BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (16 décembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

16 Déc

I. La Grèce sous la férule de ses Gauleiters

Le Mécanisme européen de stabilité (MES, principal détenteur de la dette publique grecque) a décidé, mercredi 14 décembre, de suspendre l’application des mesures d’allégement de la dette hellène, pourtant validées lors d’une réunion des ministres des finances de la zone euro, le 5 décembre (Lire « L’Union européenne marche sur la tête » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/07/bulletin-climatique-quotidien-7-decembre-2016-de-la-republique-francaise/.Vous y trouverez, de façon prémonitoire, tout ce qui arrive aujourd’hui !)

Le puissant ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble (que nous surnommons « le dogue allemand« ), a mis son veto à cette décision du MES qui devait se prendre à l’unanimité. Il réagissait à l’annonce faite par le premier ministre grec, Alexis Tsipras, le 8 décembre, de rétablir pour les plus petites pensions de retraite un 13e versement annuel et de reporter la hausse de la TVA sur les îles de l’est égéen, où s’entassent plus de 16 000 migrants et réfugiés, « tant que dure la crise des réfugiés ».

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Le dogue allemand

Son tort est d’avoir pris ces décisions sans consulter au préalable les créanciers qui, en l’occurence, ne sont pas autre chose, depuis plus d’un an maintenant, que les « Gauleiters » de la Grèce (Lire « La lune de miel entre Angela Merkel et Alexis Tsipras ne va pas durer » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/03/08/bulletin-climatique-quotidien-8-mars-2016de-la-republique-francaise/). « Il est impératif que les mesures ne soient pas décidées de façon unilatérale ou annulées sans préavis », a déclaré M. Schäuble, mercredi. « Les institutions [les représentants des créanciers] ont conclu que les actions du gouvernement grec semblent ne pas être en ligne avec nos accords », a réagi Michel Reijns, le porte-parole du président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. « Quelques Etats membres le voient aussi de cette façon et [il n’y a] donc pas d’unanimité désormais pour mettre en place les mesures » d’allégement de la dette, ajoute-t-il. On ne saurait mieux dire que…tout cela n’était que du pipo.

Ce  » contretemps  » n’est pas du tout du goût du commissaire européen à l’économie Pierre Moscovici, qui refuse que la Commission endosse la responsabilité du veto. « On ne peut pas dire que cette décision [de suspension] a été prise sur le fondement d’une évaluation de la Commission [sur les mesures décidées par Tsipras], puisque cette évaluation n’est pas achevée, affirme l’ex-ministre des finances du gouvernement Ayrault. Ceux qui souhaitent la suspension des mesures de court terme doivent endosser leurs responsabilités. »

Pour M. Moscovici, les mesures sur la dette ne doivent pas être remises en cause. Leur principe avait été agréé par les dix-neuf ministres des finances de l’eurozone, fin mai. « Cet accord sur la dette grecque reste robuste, puisque les engagements sur les mesures de court terme reposaient sur la clôture de la première revue du plan d’aide [cette clôture a eu lieu cet automne] », explique le commissaire.

Même si elles restaient particulièrement modestes, les mesures sur la dette visent pourtant à alléger l’énorme fardeau grec (180 % du produit intérieur brut). Il est vrai qu’elles avaient été acceptées du bout des lèvres par M. Schäuble, qui a souvent répété qu’elles n’étaient pas nécessaires.

Depuis que le troisième plan d’assistance financière à la Grèce a été validé (86 milliards d’euros, à l’été 2015), Alexis Tsipras a pourtant fait passer la plupart des nouvelles mesures d’austérité exigées par les créanciers, dont une énième révision à la baisse des retraites grecques, au printemps. Et de nombreuses hausses de TVA. Ce qui lui vaut d’ailleurs une opposition de plus en plus forte de ses propres électeurs de 2015.

« De façon pas toujours spontanée mais constante, les Grecs ont respecté le programme d’aide, et les efforts qu’ils ont fournis sont considérables. Alors quand ils remplissent leur part du contrat, les autres doivent aussi remplir la leur », martèle M. Moscovici. « La Commission plaide pour une application des règles sans indulgence, mais qui permette un progrès partagé. On ne peut pas opposer l’allégement de la dette grecque à la justice et la cohésion sociale, que le peuple grec attend », ajoute le socialiste dont vous pouvez imaginer qu’il ne fait pas l’unanimité au sein de la Commission.

