arrivée de Donald Trump. Lors de plusieurs visioconférences données depuis la Russie, où il a obtenu l’asile, Edward Snowden a répété que M. Trump «  n’est que président « . Ajoutant : «  Il faut que nous commencions à réfléchir non pas à la façon de se protèger de Trump, mais à la façon de protéger le droit de tout le monde, partout. (…) Et si on protégeait nos communications, dans le monde entier ? Soudain, on ne ferait pas que protéger les droits des gens, on pourrait les garantir. La technologie rend cela possible.  »

Ces propos lui ont valu des critiques acerbes, notamment de la part du site Gizmodo, qui a qualifié l’Américain de  » putain d’idiot « , qui «  croit que la technologie est plus importante que la politique pour protéger les libertés « .

Et pourtant, c’est surtout sur ce plan qu’Edward Snowden a réussi son pari : celui des technologies. Ses révélations ont certes entraîné, dans la foulée, quelques timides réformes aux Etats-Unis, ainsi que des enquêtes parlementaires en Allemagne et au Brésil. Mais son action a surtout permis de faire découvrir au grand public l’ampleur de la surveillance et des capacités techniques de la NSA, ainsi que les moyens de s’en prémunir. Là où l’utilisation d’outils de communication chiffrés était, jusque-là, réservée à un petit groupe d’initiés, leur usage s’est démocratisé ces dernières années.

Qui plus est, l’épisode Snowden a profondément modifié la façon dont les géants du Web conçoivent leurs produits. Certains de ses documents faisaient mention d’un accès direct de la NSA aux serveurs d’entreprises comme Google et Facebook – ce qu’elles ont toujours démenti.

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Pour reconquérir la confiance de leurs utilisateurs, la plupart de ces entreprises ont renforcé la sécurité de leurs services, et les messageries chiffrées tendent désormais à devenir la norme. Ironie de l’histoire : ce sont désormais ces grandes multinationales qui se posent en rempart contre la surveillance de masse, alors même que leur modèle repose sur l’exploitation des données personnelles des internautes.

II. Même Le Monde l’avoue !

De nombreux socialistes mais aussi, de façon plus surprenante, beaucoup d’arabo-musulmans ayant acquis la nationalité française grâce aux faiblesses de la République ont participé aux deux tours de la  » primaire (ouverte) de la droite et du centre  » en vue de désigner un candidat aux élections présidentielles d’avril et mai 2017.

En ce qui concerne les premiers, ce n’est évidemment pas une surprise puisque le mouvement avait été décidé et téléguidé de longue date par le pouvoir en place et ses complices médiatiques  afin de tenter de peser en faveur de l’élection d’Alain Juppé, candidat quasi officiel de la gauche. Certains s’en défendaient mais ces arguties ne trompaient personne.

Pour les seconds, c’est davantage surprenant si l’on se réfère à l’opinion largement répandue qui voudrait nous faire croire que les néo-français se désintéressent de la vie institutionnelle du pays. En revanche ça ne l’est pas pour tous ceux qui connaissent mieux les méandres de l’immigration arabo-musulmane, sa volonté de conquête mais aussi la complicité et la dhimmitude de certains élus et édiles centristes (Lire « Décidément l’UDI est de tous les mauvais coups » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/10/15/bulletin-climatique-du-week-end-1516-octobre-2017-de-la-republique-francaise/). D’ailleurs, nous avions déjà soulevé ( AVANT TOUT LE MONDE ) ce problème dès le lendemain de premier tour de la primaire (Lire « Et les sondeurs mordent encore la poussière ! » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/11/21/bulletin-climatique-quotidien-21-novembre-2016-de-la-republique-francaise/).

Dans son édition datée de mardi 29 novembre, le quotidien officiel du soir le confirme grâce aux témoignages de plusieurs de ses journalistes dans de nombreux bureaux de vote de France et de Navarre (dont il donne la liste).

