BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (20 février 2017 )…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

20 Fév

I. Il avait promis la lune, c’est une calamité qui s’installe


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Damien Carême avec Bernard Cazeneuve

Mardi 14 février, Damien Carême, maire de Grande-Synthe dans la banlieue de Dunkerque, posait sur la table de la préfecture une longue liste de requêtes pour que le premier camp dit  » humanitaire  » de France, qu’il a ouvert sur sa commune le 7 mars 2016, entre plus sereinement dans sa deuxième année. Car, comme on pouvait s’y attendre après le démantèlement de la « Jungle » de Calais, rien ne va plus à Grande-Synthe (Lire « Calais, nos prévisions se confirment » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/10/28/bulletin-climatique-quotidien-28-octobre-2016-de-la-republique-francaise/).

Quelques jours auparavant, un journal britannique, The Guardian, avait fait état de violences et de viols entre les cabanons de ce lieu où s’arrêtent des migrants en route vers Londres. Un constat confirmé par plusieurs ONG présentes sur place, qui reconnaissent que les tensions s’y sont exacerbées et que la violence y a pris ses quartiers.

Autour du camp, le paysage a bien changé en un an. Paris a ouvert un camp humanitaire de transit, en novembre 2016. Quelques semaines auparavant, la  » jungle  » de Calais, à 40 km de Grande-Synthe, avait été démantelée, entraînant le repli de plusieurs centaines de migrants vers ce seul hébergement pour adulte toléré dans les Hauts-de-France. Depuis, le retour progressif des migrants chassés de Calais et l’arrivée régulière de nouvelles « Chances pour la France  » transforment le camp de Grande-Synthe en une nouvelle « jungle » !  » Aujourd’hui, nous accueillons 1 450 personnes dans un espace prévu pour bien moins de monde, car à l’automne j’avais fait démonter des cabanons « , précise Damien Carême, qui s’était engagé auprès de l’Etat à détruire les abris au fur et à mesure des départs…

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 » La surpopulation, comme la vétusté des cabanons, font que ce camp qui était aux normes internationales à son ouverture ne l’est plus aujourd’hui « , regrette Amin Baghdouche, le coordinateur général de Médecins du monde sur le littoral Nord-Pas-de-Calais.

Damien Carême, qui avait obtenu de haute lutte le financement du fonctionnement du camp (4 millions d’euros), souhaite que l’Etat y installe  » des nouveaux abris, plus pérennes ; plus adaptés au climat et aux familles « . En d’autres termes, il voudrait installer dans la durée ces chancres qui, après Calais, dénaturent la malheureuse ville de Dunkerque.  » Il nous faut un autre système de chauffage et des abris mieux isolés « , a-t-il demandé aux autorités préfectorales. La ville souhaite aussi que l’Etat recommence à sortir du camp les migrants qui souhaitent demander l’asile en France.  » Ils sont 200 à vouloir partir en centre d’accueil et d’orientation mais aucun n’a été évacué depuis le démantèlement de Calais « , regrette l’édile mais les places libres sont prioritairement données aux sortants du camp de transit de Paris histoire de désengorger le camp de leur copine, Anne Hidalgo.

Fermons donc réellement les frontières et reconduisons systématiquement, sans la moindre tolérance, ces envahisseurs là d’où ils viennent et le problème sera réglé.

De son côté, l’association  » Gynécologie sans frontières  » (si, si, ça existe !) montre la face cachée de l’immigration en reconnaissant que certaines femmes sont effectivement victimes de violences.  » Mais nous ne menons pas l’enquête pour savoir si ces viols ont lieu lors des tentatives de passages en Grande-Bretagne, lorsque les femmes reviennent ensuite vers le camp, ou si cela se passe à l’intérieur « , précise sans rire Richard Mathis, le vice-président de cette ONG, présente dans le camp depuis 2015. Les violences conjugales sont aussi évoquées par ce praticien, au point que son ONG a aménagé un appartement permettant de mettre ponctuellement en sécurité des victimes…

 » Depuis que l’Etat a choisi de fermer le centre dédié aux femmes près de la “jungle” de Calais, il manque un lieu pour les protéger « , observe le médecin, pour qui  » ce serait une grave erreur de plaider le démantèlement de Grande-Synthe, puisque les femmes y sont plus en sécurité que dehors « . Ou comment parrainer Cologne et Dunkerque !

