BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (3 janvier 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

3 Jan

I. Les Britanniques confrontés aux marchands de tapis

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Comme chacun le sait (ou devrait le savoir) les sujets de sa Gracieuse Majesté britannique n’ont pas de carte d’identité. Même après les attentats de 2005 à Londres, le gouvernement n’a jamais pu en introduire l’usage, jugé attentatoire aux libertés individuelles. Alors que chez nous, en France, à ce que l’on nous raconte LE PAYS DE LA LIBERTÉ, il n’y a plus de libertés. Mais peut-être est-ce pour les mêmes raisons qu’en Grande-Bretagne…Jugez-en.

Le projet du gouvernement d’imposer un contrôle d’identité à l’entrée des bureaux de vote suscite en effet la polémique, d’autant plus vivement que l’idée va d’abord être testée dans dix-huit zones jugées  » vulnérables  » à la fraude car habitées largement par une population issue de l’immigration.

La mesure, qui doit être expérimentée aux élections locales de 2018, consiste à exiger la présentation d’une preuve d’identification (permis de conduire, passeport ou éventuellement facture d’électricité) avant le passage dans l’isoloir.

Elle est la conséquence directe du scandale de Tower Hamlets, un quartier de l’est de Londres dont le maire, le premier musulman élu à cette fonction au Royaume-Uni, a été destitué en 2015 après avoir acheté le vote de ses coreligionnaires et mis sur place une  » usine à vote postal « . Lutfur Rahman, exclu du Labour pour ses liens avec des groupes islamistes, avait été élu en 2014 sous l’étiquette d’  » indépendant « . La Haute Cour de Londres l’a condamné l’année suivante pour  » corruption, favoritisme et abus de pouvoir « .

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Lutfur Rahman au milieu de ses ouailles

Le rapport commandité par le gouvernement de David Cameron après ce scandale, et publié en août 2016, a établi l’existence de  » pressions sur des membres vulnérables de certaines communautés ethniques minoritaires, en particulier des femmes et des jeunes, pour qu’ils votent selon le désir des aînés, en particulier dans des quartiers où vivent des personnes d’origine pakistanaise ou bangladaise « . Son auteur, l’ancien ministre conservateur Eric Pickles, a aussi déploré que les autorités locales, la police en particulier, n’aient pas agi de crainte d’être accusées d’islamophobie ou de racisme. Nous, nous appelons cela LA DHIMMITUDE. Mais nous avons les mêmes à la maison…

Conséquence du rapport Pickles, l’annonce du contrôle d’identité dans les quartiers à forte densité de populations issues de l’immigration musulmane, notamment à Birmingham et Bradford, est bien accueillie par le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP). Mais son leader Paul Nuttall estime qu’elle ne va  » pas assez loin  » et veut l’interdiction du vote postal à la demande.

Le Labour dénonce le risque de «  priver du droit de vote  » les 3,5 millions d’électeurs qui ne possèdent aucun document comportant leur photographie. Tout en se disant partisans de  » mesures raisonnables  » contre la fraude électorale, les travaillistes estiment que l’exigence d’une pièce d’identité  » toucherait les plus pauvres « , ceux qui ne possèdent ni passeport ni permis de conduire. La dhimmitude vous dis-je.

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De son côté, le ministre chargé de la Constitution, Chris Skidmore, a beau jeu de rappeler que des preuves d’identité sont exigées dans bien des démarches – notamment commerciales – de la vie courante et qu’il s’agit de  » ne pas laisser saper la démocratie « . Ce qui n’est évidemment pas faux. Mais le  » ciblage  » des quartiers immigrés peut difficilement être isolé du contexte de xénophobie croissante depuis le vote du Brexit.  » Les électeurs devront montrer leur passeport pour combattre la fraude électorale dans les quartiers à large population musulmane « , croit bon de titrer, pour s’en réjouir, le grand quotidien conservateur The Telegraph.

Est-ce de notre faute (en tout cas de celle des honnêtes citoyens britanniques) si les arabo-musulmans sont intrinsèquement des filous et s’ils veulent A TOUT PRIX prendre le pouvoir dans nos démocraties faiblardes et capitulardes ?

 

II. Il n’y a pas qu’en métropole que les trafics prospèrent

Ça ne va pas mieux en Guyane, chez Christiane Taubira. Y aurait-il un lien ?

C’est une catastrophe écologique, consécutive à l’orpaillage illégal qui n’y a jamais été aussi intense. En décembre 2016, le conseil d’administration de cette immense aire protégée de 3,4 millions d’hectares a rendu public le pire bilan jamais dressé depuis le début des missions régulières de surveillance aérienne lancées en 2008, un an après la création du parc.

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Un site d’orpaillage clandestin en Guyane

Or la recherche d’or dans les zones alluvionnaires et dans des galeries sous la canopée entraîne une série de dommages pour les populations – en particulier amérindiennes dont le mode de vie repose encore directement sur la qualité de leur environnement –, et pour l’exceptionnelle biodiversité de ce territoire d’Amazonie.

Fin novembre, lors de la troisième campagne de survol de 2016, les inspecteurs ont recensé 139 sites actifs d’orpaillage illicite, 10 % de plus qu’en juillet, 24 % par rapport à l’année 2015. Ils ont aussi repéré de nombreux puits de mine, 90 campements d’orpailleurs illégaux, plus un village entier clandestin, ainsi que des pistes tracées dans la forêt pour les quads car les pirogues ne sont plus l’unique moyen de ravitaillement des clandestins.

La vaste commune de Maripasoula, frontalière du Suriname à l’ouest et du Brésil au sud, connaît la situation la plus critique avec 91 sites repérés, deux fois plus qu’en mars 2016. Douze barges y ont été vues – dont quatre en cours de construction. Il n’y en avait qu’une il y a un an. ! En décembre, une expédition de la gendarmerie et des forces armées s’est finalement soldée par la destruction de treize barges à Maripasoula.

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À la poursuite des orpailleurs clandestins

Veiller sur une immensité pareille avec les moyens que l’on sait (Lire « Si vis pacem para bellum » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/31/si-vis-pacem-para-bellum/)  tient de la gageure. A partir de 2008, des renforts en hommes et en matériel ont été envoyés en Guyane. L’activité des garimpeiros avait à l’époque clairement ralenti, avant de repartir progressivement à la hausse depuis. Rien qu’en 2015, les militaires français ont effectué 65 missions terrestres, fluviales et aériennes, à 90 % ciblées sur l’orpaillage illicite. Mais, à chaque saison des pluies, les clandestins et leurs matériels réapparaissent.

La ruée vers l’or en Guyane est le fait de quelques milliers de garimpeiros. Pour répondre à des commanditaires qui se gardent de venir eux-mêmes sur place, ces derniers traversent aisément le Maroni et l’Oyapock, les deux fleuves qui marquent les frontières avec les deux pays voisins sur des centaines de kilomètres. Avec un cours officiel qui dépasse les 35 000 euros le kilo, la quête du métal précieux attire aussi des candidats de l’intérieur. La production illicite est estimée à quelque neuf tonnes par an. L’extraction minière est généralement pratiquée à petite échelle ; elle est informelle, disséminée, mais a des effets redoutables.

Il s’agit même de l’activité qui a le plus d’impact social et environnemental dans les forêts de ce département d’outre-mer. Voilà ce qu’est venue expliquer en substance la directrice adjointe du parc, Bérénice Blin, devant la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, en février 2016. Elle s’y est rendue accompagnée de représentants des Hurleurs de Guyane, une association en pointe pour dénoncer l’orpaillage illégal. La lutte contre ce phénomène est inscrite dans la charte même de l’espace naturel protégé.

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La chasse aux orpailleurs clandestins

Le WWF, le Fonds mondial pour la nature, parle, lui, d’un  » véritable fléau « , car l’extraction s’accompagne d’une pollution généralisée des rivières et des nappes souterraines. Pour extraire un kilo d’or, les orpailleurs utilisent en moyenne 1,3 kg de mercure qui va immanquablement se disperser dans l’environnement.

 » C’est le problème principal : ce contaminant se concentre dans les poissons – alors qu’une espèce sur cinq est endémique dans les cours d’eau de Guyane –, se retrouve dans l’ensemble de la chaîne alimentaire et intoxique les communautés locales « , déplore Laurent Kelle, qui dirige le bureau du WWF à Cayenne.

La France a ratifié en 2013 la Convention de Minamata, qui vise, sous l’égide des Nations unies, à réduire la production et l’utilisation du mercure, à diminuer drastiquement ses émissions dans l’air, ses rejets dans l’eau et les sols afin  » de protéger la santé humaine et l’environnement « . Laurent Kelle espère voir ces bonnes résolutions s’appliquer.  » Un tiers du mercure dans le monde sert à l’orpaillage artisanal ! « , assure-t-il. Dans les mines autorisées, des efforts sont réalisés pour contenir l’eau utilisée en circuit fermé.

En 2008, l’orpaillage en Guyane avait connu un pic qui s’était traduit par des dégradations accrues pour l’environnement : près de 200 km de cours d’eau pollués et 1 200 hectares de forêt détruits, selon l’Office national des forêts. Depuis, il semble que la coupe d’arbres tende à diminuer dans le département d’outre-mer, où la surveillance aérienne des forces de l’ordre oblige à une certaine discrétion. Ce n’est pas le cas dans le reste de la région. Le WWF appelle la France à passer un accord de coopération avec le Suriname comme elle l’a fait avec le Brésil. De ce côté-là de la frontière s’étend le parc Tumucumaque, de 3,8 millions d’hectares, pendant de celui de Guyane. A eux deux, ils forment le plus vaste espace protégé de forêt tropicale au monde.

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Pour quel résultat ?

 

III. 2017 : l’année de tous les dangers pour l’UE

Enfin !

En 2007, la crise des subprimes commençait à peine. Dix ans plus tard, les séquelles des scandaleux trafics financiers du lobby bancaire et de la terrible récession qui a suivi se font encore sentir partout dans le monde et, en particulier, au sein de la zone euro.

Les risques qui pèsent sur l’activité dans cette zone où sévit depuis quinze ans une folle monnaie unique sont toujours là. Mais  » ils sont aujourd’hui moins économiques et financiers que politiques « , résume Nadia Gharbi, économiste chez Pictet. A une nuance près : après des années de taux zéro anesthésiant les investisseurs comme les Etats, la remontée des taux souverains pourrait, elle aussi, charrier son lot de mauvaises surprises.

Avec l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis et la victoire du  » Brexit  » au Royaume-Uni, 2016 a marqué le grand retour du politique. Mais  » Ce n’était peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend en 2017 « , prévient Philippe Waechter, chez Natixis AM. Tout au long de l’année, des élections déterminantes auront lieu aux Pays-Bas (en mars), en France (en avril-mai), en Allemagne (à l’automne), et peut-être même en Italie.  » Ce sera un grand test pour la cohésion de l’union monétaire « , estime Maxime Sbaihi, économiste chez Bloomberg Intelligence.

Mais le doute politique pèsera aussi sur l’investissement privé. Et les marchés pourraient réclamer des taux d’intérêt plus élevés aux entreprises et aux Etats. Les finances publiques s’en trouveraient alors fragilisées. D’autant que s’ajouteront à cela les incertitudes liées aux négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, qui devraient réellement débuter cette année, et celles entourant le programme de M. Trump. Et heureux ceux qui sont propriétaires de leur logement et n’ont aucun besoin d’emprunter.

Hausse des cours du pétrole oblige, les prix vont lentement remonter dans la zone euro. Selon la Banque centrale européenne (BCE), l’inflation devrait passer de 0,2 % en 2016 à 1,2 % en 2017, se rapprochant ainsi doucement de la cible de 2 % de l’institut monétaire. A première vue, c’est une bonne nouvelle pour l’Institut monétaire: le spectre déflationniste menaçant l’Europe depuis 2013 s’éloignant enfin.

Seulement voilà : en zone euro, la hausse des prix des produits importés, comme le pétrole, ne devrait guère être suivie par une hausse notable des salaires, contrairement à ce que l’on observe aux Etats-Unis. Et ce, parce que le taux de chômage européen frôle toujours les 10 %.  Sur le Vieux Continent, le retour de l’inflation pourrait donc se traduire surtout par une baisse du pouvoir d’achat des ménages, pénalisant la croissance qui ne brille déjà pas par son dynamisme…Heureux ceux qui se chauffent au bois dans leur cheminée et roulent exclusivement à bicyclette !

Le 15 décembre 2016, la Réserve fédérale américaine a relevé ses taux directeurs d’un quart de point, tandis que les taux souverains américains ont commencé à remonter depuis l’été, entraînant dans leur sillage les taux français, allemands et italiens. Le cycle de baisse des taux observée depuis plus d’une décennie touche à sa fin. Beaucoup d’économistes nous disent que c’est plutôt une bonne nouvelle car ils étaient tombés trop bas. A condition du moins que la hausse ne s’emballe pas :  » En Europe, elle pourrait coûter cher aux Etats les plus fragiles, en particulier l’Italie et le Portugal « , prévient Gilles Moëc, chez Bank of America ML.

Pour l’éviter, la BCE a décidé en décembre 2016 de prolonger ses rachats de dettes publiques (80 milliards d’euros mensuels) jusqu’à la fin 2017. Mais cela pourrait ne pas suffire : l’outil monétaire n’est plus aussi efficace qu’avant, et la BCE est désormais à court de cartouches. En outre, la remontée des taux américains, qui attire les capitaux vers les Etats-Unis, pourrait fragiliser les pays émergents et, par extension, l’économie mondiale. Seule consolation, si l’on peut dire : la baisse de l’euro face au dollar pourrait se poursuivre, au profit des exportations européennes…

Mais un autre point inquiète. Car c’est désormais certain : l’Etat italien va intervenir pour renflouer Banca Monte dei Paschi di Siena, la quatrième banque du pays, en quasi cessation de paiement. Pour ce, Rome a emprunté 20 milliards d’euros sur les marchés en décembre 2016. Une somme qui pourrait également être utilisée pour aider d’autres établissements en difficulté, comme Banca Popolare di Vicenza, Veneto Banca ou Banca Carige.

Pourtant, même après cela, le système bancaire italien, handicapé par 360 milliards d’euros de mauvaises dettes, restera fragile.  » Le ménage n’a pas encore été fait dans les petites banques locales, très peu rentables « , note Nicolas Véron, spécialiste du sujet au Peterson Institute, un think tank de Washington, et les banques en mauvaise forme ne distribuent plus de nouveau crédit aux entreprises cherchant à investir. Cela pèsera pendant des années sur la croissance de la troisième économie de la zone euro et donc, de ses partenaires commerciaux.

Quant aux discussions tendues sur la dette grecque…elles vont se poursuivre et le garrot continuera d’être serré. Celles-ci achoppent toujours sur le même point : le Fonds monétaire international n’a toujours pas confirmé sa participation au troisième plan d’aide de 86 milliards d’euros accordé au pays à l’été 2015, et l’Allemagne refuse d’en faire plus pour alléger encore la dette publique hellène (180 % du PIB) à long terme.

Si rien ne bouge d’ici là, ce qui est probable, le risque d’un défaut de paiement partiel pourrait resurgir en juillet, lorsque la Grèce devra rembourser 3,9 milliards d’euros à la BCE. Car, ne l’oubliez pas, la Grèce doit emprunter auprès des institutions européennes quasi exclusivement pour…rembourser l’argent que le pays leur doit ! Un système démoniaque et complètement fou puisque, pendant ce temps-là, les investissements s’avèrent impossibles et les Grecs tirent toujours plus la langue.

Alors oui, l’année 2017 promet d’être animée.

 

Le 3 janvier 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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