Ainsi à Pontivy qui n’est finalement qu’un gros village dont les habitants se connaissent bien. Si bien que les assesseurs furent surpris en regardant les listes d’émargement, paraphées par de nouveaux votants. Certains se sont décidés dans la semaine, comme Gaëlle,  » surprise  » par le résultat du premier tour et venue voter contre un candidat – M. Fillon – dont elle ne partage pas les positions  » antiavortement, trop à droite « .  » Je suis fonctionnaire dans l’éducation nationale « , confie-t-elle dans un sourire. Vous aurez compris ce que cela signifie…

 » A force d’être ouverte, la primaire de droite est en train de devenir la primaire de la gauche ! « , s’exclamait Pierre Lellouche, député (LR) de Paris, sidéré d’avoir vu, dit-il, beaucoup d’électeurs de gauche dans un bureau de vote du 9e arrondissement de Paris (dont il est maire).  » Fébrilité chez Fillon : rumeur de mobilisation des fonctionnaires et du vote musulman « , lance un journaliste sur son compte Twitter, en début d’après-midi.

A Bagneux (Hauts-de-Seine), quelques familles musulmanes ont fait le déplacement pour voter à la primaire de la droite. Waffah, 25 ans, est venue à l’appel de ses amies qui fréquentent, comme elle, la mosquée de Bagneux.  » On s’est dit qu’il fallait se mobiliser pour voter en faveur de celui qui est le moins clivant « , explique-t-elle. A Tourcoing (Nord) aussi, des électeurs d’origine maghrébine se sont mobilisés en faveur d’Alain Juppé.  » Pour la communauté musulmane, c’est celui qui fait le moins mal, et les discours de Fillon stigmatisent « , estime Abdel, 31 ans. Trois jeunes du quartier de l’Epidème sont eux aussi venus voter  » pour le moins pire « .

A 18 heures, à l’intérieur du bureau des Abeilles, dans le 1er arrondissement de Marseille, une partie très populaireet allogène de l’hypercentre, le député Dominique Tian (LR) feint de ne rien voir. Le bureau est bondé de jeunes gens, des visages du milieu culturel marseillais et beaucoup d’habitants du quartier issus de l’immigration.  » Au premier tour, j’ai éliminé Sarkozy en votant Juppé. Aujourd’hui, j’élimine Fillon en votant encore Juppé. « , s’amuse l’un d’entre eux. Depuis  » Moscow, Russia « , comme l’indique la géolocalisation de son Tweet – abondamment commentée sur ce réseau –, Thierry Mariani, député (LR) des Français de l’étranger, ironise sur cette participation potentielle du camp adverse :  » Merci aux électeurs de gauche qui participent à nos primaires : aucun impact sur le résultat, mais leurs deux euros financeront nos présidentielles.  »

Au demeurant, les électeurs de droite ne se laissent pas  » voler  » leur primaire. Ils sont là, et bien là. Affichant clairement la couleur de leur camp, y compris sur les terres d’Alain Juppé. Ainsi à Angoulême, où les piles de bulletins Fillon, dans les deux bureaux de vote du centre-ville, diminuent à vue d’œil. Alain Juppé ?  » Il est trop vieux ! Fillon est plus en cohérence avec le monde d’aujourd’hui « , lance Marie, jeune assistante commerciale.

D’autres se sont mobilisés pour un  » changement radical « .  » J’ai regardé le débat et, franchement, à entendre Juppé critiquer Fillon sur les fonctionnaires, je me suis dit : “c’est pas possible !” Fillon est plus dans le mouv’« , assure une retraitée. Paulette, petite dame frêle, était malade au premier tour. Elle a fait l’effort de venir pour voter en faveur de M. Fillon :  » Vous savez, j’ai fait toute ma scolarité dans des écoles religieuses. Alors pour moi, l’identité française et la famille, c’est important « , explique cette ancienne commerçante. A Morteau (Doubs), on va de la salle des fêtes – qui accueille les deux bureaux de vote de la primaire – à l’église. Ou inversement. En cette terre catholique, la plupart des électeurs sont venus  » transformer  » ou  » amplifier  » l’essai marqué par M. Fillon. Entre la sensibilité politique, l’influence religieuse, la porosité économique avec la Confédération helvétique et son droit du travail très allégé, les idées du député de Paris font florès.

