La Voix du Nord a pris des risques !

13 Jan

La Voix du nord. Vous souvenez-vous ? Il y a plus d’un an déjà, nous écrivions ceci : « Et la Voix du Nord qui prend des risques » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/12/01/bulletin-climatique-quotidien-1er-decembre-2015-de-la-republique-francaise/). Comme nous avions raison ! Elle a pris des risques en sortant de ses prérogatives d’organe d’information et en devenant une militante hostile à la candidature de Marine Le Pen aux élections régionales de décembre 2015 :

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À l’époque, nous avions conclu notre article cité en référence par cette phrase prémonitoire : « Pas sûr que les lecteurs du journal l’entendent de cette oreille et le lisent avec les mêmes yeux. »

Eh bien, c’est fait. Les lecteurs ont tranché et l’audience de La Voix du Nord  est en baisse, entrainant un plan social que vont payer les employés du journal, embarqués malgré eux dans cette galère militante qui fut à l’époque au service de Xavier Bertrand, le désormais président UMPS de l’ex-région Nord-Pas-de-Calais, devenue « Les Hauts de France« .

Le groupe belge Rossel, propriétaire du quotidien La Voix du Nord (créé en 1941), a annoncé, mardi 10 janvier, lors d’un comité d’entreprise extraordinaire, un plan pour recentrer l’information sur le numérique et  » s’adapter à l’évolution des modes de consommation des lecteurs « . Du  » Web first  » aux dépens des éditions papier, qui s’accompagnerait d’une casse sociale sans précédent : sur les 710 salariés du titre nordiste, Rossel envisage 178 suppressions de postes.  » C’est un quart des effectifs ! Ils disent préparer l’avenir, mais c’est inacceptable « , gronde déjà un syndicaliste.

D’ici à la fin 2018, ce PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) toucherait toutes les catégories professionnelles du journal, sauf le service informatique. Dans la rédaction, 72 des 343 journalistes quitteraient le titre cédé en 2005 par la Socpresse (Dassault) au groupe Rossel (éditeur notamment du journal belge Le Soir). La cinquantaine de journalistes âgés de plus de 55 ans est concernée au premier chef, mais de jeunes embauchés aussi pensent à partir et changer de voie.  » On est dégoûtés du métier « , pleurnichait une journaliste de 34 ans qui oubliait qu’elle avait applaudi des deux mains le dossier monté à charge contre le FN en 2015 !

Le chiffre d’affaires de La Voix du Nord est passé de 96,6 millions d’euros en 2013 à 90,9 millions en 2016. La publicité s’est effondrée, passant de 41,3 millions d’euros à 22,5 millions d’euros sur quatre ans. Entre juillet 2015 et juin 2016, les ventes ont baissé de 4,6 %, à 217 000 exemplaires, selon l’OJD.

Hélas pour les salariés, la loi El Khomri est passée par là. Depuis décembre 2016, le code du travail permet de déclencher un PSE en cas de baisse d’activité. Et le plan de la direction, un document de près de 500 pages a reçu l’aval de la Direccte (direction du travail).

 » Ça fait des mois qu’on nous annonçait une réduction de la masse salariale et une réorganisation profonde, explique une source syndicale. Mais c’est au-delà de ce que l’on craignait. L’ampleur du plan a abasourdi les collègues.  » Arrêt d’une rotative, passage de 24 à 20 éditions, suppression de 6 postes de photographes, baisse des effectifs… C’est un chantier gigantesque qui attend le journal.

 » Nous travaillons déjà à flux tendu. Comment va-t-on faire, si on diminue encore les équipes ? « , se demande Béatrice Frère, journaliste depuis vingt ans à La Voix du Nord. A 45 ans, la chef d’agence de Maubeuge (Nord) est inquiète pour la casse sociale qui s’annonce, mais, comme une grande partie de la rédaction, elle se demande surtout comment continuer à exercer correctement son métier.

 » On s’est pris un gros coup sur la tête, confirme Bruno Renoul, journaliste à Roubaix (Nord). En découvrant la nouvelle dans la presse, il y a eu un silence de mort sur le plateau. On a de grosses interrogations sur notre mission : comment couvrir l’actualité de manière complète quand on passe de 38 à 12 journalistes ici à Roubaix-Tourcoing ?  » La création de 21 bureaux dans des zones telles que Le Touquet, Berck ou Hesdin (Pas-de-Calais) ne permet pas de faire passer la pilule.  » Il y aura désormais 48 bureaux, mais beaucoup seront occupés par des journalistes seuls en poste « , déplore un syndicaliste.

Depuis lundi soir et la révélation du plan par Les Echos, l’ambiance est lourde….L’intersyndicale organise le 14 janvier une assemblée générale. Les négociations devront être clôturées le 4 avril. Un délai très court pour des salariés qui ont l’impression d’avoir déjà fait beaucoup d’efforts en acceptant un programme d’économies en 2014-2015. Ce plan a eu pour conséquence le non-remplacement des départs volontaires et ceux en retraite. Il y a quatre ans, la fusion entre Nord Eclair et La Voix du Nord s’était également accompagnée de fermetures d’agences et de mouvements au sein du groupe. Certains journalistes avaient été contraints de déménager à près de 150 kilomètres, quittant la métropole lilloise pour la Côte d’Opale. Vous savez, cette belle région de France défigurée par les hordes migrantes venues d’Afrique sub-saharienne et de la corne de l’Afrique mais où elles étaient accueillies avec tant d’enthousiasme par les journalistes de La Voix du Nord !

Qui sème le vent récolte la tempête.

Le 13 janvier 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

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