Cette situation incite nombre de femmes à demander aux ONG une protection pour la nuit qui leur évite de rejoindre les sanitaires dans l’obscurité.  » La tension a monté, regrette M. Carême, mais les gens sont là depuis longtemps, ils sont fatigués, exaspérés.  » Et s’ils retournaient tout simplement chez eux ?

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Dans ce camp longtemps dévolu aux seuls Kurdes, des Afghans sont arrivés puis des Soudanais, des Érythréens et dernièrement des Syriens. Les passeurs, Kurdes, ont dû céder un morceau de leur territoire d’influence ; ce qui ne se passe pas sans heurts et a aussi contribué à rompre l’équilibre précaire sur lequel tenait le lieu.

Une nouvelle preuve des méfaits de la communautarisation de ces camps réalisée avec la bénédiction des autorités.

II. Bientôt le  » Grexit « 

Les créanciers et le gouvernement grec tentent, aujourd’hui, de boucler les derniers détails d’un énième accord sur l’aide financière à apporter à la Grèce. Pour sauver l’économie du pays ? Pas du tout. Simplement pour lui permettre d’honorer le remboursement d’une partie de sa dette…à ses créanciers en juillet prochain ! En d’autres termes, et cela depuis le début de la crise,  » je te prête pour que tu me rembourses « . Comment voulez-vous que le pays s’en sorte ?

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Athènes et ses créanciers se retrouvent une fois de plus sur la brèche. Ils n’ont qu’une poignée de semaines pour s’entendre sur une liste de réformes à adopter en échange d’un nouveau prêt, afin de surmonter des échéances de remboursement considérables d’ici à juillet : au moins 7 milliards d’euros à trouver pour honorer les dettes hellènes vis-à-vis de la Banque centrale européenne (BCE) et du Mécanisme européen de stabilité (MES).

L’Eurogroupe du 20 février va donc réunir les ministres des Finances européens pour discuter d’une réforme du marché du travail, de nouvelles privatisations mais aussi pour obtenir que les Grecs adoptent une loi les contraignant à des coupes dans leurs dépenses au-delà de 2018 s’ils ne parviennent pas à dégager un surplus primaire (excédent public avant paiement des dettes) de 3,5 % de leur produit intérieur brut (PIB)…Ce qui est tout simplement impossible.

 » Nous sommes prêts à discuter de tout dans le cadre – du troisième plan d’aide – et dans la limite du raisonnable, mais pas de choses au-delà du cadre de l’accord ni au-delà de la raison « , a déclaré le premier ministre, Alexis Tsipras, samedi 11 février. Très remonté, le chef de file du parti de la gauche radicale Syriza, obligé en juillet 2015 de plier face aux Européens qui menaçaient de sortir la Grèce de la zone euro, a aussi conseillé aux créanciers d’être  » plus prudents envers un pays qui a été pillé et un peuple qui a fait et continue de faire tant de sacrifices au nom de l’Europe  » (Lire sur notre blogue les Billets d’Argolide successifs, publiés à cette époque).

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Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a reconnu, dans une interview diffusée dimanche 12 février par la radio allemande Deutschlandfunk, que  » la situation – était – instable « , alors que quelques jours plus tôt Wolfgang Schäuble, l’intransigeant ministre des finances allemand, avait de nouveau agité la menace de la sortie du pays de la zone euro.

Comment échapper à la fatalité de la crise grecque ? Voilà maintenant sept ans que le pays vit sous perfusion de l’aide financière internationale, qu’il se retrouve régulièrement à court d’argent, obligé d’adopter un énième plan d’austérité pour décrocher une tranche de prêt supplémentaire en attendant d’être à nouveau au bord du défaut de paiement. Les Grecs en sont à leur troisième plan d’aide (86 milliards d’euros), censé se terminer en 2018, mais à Bruxelles on évoque déjà le risque d’un quatrième. Cette situation désespère une population fatiguée par les réformes à répétition. Et elle contribue à dégrader encore un peu plus l’image d’une Union européenne déjà bien cabossée.