Mais il y a des surprises . Mudaïr Polatli, 52 ans, est français d’origine turque, entrepreneur en polissage pour l’horlogerie et l’industrie du luxe. En 2008, il a délocalisé sa société en Suisse.  » Si les charges baissent « , l’homme la rapatriera «  peut-être  » en France. Il compte pour cela sur M. Fillon.  » Quand il était premier ministre, il était très bien, satisfaisant pour le peuple, qui l’a apprécié, explique-t-il. M. Hollande, il a apporté la crise, bloqué tout le système, avec lui tout va mal. En France, les ouvriers qui faisaient des heures supplémentaires ont perdu de l’argent.  » La quarantaine, Jean-Michel D., responsable produits frais dans une grande surface, et son épouse Céline, directrice d’un service public, ont fait le même choix.  » Pour que ça change, et vite « , ils veulent  » une grosse rupture, un vrai changement « .

A Saint-Didier-au-Mont-d’Or, une banlieue cossue de Lyon, les cloches sonnent la volée, quelques enfants vendent le calendrier des scouts d’Europe à la sortie du bureau.  » J’ai voté Juppé au premier tour, mais là, mon choix se porte sur Fillon, explique Michel M., retraité de chez Sanofi. Il a la détermination, l’envie, la force. Il dit des choses pas forcément agréables, mais il parle vrai. «  » François Fillon est plus à même de réinculquer nos valeurs de Français, de valoriser la culture française « , estime Antoine S., étudiant en médecine.

Au marché d’Escudier, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), les fillonistes surfent sur la vague du premier tour. «  Ici, les milieux sont un peu aisés « , note pudiquement Jocelyne, 63 ans, ancienne professeure en IUFM, aujourd’hui à la retraite.  » Nous sommes nombreux à partager les valeurs morales et chrétiennes de M. Fillon. Sa personnalité, son sens de la vérité ont su convaincre, il donne l’impression d’avoir fait le choix de l’honnêteté « , affirme-t-elle en tirant son cabas. Sans doute, mais avec quelle détermination au bout du compte et quels moyens ?

Dans un bureau du 11e arrondissement de Paris, avenue Parmentier, un octogénaire, accompagné de sa fille, est revenu voter pour François Fillon. Il peste contre  » le manque d’envergure des hommes politiques actuels et leur platitude « .  » Ils ne sont pas clairs. J’aurais bien voté pour Poutine « , assure-t-il… Nous aussi ! 

Le bureau de vote de l’école Mermoz (8e arrondissement de Marseille) fait converger la population du  » carré d’or  » de Marseille, ce quadrillage de rues bourgeoises au pied de la colline Périer, loin des quartiers nord occupés par une population venue d’ailleurs. Une majorité d’élégantes personnes patientent. L’attente frôle les deux heures, mais l’exaspération reste feutrée.  » C’est un plaisir de voter pour dégager Hollande et tous les bobos germanopratins « , grince, en sortant enfin du bureau, un des rares trentenaires croisés là. Salarié du secteur privé, il vient, comme au premier tour, d’apporter sa voix à M. Fillon.  » Juppé s’est trompé de campagne et s’est aliéné les sympathisants de droite en tapant fort sur Fillon. Ce n’est pas une primaire de gauche… « , souligne-t-il.

