BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (27 décembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

27 Déc

Eux aussi ont du sang sur les mains

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Par leur faute, 12 personnes ont perdu la vie et 48 ont été blessées lors de l’attentat islamiste du marché de Noël, à Berlin.

En effet, si nous avons eu souvent à nous plaindre de la médiocrité de nos services de renseignement dans la lutte contre les terroristes (et ce n’est probablement pas fini), sachez que les services allemands ne valent pas mieux. Et ne croyez pas que les fortes paroles d’Angela Merkel, jeudi 22 décembre depuis le siège de la police criminelle berlinoise puisse tromper qui que ce soit. Une brève déclaration, à peine trois minutes, durant laquelle elle s’est dite  » très fière du calme avec lequel un grand nombre de personnes ont réagi à la situation « , a salué  » le travail hautement professionnel  » des enquêteurs, confié qu’elle -espérait  » une arrestation bientôt  » et assuré que  » des efforts considérables ont été faits, ces dernières années, pour parer au mieux à la menace terroriste « …Car vous savez que tout cela n’est que de la roupie de sansonnet !

Ces paroles, prononcées cinq heures après la réouverture, en fin de matinée, du marché de Noël de Breitscheidplatz, se voulaient optimistes et rassurantes. Hélas pour elle, elles sont apparues en total décalage total avec le sentiment général qui domine en Allemagne après l’attentat le plus meurtrier commis dans le pays depuis celui perpétré par un néonazi, le 26 septembre 1980, pendant la fête de la bière de Munich (13 morts, 211 blessés).

Un sentiment à la fois de colère, d’inquiétude et d’incompréhension, après qu’il a été révélé que l’auteur de l’attentat, Anis Amri, un Tunisien de 24 ans dont les papiers d’identité et les empreintes digitales ont été retrouvés dans le camion qui a tué douze personnes et en a blessé une cinquantaine, était connu depuis des mois des autorités allemandes comme un des plus dangereux islamistes présents dans le pays. Un sentiment exprimé y compris par des dirigeants du parti de la chancelière, comme Armin Laschet, chef de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, pour qui  » les informations que nous avons sur la manière dont les autorités ont travaillé sont choquantes « . Tu parles ! Elles ne sont pas choquantes, elles sont tout simplement scandaleuse. Et 12 personnes innocentes l’ont payé de leur vie. Qui sera puni pour ce crime à présent que le terroriste a lui-même été abattu à Milan après avoir, en prime, transité par la France à Lyon et Chambéry ?

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L’affaire remonte à début mars, quand la police de Rhénanie-du-Nord-Westphalie informe le parquet fédéral de soupçons concernant la préparation, par Anis Amri, d’un casse d’envergure. Installé alors à Berlin depuis quelques semaines, celui-ci est mis sur écoute. Les enquêteurs découvrent alors non seulement que le soupçon est fondé mais qu’Amri envisage, avec le butin, d’acheter des armes automatiques pour commettre un attentat. Au fil des jours, la police en apprend un peu plus sur lui, notamment sur le fait qu’il vend de la drogue dans le parc de Görlitz, à Kreuzberg, un haut lieu du trafic de stupéfiants à Berlin. Une activité qui l’amènera au moins une fois à se battre violemment dans un bar du quartier.

Mais le temps passe et le jeune homme ne commet pas l’acte pour lequel il a été placé sous surveillance. En septembre, la police décide donc…de mettre fin à celle-ci, au lieu de le renvoyer dans son pays. A cette date, pourtant, Amri n’est pas seulement inscrit dans la liste des 550 individus les plus dangereux du pays. Il est aussi, depuis peu, sous le coup d’une procédure d’expulsion, liée à sa demande d’asile qui lui a été refusée trois mois plus tôt.

Cet épisode constitue le deuxième motif d’indignation de ceux qui estiment que les autorités allemandes ont gravement failli. Quand le Tunisien en question dépose sa demande d’asile, en avril, c’est en effet en tant qu’Egyptien qu’il se présente. Or, deux mois plus tard, celle-ci est rejetée, après avoir été qualifiée de  » manifestement infondée « . On s’en serait douté et , d’ailleurs, les fonctionnaires chargés d’étudier son dossier n’ont pas été convaincus par son histoire, trouvant que son arabe avait bien peu l’air de celui d’un Egyptien et qu’il était particulièrement mal informé sur le pays pour quelqu’un qui prétendait l’avoir quitté en tant qu’opposant politique. Schéma classique qui trompe pourtant encore bon nombre de nos fins limiers.

En juillet, un mois après le rejet de sa demande d’asile, le jeune homme est contrôlé dans un bus près de Friedrichshafen, sur les bords du lac de Constance, dans le Bade-Wurtemberg. Il est alors porteur de faux papiers qui le présentent comme italien. La police démasque sa véritable identité et le place en centre de rétention. Mais, pour être expulsé d’Allemagne, il doit toutefois attendre que la Tunisie accepte de le reconnaître comme l’un de ses ressortissants. Légalement, sa rétention peut durer six mois. Il sera mis en liberté au bout de deux jours. Le document exigé des autorités tunisiennes, lui, n’arrivera que mercredi. Moins de quarante-huit heures après l’attentat de Berlin. BRAVO !

