BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (7 décembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

7 Déc

Au secours ! Bruno Le Roux devient ministre de l’Intérieur

9bf6d4f6

Dans sa volonté de parfaire un quinquennat désastreux, le président François Hollande a nommé hier mardi, en remplacement de Bernard Cazeneuve devenu Premier ministre à la place de Manuel Valls, Bruno Le Roux ministre de l’Intérieur et des cultes. Le cocasse ex-président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, s’était à maintes reprises signalé par des manifestations ou des commentaires des plus grotesques.

En voici d’ailleurs un bel exemple qui date de janvier 2014 et que nous avions rapporté en son temps dans l’un de nos Bulletins climatiques (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/01/10/bulletin-climatique-quotidien-10-janvier-2014-de-la-republique-francaise/). Cet exemple en dit long sur le poids de l’idéologie au sein de l’élite socialiste française mais aussi sur sa lucidité face aux dangers qui menacent notre pays. Rappelons ici que nous étions alors à un an à peine des attentats de Charlie Hebdo et de l’hypercacher à Paris !

Bruno le Roux commentait alors, sur les ondes de France Info, l’arrêt du Conseil d’Etat dans « l’affaire Dieudonné ». « C’est le racisme, la xénophobie qui sont l’ennemi public numéro 1. Et je veux dire d’ailleurs à tous ceux qui nous écoutent qu’il n’y a pas là d’axe particulier qui soit véhiculé par le gouvernement autre que celui-ci. Et quiconque demain fera preuve de racisme, de xénophobie contre un membre de la communauté nationale, contre une confession de notre communauté nationale, se verra appliquer la même rigueur ». Pouvait-on être aveugle à ce point face aux dangers que le terrorisme faisait déjà planer sur l’Europe, et notre pays en particulier ?

bruno-le-roux-pete-un-plomb

C’est lui

Et c’est cet homme qui aura, pendant encore cinq mois, la sécurité des Français dans ses mains malhabiles. Incapables d’apporter la moindre réponse aux graves préoccupations sociales de nos compatriotes, les socialistes n’ont plus à leur offrir que leurs utopies sociétales !

Gageons que, pour les Français, aujourd’hui, l’ennemi public numéro 1 n’est pas le même que celui de Bruno Le Roux.

Les doublures se porte-t-elle si bien que cela ?

Les  » doublures  » sont les responsables politiques qui vivent dans l’ombre de leur chef, sont  » la voix de leur maître « , ont comme le Canada dry « la couleur de l’alcool, le goût de l’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool » . Or, les derniers évènements politiques dans notre pays pourraient laisser penser que ces  » doublures  » se portent mieux que ceux qu’elles étaient censées servir.

xl_la-voix-de-son-maitre-1228427589

Car on ne donnait pas cher de la fonction de Premier ministre lorsque le quinquennat advint, le 20 septembre 2000. Que faire du numéro deux, alors que le président de la République perdait de facto son rôle d’arbitre du long terme pour devenir capitaine d’équipe, chef de la majorité présidentielle, investi sur tout, responsable de tout ?

Nicolas Sarkozy avait cru régler le problème en taxant François Fillon de  » collaborateur « . Mal lui en prit.  » Au moment où le nouveau Premier ministre gravit les marches de Matignon, il commence à penser à l’Elysée « , avait pourtant prévenu Georges Pompidou. Chez Manuel Valls, l’envie avouée était même antérieure. Le plus curieux est que les Français leur donnent l’espoir d’y croire. Car, après tout, ils sont intimement associés au bilan de ceux qu’ils ont servis, en principe responsables des mêmes échecs et donc sujets au même coup de balai. C’est ce que Du Plessis rappelait dans son Billet d’humeur du 5 décembre (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/05/billet-dhumeur-du-sieur-du-plessis-limposteur/).

Et pourtant François Fillon a réussi à s’imposer dans l’électorat de droite comme l’antithèse de Nicolas Sarkozy en termes de style et de capacité à engager les réformes. Lui, c’est sûr, osera. Il est si sérieux. Quant à Manuel Valls, le moteur de l’épopée qu’il mène depuis le début du quinquennat de François Hollande réside dans sa capacité à faire le chef, jugée sensiblement supérieure à celle du président de la République.

