Si vis pacem para bellum.

31 Déc

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L’armée française n’est pas encore à l’agonie, comme l’est la République, mais peu s’en faut. Trop d’opérations militaires, pas assez de moyens : en dépit d’un effort national conséquent – 162 milliards d’euros prévus de 2015 à 2019 –, l’institution s’attend à une panne. Et cette situation est d’autant plus préoccupante que notre pays a abordé un moment de son histoire où, une fois de plus, il est confronté à davantage d’adversité et même à de nouveaux ennemis dont certains sont à ce qu’il paraît…ses propres enfants.

La campagne électorale est lancée, avec certes ses jeux d’influences. Mais l’alerte lancée publiquement, mercredi 21 décembre, par le chef d’état-major des armées va au-delà. «  Le temps presse « , a déclaré avec lucidité dans Les Echos le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des Armées (CEMA), appelant à accroître  » l’effort de guerre  » de 1,77 % à 2 % du PIB  » avant la fin du prochain quinquennat « .

Les projections de l’état-major prévoient en effet une brutale baisse de performances entre 2020 et 2023, avec des manques dans tous les domaines.  » La facture des renoncements subis depuis dix ans arrive. Les matériels vont tomber les uns après les autres, et le prochain président aura à traiter des problèmes importants dès les premiers mois de son mandat, avertit un général. Nous ne sommes plus dans la pleurnicherie, mais dans un grand rendez-vous. « 

La France risque un scénario de déclassement à la britannique, estiment les hautes autorités militaires. Après un engagement au-dessus de ses moyens en Irak et en Afghanistan, suivi d’une saignée budgétaire, l’armée de Sa Majesté a épuisé son capital dans les années 2000, et peine à se relever. Fatigue opérationnelle, matériels insuffisants et aléas industriels se conjuguent de la même manière en France. Des tenues de combat aux hélicoptères, il manque 17 milliards d’euros pour soutenir le niveau opérationnel actuel – 30 000 soldats engagés, depuis l’outre-mer jusqu’en Syrie.

 » Si l’on n’augmente pas dès 2018 le budget, il sera trop tard « , avertit plus précisément le général de Villiers devant ses interlocuteurs. François Fillon, qui veut Vaincre le totalitarisme islamique, son dernier livre publié début octobre (Albin Michel, 160 p., 9 euros), déclare toutefois qu’il rétablira en priorité les comptes publics. Le candidat Manuel Valls, lui, souscrit à l’objectif des 2 %, mais en 2025.

Entre autres catastrophes attendues, deux sont significatives. L’armée, dont le stock de munitions est trop juste, pourrait bientôt disposer de moins de missiles conventionnels du type de ceux tirés en Irak que de têtes nucléaires dans sa force de dissuasion (300). Autre rupture, à partir de 2020 et pour plusieurs années, la marine ne disposerait que de cinq sous-marins nucléaires d’attaque au lieu de six.

D’ores et déjà, derrière une performance reconnue par les alliés de la France, nombre d’indicateurs sont au rouge.  » Mes avisos – les petites corvettes – vont se casser les uns après les autres « , prévoit l’amiral Christophe Prazuck, à la tête d’une marine dont 40 % des navires ont plus de trente ans. En outre,  » à part en Guyane, on est à 50 % des besoins en patrouilleurs pour assurer la surveillance des eaux françaises « . Comment voulez-vous parvenir avec si peu de moyens à faire face aux nouvelles  » Grandes invasions barbares  » qui nous menacent.

Pour que les six Mirage 2000 envoyés en Jordanie frappent au rythme demandé, l’armée de l’air a consommé le potentiel de vingt-neuf avions d’entraînement, a établi la Cour des comptes, et il faudra plusieurs années pour rattraper la formation des jeunes pilotes. A l’arrière, des Rafale ne décollent plus faute de pilotes qualifiés.  » S’il s’agit demain de mener une opération coup de poing pendant six mois, on fera. Puis on s’arrêtera « , résume le général André Lanata.

 » Barkhane « , l’opération phare menée au Sahel, serait paralysée sans les 65 millions d’euros d’aide logistique américaine ! Dans l’armée de terre, seuls 38 % des hélicoptères volent, selon les derniers rapports parlementaires. En 2015-2016, avec l’opération  » Sentinelle « , la mobilisation de 10 000 soldats dans les villes françaises a obligé à rogner sur l’entraînement, ce qui met en péril les opérations.

Comment en est-on arrivé là ? Au début de son mandat, François Hollande a poursuivi le plan de réduction des armées de son prédécesseur avec 34 000 suppressions de postes. La programmation financière 2014-2019 s’est établie à 30 milliards d’euros de moins que ce qui avait été envisagé en 2009-2014. Le budget fut gelé pour trois ans, avec la promesse d’une remontée à partir de 2016. Le  » modèle d’armée  » devait pourtant rester complet, de la dissuasion nucléaire à la cyberdéfense. Les think tanks ont lancé l’expression d’  » armée bonsaï « .

Les attentats de 2015 ont convaincu le chef de l’Etat de stopper la décrue. Décision historique, les effectifs seront maintenus, et les crédits repartent à la hausse, 6 milliards de plus d’ici à 2019 (hors effet pétrole). Mais l’inertie des programmes d’armement, croisée à l’intensification des opérations, conduit au clash. Un très bon connaisseur du système en conclut même que la modernisation de la dissuasion nucléaire, qui la conduira à peser de 7 milliards par an en 2023 pour une décennie au lieu de 3,5 milliards, sera inévitablement décalée.

Pour couvrir les urgences des opérations sur les trois premières années du prochain président, la véritable addition du général de Villiers s’établit à 36 milliards de budget en 2018 au lieu des 34 milliards prévus, 38 milliards en 2019 et 40 milliards en 2020.  » L’armée fait ce que le président décide « , rappelle le sénateur (Les Républicains) Jacques Gautier. Selon lui, le scénario anglais relève  » de la dramatisation  » mais les 2 % du PIB sont irréalistes.  » Il faudra réduire les ambitions. Avec moins d’opérations extérieures, une révision de “Sentinelle”, une réforme de la maintenance, ça passe.  » Autant d’inconscience nous consterne !

Mais autant d’aveuglement nous laisserait sans voix si nous ne prenions pas la mesure des dangers qui menacent la France et dont le moindre n’est pas le  » Grand Remplacement  » de sa population et les violences qui ne vont pas manquer d’en être les conséquences.

A la veille de la nouvelle année, le Conseil dans l’Espérance du Roi prend date et rappelle qu’il a déjà proclamé la patrie en danger le 11 octobre 2012 (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/01/16/consilium-consulte-n-2012007-du-11-octobre-2012-proclamant-la-patrie-en-danger/) et ordonné la mobilisation générale le 1er janvier 2013 (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/01/16/consilium-consulte-n-2013001-du-1er-janvier-2013-ordonnant-la-mobilisation-generale/).

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Le 31 décembre 2016.

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Une Réponse to “Si vis pacem para bellum.”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Titre du site - janvier 10, 2017

    […] Il nous semble très important de revenir sur la situation de nos forces armées après article que nous avons publié le 31 décembre 2017 sous le titre « Si vis pacem para bellum » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/31/si-vis-pacem-para-bellum/). […]

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