Une question taraude aujourd’hui les Allemands en général et les familles des victimes en particulier : compte tenu des informations dont ils disposaient sur Anis Amri, et notamment sur ses liens avec le prédicateur Abu Wala, un prédicateur islamiste lié à la mosquée de Hildesheim – (Basse-Saxe) et soupçonné de recruter des candidats au djihad pour le compte de l’organisation Etat islamique, les Allemands ont-ils tout fait pour presser la Tunisie de répondre à leur demande ?

Si tel avait été le cas, et si la communication entre les deux Etats avait été parfaite, l’on peut en effet imaginer que Berlin aurait disposé d’autres informations non dénuées d’intérêt sur la première vie d’Anis Amri. Celle d’un adolescent d’Oueslatia, un bourg d’une dizaine de milliers d’habitants situé à l’ouest de Kairouan, condamné à un an de prison, en 2008, pour consommation de cannabis, puis à deux ans de prison, en 2011, pour le vol d’une voiture revendue à Gabès pour 6 000 dinars (moins de 3 000 euros). Le jugement sera confirmé en appel mais prononcé par contumace : entre-temps, l’homme a pris la fuite pour rejoindre clandestinement l’Italie sur un bateau de migrants, via la Libye !*

Parti de Tunisie pour échapper à la justice, Anis Amri sera cependant vite rattrapé par celle-ci en Europe. Peu de temps après son arrivée sur l’île de Lampedusa, il met le feu à une école ! Le tribunal de Palerme le condamne en 2011 à quatre ans de prison. Libéré en 2015, il est placé en centre de rétention mais – déjà –, faute de papiers valables reconnus par les autorités tunisiennes, il est remis en liberté (démontrant ainsi que, comme nous ne cessons de le répéter aussi, ce n’est pas mieux en Italie !). Cette fois, il décide de s’installer en Allemagne. Pourquoi pas en France ?…

Et voilà comment la gangrène détruit l’Europe.

 

* Lire « Souvenez-vous de Géraldine Hallot dans vos prières » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/15/bulletin-climatique-quotidien-15-septembre-2016-de-la-republique-francaise/.

 

Parlons-en d’ailleurs des contrôles à la frontière 

Dans un contexte de vigilance renforcée et d’état d’urgence prolongé en France (en tout cas à ce qu’on nous raconte), comment se peut-il qu’un terroriste armé, recherché dans toute l’Europe, ait pu monter à bord d’un TGV français et qu’il ait pu voyager jusqu’en Italie ?

Après l’attentat de lundi soir à Berlin, le ministère français de l’intérieur avait, paraît-il, demandé aux préfets de « prendre toute mesure utile pour renforcer sans délai les contrôles à la frontière franco-allemande ». Pourtant, un porte-parole de la SNCF n’a pas été en mesure de dire si des dispositions spécifiques avaient été prises pour contrôler les passagers des trains transfrontaliers, après ces annonces du ministère…

Guillaume Pépy, Président de la SNCF*, n’a rien dit à ce sujet alors qu’il était interrogé sur RTL. Il a en revanche évoqué la présence « des cheminots de la surveillance SNCF en civil et armés dans les trains », effective depuis quelques jours sans davantage de précision. Il s’agit là de l’une des mesures inscrites dans la « loi relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs », dite « loi Savary », adoptée en mars.

Le texte avait été élaboré après l’attentat avorté du Thalys, en août 2015, où un ressortissant marocain, Ayoub El Khazzani, avait tenté d’ouvrir le feu sur des passagers du train Amsterdam-Paris, avant d’être maîtrisé par des touristes américains.

Parmi les mesures de sécurité les plus visibles ayant suivi cette tentative, des portiques de sécurité avaient été installés avant l’accès au quai du Thalys, à la gare du Nord de Paris, comme il en existait déjà pour l’Eurostar. Hélas, depuis, ces portiques ont été supprimés car il paraît qu’ils étaient cause de ralentissement du trafic de voyageurs !

La loi Savary prévoit d’autres dispositions. Elle autorise par exemple les entreprises ferroviaires à exiger des billets nominatifs. Elle prévoit aussi que certaines liaisons non TGV pourront passer à la réservation obligatoire en 2017 ; une mesure que les associations d’usagers ont toutefois jusqu’ici toujours rejetée.

