BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (30 novembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

30 Nov

I. Miracle !

L’Eglise de France se réveille…

et monte enfin au créneau contre le projet de loi relatif à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse (avortement). Le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Georges Pontier, a écrit à François Hollande pour lui demander de ne pas laisser « arriver à son terme » ce texte législatif qui doit être examiné par les députés jeudi 1er décembre. Une telle initiative épistolaire est d’autant plus marquante….qu’elle est rare (http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/430718-lettre-de-mgr-pontier-president-hollande/).

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Dans une lettre datée du 22 novembre mais rendue publique par l’épiscopat lundi 28 novembre au soir, l’archevêque de Marseille, reconnu pour sa pondération, critique une proposition de loi qui, à ses yeux, porte « une atteinte très grave aux principes de la démocratie » (on aurait préféré un autre argument !). Ce texte, qui, souligne à deux reprises Mgr Pontier, « rela[ie] une initiative gouvernementale », vise à permettre la fermeture de sites Internet qui porteraient « des allégations ou une présentation faussées » pour en réalité dissuader des femmes enceintes de recourir à une IVG.

Le chef de file de l’épiscopat s’inquiète pour des sites qui s’emploient à proposer aux femmes qui les consultent des alternatives à l’avortement. Le gouvernement leur reproche d’être avant tout des instruments visant à mettre ce droit en échec. Mgr Pontier, lui, affirme que ces sites sont les seuls à prendre en charge la « véritable détresse existentielle » de certaines femmes enceintes hésitant à mener leur grossesse à terme et qu’ils constituent, à ce titre, un « espace de liberté ».

« Cette proposition de loi met en cause les fondements de nos libertés et tout particulièrement de la liberté d’expression qui ne peut être à plusieurs vitesses selon les sujets », affirme le prélat, pour qui elle « contribuerait à rendre cet acte de moins en moins volontaire, c’est-à-dire de moins en moins libre ». Il insiste sur sa « grande préoccupation » devant ce qu’il estime être la volonté de la majorité de « passer en force ».

Vendredi déjà, l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, avait fustigé cette proposition de loi : « Si on en arrive à interdire de s’exprimer sur les conséquences de l’avortement, avait-il déclaré sur Radio Notre-Dame, on entrera complètement dans la police des idées et dans la dictature d’une vision totalitaire sur l’avortement. » Comme on aurait aimé entendre ces prélats plus tôt et sur bien d’autres sujets…

Cette controverse prend une tonalité particulière du fait que l’avortement est revenu en force dans le débat public entre les deux tours de la primaire de la droite et du centre, scrutin où l’électorat catholique est réputé avoir pesé d’un poids particulier. Alain Juppé avait alors accusé son adversaire, François Fillon, de ne pas avoir une position très claire sur le sujet. Le député de Paris avait, en juin, déclaré que « compte tenu de [s]a foi personnelle » il ne pouvait pas « approuver l’avortement ». Mais il a précisé depuis qu’il ne reviendrait pas sur ce droit : « Je ne toucherai à rien dans ce domaine », a-t-il assuré.

Plus courageux, tu meurs !

II. Quel gâchis !

Et que de temps perdu depuis l’une des plus sottes décisions de Jacques Chirac (qui en prit hélas beaucoup d’autres du même genre) : la suppression du service militaire.(Lire « Service civique ou service militaire ? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/01/24/service-civique-ou-service-militaire/).

Chacun sait combien nous avons oeuvré pour sensibiliser nos lecteurs à l’intérêt pour notre pays et nos jeunes compatriotes de réfléchir à un retour au Service national qui, certes, n’a jamais fait l’unanimité mais qui comporte pourtant bien des aspects positifs (Lire par exemple notre article du 10 octobre 2014 intitulé « Ils redécouvrent l’intérêt du service militaire » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/10/10/ils-redecouvrent-linteret-du-service-militaire/).

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Alors, quelle ne fut pas notre surprise en entendant, hier mardi 29 novembre, le Premier secrétaire du parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, proposer le rétablissement de la conscription ! « Alors que la France se trouve confrontée à un défi lourd et durable, les conditions requises par la loi pour rétablir la conscription semblent pour la première fois depuis 20 ans réunies« , a déclaré M. Cambadélis lors d’une conférence de presse à Solférino pour présenter le programme du PS. Alors qu’en réalité il eut mieux valu ne jamais la supprimer. L’amour de la patrie comme la cohésion sociale en auraient moins pâti.