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La délégation socialiste française au Parlement européen a très vivement réagi à la suspension des mesures sur la dette, mercredi. « Trop c’est trop, nous disons “basta à M. Schäuble”. Faites preuve d’un minimum de sens politique, et d’humanité, tout simplement, ont-ils fait savoir dans un communiqué. La Grèce renoue avec la croissance depuis deux trimestres, il est légitime qu’un chef de gouvernement redistribue là où il y a urgence sociale. L’Union européenne doit envoyer un signal social positif. Ne laissons pas la Grèce s’épuiser et le peuple grec sans espoir. »

Cette suspension semble avoir renforcé la détermination de M. Tsipras. Mercredi, il a dit qu’il allait proposer ses mesures sociales dès jeudi devant son Parlement. « Nous allons respecter intégralement notre accord avec les créanciers, mais nous allons aussi défendre de toutes nos forces la cohésion sociale », avait-il affirmé le 8 décembre. Mais Alexis Tsipras ne doit se faire aucune illusion. Dans le rapport de force qui l’oppose à Wolfgang Schäuble…il ne pèse rien. Et, en outre, il est déjà allé trop loin dans la vassalisation de son pays à l’Union européenne pour disposer du moindre atout face à la brutalité de l’Allemagne et de ses alliés (Pays-Bas, Luxembourg, Finlande…).

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Alexis Tsipras aurait mieux fait de lire nos Billets d’Argolide, publiés à l’été 2015, et de choisir la voie du «  Grexit « . *

* Lire « Le déni de réalité continue » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/17/bulletin-climatique-quotidien-17-juillet-2015de-la-republique-francaise/

 

II. Erdogan n’a déjà plus les moyens de ses ambitions

Comme le temps passe ! Comme il est loin ce moment inoubliable où le Président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, dictait ses conditions à l’Union européenne grâce à la complicité de la chancelière allemande, Angela Merkel, qui lui mangeait dans la main ! Et même si la présence sur les sol turc de plus de 2,7 millions de migrants de tout poil constituent toujours une terrifiante bombe à retardement.

Mais la conjonction de la tyrannie sans borne de M. Erdogan et des manifestations de plus en plus fréquentes  d’une violence terroriste aveugle autant que diverse, est en train de détricoter à grande vitesse les progrès économiques de ces dernières décennies.

Et, comme toujours des un tel contexte, le tourisme (qui était l’une des principales sources de revenus) est frappé de plein fouet. Ajoutez-y l’essoufflement de la croissance et la dégringolade de la monnaie locale (livre turque) et vous comprendrez que les hôteliers turcs aient le moral au plus bas.  » Officiellement, le nombre de touristes a chuté de 37 % – en 2016 par rapport à 2015 – , mais, en réalité, c’est bien plus « , assure Yasar Yavuz, responsable de l’association du tourisme de Sultanahmet, la péninsule historique d’Istanbul.

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C’était avant

Commerçants du Grand Bazar, restaurateurs, guides touristiques, vendeurs ambulants ne font plus recette. Les hôteliers du quartier sont inquiets. Quelque  » 800 d’entre eux sont en grande difficulté, 400 se retrouvent au bord de la faillite, les autres essaient, tant bien que mal, de garder la tête hors de l’eau « , poursuit Yasar Yavuz.

On ne compte plus les établissements momentanément fermés, avec l’espoir de rouvrir au printemps 2017.  » Nous proposons désormais nos chambres à 30 euros, contre 100 euros avant la crise. Comment voulez-vous que l’on s’en sorte ? « , soupire M. Yavuz, lui-même propriétaire d’un hôtel de moyenne catégorie dans le quartier.

