Anne-Lys , CJA, s’étonne qu’un passeur de clandestins allant les chercher en Italie soit relaxé.

10 Jan

easter-lily

Passeur de clandestins relaxé

Le tribunal correctionnel de Nice a relaxé M. Pierre-Alain Mannoni , enseignant  chercheur du CNRS, accusé d’avoir favorisé le séjour et la circulation d’étrangers sans titre de séjour. Le procureur de la République avait pourtant fait des réquisitions des plus modérées, puisque, pour un délit passible de cinq ans de prison et d’une amende de 30.000 euros (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, art. 622-1, modifié par la loi n°2012-1560 du 31 décembre 2012 – art. 11), il n’avait requis que huit mois de prison avec sursis.

Il est vrai que la même loi avait dépénalisé ce même délit « lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger, ou bien toute autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci. » (Code cité, art. 622-4, modifié par l’art. 12 de la même loi.

C’est en vertu de cet article que le tribunal de Nice a relaxé M. Mannoni, la présidente du tribunal s’exprimant en ces termes après le verdict : « C’est une grande victoire pour les gens qui aident et aussi pour tous les gens qui ont besoin d’être aidés. »

Ce que la présidente du tribunal s’est bien gardée de mentionner, c’est que M. Mannoni, en transportant ces trois femmes, ne s’était pas contenté de venir en aide à des personnes qui se seraient trouvées sans titre sur le sol français et auraient, en l’occurrence, eu besoin de soins médicaux : il était allé les chercher du côté italien pour les faire entrer en France et il avait, à ce que j’ai entendu dire, coutume de procéder à des « maraudes » régulières en territoire italien pour faire passer la frontière à des candidats à l’immigration en France et qui avaient été refoulés, estimant que leur errance en Italie était « contraire à leur dignité et dangereuse pour leur intégrité physique ». Autrement dit, il se comportait non en « bon Samaritain », mais bel et bien en passeur. Or, la loi de 2012, contrairement à ce qu’ont affirmé les avocats de M. Mannoni et qu’a admis le tribunal de Nice, n’assure pas l’immunité aux passeurs, même bénévoles, mais seulement aux bons Samaritains.

Le Bon Samaritain de la parabole, s’il avait porté secours à un malheureux qui s’était trouvé en détresse sur son chemin, ne s’était pas détourné de sa route pour aller chercher des personnes en détresse à secourir. Et le secours qu’il avait apporté l’était exclusivement à ses frais personnels. Les personnes comme M. Mannoni – et maintenant le tribunal de Nice – mettent les contribuables français dans l’obligation de financer les secours apportés à des étrangers qu’ils aident à pénétrer dans notre pays en violation de ses lois…

Est-il vraiment permis à des juges d’interpréter la loi de façon si extensive qu’elle doit désormais, si leur décision fait jurisprudence, autoriser le métier de passeur d’étrangers, pour peu qu’il s’exerce à titre bénévole ? Devons-nous désormais accepter non seulement les étrangers qui réussissent d’eux-mêmes ou avec le concours de passeurs mercenaires à enfreindre nos lois pour venir dans notre pays où ils pourront vivre de notre générosité (notre gouvernement n’essayant même pas de les renvoyer chez eux quand l’asile leur a, à juste titre, été refusé), mais encore ceux dont les « bonnes âmes » estiment qu’ils seraient plus heureux chez nous, et qu’en conséquence il faut aller les chercher à l’étranger pour les conduire dans notre pays ?

Anne Merlin-Chazelas

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Une Réponse to “Anne-Lys , CJA, s’étonne qu’un passeur de clandestins allant les chercher en Italie soit relaxé.”

  1. conseilesperanceduroi janvier 12, 2017 à 9:17 #

    Cette forfaiture (car c’en est une) judiciaire est l’ultime preuve que l’ensemble des pouvoirs publics est, en France, non seulement complice mais au service de la nouvelle traite négrière voulue par la super-classe mondiale et le grand capital cosmopolite. Les Français, à trois mois de l’élection présidentielle, doivent savoir qui sont leurs ennemis.

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