Mais M. Cambadélis ne donne à son projet qu’une signification sécuritaire, bien éloignée du sens que nous voudrions retrouver au service national : « En effet, les moyens disponibles pour assurer la protection optimale des citoyens s’avèrent notablement insuffisants, tandis que les armées peinent à dégager des effectifs pour participer aux missions de sécurité intérieure. Nous proposons donc une véritable garde nationale par le rétablissement de la conscription« , a-t-il en effet précisé. Prouvant ainsi que, comme à son habitude, le responsable socialiste n’a rien compris aux objectifs réels de l’institution.

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Pour le Premier secrétaire, il s’agit de répondre à un monde « de moins en moins sûr« , à une « nouvelle donne géopolitique » marquée par le « retour de la Russie, (l’)isolationnisme de l’Amérique de Donald Trump, (la) montée du terrorisme« .

Et la France dans tout ça ?

III. Les conséquences tragiques de l’acculturation

L’enquête internationale Timss (Trends in International Mathematics and Science Study) sur les mathématiques et les sciences, rendue publique mardi 29 novembre, nous livre un constat radical autant que tragique.

L’enquête porte sur deux niveaux de la scolarité : les enfants en quatrième année d’école élémentaire (en France, le CM1) et les lycéens de terminale scientifique. C’est une association internationale de chercheurs, l’IEA, fondée dans les années 1950, qui a la main sur l’organisation des tests menés dans une cinquantaine de pays au primaire et neuf seulement au lycée. Dans cette enquête, à laquelle la France n’avait jamais collaboré pour le niveau CM1 – et une fois seulement, en 1995, pour la terminale S –, c’est ce que savent et savent faire les élèves, sur la base des programmes scolaires (ou en tout cas de leur plus petit dénominateur commun à l’échelle de la planète), qui est mis en lumière.

Les 4 870 élèves de l’échantillon français ont obtenu un score moyen de 488 points en mathématiques et de 487 points en sciences. C’est en deçà de la moyenne internationale (500) et européenne (525). En mathématiques, le quintette gagnant des pays ou économies asiatiques (Singapour, Hongkong, Corée, Taïwan et Japon) devance la France de plus de 100 points, tandis que des pays voisins, avec lesquels notre école peut davantage se comparer (Allemagne, Suède, Pologne, Portugal, etc.), affichent des scores de 30 à 70 points supérieursLa France qui se trouve, dans l’échelle mondiale, au-niveau des pays qui concourent au  » Grand Remplacement  » de sa population de souche ! Et voici que tout devient limpide…Et s’appelle l’acculturation*.

Au ministère de l’éducation nationale, on fait profil bas. « Les résultats sont mauvais ; les élèves français sont en grand nombre peu performants, reconnaît-on au cabinet de Najat Belkacem. Par rapport aux pays de l’Union européenne, la France est relativement en retard. » Car, effectivement, au sein de l’Union européenne, la position de la France est catastrophique : elle est à la dernière place, après la Slovaquie…

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Près de 45 % des élèves français sont dans le groupe le plus faible (dernier quartile) des pays européens, alors que seuls 11 % font partie de celui des meilleurs. On pensait notre école certes inégalitaire, mais capable au moins de produire une élite ; Timss tend à montrer que les scores de toutes les catégories d’écoliers, même les plus forts, ne s’éloignent pas du bas du classement. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’inégalité n’est pas celle qu’on croit. Elle est dans le métissage ethno-culturel et l’ampleur de la contamination de nos enfants par ceux que nous importons avec tant d’allégresse !

Donnez-leur une suite chiffrée, « 6, 13, 20, 27… » ; demandez-leur de la poursuivre, ils sont seulement 59 % à avoir su répondre « 34 ». Ils sèchent encore plus sur les fractions : 15 % sont capables d’identifier, parmi quatre camemberts découpés en parts, celui correspondant à la fraction « 3/8 ». En sciences, 53 % parviennent à identifier, sur des images, un canard et une grenouille comme ovipares et non comme mammifères. Une catastrophe vous dis-je. Mais une catastrophe qui donne aussi une idée du niveau de nos enseignants de gauche.

Contrairement à ceux de CM1, les résultats des lycéens de terminale S peuvent être appréhendés sur le long terme. Comparés aux scores de 1995, ils ont chuté de près de 100 points – passant de 569 à 463 en maths, de 469 à 373 en physique. Timss identifie trois niveaux scolaires : « avancé », « élevé » et « intermédiaire ». Les élèves français ne sont, en 2015, que 1 % à atteindre le seuil « avancé » en maths. Il y a vingt ans, ils étaient 15 %. Ils sont aujourd’hui 11 % à avoir un niveau « élevé », contre 64 % en 1995. À quand la prochaine médaille Fields ? Un siècle ?