Dans les rues du quartier Sultanahmetl, les seuls touristes visibles sont des familles venues du Golfe et d’Arabie saoudite et plus rarement de Russie, pays avec lequel les relations se sont récemment réchauffées.  » Les touristes arabes et russes ne compenseront pas nos pertes. A Sultanahmet, notre clientèle était composée à 90 % d’Occidentaux – Allemands, Anglais, Français, Américains…, tous férus d’histoire. Les Russes et les Arabes n’ont pas ce goût pour le cœur historique d’Istanbul. Ils préfèrent les centres commerciaux « , explique Yasar Yavuz. Les mesures de soutien aux PME annoncées, jeudi 8 décembre, par le premier ministre, Binali Yildirim, le laissent de marbre :  » Nous n’avons pas besoin de l’aide du gouvernement, nous voulons la stabilité, c’est tout.  » Mais avec la paranoïa et la soif inextinguible de pouvoir du chef de l’Etat, ce n’est pas pour demain.

C’est au cœur de Sultanahmet, entre la basilique Sainte-Sophie et la mosquée Bleue, qu’a eu lieu, mardi 12 janvier, le premier attentat-suicide contre des touristes étrangers. Attribué à l’organisation Etat islamique, il avait provoqué la mort de dix personnes, pour la plupart des Allemands. Depuis, les attaques terroristes contre les touristes ont continué (4 morts sur l’avenue Istiklal, le 19 mars, 45 personnes tuées, le 28 juin, à l’aéroport Atatürk d’Istanbul), portant un coup au secteur, source importante d’emplois et de recettes en devises.

Le dernier attentat en date, survenu à Besiktas sur les bords du Bosphore, samedi 10 décembre, qui a tué 44 personnes, ne visait pas les touristes, mais des policiers. Revendiqué par des rebelles kurdes affiliés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), il a plongé le pays dans une profonde douleur, doublée d’incompréhension et de colère.

Victime de l’insécurité, traumatisée par un contexte politique dégradé depuis le putsch raté du 15 juillet, la Turquie est plongée dans une période de turbulences. La prospérité économique, qui était jusqu’alors la réalisation majeure du gouvernement Erdogan, grand vainqueur des urnes, n’est plus au rendez-vous.

Le changement de mode de calcul du produit intérieur brut (PIB), qui vient d’être ajusté aux normes de l’Union européenne et qui aboutit sur le papier à une hausse de 20 % des revenus des 79 millions de Turcs (ce qui donne une idée des manipulations statistiques dont les uns et les autres sommes victimes), ne doit pas faire illusion. L’économie s’est, en effet, contractée de 1,8 % sur un an, au troisième trimestre. Sa première baisse en sept ans, a annoncé, lundi 12 décembre, l’Institut de la statistique. La hausse des dépenses publiques n’a pas suffi à compenser le déclin de la consommation.

Dépendant des investisseurs étrangers pour combler son déficit courant, le pays doit faire face au désengagement de ces derniers et à la volatilité de sa monnaie. La livre turque a perdu 17 % par rapport au dollar depuis le début de 2016. Le risque de change pèse sur les entreprises, endettées, à court terme, en devises.

Contrarié par la chute de la monnaie, le président Erdogan a invité  » ceux qui ont des devises sous leurs matelas  » à courir au bureau de change. Peu après cette déclaration, son porte-parole, Ibrahim Kalin, a fait savoir, preuve à l’appui, que le chef de l’Etat avait converti 220 000 dollars (206 777 euros) en livres turques à la banque Albaraka, où il a un compte. Mais il a aussi…beaucoup de matelas dans son palais pharaonique récemment construit (200.000 mètres carrés, construit dans le style néo-seljoukide et possédant 1000 chambres ultraluxueuses, le nouveau palais aurait coûté plus de 350 millions de dollars).

Turkish President Recep Tayyip Erdogan poses inside the new Ak Saray presidential palace (White Palace) on the outskirts of Ankara on October 29, 2014 before hosting a reception marking Turkey's annual republic day which celebrates the foundation of modern Turkey in 1923. Erdogan unveiled his new presidential palace on the outskirts of Ankara, denounced by ecologists as an environmental blight and by the opposition as new evidence of his autocratic tendencies. An immense project built at a reported cost of $350 million, it has an area of 200,000 square metres, 1,000 rooms and architecture that is supposed to marry modernism and the traditions of the mediaeval Seljuk dynasty. AFP PHOTO/ADEM ALTAN

Recep Tayiip Erdogan Ier en son palais

De son côté, le gouvernement dit vouloir la fin des échanges commerciaux en dollars. Le sujet a été évoqué par le premier ministre, le 5 décembre, lors de sa visite en Russie, le partenaire du moment, avec lequel le commerce se fera désormais en roubles ou en livres turques. La presse progouvernementale revendique  » l’adieu au dollar « . Turkcell, le principal opérateur de téléphonie mobile, a annoncé que ses opérations avec la Chine se feraient en yuans.