Par une étrange inversion des rôles dans cette Cinquième république finissante, le chef de l’Etat est devenu le fusible du couple exécutif, alors que le Premier ministre, à force de durer et d’endurer, peut, s’il s’y prend habilement, faire figure de recours : on le crédite en effet de bien connaître les dossiers, ce qui, par temps de crise, est un incontestable avantage sur tous les autres concurrents. Certains vont même jusqu’à le percevoir comme moins sensible aux humeurs de l’opinion que le pseudo-monarque qu’il a servi, donc apte à prétendre à son tour au changement. Encore faut-il que le parricide s’accomplisse proprement.

Après avoir trébuché au lendemain de la défaite de 2012, François Fillon s’est relevé et a triomphé quatre ans plus tard. Son score à la primaire des 20 et 27 novembre était tellement incontestable que Nicolas Sarkozy n’a pu que se rallier à son ancien premier ministre. Manuel Valls est dans une situation autrement plus inconfortable. Il part à la bataille dans un champ de ruines, sans le soutien de François Hollande et avec l’image de Brutus qui lui colle à la peau :  » Tu quoque fili  » !

vincenzo_camuccini_-_la_morte_di_cesare-1

L’assassinat de César

François Hollande-César a beau être à terre, il n’a pas encore dit son dernier mot.

 

L’Union européenne marche sur la tête

La nouvelle n’a pas fait les gros titres de la presse française, trop occupée à gloser sur les petites magouilles du marigot politique hexagonal en vue des prochaines élections présidentielles.. Et pourtant, elle est d’importance : il y a une quinzaine de jours, la Commission européenne a pour la première fois explicitement proposé d’en finir avec la politique d’austérité qu’elle recommande d’appliquer depuis la crise de 2008 et, au contraire, conseillé de procéder à de l’expansion budgétaire en zone euro, du moins pour les pays pouvant se le permettre.

Ce coup de canif dans la règle du jeu n’a pas échappé à la sagacité des responsables allemands, néerlandais t luxembourgeois, premiers visés par cette suggestion bruxelloise, leurs Etats étant à l’équilibre ou réalisant des excédents budgétaires. Les discussions promettaient aussi d’être vives le 5 décembre, lors de l’Eurogroupe, la réunion des 19 ministres des finances de la zone euro à Bruxelles. CE FUT LE CAS.

Le commissaire à l’économie, le socialiste français Pierre Moscovici, a proposé que l’expansion représente jusqu’à 0,5 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro en 2017  » dans son ensemble « , soit 50 milliards d’euros de dépenses budgétaires supplémentaires. L’idée étant de ne pas casser la fragile croissance qui s’est installée ces derniers trimestres (+ 1,5 % attendue pour 2017 en zone euro), sans pour autant inciter les pays encore en déficit excessif (ils sont cinq, dont la France ou l’Espagne) à en finir avec la discipline budgétaire.

8218532-image

C’est sans doute ce qui rend hilares Michel Sapin et Pierre Moscovici

Le ministre des finances Michel Sapin a d’ailleurs fini par se réveiller d’une longue torpeur et a salué ce geste bruxellois, dans une interview à l’agence Reuters, le 1er décembre. «  Je veux dire combien je défends cette démarche (…). Les pays qui sont en surplus doivent prendre des positions plus dynamiques qu’elles ne le sont aujourd’hui. Ils en ont bien conscience, même s’ils n’aiment pas qu’on le leur rappelle.  » En d’autres termes, charité bien ordonnée…ne commence pas par soi même.

Mais, la réaction des Allemands, des Néerlandais et des Luxembourgeois, pas du tout prêts à  » payer pour les autres « , ne s’est pas fait attendre et a été sans surprise, virulente.  » Le rôle de la Commission est d’évaluer si les budgets et les projets de budget de chacun des pays correspondent aux règles et aux accords européens « , a rappelé le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, ramenant l’institution communautaire à un rôle strict de gardienne du pacte de stabilité et de croissance (et son fameux plafond d’un déficit à 3 % du PIB des pays). Chacun dans son rôle et les vaches seront bien gardées !

