BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (19 décembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

19 Déc

I. Ça sent le roussi chez les fillonistes

Lors de la primaire dite  » de la droite et du centre  » en vue de l’élection présidentielle de 2017, notre point de vue était clair : TOUT SAUF SARKOZY ET JUPPÉ. Nous avons été exaucés et davantage même lorsque les électeurs ayant participé à cette primaire ont désigné François Fillon comme candidat  » de la droite et du centre « .

En revanche nous n’avons jamais été dupes des limites de ce dernier et avons toujours douté de ses capacités réelles à mettre en oeuvre la politique qui pourrait permettre à notre pays de sortir de l’état calamiteux dans lequel l’ont plongé les gouvernements précédents (Lire « Mais ne vous réjouissez pas trop vite de la désignation de François Fillon » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/02/bulletin-climatique-quotidien-2-decembre-2016-de-la-republique-francaise/  et encore « Et dans seulement cinq mois  » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/11/28/bulletin-climatique-quotidien-28-novembre-2016-de-la-republique-francaise/). D’ailleurs, dans notre dernier article cité, voici ce que nous écrivions :

 » Grâce au ciel, nous avons été lus et entendus puisque, d’ores et déjà, nous savons que les deux principaux représentants du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, ont été éliminés et que cette primaire a finalement désigné François Fillon pour représenter ladite droite et le centre en avril et mai 2017.

Mais ne croyez surtout pas que les potions, mêmes amères, et les quelques bouts de sparadrap, posés ici ou là, du bon docteur Fillon redonneront la santé à notre pays à l’agonie. La raison en est simple : François Fillon n’en a ni la volonté profonde ni les moyens réels. Il n’agira comme d’habitude qu’à la marge, restant prisonnier de la pensée conforme et obligatoire qui impose, depuis des décennies, sa loi à notre pays.

Vous ne tarderez d’ailleurs pas à vous en apercevoir dans l’évolution de son programme politique d’ici à l’élection d’avril puis de mai 2017 comme dans le choix de ses collaborateurs à l’élaboration de celui-ci.

Nous aurons fatalement à y revenir… » C’était le 28 novembre 2016 !

Le 20 décembre, à cinq jours de Noël et à cinq mois de la présidentielle, même si François Fillon apparaît comme le favori du scrutin…dans les sondages (dont nous savons tous ce qu’il faut en penser !), son début de campagne ne se révèle pas aussi flamboyant que prévu.

Depuis sa victoire à la primaire de la droite, M. Fillon s’est retrouvé sur la défensive sur plusieurs sujets, en particulier sur son projet de réforme de la Sécurité sociale, à cause des attaques répétées de ses adversaires mais aussi des réserves exprimées au sein de son propre camp. De quoi faire retomber l’élan produit par son large succès du 27 novembre.

 » Le début de la campagne est poussif. Il n’y a pas de direction claire. La stratégie gagnante ne peut pas être de se planquer quand on est favori. On a vu ce que cela avait donné pour Juppé… « , dit un soutien du maire de Bordeaux.  » Fillon a mis trop de temps à éteindre cet incendie car il était monopolisé par ses consultations avec les dirigeants des Républicains – LR – « , admet un proche.

Mais le fond de la riposte préoccupe aussi certains membres de son équipe. Accusé de vouloir  » privatiser la Sécu « , le candidat s’est résolu – sous la pression – à opérer un recul stratégique en retirant sa mesure visant à confier aux mutuelles et autres complémentaires santé le remboursement des maladies courantes et de laisser à l’Assurance-maladie la charge des affections lourdes et de longue durée.

Indiquant toutefois, dans le même temps, qu’il ne renonçait pas à réformer le système de santé pour  » mieux articuler les rôles de l’Assurance-maladie et des complémentaires « . Sans préciser la répartition exacte des remboursements. Un exercice d’équilibriste périlleux.

 » En jouant l’entre-deux, il perd sur les deux tableaux « , grimace un de ses soutiens. Celui qui se pose en candidat du  » courage  » a écorné sa posture de réformateur à toute épreuve, au risque de froisser une partie des électeurs ayant plébiscité son  » projet de rupture radical « . De l’autre côté, en entretenant le flou sur ses intentions, il n’est pas non plus parvenu à lever totalement les inquiétudes.

La séquence l’a fragilisé sur ses deux points forts : sa constance à réformer et la crédibilité de son projet. De quoi ébranler les fondations de l’ex-Premier ministre, qui a justifié sa candidature à la primaire par sa volonté de mettre en œuvre des réformes plus audacieuses que celles menées sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

C’était sa manière de répondre aux critiques des électeurs sur le thème :  » Pourquoi feriez-vous demain ce que vous n’avez pas fait à Matignon ?  » Quant à son projet, il a été considéré lors de la campagne de la primaire comme le plus détaillé de tous. Le retrait de son site Internet de sa proposition sur les  » petits  » et  » gros  » risques en matière de santé, mardi, a montré que son projet n’était peut-être pas si  » carré  » qu’il en avait l’air.