Mais les effets bénéfiques de ce  » patriotisme économique  » ont été de courte durée. La livre turque, qui s’était légèrement rétablie, a replongé après l’annonce, lundi, de la contraction du PIB…

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Ce pourrait être après

Et certains militent encore pour l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne !

III. La dhimmitude jusque dans les abattoirs !

Après une année marquée par des scandales à répétition, 33 députés représentant six groupes politiques (PS, LR, UDI, EELV, Front de gauche, radicaux) avaient déposé une proposition de loi visant à accroître la transparence, le contrôle et les sanctions dans les 960 abattoirs de boucherie et de volaille français.

Le texte a été adopté en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, mercredi 14 décembre, mais vidé d’une grande partie de sa substance : les parlementaires ont supprimé deux des sept articles, dont la mesure phare rendant obligatoire la vidéosurveillance.

Ainsi revu et corrigé, le texte doit être examiné en séance plénière de l’Assemblée le 12 janvier 2017. Le rapporteur et député de Charente-Maritime Olivier Falorni (RRDP) dénonce  » un sabotage  » et un projet  » totalement dénaturé « . Il déplore la position  » extrêmement conservatrice de la commission  » et  » fermée  » du ministère de l’agriculture, alors que «  le contrôle vidéo est plébiscité par 85 % des Français et la totalité des associations de protection animale « .

La proposition de loi initiale rendait obligatoires les caméras de vidéosurveillance aux endroits où des animaux vivants sont manipulés, à savoir les lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort. Ce qui aurait permis de contrôler de plus près l’abattage halal qui doit se faire sans précautions pour les animaux : largement égorgés (jusqu’aux vertèbres cervicales) et sans étourdissement préalable.

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Elle précisait toutefois que  » la finalité exclusive de cette installation est la protection animale  » – et non pas la surveillance des employés. La mesure constituait par ailleurs la proposition clé du rapport rendu en septembre par la commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage dans les abattoirs français, également présidée par M. Falorni.

contrôle vidéo serait trop coûteux et mettrait trop de  » pression  » sur les salariés, selon Certains élus, tels que Brigitte Allain (EELV) et Thierry Benoit (UDI), ont demandé la suppression de l’article au prétexte que  » le contrôle vidéo serait trop coûteux et mettrait trop de  » pression  » sur les salariés « . Les socialistes s’y sont également opposés, certains, comme Karine Daniel, se prononçant plutôt pour une expérimentation. Une ligne défendue par le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, en octobre.

 » C’est de la pure hypocrisie. Demander une expérimentation, c’est renvoyer la mesure aux calendes grecques, dénonce Olivier Falorni. C’est d’autant plus incompréhensible que j’avais proposé un amendement pour reporter l’entrée en vigueur du contrôle vidéo au 1er janvier 2018, ce qui aurait laissé le temps de le mettre en place.  »

Mais Les Républicains n’ont pas été en reste de dhimmitude puisqu’ils  ont aussi obtenu la suppression d’un autre article qui aurait autorisé les parlementaires à visiter les établissements d’abattage de façon inopinée, éventuellement accompagnés de journalistes titulaires de la carte d’identité professionnelle.  » On n’est pas là pour faire les cowboys ! « , a lancé Philippe Le Ray (LR), Thierry Benoit jugeant la disposition  » invraisemblable « . Nos amis, électeurs du Morbihan (pour le premier) et d’Ille-et-Vilaine (pour le second), savent désormais pour qui NE PAS VOTER lors des prochaines élections législatives !

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Les députés ont en revanche voté plusieurs autres dispositions visant à renforcer le contrôle et la transparence dans les établissements d’abattage. Actuellement, le rôle des 1 200 agents de la direction générale de l’alimentation est davantage tourné vers l’inspection sanitaire que le bien-être animal.

