BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (4/5 février 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

4 Fév

I. Madrid : Chantal Mouffe est au désespoir !

L’égérie et pasionaria de Podemos a du mal à s’en remettre. La discorde s’installe au sein du parti de la gauche radicale, dit  aussi  » antiaustérité « , espagnol et les couteaux sont désormais sortis entre Pablo Iglesias et Inigo Errejon, les deux amis d’antan devenus deux rivaux cherchant à prendre la tête de l’organisation gauchiste. Nous avions pourtant prévu de longue date l’implosion de ce parti politique qui a fait perdre plus d’un an au redressement de l’Espagne (Lire « Podemos, la chute » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/01/02/bulletin-climatique-quotidien-2-janvier-2017-de-la-republique-francaise/).

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Errejon et Iglesias aux Cortes

Leur amitié s’était nouée à l’université il y a 14 ans mais ils s’affrontent désormais à la direction du parti, dans un duel très médiatisé, ambiance western.

Pablo Iglesias, 38 ans, numéro un du parti, et Inigo Errejon, 33 ans, son numéro deux, avaient jusqu’à mercredi, minuit, pour trouver un accord, après des mois d’échanges de plus en plus mordants. Mais ils n’y sont pas parvenus. La confrontation des deux docteurs en sciences politiques – qu’unissait une « complicité intellectuelle rare » vantée par Iglesias – devrait donc culminer au congrès du parti, les 11 et 12 février.

A leur première rencontre, en 2003 à Madrid, tous deux ne pouvaient imaginer qu’en 2014 ils cofonderaient avec d’autres universitaires un nouveau parti de gauche « antiaustérité« , Podemos (« nous pouvons« ) qui deviendrait la troisième formation du Parlement. « On m’avait parlé d’un jeune gars très intelligent qui avait l’air d’avoir six ans : il en avait 19« , a raconté en 2015 Iglesias, taquinant alors son bras droit aux airs de chérubin.

Réputé bien les connaître, le journaliste Enric Juliana du quotidien La Vanguardia les décrit aujourd’hui comme deux « personnalités fortes » préparant « un congrès machiavélique« .
« Errejon n’est pas un adjoint qui se montre patient pour servir le leader. Dans le fond, il veut être le numéro un« , un jour, estime M. Juliana. C’est un peu celui qui veut être calife à la place du calife mais « C’est un intellectuel qui combat en calculant« .

Iglesias est « plus direct, attaque de front » et « c’est lui qui a ouvert la voie » pour Podemos, dit-il à l’AFP, mais « a parfois du mal à contrôler son caractère, avec une âme de commandant« . Membre des Jeunesses communistes dès ses 14 ans, élevé dans un quartier ouvrier de Madrid, il consacra sa thèse aux « désobéisseurs, de l’Italie à Madrid« . « L’homme à la queue de cheval« , comme on l’appelle aussi, a incarné l’ascension fulgurante de Podemos, comme redoutable débatteur puis candidat à la présidence du gouvernement, surprenant par de féroces offensives contre les socialistes.

L’autre, Inigo Errejon – « mince et nerveux comme un Tintin révolutionnaire« , selon l’écrivain Manuel Vincent – a grandi dans la banlieue prospère de Madrid, auprès d’un père haut fonctionnaire et d’une mère au foyer, militant à gauche. L’idéologue Errejon a bâti l’appareil politique de Podemos et – en disciple du théoricien argentin postmarxiste Ernesto Laclau, mari et mentor de Chantal Mouffe – développé la stratégie opposant « peuple » et « caste« , pour rassembler bien au-delà de l’extrême gauche.(Lire « La pasionaria des gauches extrêmes » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/29/bulletin-climatique-quotidien-29-decembre-2016-de-la-republique-francaise/).

Les deux députés « maintiennent le projet commun – affronter le régime et les politiques d’austérité de l’Union européenne – et tous deux ont la volonté de gouverner » en remportant les législatives de 2020, dit le politologue Jaime Pastor, qui fut membre du jury de thèse de chacun.
Mais ils divergent sur les moyens d’y arriver depuis que Podemos – allié à la gauche radicale – a reculé en voix aux législatives de juin, sans parvenir à dépasser le Parti socialiste – PSOE – (21,1% contre 22,6%).

