BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (24 février 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

24 Fév

I. Suède : Donald Trump n’avait pas exagéré

Dimanche 19 février 2017, Donald Trump était une nouvelle fois cloué au pilori par l’ensemble de la presse française. Il était accusé par tous les grands médias d’avoir inventé de toute pièce un attentat ayant eu lien en Suède. Finalement, cette accusation était mensongère.

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Donald Trump

Voici en réalité ce qu’a dit Donald Trump sur la Suède le samedi 18 février en pointant du doigt le danger que représentent les flux migratoires incontrôlés qui se déversent sur l’Europe (traduction exacte du passage en question, de 1h09m58s à 1h10m57s sur la vidéo de sa conférence) :

« Voici le principe de base : nous devons garder notre pays sûr. Vous regardez ce qui se passe en Allemagne, vous regardez ce qui s’est passé hier soir en Suède… La Suède… Qui aurait pu le croire ? La Suède ! Ils ont accepté un très grand nombre (de migrants) et ils ont eu des problèmes comme ils n’avaient jamais imaginé en avoir. Vous regardez ce qui se passe à Bruxelles, vous regardez ce qui est en train de se passer dans le monde entier… Jetez un œil à Nice. Regardez Paris.
Nous avons autorisé des milliers et des milliers de personnes dans nos pays et il n’y avait aucun moyen d’examiner ces gens. Il n’y avait aucun document, il n’y avait rien. Donc, nous allons garder notre pays sûr. »

Or, voici ce qui se passe précisément en Suède.

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Voitures incendiées dans la nuit de lundi à mardi dans la banlieue de Stockholm

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Les mêmes au petit matin

Une dizaine de carcasses de voitures encore fumantes, des poubelles renversées, des vitrines cassées… Les images, tournées dans la banlieue de Rinkeby, dans le nord-ouest de Stockholm, mardi matin, ont été, cette fois, reprises par tous les grands médias américains. Leurs reporters étaient déjà sur place, venus couvrir les réactions aux déclarations de Donald Trump sur l’attentat supposé, qui aurait eu lieu en Suède, vendredi 17 février. Dans son discours, le président américain citait à juste titre le royaume, qui a accueilli 273 000 demandeurs d’asile depuis 2016, comme exemple de ces pays où la criminalité aurait augmenté du fait de l’immigration.

Les violences dans la banlieue défavorisée de Rinkeby, à forte population immigrée, trois jours plus tard, ont quelque peu compliqué la tâche des autorités suédoises, qui s’employaient à démentir les propos du président américain. Ses supporters y ont vu, au contraire, la preuve qu’il disait vrai, à la grande satisfaction de la droite suédoise. Interviewé par CNN, Mattias Karlsson, un des leaders du parti des Démocrates de Suède a ainsi témoigné de sa « gratitude » à Donald Trump.

Le 11 février déjà, des incidents avaient éclaté à Rinkeby, où vivent 16 000 personnes, dont 60 % sont nées à l’étranger. Trois policiers y avaient été légèrement blessés, après avoir été attaqués par des jeunes, suite à un contrôle d’identité. Ça ne vous rappelle rien ?

Cette fois, c’est l’interpellation d’un jeune de 17 ans, recherché par les services de police, qui a mal tourné. Les forces de l’ordre ont été prises à partie par trente à cinquante personnes, qui leur ont jeté des pierres. Un policier a été légèrement blessé. Un de ses collègues a tiré à balles réelles. Un peu plus tard dans la soirée, une dizaine de voitures ont été incendiées et plusieurs vitrines détruites. Un photographe a été frappé et s’est fait voler son appareil photo.

Alors Rinkeby, une « zone interdite », comme nous en avons chez nous ? C’est en tout cas l’image qu’en donne Ami Horowitz, l’auteur du documentaire Stockholm Syndrom, diffusé sur Fox News et qui a inspiré les propos de Donald Trump. Les policiers suédois démentent et continuent donc…de mentir ! (Lire « La liste est déjà longue » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/01/13/bulletin-climatique-quotidien-13-janvier-2016de-la-republique-francaise/).