Le texte instaure également, auprès de chaque abattoir, un comité local de suivi de site, réunissant exploitants, élus locaux, éleveurs, services vétérinaires, bouchers et associations de protection animale. A l’échelle nationale, un comité d’éthique des abattoirs, rassemblant lui aussi tous les acteurs, serait mis en place, avec pour mission d’émettre des  » avis sur l’évolution de la législation et de la réglementation relative à la protection animale en abattoir « . Ces propositions seront-elles finalement adoptées ou resteront-elles lettre morte comme souvent ?…

Les parlementaires, enfin, ont réintroduit une disposition du projet de loi Sapin II, censurée par le Conseil constitutionnel, qui qualifiait de délit pénal la maltraitance des animaux en abattoir et dans les entreprises de transport.

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Le texte doit maintenant être examiné en séance publique, lors de laquelle Olivier Falorni proposera de nouveau l’obligation du contrôle vidéo. Profitant d’une niche parlementaire de son groupe, le député était parvenu de justesse à inscrire la proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée, avant la fermeture des travaux fin février. Le texte devra ensuite être examiné par le Sénat…lors de la prochaine législature, à la suite des élections législatives et sénatoriales de juin et septembre 2017, avant de retourner à la Chambre basse pour la seconde lecture.

En d’autres termes, le refus de l’abattage rituel, et précisément musulman, dans les abattoirs de France n’est probablement pas encore pour demain. Il est grand temps que nous prenions les affaires en main.

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

L’écrivain d’origine russe Andreï Makine est entré officiellement jeudi parmi les « immortels » de l’Académie française, au grand dam des russophobes qui pullulent au sein de nos médias officiels.

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Il a été accueilli sous la coupole par un plaidoyer pro-russe inattendu de la part de l’académicien Dominique Fernandez, auteur du « Dictionnaire amoureux de la Russie« . Dans son discours de réception, Andreï Makine a de son côté critiqué l’attitude de l’Occident et des dirigeants français.

« Quiconque connaît un peu la Russie sait à quel point ce pays est calomnié dans nos médias« , a affirmé l’académicien Dominique Fernandez en accueillant au sein de l’Académie française le plus russe des écrivains français. « La désinformation est systématique. On ne parle que mafia, corruption, nouveaux riches« , a déclaré Dominique Fernandez, prix Goncourt en 1982 pour « Dans la main de l’ange« . « Certes, a-t-il admis, ces plaies existent« . Mais, a-t-il aussitôt demandé, « en sommes-nous exempts nous-mêmes ?« .

Andreï Makine a profité lui du traditionnel discours de réception pour plaider en faveur de « l’entente franco-russe » en retraçant les liens historiques, littéraires et spirituels entre les deux pays.

A rebours de la position officielle de la France qui dénonce depuis deux ans l’annexion de la Crimée et les atteintes de Moscou à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, l’écrivain a évoqué l »horrible tragédie ukrainienne » en condamnant « la guerre fratricide orchestrée (à Kiev) par les stratèges criminels de l’Otan et leurs inconscients supplétifs européens« .

Dans son discours, Andreï Makine a également critiqué le rôle de l’Occident au Moyen-Orient en évoquant « le demi-million d’enfants irakiens massacrés, la monstrueuse destruction de la Libye, la catastrophe syrienne, le pilonnage barbare du Yémen« . « Qui aurait, aujourd’hui, l’impudence de contester le martyre de tant de peuples, musulmans ou non, sacrifiés sur l’autel du nouvel ordre mondial globalitaire ?« , a demandé celui qui succède à l’Académie à l’écrivaine algérienne Assia Djebar, morte en février 2015.

Cet amoureux de la langue française, né au coeur de la Sibérie au temps où existait encore l’Union soviétique, a regretté que « les grandes puissances » occidentales « jouent avec le feu, en livrant des armes aux intégristes, en les poussant dans la stratégie du chaos, au Moyen-Orient« .

Le nouvel académicien, revêtu de son habit vert, s’est montré très sévère à l’égard des dirigeants français qui, depuis la mort de François Mitterrand -le dernier à trouver grâce à ses yeux- « revendiquent, avec une arrogance éhontée, leur inculture« . Aucun n’a d’ailleurs daigné assister à son entrée à l’Académie

Avec l’entrée d’Andreï Makine à l’Académie française, l’institution créée par le cardinal de Richelieu en 1635 compte désormais 37 membres. Trois sièges restent à pourvoir.

 

Le 16 décembre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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