972322-le-ministre-allemand-des-finances-wolfgang-schauble-arrivant-a-une-reunion-de-l-eurogroup-a-bruxelle

Le dogue allemand Wolfgang Schäuble

Prenant sa casquette de ministre néerlandais des finances, Jerœn Dijsselblœm (pourtant président de l’Eurogroupe) a tenu à peu près les mêmes propos devant le Parlement européen, fin novembre.  » La Commission européenne a un rôle très important à jouer en s’assurant que les Etats membres se plient aux règles du pacte de stabilité et de croissance, selon lesquelles tous les budgets doivent tendre vers l’équilibre (…) C’est aux Etats de décider eux-mêmes ce qu’ils font de leur marge budgétaire.  »

Leur position ne devait pas varier à l’Eurogroupe, et les Finlandais, traditionnels supporters de la discipline budgétaire leur ont emboîté le pas. Mais l’expansion globale de 50 milliards pour 2017 n’étant qu’une proposition de la Commission, elle n’a pas été endossée par les ministres lundi malgré l’opinion des pays du sud (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce). Cet appel à la fin de l’austérité devrait donc rester largement inopérant pour les mois qui viennent.

Mais il faut dire qu’il y a beaucoup de tactique derrière cette prise de position de la Commission. Jean-Claude Juncker doit, avec les présidents du Conseil et du Parlement européen, de l’Eurogroupe, et de la BCE, rendre un nouveau rapport début 2017 sur l’avenir de l’Union économique et monétaire. Et alors qu’à Berlin, on n’est pas contre des changements de traités et la création d’un budget et d’un ministre de la zone euro, la Commission ne voudrait pas rester sur le bord du chemin. La question sera en effet de savoir qui sera ce ministre de l’eurozone : le commissaire à l’économie ou le président de l’Eurogroupe, Bruxelles ou les capitales ? Vous l’aurez compris, c’est encore et toujours une question de prébendes.

grece-dette

Finalement, la question importante de la dette grecque, qui était aussi à l’ordre du jour de l’Eurogroupe, a encore été repoussée aux…calendes du même nom. Et ce malgré les efforts considérables du gouvernement Tsipras, qui a récemment fait adopter une réforme des retraites, imposée par ses créanciers, et planche actuellement sur une autre réforme, celle du marché du travail. Seules de modestes mesures ont été proposées à Athènes. Elles consistent, d’une part, à étendre la maturité de certains prêts octroyés au pays, pour les faire passer de 28 à un peu plus de 32 ans. Et d’autre part, le MES va agir sur les taux de certains prêts, en particulier en les convertissant en taux fixes, de manière à éviter à Athènes des remboursements aléatoires. Nul doute qu’elles ne changeront pas grand chose à la situation financière du pays.

Partisan d’une réduction significative de la dette grecque (180 % de son PIB), le Fonds monétaire international exigerait cependant des mesures additionnelles, comme la promesse de nouvelles coupes dans les retraites d’ici trois ou quatre ans. Autrement dit de la misère, encore de la misère et toujours de la misère.

humeur_476

Quant aux Allemands, plus têtus que jamais, ils plaident pour qu’Athènes dégage un surplus primaire (avant paiement des dettes) de 3,5 % de son PIB entre 2018 et 2028. Un niveau démentiel car cela empêcherait le pays d’investir pour accompagner sa croissance à peine retrouvée. Les Grecs auraient mieux fait de quitter la zone euro dès 2015, comme nous le leur avions suggéré. Cela aurait, en outre hâté l’euthanasie de l’UE que nous appelons de nos voeux.

Le prix à payer sera, comme toujours, d’autant plus élevé que l’on aura attendu davantage.

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

6a00d83451619c69e201bb095bfef1970d-800wi

Le 7 décembre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

Une Réponse to “BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (7 décembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 8, 2016 à 9:33 #

    Mais jusqu’à quand les européens, et tous particulièrement les Français, accepteront-ils d’être pris seulement pour des cons-tribuables ?!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :