BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (28 décembre 2016)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

28 Déc


La Tunisie de tous les dangers

Depuis que tous les crétins du monde se sont réjouis du renversement de Zine el-Abidine Ben Ali, la Tunisie va mal. De plus en plus mal*. Et, en particulier, en ce qui concerne le terrorisme islamique.

Une semaine après l’attentat contre un marché de Noël à Berlin qui a fait 12 morts et 48 blessés, la Tunisie poursuit ses investigations autour d’Anis Amri, l’auteur de l’attentat, citoyen tunisien de 24 ans, originaire de la région de Kairouan (Centre-Est). Samedi 24 décembre, le ministère de l’intérieur a annoncé que trois de ses proches avaient été arrêtés, dont son neveu. Tous seraient membres d’une  » cellule terroriste (…) liée  » à Anis Amri, tué vendredi en cavale à Milan, en Italie.

Mais l’attaque de Berlin a remis la Tunisie dans la lumière et rappelé sa situation de grande fragilité face au terrorisme. Ce n’est pas la première fois qu’un Tunisien est au centre d’un attentat en Europe. Le 14 juillet, l’attentat de Nice (86 morts) avait été perpétré par un Tunisien, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, âgé de 31 ans et originaire de M’saken (dans l’est du pays). En Tunisie même, les attentats les plus meurtriers de ces dernières années ont été commis par des jeunes du pays. Dans la station balnéaire de Port El-Kantaoui, près de Sousse, Seifeddine Rezgui, 23 ans, originaire du Kef (Nord), avait tué 38 touristes sur la plage d’un hôtel le 26 juin 2015. Quelques mois plus tôt, le 18 mars 2015, la tuerie du musée du Bardo à Tunis (22 morts) avait été perpétrée par un commando de deux assaillants âgés de 20 et 27 ans, passés par la Libye.

Au total, selon l’ONU, 5 500 Tunisiens ont rejoint les rangs de groupes djihadistes en Irak, en Syrie et en Libye, 6 000 selon le Soufan Group, un institut américain spécialisé dans le renseignement. Un chiffre qui révèle la difficulté des autorités à contrôler les déplacements mais aussi à comprendre l’ampleur de ces départs depuis un pays salué dans le monde pour sa prétendue  » transition démocratique « , plutôt moins catastrophique que celle des  autres Etats ayant connu des soulèvements depuis 2011 dans le mouvement que les naïfs occidentaux ont qualifié de « Printemps arabes« .

Il aura fallu beaucoup de temps pour que les autorités tunisiennes, longtemps recluses dans une forme de déni, reconnaissent la gravité du phénomène comme il en aura fallu aussi aux Européens pour admettre que les Printemps arabes n’avaient du printemps que le nom ! La première génération de djihadistes ayant suivi la révolution de 2011 est partie combattre dans les monts Chaambi et Semmama, à l’ouest de la Tunisie, près de la frontière algérienne. Intégrés dans la brigade Okba Ibn Nafaa, liée à Al-Qaida au Maghreb islamique, évalués à une centaine d’hommes, ces djihadistes ont visé les forces de sécurité tunisiennes, dans les régions montagneuses. C’est en 2015, avec les attentats contre le musée du Bardo et à Port El-Kantaoui, que la présence croissante de l’organisation Etat islamique a éclaté au grand jour, ciblant non plus les Tunisiens mais les étrangers, et dans les villes.

Il faut dire que pays cumule les handicaps : une frontière de 450 km avec la Libye, une armée restreinte et inexpérimentée qui se retrouve en première ligne après la chute de l’Etat musclé (mais efficace) du président Ben Ali, mais aussi une révolution qui, pour la majorité de la population, n’a pas tenu ses promesses. Après la période de grave flottement sécuritaire observée en 2012 et 2013 sous le gouvernement islamiste d’Ennahda, le pays a vécu une démocratisation qui ne s’est accompagnée d’aucune amélioration des conditions de vie. L’étude du profil des jeunes radicalisés montre la complexité du phénomène : chômeurs, mais aussi étudiants et travailleurs, de toutes les régions, dont la radicalisation a souvent été soudaine, pas toujours saisie par les proches. Aussi faut-il s’alarmer du fait que, proportionnellement à sa population de 11 millions d’habitants, la Tunisie est le plus important pourvoyeur de djihadistes.

