Billet d’humeur du sieur Du Plessis : « Wir schaffen das ! »

21 Déc

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« Wir schaffen das !» (« Nous y arriverons »)

Etait le cri de guerre d’Angela Merkel à l’automne 2015 lorsqu’elle enjoignait tous les pays d’Europe à ouvrir largement leurs frontières aux hordes barbares qui se ruaient sur notre continent. Hélas, tous ceux qui se sont pliés à ses injonctions l’ont payé fort cher. Les pays situés sur la désormais célèbre  » Route des Balkans  » les premiers mais ce fut ensuite le tour des pays du nord, de la France jusqu’à la Scandinavie. Et voilà que l’Allemagne elle-même doit subir les violences et les crimes des terroristes islamistes. » Merci « , disions-nous après l’attentat de Berlin : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/20/merci/ .  » Longtemps, on a cru naïvement qu’on pourrait y échapper, qu’on pourrait continuer à vivre dans l’insouciance. Mais, après Paris, Bruxelles, Nice, il était clair qu’un jour ce serait notre tour « , soupirait une Berlinoise sur les décombres du marché de Noël. Ajoutant en guise de conclusion :   » Quand même, on ne peut s’empêcher de penser que ces attaques sont arrivées en même temps que les réfugiés… « 

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La route des Balkans

La générosité allemande à l’égard des migrants fut démente : 6 milliards d’euros débloqués par le gouvernement d’Angela Merkel pour nuire à 510 millions d’Européens ! Soit près de 60 % des dépenses supplémentaires prévues initialement dans le budget fédéral de 2016. Ajoutons-y la construction de 150.000 hébergements permettant de passer l’hiver et près de 300.000 logements qui seront construits par les communes. Ces dernières bénéficiant d’un financement privilégié par la banque publique KfW, banque dont le refinancement est garanti par l’Etat fédéral. Angela Merkel a sans l’ombre d’un doute prouvé qu’elle était prête à mettre le prix de l’accueil des réfugiés.

Mais pourquoi une telle générosité ? D’abord, parce que c’était une attente de l’opinion publique allemande. Nos voisins d’outre Rhin sont donc aussi responsables que leurs dirigeants de ce qui leur arrive aujourd’hui. Ce n’est pas le cas de la plupart des Français.

Et Angela Merkel, comme à son habitude, a suivi ce mouvement spontané de sa population. C’est, chez elle, une stratégie courante. En 2011, elle avait ainsi réagi à l’explosion de Fukushima en engageant une sortie rapide de son pays du nucléaire, faisant ainsi oublier qu’en octobre 2010, elle avait fait adopter une loi pour prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires. Mais c’est aussi une décision dont les Allemands commencent à se mordre les doigts car trop rapide et trop brutale, menées sans réflexion ni concertation suffisantes.

Dans le cas des réfugiés, l’attitude d’Angela Merkel a donc été la même. Et l’on a pu alors voir soudain la presse allemande la plus conservatrice, celle qui se laissait aller volontiers à la xénophobie, appeler au soutien aux réfugiés dès la publication du photomontage appelé  » noyade du petit Eylan « . Le mouvement d’opinion s’est alors amplifié et Angela Merkel s’est montrée parfaitement en phase avec lui.

Pour Angela Merkel, cette politique était aussi une opportunité en termes de politique européenne. D’abord, en prenant le contre-pied de la plupart des dirigeants européens, elle apparaissait comme le défenseur des réfugiés sur le Vieux continent. Les photos de la chancelière brandie par les réfugiés l’ont prouvé. Ceci lui permettait, une nouvelle fois, de donner le ton en Europe. Son obsession. Mais, hélas, dans sa foulée, d’autres dirigeants se sont lancés dans des démonstrations d’ouverture aux réfugiés.

Par ailleurs, l’occasion était trop belle pour la chancelière de redorer le blason de son pays. L’Allemagne apparaissant désormais comme un modèle d’ouverture, de générosité et de solidarité. C’est un changement total d’image par rapport à celle qu’elle a donnée, d’égoïsme et de dureté, dans la crise grecque. C’est aussi une manière de faire oublier que l’Allemagne ne participe pas aux actions militaires sur le terrain et a toujours refusé d’y participer, laissant les autres se confronter aux difficultés des théâtres d’opération extérieure.