Pour Errejon, Podemos a été perçu comme « immature » et « arrogant« . Questionnant l’alliance avec les communistes, il plaide pour un parti plus ouvert, dialoguant avec les socialistes et démontrant son utilité au Parlement, pour ne plus être « les enfants terribles de la politique espagnole« . Iglesias juge toujours, de son côté, que Podemos doit marquer sa différence avec le PSOE et mener partout la « lutte sociale« , notamment par une mobilisation permanente dans la rue.

« Purges« , « conspirations« , « culture de l’ennemi intérieur« … Des mots toxiques envahissent le parti au point qu’on croirait revivre les grands moments de l’Union soviétique ! « On doit en finir avec la logique du +avec moi ou contre moi+ » et du « plébiscite« , martèle Errejon, et Iglesias admet désormais avoir reçu « un pouvoir excessif« …qu’il ne veut pas pour autant céder.

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Mariano Rajoy et le roi don Felipe VI

Heureusement, pendant ce temps-là, le roi règne et le gouvernement de Mariano Rajoy gouverne. Grâce à quoi la croissance du pays est devenue la plus forte de la zone euro et le chômage continue à diminuer.

Au point que François Hollande et ses acolytes enragent.

 

II. Londres : Theresa May est aux anges !

Le vote du Parlement sur le Brexit, exigé par la Cour suprême de Londres, s’est soldé, mercredi 1er février, par un triomphe pour Theresa May, ouvrant la voie au lancement, en mars, de la procédure de sortie de l’Union européenne. Par 498 voix contre 114, la Chambre des communes a approuvé la poursuite de l’examen du court projet de loi qui autorise la première ministre à recourir à l’article 50 du traité de Lisbonne prévoyant la procédure de divorce avec l’UE.

Alors que la majorité des députés avaient fait campagne lors du référendum de 2016 en faveur du maintien dans l’Union, ils se sont conformés cette fois, au contraire, au résultat du référendum dans leur circonscription.  » La question que les élus doivent se poser, avait averti Mme May, est : font-ils confiance au peuple ?  »

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La Première ministre britannique devant les Communes

Les conservateurs, souvent divisés dans le passé sur l’Europe, ont tous voté en faveur du texte. Tous à l’exception de l’ancien ministre Ken Clarke, 76 ans, qui a fait référence à l’écrivain Lewis Carroll pour exprimer son jugement sur la position majoritaire :  » Apparemment, vous suivez le lapin dans son terrier et vous émergez au Pays des merveilles où soudain, tous les pays du monde défilent devant vous pour vous offrir des tarifs préférentiels et l’accès à leurs marchés.  »  » Suicide ! « , a aussi crié un député du Labour lorsque le vote qualifié d' » historique  » par Boris Johnson, ministre des affaires étrangères, a été annoncé.

Mais l’opposition travailliste a affiché sa division et le manque d’autorité de son leader, Jeremy Corbyn. Quarante-sept des 230 députés Labour ont refusé de suivre sa stricte consigne de vote en faveur du texte gouvernemental, marquant la césure du parti entre les élus des circonscriptions populaires favorables au Brexit et ceux des zones urbaines favorisées, qui y sont hostiles. Déjà ébranlé par une rébellion interne voici quelques mois, M. Corbyn a essuyé la démission de trois membres de son cabinet fantôme. Cinquante députés nationalistes écossais et sept des neuf libéraux-démocrates ont aussi voté contre le texte.

Le parcours de ce projet lançant le Brexit doit se poursuivre avec la discussion des amendements. M. Corbyn se donne pour objectif d’empêcher Mme May  » de transformer la Grande-Bretagne en paradis fiscal « , mais les amendements Labour ont peu de chance d’être approuvés lors d’un nouveau vote, mercredi 8 février. Le texte ira ensuite devant les Lords où il devrait être âprement débattu mais approuvé. La loi pourrait être promulguée par la reine Elizabeth dès le 7 mars, permettant à Mme May de déclencher le Brexit en lever de rideau du Conseil européen des 9 et 10 mars.