A cette étape de la scolarité, les comparaisons internationales sont certes périlleuses. D’abord, parce que seuls neuf pays ont participé à Timss terminale S. Ensuite, parce que cette classe n’a pas le même statut selon les pays : en Russie ou au Liban – en haut du classement en maths –, elle est très sélective, réservée à une élite scientifique, alors que notre terminale S est, elle, ouverte aux bons élèves, quels que soient leur profil et leur souhait d’orientation. Depuis 1995, l’accès à la voie royale s’est même élargi, prétend-on au ministère, ce qui, pour lui, explique en partie cette tendance à la baisse.

Une troisième limite tient au fait que les questions posées ne recouvrent pas partout de la même manière les programmes. En France, « elles ne couvrent que 60 % du programme de maths », fait valoir la Rue de Grenelle, où l’on tient à souligner que « le test de 1995 était plus en phase ». Entre les deux dates, les programmes français ont évolué. Ils ont intégré une bonne part de probabilités, de statistiques, d’algorithmes… que Timss n’évalue pas. Surtout, ils sont moins exigeants en termes de connaissances qu’il y a vingt ans, précisément pour s’ouvrir à un plus grand nombre d’élèves, disent certains spécialistes hostiles à une vision élitiste de cet enseignement. Mais c’est ainsi que commence la dégringolade.

Faut-il, comme l’affirmaient plusieurs candidats à la primaire de la droite, dont le vainqueur, François Fillon, renforcer l’enseignement des mathématiques au primaire ? Lui consacrer plus d’heures ? Timss montre que tout n’est pas question d’horaires. Les petits Français ont, selon l’étude, 193 heures de maths durant leur année de CM1. C’est beaucoup plus qu’en Suède, en Finlande ou en Pologne, qui ont pourtant de meilleurs résultats. En terminale S, à l’exception du Liban, la France détient en la matière un record, avec 222 heures à l’année consacrées aux maths. Mais toutes ces heures ne servent manifestement pas à grand chose. C’est donc dans la qualité de l’enseignement que réside la différence et non pas dans la quantité. Mais on s’en serait douté…

Au ministère de l’éducation, on invoque plutôt la formation et le profil des professeurs des écoles, des maîtres « polyvalents » dont la grande majorité a suivi des études en lettres ou en sciences humaines. Ils sont plus souvent mal à l’aise que leurs pairs européens (61 % contre 79 %) dès lors qu’il s’agit d’améliorer la compréhension en mathématiques des élèves en difficulté. Il en est de même lorsqu’il s’agit de donner du sens à cette discipline, selon une note exploitant les données Timss que devait dévoiler le ministère mardi.

Et pendant ce temps-là François Hollande et Manuel Valls ont confié les clés de l’instruction publique à…Najat Belkacem !

Leur responsabilité dans la catastrophe avérée est immense. En prennent-ils la mesure à l’heure où ils donnent un spectacle politicien honteux et font de notre pays la risée du monde ? 

* Acculturation :

  • Modification des modèles culturels de base de deux ou plusieurs groupes d’individus, de deux ou plusieurs ethnies distinctes, résultant du contact direct et continu de leurs cultures différentes.
  • Adaptation d’un individu ou d’un groupe à la culture environnante.

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Dimanche 27 novembre, nous sommes entrés dans le temps de l’Avent (du latin adventus, « venue, avènement »).

L’Avent est la période durant laquelle les fidèles se préparent à célébrer simultanément la venue du Christ à Bethléem il y a deux mille ans, sa venue dans le coeur des hommes de tout temps et son avènement dans la gloire à la fin des temps : « Il est venu, Il vient, Il reviendra ! ».

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L’Avent est la période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël, événement inouï, et décisif pour l’humanité, puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la Croix, il a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché.

Cette préparation de l’Avent est d’autant plus importante qu’il s’agit aussi de célébrer la venue du Christ dans le cœur des hommes de tout temps et son avènement dans la gloire à la fin des temps.

Chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. La parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, comme le rappellent également les autres lectures de la messe.

Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique : celle-ci commence chaque année avec ce temps de préparation à Noël, pour s’achever une année plus tard à la même période.

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L’Avent, comme l’ensemble du calendrier liturgique catholique, aide les fidèles à revivre les grands événements de la vie et de l’enseignement du Christ, en particulier de sa naissance (Noël) à sa Résurrection (Pâques). L’Église relit et revit donc « tous ces grands événements de l’histoire du salut dans » l’aujourd’hui » de sa liturgie » (Catéchisme de l’Église catholique, § 1095).

 

Le 30 novembre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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