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Scène d’intifada …à Malmö (Suède)

Réagissant aux violences, qu’il a qualifiées de « très sérieuses », le ministre de la Justice, Anders Ygeman, a bien sûr réfuté l’idée qu’il y aurait en Suède des quartiers où les policiers ne mettraient plus les pieds : « Si tel avait été le cas, alors la police n’aurait pas été présente et fait des arrestations », affirme-t-il, comme si cette affirmation pouvait être une preuve. Le ministre social-démocrate y voit au contraire une réaction à une présence policière renforcée ! Ben voyons…Si nous le suivons sur ce terrain, cela voudrait dire que plus la police est présente dans les banlieues et plus les violences sont nombreuses !

La droite, pour sa part, réclame un redéploiement des forces de l’ordre dans les quartiers en difficulté, ainsi qu’une mobilisation des acteurs sociaux. « Nous avons des enclaves en Suède où se joue une lutte entre l’Etat de droit et des gangs de voyoux, note le leader du parti libéral, Jan Björklund. Cela demande un redéploiement du système judiciaire, mais aussi une accentuation de la politique d’intégration suédoise. »

Pauvre crétin ! Qui n’a pas encore compris que la seule réponse est celle-ci:

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II. Bayrou : comprenne qui pourra

Au cours d’une conférence de presse très médiatisée, François Bayrou, président du groupuscule intitulé MoDem, a annoncé mercredi 22 février qu’il proposait une « alliance » à Emmanuel Macron, en vue de l’élection présidentielle. « Il faut changer les choses et le faire d’urgence. Unissons nos forces », a-t-il lancé devant une foule de journalistes convertis au charlatanisme.

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François Bayrou lors de sa conférence de presse le 22 février

Mais cette proposition de ralliement envers l’ancien ministre de l’économie donne une nouvelle  idée de la versatilité, pourtant déjà connue, du personnage. Souvenez-vous en effet des dernières déclarations de François Bayrou au sujet d’Emmanuel Macron, son nouveau mentor.

Interrogé sur BFM-TV, en septembre 2016, le maire de Pau étrillait ainsi le candidat des « forces de l’argent » : « Je suis absolument sceptique sur cette affaire, et quand je dis sceptique, c’est le mot le plus modéré que je puisse choisir, lançait-il à propos de la candidature de M. Macron. Ça ne marchera pas, parce que les Français vont voir ce que cette démarche signifie, ce qu’il y a derrière tout ça, derrière cet hologramme. » « Derrière Emmanuel Macron il y a des grands intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique. Il y a là une tentative qui a déjà été faite plusieurs fois par plusieurs grands intérêts financiers et autres, qui ne se contentent pas d’avoir le pouvoir économique, mais qui veulent avoir le pouvoir politique*, poursuivait à l’époque le maire de Pau. On a déjà essayé en 2007 avec Nicolas Sarkozy et ça n’a pas très bien marché. On a essayé en 2012 avec Dominique Strauss-Kahn… »

A la même période, le président du MoDem réitérait ses propos dans l’émission « Questions politiques » organisée par France Inter, Le Monde et Franceinfo :
« Je ne me reconnais pas dans ce qu’Emmanuel Macron incarne. (…) Le projet de société d’Emmanuel Macron est au fond infiniment proche de celui que défendait Nicolas Sarkozy en 2007. » Comme les temps changent…vite !

Alors, que s’est-il passé ?

Après avoir appelé à voter pour François Hollande en 2012, François Bayrou soutenait Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre. Depuis  » l’affaire Fillon « , une partie des juppéistes a franchi le Rubicon avec armes et bagages pour gagner les rangs d’Emmanuel Macron avec le secret espoir de voir se constituer une  » majorité d’idée  » associant libéralisme, progressisme et centre.  C’était, aux origines, le projet portée par Valery Giscard d’Estaing dans  » Démocratie Française « , qui a présidé à la formation de l’UDF et visait le rassemblement de 2 Français sur 3 dans l’organisation d’un grand pole central dans la vie politique française. Et voilà donc le nouveau projet de Bayrou : redevenir  » l’important du marais  » en reconstituant l’UDF grâce à Macron. Et, après tout, tant pis s’il roule aussi pour Bernard Arnault, Patrick Drahi, Pierre Bergé, Alain Minc, Bernard Kouchner, Bernard Tapie, Daniel Cohn-Bendit et quelques autres…acteurs du capitalisme de connivence.

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Edgar Faure avait raison : ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent.

* Lire notre article sur le sujet : « Dis-moi qui sont tes amis…et je dirai qui tu es » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/02/06/bulletin-climatique-quotidien-6-fevrier-2017-de-la-republique-francaise/).