Mercredi, aux Communes, l’ancien ministre des finances, George Osborne, a prévu des négociations  » plutôt aigres « . Rapportant des conversations avec de hauts responsables allemands et français, M. Osborne a été le seul à prétendre que la priorité pour Paris et Berlin n’est pas de signer un traité commercial favorable avec Londres, mais de maintenir la cohésion de l’UE.

Reste à savoir si cette attitude franco-allemande est réaliste et même si elle résistera aux arguments d’autres pays de l’UE.

III. Malte : Donald Tusk enrage !

D’ailleurs, le sommet européen réuni à Malte ce vendredi promet d’être agité. En particulier sur la question du retrait britannique de l’UE mais aussi sur la question de l’attitude que les européens doivent avoir face à la nouvelle administration américaine.

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Ils sont venus, ils sont tous là…

Avant le sommet à La Valette, la capitale maltaise, les dirigeants de l’UE hésitaient à profiter de ce premier rendez-vous européen depuis l’intronisation du 45e président américain pour condamner sans ambiguïté ses dernières décisions ou ses prises de position hostiles.

Pourtant, à Bruxelles, le président du Conseil européen, Donald Tusk n’a pas hésité, dans une lettre aux dirigeants de l’UE mardi 31 janvier, intitulée « Unis nous resterons debout, divisés nous nous effondrerons », à qualifier les déclarations de la nouvelle administration américaine de « menace » pour l’UE, au même titre que la Russie ou l’organisation Etat islamique (EI) : « Le changement à Washington place l’UE dans une position difficile, avec une nouvelle administration qui semble remettre en cause soixante-dix ans de politique étrangère américaine. » Il est vrai que M. Trump (qui lit assidument le blogue du CER) a jugé l’Alliance Atlantique (OTAN) « obsolète » et qu’il a annoncé le prochain démantèlement de l’UE…

M. Tusk, ex-premier ministre polonais (de la faction européiste qui n’est plus au pouvoir), est très sensible à une prétendue menace russe et rentre d’une tournée dans les Pays baltes, eux aussi tétanisés par les interventions de Moscou en Ukraine et par les risques d’un isolement ou d’une fragilisation extrême de l’Europe en cas de rapprochement entre Washington et Moscou.

Les pays d’Europe centrale et orientale doutaient jusqu’ici de la nécessité d’un pas en avant dans la défense européenne, convaincus que, quoi qu’il arrive, Washington resterait leur protecteur indéfectible. Pour eux, le choc n’en est que plus brutal.

Mais M. Tusk est à la tête d’une institution censée faire la synthèse entre les intérêts de vingt-huit pays membres, dont un, le Royaume-Uni est sur le départ et a réaffirmé sa « relation spéciale » avec les Etats-Unis. « La lettre du président Tusk est une réflexion personnelle et contribue à la discussion sur l’avenir de l’UE », précisait-on mercredi dans son entourage.

A Malte, les dirigeants devraient donc éviter d’adopter des positions trop tranchées au nom de l’indispensable lien transatlantique, qu’ils cherchent à maintenir, en dépit des coups de boutoir porté par le président américain, qui soutient le Brexit, contre l’UE. A Bruxelles, la formule mitterrandienne, « il est urgent d’attendre », s’impose plus que jamais.

« Pas question d’entrer dans une polémique qui risquerait de dégénérer. Pour l’instant, les décisions de Washington paraissent assez inarticulées. Un jour ou l’autre, Trump va devoir en revenir au lien transatlantique », prétend un diplomate, traduisant un sentiment assez répandu à Bruxelles. A la Commission, « on ne souhaite pas jeter de l’huile sur le feu, ou participer à l’hystérie », explique encore une source qui reconnaît cependant que  » C’est compliqué « .

« Si Paris et Berlin sont partisans d’une ligne ferme, d’autres ne veulent pas entrer dans une polémique avec Trump, craignant de provoquer une réaction de sa part », assure un autre diplomate. Comment, il est vrai, parler d’une seule voix quand certains comme le premier ministre hongrois, Viktor Orban, se félicitent de son décret « anti-immigration », par ailleurs condamné par la chancelière Angela Merkel et François Hollande.