Les autorités tunisiennes prétendent pourtant avoir progressé dans la lutte contre le terrorisme. Depuis la fin de l’année 2015 et l’attaque contre un bus de la garde présidentielle (12 morts), le pays n’a pas connu d’attentat d’ampleur en milieu urbain. Il a néanmoins vécu une sérieuse alerte avec l’attaque spectaculaire de la ville de Ben Gardane, à la frontière libyenne, où, le 7 mars 2016, plusieurs dizaines de djihadistes, dont certains venus de Libye, avaient mené l’assaut avant d’être repoussés par les forces de l’ordre (70 morts dont 50 assaillants). La saisie en novembre, au même endroit, d’importantes caches d’armes – dont un stock de missiles sol-air SAM-7 – a souligné la persistance de la menace. Qui, à présent…s’exporte jusque chez nous !

Mais ce n’est pas tout car, désormais, à l’inquiétude des départs massifs s’ajoute celle de voir ces djihadistes revenir en Tunisie. L’éternel problème des  » revenants « , que nous connaissons aussi puisque personne n’a le courage de prendre les mesures qui leur interdirait l’entrée du territoire national.

Selon le ministre de l’intérieur, Hédi Majdoub, quelque 800 d’entre eux sont déjà rentrés, mais  » les autorités détiennent toutes les informations sur ces individus « , a-t-il assuré vendredi devant le Parlement. Des déclarations qui, à l’évidence, ne calment pas les craintes exprimées jusque dans les rangs des forces de l’ordre.  » Le retour en Tunisie des terroristes en provenance des foyers de tension est alarmant et peut conduire à la somalisation du pays « , a affirmé ce week-end, dans un communiqué, le Syndicat national des forces de sécurité intérieure. Ces djihadistes  » ont reçu des formations militaires et appris à manipuler toutes sortes d’armes de guerre sophistiquées (que souvent les forces de police ne connaissent même pas…) « , souligne l’organisation, qui appelle le gouvernement à prendre des «  mesures exceptionnelles « .

La question du retour a pris des proportions polémiques après des déclarations faites par le président de la République, Béji Caïd Essebsi, en décembre. Le chef de l’Etat avait indiqué que personne ne pouvait empêcher un Tunisien de rentrer, ajoutant :  » Nous n’allons pas les mettre tous en prison, parce que si nous le faisons, nous n’aurons pas assez de prisons, mais nous prenons les dispositions nécessaires pour qu’ils soient neutralisés.  » Ces propos avaient été interprétés par une partie de l’opinion tunisienne comme une porte ouverte à l’impunité des terroristes. Mais savez-vous que nous avons les mêmes à la maison ?

Dans une tribune publiée le 25 décembre sur le site Kapitalis, l’écrivain Rabâa Ben Achour-Abdelkéfi souligne aussi  la solitude de ce petit pays face à de tels défis :  » Pauvre et endettée, minée par un régime mafieux et dictatorial durant des décennies, délaissée par les investisseurs, agitée par les ambitions personnelles de la classe politique, par la contestation sociale, par le régionalisme, le corporatisme et le manque de civisme, obligée d’acheter des armes au prix fort afin de protéger ses frontières et celles de l’Europe (…), la Tunisie ne peut faire face au fléau qui menace la démocratie à laquelle elle aspire.  »

Après tout, ce n’était pas si mal au temps du protectorat français !…

* Lire « Il l’ont appelée ‘La révolution du jasmin’  » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/03/20/bulletin-climatique-quotidien-20-mars-2015de-la-republique-francaise/  et encore: https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/03/11/bulletin-climatique-quotidien-11-mars-2016-de-la-republique-francaise/.

L’Union européenne prétend mettre au pas la Pologne

Le parti  Droit et justice (PiS) au pouvoir dispose d’une majorité absolue au Parlement depuis sa victoire aux élections législatives d’octobre 2015. Le parti dirigé par Jaroslaw Kaczynski s’est lancé dans d’importantes réformes dont celles de la justice et des médias qui mettent à mal les dogmes de l’opposition. La Commission européenne a donc décidé de lancer une  » procédure de sauvegarde de l’Etat de droit  » après les dernières décisions du gouvernement sur le Tribunal constitutionnel !

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Hélas pour la Commission européenne et en dépit des manifestations de l’opposition qui ont lieu depuis un an…le gouvernement du PiS reste populaire. Il a en effet engagé des mesures sociales et familiales importantes (baisse de l’âge de la retraite, allocation de 120 euros par enfant à partir du deuxième enfant) qui lui permettent d’être en tête des sondages, avec 35 % des intentions de vote.

Le week-end dernier, des centaines de manifestants de l’opposition se sont rendus devant les sièges du Parlement, du Tribunal constitutionnel et devant le palais présidentiel à Varsovie, pour dénoncer une prétendue  » dévastation du pays  » et réclamer la  » liberté pour les médias « .

Des rassemblements de moindre ampleur ont eu lieu dans d’autres villes du pays. La majorité conservatrice du PiS (Droit et justice), de son côté, a organisé une manifestation de soutien à la politique du gouvernement devant le palais présidentiel, dimanche soir.

La crise parlementaire à l’origine de ces mobilisations constitue l’apogée du dialogue de sourds mené depuis un an entre la majorité eurosceptique et l’opposition eurolâtre, qui accuse le parti de Jaroslaw Kaczynski de non-respect des procédures démocratiques et de vote de lois liberticides.

Les tensions ont culminé dans la nuit de vendredi à samedi, à la suite de l’exclusion de l’hémicycle du député libéral Michal Szczerba (Plate-forme civique, PO), pour avoir brandi à la tribune une pancarte revendiquant des  » médias libres au Parlement « . En cause : un changement du règlement, voulu par la majorité, qui limite l’accès des journalistes aux travaux des parlementaires, et qui s’inscrit dans un contexte de reprise en main des médias publics depuis la victoire du PiS, en octobre 2015. Après l’exclusion de leur collègue, les députés de la Plate-forme civique (PO) et de Nowoczesna (Moderne) ont riposté en occupant la tribune et le perchoir de l’hémicycle, scandant des slogans qui en appelaient à l’Union européenne. Les tensions ont dégénéré en insultes et en bousculades dans les couloirs de l’Assemblée.

Au même moment, plusieurs centaines de manifestants, rassemblés devant le siège du Parlement, ont décidé d’en bloquer les sorties, appelant au  » respect des principes démocratiques « . Pendant plusieurs heures, les parlementaires n’ont pu quitter le siège du Parlement. Vers 2 h 30 du matin, les députés du PiS et la chef du gouvernement, Beata Szydlo, ont quitté les lieux protégés par une escorte policière. Une sortie qui a été émaillée de heurts entre les protestataires et les forces de l’ordre.
Samedi, dans une intervention télévisée, Mme Szydlo a fustigé  » des émotions politiques extrêmes causées par l’opposition  » qui  » n’ont rien à voir avec la condition réelle  » de la démocratie polonaise.  » Crier, semer la confusion et la déstabilisation, ce sont des méthodes qui sont, malheureusement, devenues des outils des partis d’opposition « , a-t-elle estimé.  » C’est la conséquence de l’impuissance et de la frustration de ceux qui ont perdu le pouvoir « , a-t-elle ajouté. Le ministre de l’intérieur, Mariusz Blaszczak, a, lui, qualifié ces événements de «  tentative illégale de prise du pouvoir « .

Mais le pire était à venir. Le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, adversaire politique de longue date du président du PiS, Jaroslaw Kaczynski, a réagi sur un ton grave, samedi, depuis la ville de Wroclaw.  » J’en appelle à ceux qui exercent réellement le pouvoir dans notre pays, au respect envers les personnes, envers les principes et les valeurs constitutionnels, envers les procédures établies et les bonnes manières « , a-t-il osé déclarer. Ajoutant avec l’outrecuidance que l’on connaît à Bruxelles :  » Ceux qui remettent en cause aujourd’hui le principe européen de démocratie, violant la Constitution et les bonnes pratiques, nous exposent tous à des risques stratégiques. Rejetant l’esprit de liberté et de communauté, ils écrivent le prochain acte du drame de l’isolement polonais.  »

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Donald Tusk a des comptes à régler avec sa famille !

 

Dans les  » quartiers « , la culture n’adoucit pas les moeurs

Mercredi 7 décembre, une enseignante du lycée professionnel Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis), militante d’une mixité ethno-culturelle impossible, postait sur son compte Facebook un témoignage détaillant une visite qui s’était déroulée le matin même au Musée d’Orsay avec sa classe de 1re. Un long texte à charge contre le personnel du musée qui fut, comme on pouvait s’en douter, largement relayé par les internautes et les médias (https://www.facebook.com/marianne.acqua/posts/1168810673156182).