Jean-Marc R., 54 ans, travaille dans la banque. Soutien de M. Sarkozy au premier tour, ce Marseillais vote Fillon lui aussi.  » Sans hésiter, explique-t-il. Parce que je sais qu’il sera plus ferme que Juppé, qui fera forcément des concessions au centre ou à la gauche voire pire.  » Et d’ajouter :  » La France, c’est le Club Med par rapport aux autres pays européens, poursuit-il. Socialement, on ne peut pas continuer comme ça.  »

Dans le bureau de la Valentine, toujours à Marseille (12e), les résultats du premier tour ont ouvert des perspectives aux fillonistes. Brigitte et Marc B. avaient voté Sarkozy au premier tour.  » Nous n’avons pas hésité une seconde pour voter François Fillon aujourd’hui, assurent en chœur ces deux entrepreneurs à la retraite. C’est lui qui se rapproche le plus de nos idées. Quand vous entrez dans une administration et qu’ils sont cinq derrière le bureau, vous comprenez pourquoi il faut réduire le nombre de fonctionnaires « .

Sophie A., 53 ans, a fait le même choix.  » Electrice de droite qui n’a pas honte de l’être « , cette femme qui travaille dans le paramédical à Marseille souligne que  » voir les fonctionnaires travailler un peu plus ne la dérange pas « .  » On ne veut pas entendre quelque chose qui nous rassure, on veut qu’on nous propose des solutions « , poursuit-elle. L’avenir, elle le sait et le souhaite, ne sera pas rose :  » C’est comme quand il faut faire une ponction lombaire, on serre les dents et on le fait.  »

Les déceptions pourraient bien être à la hauteur de la volonté de changement*.

* Lire « Et dans seulement cinq mois » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/11/28/bulletin-climatique-quotidien-28-novembre-2016-de-la-republique-francaise/

 

III. Et quand la vermine algérienne vient faire la loi chez nous

A la question des policiers :  » Que faites-vous de vos journées ? « , Eddy Tir répond :  » Je dors !  » A celle  » Que faites-vous de vos nuits ? « , il lâche :  » Je flambe ! Je joue dans les bars à des jeux d’argent.  » La question suivante coule de source.  » Quels sont vos revenus ?  » :  » L’héritage de mon grand-père Saïd Tir « . A 20 ans, Eddy Tir a l’aplomb d’un  » beau voyou  » face à des policiers qui viennent de le placer en garde à vue pour la mort, dix jours plus tôt, de Kamel, 17 ans, abattu le 22 décembre 2011 d’une rafale de kalachnikov à la cité La Castellane dans les quartiers nord de Marseille.

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Manuel Valls et ses copines de La Castellane

Vendredi 25 novembre, presque cinq ans plus tard, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône où il est jugé pour cet assassinat, le jeune homme ne fanfaronne plus. Il se présente posé, poli, calme. Il a perdu vingt kilos en détention et s’est laissé pousser un petit bouc. A 25 ans, la cour d’assises, c’est déjà la cour des grands, quand sa mère en parle toujours comme d’un  » minot  » . Mais aux yeux de la police judiciaire marseillaise, Eddy Tir incarne ces jeunes caïds de cité vite poussés sur le terreau des trafics de stupéfiants. Et puis, son nom est associé à l’un des deux grands contentieux entre clans marseillais qui, sur fond de guerre de territoires, aurait causé près de vingt-cinq règlements de comptes depuis 2010.

Eddy Tir a lui-même été mis en examen, le 10 août 2014, pour le meurtre en bande organisée de Zakary Remadnia, 23 ans, mitraillé en plein jour à un rond-point des quartiers nord, quelques semaines plus tôt.  » Ça fait deux ans et demi et on ne m’a jamais posé de questions – sur ce meurtre – .  » Eddy Tir était détenu au moment où son cousin, avec lequel il avait, en 2012, partagé sa cellule de la prison de Luynes, a été tué. Sur la base d’écoutes, il est soupçonné d’avoir commandité ce règlement de comptes depuis la prison. Trois heures après les faits, il laisse un message sur le portable de son copain  » Banane  » :  » Faut que tu me fais poser deux bouteilles de champagne pour que je me les fasse rentrer, frère !  »