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Au final, il ne restera que cette image de l’accueil enthousiaste des réfugiés à Munich, tranchant singulièrement avec le refus hongrois, les tergiversations françaises et l’hostilité britannique. Lundi 7 septembre 2015, Angela Merkel pouvait affirmer que « ceux qui ont aidé ont transmis une image de l’Allemagne dont nous pouvons être fiers. » Là encore, l’Allemagne, en gagnant la bataille de la communication, se mettait en position de force pour imposer SA solution pour l’accueil des migrants. Ils sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à le regretter !

A ces considérations politiques s’est ajouté, évidemment, un élément économique. La situation démographique allemande est alarmante et le pays a besoin d’habitants comme il a besoin de main d’oeuvre, disait Angela Merkel. La reprise de la consommation allemande, si elle est réelle, demeure faible au regard de la situation de l’emploi et des augmentations de salaires consenties. L’Allemagne a clairement besoin d’un apport massif de population jeune et prompte à consommer. Ce million et demi de migrants lui est apparue, naïvement, comme une bénédiction pour l’économie allemande.

Le plan décidé par le gouvernement fédéral a donc suivi les demandes du patronat allemand et permis de faciliter l’accès des migrants au marché du travail en partant du principe que tous avaient une sérieuse formation professionnelle. Hélas, ce beau rêve s’est écroulé lorsque les agences pour l’emploi ont réalisé que ces migrants n’étaient, pour la plupart, sans culture, sans éducation et sans formation…

Mais qu’à cela ne tienne, Angela Merkel est, depuis longtemps, favorable à une politique d’immigration plus active pour préparer l’avenir, car la crise démographique ne commencera réellement qu’en 2025. Cette crise pourrait permettre de favoriser une plus grande ouverture qui deviendra nécessaire.

Il convient aussi de ne pas oublier l’ambiguïté de la situation politique d’Angela Merkel. Fondamentalement, depuis 2005, la chancelière mène une politique d’équilibriste en recentrant la CDU, son parti, tout en maintenant dans son giron l’aile la plus conservatrice de la droite allemande. Toute la politique européenne de l’Allemagne traduit ce jeu subtil qui est exacerbé par l’émergence d’Alternative für Deutschland (AfD), parti ouvertement eurosceptique. Ce numéro se poursuit encore aujourd’hui.

Le résultat de ces illusions, de ces manigances et de ces petits arrangements entre germains apparaît hélas aujourd’hui catastrophique. Non seulement l’AfD ne cesse de progresser dans les élections régionales allemandes (avant les prochaines législatives de septembre 2017) mais la multiplication des violences sur les femmes et les nombreux attentats perpétrés sur tout le territoire allemand mais aussi dans d’autres pays européens (déjà plusieurs milliers de victimes) ont montré autant l’aveuglement que les fautes stratégiques de la chancelière allemande.

L’Allemagne vient de le payer très cher à Berlin. Quant à la France, elle n’a pas encore fini d’en subir les conséquences sauf à cesser d’être le caniche de la chancelière !

Le 21 décembre 2016.

Du Plessis

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4 Réponses to “Billet d’humeur du sieur Du Plessis : « Wir schaffen das ! »”

  1. conseilesperanceduroi décembre 22, 2016 à 11:55 #

    Il est amusant d’observer combien la remarque de la Berlinoise sur le marché de Noël dévasté est proche de ce que nous avons écrit à plusieurs reprises sur les pages de notre blogue : » Réduisez drastiquement le nombre des arabo-musulmans dans notre pays et vous réduirez d’autant les trafics et les violences en tous genres ! »

  2. Hervé J. VOLTO décembre 22, 2016 à 12:45 #

    Les Français auront l’occasion de démontrer en Mai 2017 qu’ils ne sont pas tous des beaufs ne pensant qu’à leurs verre de pastis, qu’à leurs congés payés et qu’aux 4 sous qu’ils ont gagné honnêtement en se levant très tôt le matin, et que Berlin est comme Nice : perte des repaires moraux, délocalisations, chômage, précarité, insécurité, fiscalité confiscatoire et lois liberticides, en ce début de XXI° siècle, ce n’est plus la faute à Marie-Antoinette !!!

  3. Hervé J. VOLTO décembre 22, 2016 à 1:05 #

    Mai 2017 : est-ce que nous y arriverons, nous Français, à arréter de regarder la paille dans l’oeil d’Angella Merkel mais regarder la poutre dans l’oeil de François Hollande, et de choisir, dans l’attente du Roi, un Régent Présidentiel capable enfin de penser France et d’envoyer promener Mme Merkel et ses décisons erronnées en matière d’iimigration ?

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