La solution est pourtant simple et même le Fonds monétaire international (FMI) y est désormais favorable : les créanciers de la Grèce devraient accepter de renoncer à une partie de leurs créances, afin d’alléger le poids de l’insoutenable dette publique du pays (180 % de son PIB). Cela leur coûterait certes quelques milliards, mais permettrait d’éviter un quatrième plan d’aide aux montants stratosphériques, redonnerait des marges de manœuvre au gouvernement hellène, et enverrait un signal positif déterminant aux marchés financiers afin qu’ils se remettent à parier sur l’économie grecque.

Malheureusement, le moment politique européen n’est pas du tout propice. Comment imaginer les décideurs enclins aux concessions alors que se profilent des échéances cruciales dans leurs pays ? Le Néerlandais Jerœn Dijsselblœm, président de l’Eurogroupe, est par ailleurs ministre travailliste d’un gouvernement menacé par le populiste de droite Geert Wilders lors des législatives de mi-mars, et n’a aucun intérêt à faire des cadeaux à Athènes.

Idem pour M. Schäuble, ministre allemand des finances, qui ne cesse de durcir son discours dans la perspective des élections fédérales de septembre. Et pas sûr que le Français Michel Sapin, ministre d’un gouvernement en sursis, ait encore la capacité d’imposer le point de vue de la raison à l’Eurogroupe.

Alors, le scénario le plus probable ? N’ayant aucun intérêt à une crise ouverte avec Athènes en pleines élections, les dirigeants européens vont encore trouver un arrangement bancal avec le gouvernement grec…jusqu’à la prochaine échéance. Et tant pis pour l’économie, plombée par ces tensions à répétition. Il faudra attendre une nouvelle vraie crise grave de la zone euro pour que les politiques se posent à nouveau la question grecque. De manière binaire : on efface une partie des dettes, ou on sort vraiment le pays de la zone euro ?

Mais, heureusement, dans les deux cas ce sera la fin de l’UE !

III. D’autant que l’économie allemande n’est pas si florissante…

 

Et, chez les armateurs de Hambourg, l’ambiance est exécrable. Car, là-bas, la crise a frappé de plein fouet les armateurs qui faisaient la richesse de la ville et même du pays. En particulier des entreprises familiales en général fondées par un capitaine de marine après la guerre, propriétaires de cinq ou sept bateaux, qui les louent à la demande à un grand groupe de transport de ligne comme Maersk, Hapag-Lloyd ou CMA-CGM. Ces sociétés possèdent les bateaux, les équipent en personnel et sont responsables de leur exploitation. C’est la grande spécialité des armateurs allemands, qui dominent actuellement le marché, grâce à une multitude de porte-conteneurs, qui représentent 30 % de la flotte mondiale.

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Portes-conteneurs dans le port de Hambourg

Mais, avec l’effondrement du prix du fret, après la crise financière de 2008, ces compagnies ont vu chuter leurs revenus et la valeur de leur capital, les bateaux. Un porte-conteneurs de taille moyenne, qui se louait 20 000 dollars (18 704 euros) par jour en mars 2008, se négocie aujourd’hui à un peu plus de 5 000 dollars, soit tout juste au-dessus du plancher historique atteint lors de la récession allemande, en 2009.  » L’année 2017 sera sans doute une nouvelle année terrible « , confie un armateur.

Si le transport maritime a l’habitude des fortes variations de la conjoncture, la crise actuelle est plus dure et plus longue que les précédentes. En cause : la faiblesse du commerce mondial et l’impossibilité de réduire les surcapacités, ce qui permettrait de revenir à un équilibre entre offre et demande de tonnage.  » Les chantiers navals coréens, chinois et japonais sont massivement subventionnés, ce qui leur permet de vendre des bateaux de très grande qualité à des prix très bas. Conséquence : les compagnies, surtout hors Europe, continuent à en acheter, car elles pensent qu’elles ne pourront jamais obtenir un bateau à de tels tarifs. Elles spéculent sur une reprise qui n’arrive pas. C’est un cercle vicieux « , explique Max Johns, professeur de management à la Maritime Business School de Hambourg. Mais c’est aussi la démonstration de la folie de la mondialisation et du capitalisme financier.

A Hambourg, cette situation est une véritable bombe à retardement. En septembre 2016, Hermann Ebel, célèbre armateur et financier maritime de la ville, a annoncé la mise en faillite de six de ses navires, la réduction de moitié de sa flotte de bateaux charter et le licenciement d’un quart de son personnel.