Autre point faible : le manque de coordination dans la communication, symbolisé par la prestation maladroite de son porte-parole, le député du Val-d’Oise Jérôme Chartier sur France Inter, qui s’est pris les pieds dans le tapis à propos de la prise en charge des  » rhumes  » :  » Ça dépend quel rhume « , a-t-il précisé ! Avec ça, la France est sauvée…

Ce début de campagne mouvementé a aussi faire naître une inquiétude sur la capacité de résistance du candidat et sur sa faculté à l’emporter.  » Ceux qui pensent que la présidentielle sera une partie de plaisir se plantent lourdement « , a mis en garde le député de la Marne Benoist Apparu, porte-parole de la campagne.

Car les foyers potentiels de contestation, par tous ceux qui lui sont opposés, paraissent inépuisables dans le projet libéral du candidat, comme la retraite à 65 ans, la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), l’augmentation de deux points de TVA ou la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires.

 » Même s’il n’y a pas encore le feu à la maison Fillon, la polémique sur la “Sécu” – qui constitue un totem important pour les Français – a permis à ses adversaires d’installer l’idée qu’il serait le candidat des riches. D’ici à la présidentielle, cette petite musique peut être réactivée et devenir un poison lent « , prévient Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP.

Pour déjouer ce piège, les fidèles de M. Fillon jugent que ce dernier n’a d’autre choix que de passer d’une  » communication de crise « , strictement défensive, à une  » communication positive « . Est-ce à dire qu’ils envisagent d’aller glaner des voix ailleurs en  » ratissant « le plus largement possible ? Souvenez-vous alors de ce que nous écrivions ici même, dans notre Bulletin climatique du 2 décembre 2016 :

 » (…) l’ancien Premier ministre élu par sa base naturelle d’électeurs va devoir aller chercher les voix du vote populaire pour accéder à la présidence. Or il s’agit là, de plus en plus souvent, de l’électorat de…Marine Le Pen !

Il ne restera plus, pour François Fillon, que la pêche aux voix de la gauche et des communautés allogènes. À la façon d’Alain Juppé !…Triste clin d’oeil de l’Histoire. « 

Le Roi, vite.

II. La forfaiture de Nicolas Sarkozy a fait des émules en Suisse

Le 9 février 2014, le peuple suisse répondait OUI à un référendum  » contre l’immigration de masse « , qui proposait de rétablir des quotas migratoires, comme le peuple français répondait NON, le 29 mai 2005, à un référendum sur un projet de constitution européenne. 

Près de trois ans après ce vote radical, le Parlement suisse, saisi par son gouvernement est en pleine reculade. Et, vendredi 16 décembre, à Berne, les députés ont mis la touche finale à un projet de loi d’application du référendum…vidé de tout son sens puisque celui-ci n’impose aucune limite à l’immigration, contrairement à l’esprit initial de la votation. Comme ce fut aussi le cas en France lors de la ratification du traité de Lisbonne, à l’instigation de Nicolas Sarkozy.

Ce texte de loi, voté par les deux chambres du Parlement fédéral, incite surtout les entreprises à privilégier la main-d’œuvre locale. Celles-ci devront d’abord passer par le service public de l’emploi avant d’aller recruter à l’étranger. Mais cette procédure ne s’applique que  » lorsque certains groupes de profession, domaines d’activités ou régions économiques enregistrent un taux de chômage supérieur à la moyenne « . Elle est également  » limitée dans le temps « .

Si les employeurs concernés ne respectent pas cette marche à suivre, ils risquent une amende pouvant se monter jusqu’à 40 000 francs (37 000 euros). Mais les patrons seront libres de refuser le candidat envoyé par le service helvétique de l’emploi, sans donner aucune justification.

Au Parlement, cette version du texte a été largement acceptée par les députés. Seuls ceux de l’Union démocratique du centre (UDC), le parti eurosceptique à l’origine du référendum du 9 février, s’y sont opposés. Les plus mécontents ont brandi des pancartes clamant :  » L’immigration de masse continue.  » Le chef de groupe UDC au Parlement, Adrian Amstutz, a -dénoncé  » une violation crasse de la Constitution suisse  » et une  » capitulation devant l’Union européenne « . Si le Parlement a refusé d’instaurer des quotas migratoires, c’est en effet qu’il craignait des rétorsions de Bruxelles, dans la mesure où ces quotas sont contraires à l’accord sur la libre-circulation avec l’UE.

La Commission européenne est d’ailleurs rassurée par la décision du Parlement helvétique. Après trois ans de tensions entre Berne et Bruxelles, les relations sont donc en voie d’apaisement. Vendredi, quelques heures après le vote du Parlement, le gouvernement suisse a ratifié le protocole concernant l’extension de la libre-circulation des personnes à la Croatie. C’était la condition sine qua non pour que le pays retrouve sa place au sein du programme européen de recherche Horizon 2020, gelé en 2014.