Sur ses interminables conversations passées depuis sa cellule, les policiers avaient déjà relevé la promesse de faire sortir  » un plan comme un architecte… qui, quoi, qui reste où, qui crie contre qui, qui fréquente qui, qui il faut tuer…  » Le courrier est sorti de prison, c’est établi. Les bouteilles de champagne ?  » On avait parié sur une équipe de foot « , explique-t-il aux enquêteurs. «  Qui il faut tuer « … Balivernes,  » on savait qu’on était sur écoute et on se foutait de la gueule des inspecteurs qui nous écoutent « .

Le jeune homme évoque ses origines chaouis, parle d’un village des Aurès  » où tout le monde s’appelle Tir « . Un aïeul, épicier dans une cité, a donné son nom à un boulevard. Dans la lignée, il y a certes quelques réussites professionnelles mais une frange a prospéré dans le banditisme. Eddy Tir en est semble-t-il un héritier : déjà condamné à trente-trois reprises pour des vols, des outrages, du trafic de stupéfiants on est même en droit de se demander ce qu’il fait encore dans notre pays.  Il justifie un tel casier judiciaire par la malchance : «  A chaque fois que j’ai fait des conneries, je me suis fait attraper.  » A 10 ans, à la suite de l’incendie criminel de l’appartement familial, Eddy Tir, ses frères et sœurs entament une tournée des foyers marseillais qui va durer, pour lui, deux ans. Le père a déjà pris le large et la mère a sombré dans la dépression.

Eddy Tir tient son surnom  » Barabas  » de son initiation à la carrière de petit voleur.  » Avec un copain, on avait volé une moto, le propriétaire nous a enfermés dans une cave. Et un grand de la cité a dit, en me montrant du doigt : “Libérez Barabas !”  » C’est resté. Le  » minot  » a grandi au son des fusils d’assaut qui ont tué son grand-père, un grand-oncle, deux oncles et failli abattre, à deux reprises, l’un de ses frères. Un autre frère est en prison pour un go fast de 450 kg de résine de cannabis. Lui-même, le 24 septembre 2011, aurait échappé, selon les policiers, aux balles de kalachnikov dans la cité des Flamants.  » Une légende médiatique « , s’insurge-t-il, lui que se dit victime d’un complot et d’un lynchage. Ben voyons…

Saïd Tir, son grand-père, surnommé  » Grand caïd « , était, jusqu’à son assassinat en avril 2011, le lieutenant de Farid Berrhama, figure du grand banditisme du début des années 2000. Un grand-père que le jeune homme assure n’avoir croisé que deux fois. Dans ses soirées passées au téléphone pour régler ses affaires, il en fait un portrait tout autre, celui d’un sanguinaire avec des dizaines de règlements de comptes à son actif. Eddy s’échauffe à parler de son grand-père, mais aussi de son lieutenant, Néné, entraîné dès son plus jeune âge à tirer, dressé pour tuer et asseoir la puissance de Saïd :  » (Mon grand-père) m’a dit, j’en aurais six comme Néné, les mêmes, les photocopies, la France elle est à moi. Le président, il mange avec moi.  » Une véritable hérédité chez ces gens-là.

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Les pleureuses, après les règlements de compte. Elles ne seraient pas mieux au bled ?

Pour son avocat, Me Bernard Hini, il faut faire le tri :  » Il se conduit comme un caïd de cité. Il a souffert et s’est réfugié derrière son hérédité mais il se vante, ce sont des fanfaronnades.  »  Et il prétend même que pour le meurtre de Kamel, pour lequel il est jugé jusqu’au 2 décembre, Eddy Tir s’était fait piéger sur Facebook par une sœur de la victime.

Que du beau monde à Marseille mais aussi dans nos banlieues d’ailleurs où grouillent toutes ces racailles aux frais de la princesse. La France.

 

Le 29 novembre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

 

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