Le même scénario se répète chez de nombreux petits armateurs, obligés de renflouer leur société avec leurs capitaux familiaux ou incapables de faire face à leurs crédits. Partout, c’est la course à la liquidation. La flotte allemande s’est délestée de 400 navires depuis 2011, soit une chute de près de 25 % en six ans. Du jamais-vu depuis la seconde guerre mondiale.  » Un de nos membres avait 22 navires il y a quatre ans, aujourd’hui il n’en a plus qu’un, ils ont licencié vingt personnes. C’est typique de ce qui se passe actuellement. Or, avec un seul bateau, ils n’ont quasiment aucune chance de survie s’ils ne collaborent pas ou ne trouvent pas de nouvelles activités « , déplore Ralf Nagel, directeur général de la fédération des armateurs allemands (VDR).

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Et s’il n’en reste qu’un…

Conséquence de ces faillites et de la multiplication des défauts sur les crédits maritimes, les banques de Hambourg sont entrées à leur tour en zone de turbulences.  » Les établissements sont soudainement confrontés à un très gros risque systémique « , poursuit Max Johns. La Bremer Landesbank, la banque régionale publique de Brême, très exposée aux crédits maritimes, n’a échappé à la catastrophe qu’en fusionnant, fin septembre 2016, avec la Nord/LB, l’autre grand établissement financier régional du nord de l’Allemagne.

Depuis quelques jours, c’est au tour de la HSH Nordbank, une banque régionale publique, d’être au cœur des inquiétudes. Cet établissement, truffé de crédits maritimes défaillants, pourrait coûter jusqu’à 16 milliards d’euros au contribuable de Hambourg et du Schleswig-Holstein, a déclaré, le 15 janvier, Torsten Albig, ministre-président du Land septentrional, au quotidien Hamburger Abendblatt. Soit l’équivalent de vingt Elbphilharmonie, cette grandiose salle de concert que Hambourg vient d’inaugurer au cœur de son port, et qui a fait scandale pour avoir dépassé de dix fois son budget initial.

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La nouvelle philharmonie de Hambourg

Pour l’instant, pour éviter de réaliser leurs pertes, les banques ont utilisé des subterfuges : en rééchelonnant les crédits, en concevant des paquets complexes de crédits revendus à des investisseurs ou en reprenant le crédit dans leur propre bilan ou dans une filiale. Une stratégie risquée, susceptible d’éclater à tout moment. Commerzbank, devenue la deuxième banque maritime du monde après la fusion avec Dresdner Bank, a annoncé vouloir se débarrasser de ses crédits maritimes d’ici à 2020. D’ailleurs, un signe qui ne trompe pas, dans son rapport du mois de décembre 2016, l’autorité de supervision de la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé son intention de  » changer d’approche  » dans l’examen des crédits maritimes.

La concentration est aujourd’hui une tendance de fond dans le transport maritime : outre la faillite retentissante du coréen Hanjin en septembre 2016, les grandes compagnies de ligne multiplient les rapprochements. A Hambourg, le géant allemand Hapag-Lloyd s’est hissé, depuis 2014, au rang de quatrième groupe maritime mondial, derrière Maersk, MSC et le français CMA-CGM, après une série d’acquisitions. Il est actuellement en train de parachever sa fusion avec la koweïtienne United Arab Shipping Company. Le danois Maersk a racheté, en décembre 2016, Hamburg Süd, un autre grand armateur hanséatique, pour une somme non divulguée, estimée entre 1,4 milliard et 2,2 milliards d’euros.

Et, début janvier, Maersk a annoncé une alliance avec…Alibaba, pour permettre aux sociétés souhaitant transporter de la marchandise de réserver de l’espace dans ses navires par le biais de la plate-forme chinoise et ainsi éviter les intermédiaires. Une évolution qui pourrait révolutionner toute la branche du transport maritime.

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Le Dogue allemand

Et, pendant ce temps-là, Wolfgang Schäuble, le Dogue allemand, aboie contre les Grecs !

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

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La basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), nécropole des rois de France de Dagobert à Louis XVIII, prototype des cathédrales et modèle de Notre-Dame de Paris, devrait retrouver sa tour nord de 85 mètres, élevée entre 1190-1230. Celle-ci, fragilisée en 1846 par une violente tornade qui avait mis à terre douze clochers de la région, menaçait de s’écrouler et fut démontée en 1847. Depuis des décennies, les maires de Saint-Denis réclamaient en vain sa reconstruction. Une cause en passe d’être gagnée (Lire « Enfin une bonne nouvelle à Saint-Denis » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/01/18/bulletin-climatique-quotidien-18-janvier-2017-de-la-republique-francaise/).