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En vérité, tout a commencé par un chahut insupportable orchestré par les  » Chances pour la France  » qui constituaient le gros de la troupe de cette enseignante. Les appels au silence et au respect des visiteurs restant sans réponse, le groupe fut pris à partie  par plusieurs surveillants attirés par les cris de l’un de leurs collègues et la classe invitée à quitter le musée.  » Les élèves sont juste bouches bées (…), ils ne comprennent rien, moi non plus « , relate avec une fausse naïveté la professeure, qui poursuit la visite en obtenant néanmoins que la classe s’engage  » à ne plus faire aucun bruit « .

Pour calmer ses élèves, qu’elle décrit à ce moment-là comme  » des boules de nerfs « , l’enseignante leur propose alors  » de se promener en autonomie « . Mais,  » Cinq minutes plus tard, ils reviennent (…) en disant qu’on ne les laisse pas tranquilles, que dès qu’ils entrent dans une salle ils sont suivis, engueulés pour… leur présence.  » Ils finissent par renoncer :  » La conclusion de mes élèves : première et dernière fois dans un musée, pour certains première et dernière fois à Paris.  » Et la militante de réapparaître sous le masque de l’enseignante: «  ces musées publics soi-disant en politique d’ouverture aux classes de ZEP « . Ajoutant que d’autres élèves,  » majoritairement blancs, bourges, parisiens « , faisaient du bruit à Orsay sans subir le même sort que sa classe.

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Hélas pour elle, un témoin de poids est venu prendre le contre-pied de ses accusations. L’universitaire Alain Garrigou, professeur réputé en sciences politiques à Paris Ouest. Présent, par hasard, lors de l’altercation, celui qui justement travaille actuellement sur la question des fausses informations en politique, l’affirme : « Je suis formel : il n’y a eu ni insulte ni bousculade de la part des surveillants. Dire le contraire est tout simplement diffamatoire. »

Face à ces accusations de discrimination, le musée a réagi par voie de communiqué deux jours après la visite, pour affirmer que c’est le  » comportement bruyant  » du groupe qui serait à l’origine de l’altercation, et souligner le fait qu’il accueille  » plus de 150 000 élèves chaque année, de tous horizons « .

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Le syndicat CGT-Musées Orsay-Orangerie a dans la foulée apporté son soutien aux équipes de  » l’accueil, du standard téléphonique et de la communication Web (…), assaillis d’insultes « .

Le ministère de la culture, jamais en reste de compérage, a pris la situation au sérieux et a annoncé, mercredi 14 décembre, que le directeur général des patrimoines, qui exerce la tutelle du Musée d’Orsay, avait rencontré la veille la direction du musée  » pour faire un point sur l’incident « , à la demande d’Audrey Azoulay. Avec pour objectif de remettre à la ministre, début janvier,  » un rapport décrivant les enseignements à tirer de cet incident « . Le ministère a par ailleurs exigé du musée  » qu’une analyse des modalités de préparation des visites de groupes scolaires soit établie « .  Manifestement la préparation de ces visites par les enseignants n’est pas encore au point, habitués qu’ils sont sans doute à plus de spontanéité de la part de leurs élèves…

Comme mettre le feu aux voitures sur les parkings de leurs cités par exemple !

 

Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Parution du Lien légitimiste n° 72

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Bimestriel : six numéros par an. 20 pages. Abonnement papier : 30 euros. Abonnement électronique (fichier pdf envoyé par courriel) : 10 euros. Abonnement couplé : 35 euros

Adresse postale : 2, Le Petit-Prix, 37240 La Chapelle-Blanche-Saint-Martin

Demandez un exemplaire au format pdf ! Il vous sera envoyé par retour de courriel.

Tél. 02 47 59 68 76

Courriel : gerard@villele.com

Gérard de Villèle
Le Lien Légitimiste

 

Le 28 décembre 2016.

Jean-Yves Pons, CJA.

 

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  1. actualitserlande - janvier 15, 2017

    […] bruit (Lire « L’Union européenne prétend mettre au pas la Pologne » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/28/bulletin-climatique-quotidien-28-decembre…), allant jusqu’à la limite de la tentative de putsch en occupant depuis le 16 décembre […]

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