Le sommet de Malte devrait être l’occasion, comme souvent, d’une réaffirmation des  » valeurs européennes de liberté et de respect des droits de l’homme « . Ça ne mange pas de pain et ça permet de fermer les yeux sur l’entrée massive de hordes barbares sur notre continent !

L’objet du sommet de Malte est précisément – en plus d’engagements pour tenter de résoudre la crise migratoire en Méditerranée centrale mais dont on peut prévoir qu’ils ne déboucheront sur rien – de préparer la future « déclaration de Rome » (lieu du prochain sommet) à l’aune de l’ère Trump. Les diplomates planchent depuis quelques jours sur un document de travail dans lequel les vingt-huit veulent réaffirmer leur unité ( de façade), leurs valeurs, la puissance collective de l’UE « avec une politique étrangère mieux coordonnée et davantage d’investissements dans la défense ». Le document insistera aussi sur la « dimension sociale » de l’UE, pour une « Europe qui bénéficie à tous » avec « des politiques pour la jeunesse effectives ». Bref, du vent.

Et déjà, des tensions apparaissent. La France pousse pour une relance de l’intégration de l’eurozone, alors qu’à Berlin, on préfère se concentrer sur les sujets plus consensuels à Vingt-Sept : sécurité intérieure et défense.

La Commission ne souhaite pas être en reste et voudrait apporter sa pierre à l’édifice, avec un « livre blanc » évoquant des réformes de long terme. D’autres, Paris et à Berlin en tête, préféreraient éviter que des propositions trop audacieuses n’entament la fragile unité du moment…

La discussion sur le libre-échange ne sera pas non plus facile. Faut-il réaffirmer son importance pour l’UE alors que les opinions publiques sont pour le moins réticentes en France, en Belgique, en Allemagne ou en Autriche ?

La Commission voudrait saisir les opportunités qu’offre le retrait des Etats-Unis de certains traités pour pousser les pions européens. Mercredi, Bruxelles et Mexico ont décidé d’« accélérer le rythme des pourparlers » sur un accord UE-Mexique ayant commencé mi-2016. Ne doutons pas qu’il finira comme le TAFTA et le CETA.

La nomination de l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’UE pourrait avoir valeur de premier vrai test sur la capacité de l’UE à répondre à M. Trump. Pressenti, l’Américain Ted Malloch n’a pas hésité dans une interview à la BBC à prendre des risques et à prédire la fin de l’euro et à comparer l’UE à l’Union soviétique. Comment réagira Bruxelles s’il est confirmé et maintient ce type de propos franchement hostiles ? Aura-t-elle le cran de refuser tout net son investiture ?

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Le Titanic en rade de La Valette

Voulez-vous notre avis ? L’UE mangera son chapeau et finira bel et bien par mordre la poussière !

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

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LE SAMEDI 11 FÉVRIER, À PARTIR DE 14H, C’EST CARNAVAL AU CHÂTEAU DE FONTAINEBLEAU ! VENEZ COSTUMÉS !

Les enfants sont invités à venir costumés comme des princes et princesses, le temps d’un après-midi festif. Une occasion pour petits et grands de s’initier à l’escrime, à la danse et d’entrer dans l’univers d’un bal costumé de la Renaissance. Des ateliers créatifs et des séances de maquillage viendront parfaire les tenues. Les meilleurs danseurs seront élus roi et reine du bal. Les visiteurs qui le souhaitent trouveront un stand de crêpes chaudes à la porte Dorée.

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AU PROGRAMME :
Initiation à la danse de la Renaissance : 14h, 14h30, 15h, 15h30
Le temps d’un après-midi de carnaval, entrez dans la danse Renaissance guidé par les musiciens de François 1er. Entre branle, pavane et autre volte, vous partagerez le plaisir de danser ensemble.
Démonstrations et ateliers d’escrime : 14h, 14h30, 15h, 15h30
Initiation publique aux saluts de cours et militaires, initiation aux techniques de combats (en coopération avec un partenaire escrimeur, techniques encadrées par maître d’armes), démonstration de duels à une et deux armes.

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Atelier Mascarades
Création de masques de fête
Maquillage
De 16h à 16h45 : bal Renaissance
Tarif : 7 € par personne
Rendez-vous en salle des Colonnes

Le 4 février 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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