Mardi 14 février, après avoir rencontré les élus favorables à la reconstruction – Patrick Braouezec (FDG), le président de Plaine Commune, et Laurent Russier, le maire de Saint-Denis (FDG) – et reçu le soutien de Valérie Pécresse (LR), la présidente de la région Ile-de-France, la ministre de la culture, Audrey Azoulay, a donné un accord de principe à ce projet. Lequel dort dans les cartons du ministère depuis Jack Lang :  » J’avais annoncé, en 1992, que nous lancions les travaux de reconstruction « , dit l’ancien ministre en se réjouissant de voir le projet d’actualité. Le changement de majorité à l’Assemblée nationale en avait décidé autrement.

L’accord est cependant en demi-teinte. En effet, Mme Azoulay lance les études de mise en œuvre du chantier tout en prenant en compte les réserves émises, le 30 janvier, par la Commission nationale des monuments historiques, au regard des principes généraux de restauration des monuments et de l’ancienneté du démontage de la flèche. Il est question de l’interprétation de la Charte de Venise : jusqu’où reconstruire et laisser visible la trace du temps.

Trois conditions sont posées par la ministre. D’abord,  » faire la preuve du caractère exceptionnel du chantier en matière d’utilité sociale, d’adhésion et de participation populaire « . Source de lien social, un chantier école est réclamé par la mairie. A Jacques Moulin, architecte en chef des monuments historiques chargé de l’édifice classé, de l’organiser en l’ouvrant aux visiteurs. Pilote depuis dix-huit ans d’une même opération au château fort de Guédelon, dans l’Yonne, avec les techniques de l’époque, le tout financé par la billetterie, il sait de quoi il retourne.

«  Avec cinq millions de visiteurs en trois ans, Guédelon est un succès incroyable. Et un enseignement formidable suivi par les équipes de l’université de Lyon. Au départ, on a été snobé par les érudits. Depuis, les plus réticents sont les premiers à en faire la promotion « , note-t-il. Ce principe d’un chantier pédagogique à visiter serait donc proposé à Saint-Denis.  » Il faut attirer un public de non-spécialistes, plaide M. Moulin. Le monument vivote avec 100 000 visiteurs par an. Si nous ne renouvelons pas l’intérêt public de manière originale, pétillante, on va assister à un désintérêt pour les monuments, pour le patrimoine. Il est temps de réagir. « 

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Basilique de Saint-Denis, état actuel

Deuxième condition posée par Audrey Azoulay : s’assurer, par des investigations complémentaires, que «  le massif occidental de la basilique pourra supporter sans dommage le chantier, et le poids d’une tour reconstruite « . Jacques Moulin assure que des sondages seront faits dans les maçonneries.  » Nous avons tous les plans et les relevés de l’intérieur des murs, et même des photos. 70 planches dessinées sont conservées « , indique l’architecte.

Une précieuse documentation, rassemblée par son lointain prédécesseur, François Debret, qui avait décidé du démontage et numéroté les blocs. Trois cents pierres sont conservées, soit 8 % des besoins. Les blocs manquants seront taillés dans un calcaire équivalent des carrières de la Marne.

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Basilique de Saint-Denis avant 1847

Enfin, la ministre exige que l’opération soit autofinancée par les recettes des visites du chantier et par le mécénat. L’Etat ne contribue qu’aux travaux indispensables sur la basilique. Mais même Jack Lang s’en émeut :  » C’est regrettable que l’Etat ne participe pas au projet, c’est un monument d’Etat.  » Deux à trois millions d’euros sont à trouver pour les échafaudages nécessaires au chantier et l’ajustement du projet avant que l’autorisation des travaux soit donnée.

Il ne restera plus aux autorités, après restauration, qu’à donner leur feu vert à la proposition du Conseil dans l’Espérance du Roi de créer une Garde d’Honneur pour les sépultures de nos Rois (lire https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/11/11/bulletin-climatique-quotidien-11-novembre-2014de-la-republique-francaise/).

 

Le 20 février 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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