Pour le député Ignazio Cassis, chef du groupe parlementaire libéral-radical, la solution trouvée relève du  » pragmatisme « . Son confrère, Roger Nordmann, président du groupe socialiste, se félicite que le Parlement ait trouvé un moyen d’appliquer le référendum sans renoncer aux accords bilatéraux. Surtout lorsqu’on ne respecte pas la volonté populaire !

Trois ans après le vote fracassant du 9 février 2014, la Suisse retourne donc au statu quo. Reste au Conseil fédéral, le gouvernement helvétique, à émettre une ordonnance d’application d’ici au 9 février 2017. Ce devrait être une formalité. Si aucune initiative populaire n’est déposée d’ici mars pour s’opposer à la nouvelle loi, alors la Suisse en aura fini avec la question de  » l’immigration de masse « .

Mais un autre parti politique, l’Action pour une Suisse indépendante et neutre, un mouvement politique de droite, ne l’entend pas de cette oreille et envisage de lancer un nouveau référendum afin que la Suisse renonce aux accords bilatéraux avec l’Union européenne. Si son projet arrivait jusque dans les urnes, le peuple voterait, cette fois, sur un projet clair et tranché : le  » Suissexit  » ou la rupture des liens entre la Suisse et l’UE.

Les bonnes idées font heureusement leur chemin.

III. L’ UE cessera-t-elle un jour de baisser culotte devant Erdogan ?

C’est l’une des grandes questions qui animent aujourd’hui l’Europe des Vingt-Huit : comment sauver l’accord sur la migration signé en mars avec la Turquie alors que les relations entre Bruxelles et Ankara se sont fortement dégradées, à la suite de la dérive autoritaire du président Recep Tayyip Erdogan ? D’autant que les négociations sur le processus d’adhésion et la libéralisation des visas sont au point mort.

Mardi 13 décembre, les ministres des affaires étrangères n’ont, pour la première fois depuis douze ans, pas adopté les conclusions sur des questions d’élargissement. Le ministre autrichien Sebastian Kurz a refusé le projet de déclaration conjointe concernant les négociations d’adhésion avec Ankara, timidement relancé lors de l’accord sur la migration. Vienne réclamait un arrêt du processus.

La Turquie ne devrait pas non plus obtenir rapidement la libéralisation des visas, promise à ses ressortissants voulant se rendre dans l’espace Schengen. Les Européens avancent que les autorités turques n’ont pas amendé leur législation antiterroriste.

Comment, dès lors, éviter la rupture des relations, une menace qu’agite régulièrement M. Erdogan en promettant de remettre en question l’accord de mars sur les réfugiés ? Cet accord, qui a contribué à réduire les passages de demandeurs d’asile de Turquie vers les îles grecques de la mer Egée, est considéré comme un succès du point de vue des Européens bien qu’il ait été négocié dans le plus grand secret par le seule Angela Merkel (sans mandat officiel) et qu’il ait abouti à des concessions à Ankara que beaucoup regrettent aujourd’hui.

Pour éviter la rupture tant redoutée, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a annoncé la tenue d’un nouveau sommet UE-Turquie – qui ne devrait pas avoir lieu avant avril 2017 – pour préserver un dialogue jugé indispensable. Ce sommet pourrait fournir l’occasion de rechercher une position commune sur la Syrie et surtout de relancer l’union douanière, fruit d’un accord signé en 1995 et qui élimine les droits de douane pour les marchandises transitant entre la Turquie et l’UE. Ankara tient beaucoup à cette union, alors que son économie traverse une passe difficile avec une récession brutale, un effondrement de la livre et un net recul du tourisme.

La Commission réfléchit à une relance de cet accord douanier, qui pourrait éventuellement être étendu aux produits agricoles et aux services. Cet accord pourrait donc servir de substitut au processus d’adhésion et maintiendrait un canal de dialogue mais il aurait l’inconvénient de laisser les Turcs envahir nos marchés nationaux, an particulier dans le domaine agricole. Ce dont nos paysans n’ont vraiment pas besoin…

Quand les européens ouvriront-ils les yeux et conviendront-ils enfin que Recep Tayiip Erdogan n’est en vérité qu’un tigre de papier ?

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

À l’agenda du CER, en cette semaine de fin de l’Avent,

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Crozant

A l’occasion des fêtes de Noël, un concert est organisé le mercredi 21 décembre à 20 h en l’église médiévale de Crozant (province de la Marche, département de la Creuse).

Au programme, des euvres baroques des XVIIe et XVIIIe siècles pour flûte à bec, orgue et clavecin de Sweelinck, Mancini, Haendel, Bach et Balbastre.

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Où l’on observe que l’imprimeur de cette affiche n’a pas encore eu connaissance des armoiries de la ville de Crozant* et a représenté par erreur celles de Dun-le-Palestel, chef lieu de canton du voisinage !…

* http://www.armorial-limousin.fr/blasons_c23.htm

Le 19 décembre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

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