Le texte autorise également les agents de la sûreté ferroviaire, à procéder à des inspections visuelles, à des fouilles de bagages et à des palpations de sécurité des passagers. Ces personnels devront pour cela avoir été agréés en amont par le préfet de police Paris ou du département dont ils dépendent, spécifie le décret qui précise les contours de leurs interventions et qui a été publié le 30 septembre dernier. Toujours en retard d’une guerre…

La loi Savary autorise enfin des agents de la SNCF à patrouiller armés et en civil dans les trains et dans les gares, un peu comme il existe des agents armés sur certaines liaisons aériennes. « Ces agents en civil sont, soit des personnels de la sûreté ferroviaire ayant au moins cinq ans d’ancienneté, soit d’anciens fonctionnaires de police ou de gendarmerie. Ils bénéficient d’une formation spécifique éthique, juridique et opérationnelle. »

Mais, ni Guillaume Pépy ni la SNCF n’ont précisé, vendredi, si ce personnel de sécurité a pu être en présence ou non d’Anis Amri, le terroriste de Berlin, lors de son voyage entre l’Allemagne et l’Italie.

Vous l’aurez compris, dans le contexte de totale et  » libre circulation des biens et des personnes  » imposée par la mondialisation, toutes ces prétendues mesures de protection de sont que des effets d’annonce et, disons-le tout net…du pipo.

* Guillaume Pépy, ne l’oubliez pas, est aussi le Grand Prêtre du métissage ethno-professionnel et de l’usage abusif, à cet effet, des emplois aidés offerts par le gouvernement de François Hollande. Ainsi, pour prendre un seul exemple, sur une petite vingtaine d’accompagnateurs des enfants sur les trains de la SNCF (service Junior et Cie), lundi 26 décembre à la gare de Lyon à Paris, nous pûmes compter…18 garçons et filles issus de l’immigration ! Combien de terroristes en puissance parmi eux ? (souvenez-vous de cet animateur scolaire de Strasbourg récemment arrêté avant son passage à l’acte sur le marché de Noël).

 

Mais, en douce…

Un très discret arrêté gouvernemental du 26 septembre, applicable au 1er janvier prochain et qui modifie le calcul du taux d’usure, vient d’être publié. Un sujet technique, mais dont les conséquences sur les consommateurs et le coût de leurs crédits sont bien réelles.

Le taux d’usure fixe le plafond à ne pas dépasser pour les prêts aux consommateurs, aux associations et aux fondations (mais pas aux entreprises, sauf découvert bancaire). Il est actuellement calculé selon la moyenne observée des taux des crédits consentis au cours du trimestre précédent majorée de 33 %. La Banque de France publie, tous les trois mois, son barème qui comprend six valeurs plafond : trois pour les crédits à la consommation selon leur montant – moins de 3 000 euros, de 3 000 à 6 000 euros et au-delà – et trois autres pour les prêts immobiliers (à taux fixe, à taux variable et prêt relais).

Or, dans le contexte actuel d’argent pas cher, la marge de 33 % se révèle trop étroite au goût des banquiers : au quatrième trimestre, la moyenne des tauxdes prêts immobiliers constatée a été de 2,71 %. Ainsi, le taux d’usure n’a pas pu excéder 3,61 %. Les banques réclamaient donc un dispositif moins pénalisant et ont menacé, si elles ne l’obtenaient pas, de restreindre l’accès au crédit, notamment aux catégories d’emprunteurs les plus risquées.

Officiellement, le calcul du seuil d’usure restera le même mais, pour les crédits immobiliers, un nouveau paramètre a été introduit, la  » maturité « , c’est-à-dire la durée des prêts. Trois maturités – moins de dix ans, de dix à vingt ans et au-delà – conduisent donc à trois moyennes différentes. La plus utilisée en immobilier et la plus haute, celle au-delà de vingt ans, conduira, au 1er janvier 2017, à une majoration de 0,2 point à 0,5 point du taux d’usure.

 » Nous ne sommes pas contre la révision des conditions économiques de l’usure, mais nous aurions aimé, plutôt qu’un décret en douce, un débat démocratique devant le Parlement « , remarque François Carlier, délégué général de l’association Consommation logement et cadre de vie, représentant des clients des banques au Comité consultatif du secteur financier.

La voie législative a dû paraître trop risquée aux yeux des banquiers, échaudés par le précédent de l’assurance crédit emprunteur : au cours de la discussion de la loi Sapin 2, adoptée le 8 novembre, les parlementaires ont, contre l’avis du gouvernement et en dépit du lobbying intense des banques, accordé aux clients la liberté de choisir une autre assurance décès invalidité que celle proposée, voire imposée, par le prêteur…

Le Conseil constitutionnel a retoqué ce point, mais il reviendra en discussion, et les banques savent que cette source juteuse de profits qu’est l’assurance crédit emprunteur, avec ses marges de 50 %, leur sera, à terme, coupée.  » C’est curieux comme les banques obtiennent facilement ce qu’elles veulent, en utilisant, d’ailleurs, le même argument pour, d’un côté, relever le seuil de l’usure et, de l’autre, baisser la rémunération des plans d’épargne logement… « , s’étonne M. Carlier.

Quand cessera donc ce pouvoir extravagant du lobby bancaire de faire la pluie et le beau temps sur le dos des citoyens ?

 

Le 27 décembre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

 

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