III. Quant à Merkel, elle mange son chapeau

Elle s’est  » plantée  » et cela n’a pas fini de coûter cher à tous les européens et surtout à ceux qui, comme chez nous, n’ont pas le courage de se dresser contre l’arrivée des hordes migrantes qu’Angela Merkel a appelées de ses voeux et de son argent depuis l’été 2015.

Mais Angela commence à sentir le vent du boulet. Il y a d’abord eu les viols collectifs de nos cousines germaines, à Cologne et ailleurs, et les attentats meurtriers de Berlin puis, en réaction, les résultats électoraux inattendus autant que spectaculaires du parti populiste Alternative fur Deutschland (AfD) et enfin…la perspective d’une défaite électorale aux prochaines législatives de septembre, face au SPD mené par Martin Schulz* (ex-président du Parlement européen). Ça fait beaucoup pour cette pauvre Angela.

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Martin Schulz

Alors, le couteau sous la gorge et l’âme en peine, la chancelière prend des mesures extrêmes que même François Hollande lui envie : elle expulse ses migrants déboutés du droit d’asile !

Et c’est ainsi qu’un avion a décollé de Munich, mercredi 22 février dans la soirée, direction Kaboul. A bord, 18 demandeurs d’asile de nationalité afghane. C’était la troisième fois en quelques semaines que les autorités allemandes procédaient à des expulsions groupées de ressortissants afghans vers leur pays d’origine. Un peu plus tôt dans la journée, le gouvernement allemand avait adopté un projet de loi visant à accélérer les expulsions des demandeurs d’asile déboutés.

A sept mois des élections législatives, le message est clair : face à ceux qui lui reprochent sa politique migratoire trop généreuse – symbolisée par sa fameuse formule  » Wir schaffen das  » ( » Nous y arriverons « , tu parles !) lancée à l’été 2015 –, Angela Merkel essaie désormais de montrer un autre visage, celui de la fermeté, tant en renforçant l’arsenal législatif qu’en tentant de convaincre ses homologues étrangers de coopérer plus activement afin de faciliter les procédures d’expulsion. La même Angela Merkel, chancelière d’Allemagne, qui n’avait pas de mots assez durs pour clouer au pilori le gouvernement espagnol lorsqu’il érigeait des barrières anti-migrants autour des ses enclaves territoriales du Maroc ou négociait des accords de renvoi des migrants dans leurs pays africains d’origine. La même Angela Merkel qui n’avait pas de critique assez violente pour dénoncer la volonté du gouvernement hongrois de fermer ses frontières aux hordes migrantes de la route des Balkans…Bref, comme nous le rappelions plus haut, ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent.

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Tel était le sens véritable de sa rencontre avec le premier ministre tunisien, Youssef Chahed, à Berlin, le 14 février. Tel devait être également l’objet de sa visite en Algérie, du 20 au 22 février, annulée à la dernière minute en raison de l’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika, atteint d’une  » bronchite aiguë  » selon les autorités algériennes. C’était pour faire comme les copains : SE PROTEGER. Egoïstement. Après avoir tout fait pour que l’Europe soit submergée par de nouvelles Grandes Invasions barbares, de Lesbos à Stockholm et de Syrte à Calais. Et que, en plus, les opposants à ce projet dément soient livrés à la vindicte et à la honte .

Mais en prenant la main sur ce dossier, Angela Merkel n’entend pas seulement faire taire les  » frondeurs  » de sa majorité, notamment au sein de la CSU bavaroise qui n’a cessé de lui réclamer, ces derniers mois, un changement de cap en matière de politique migratoire. Elle espère aussi mettre ses adversaires sociaux-démocrates et Martin Scultz face à leurs ambivalences et à leurs contradictions.

Dans le cas des expulsions d’Afghans, cinq Länder dirigés par le SPD ont ainsi décidé de suspendre ces renvois, arguant des risques qu’ils encourraient dans leur pays. Des procédures auxquelles ne s’est pourtant pas opposé le ministre fédéral de la justice, Heiko Maas, lui aussi social-démocrate. Sur ce dossier, Martin Schulz, le candidat du SPD face à Mme Merkel aux législatives de septembre, s’est lui aussi bien gardé de prendre position, conscient des désaccords dans son propre camp.

Les élections législatives allemandes de septembre prochain promettent d’être agitées car  » qui sème le vent récolte la tempête. »

* Ne manquez pas de lire l’éditorial du Monde de ce jour. Vous y découvrirez le mouvement médiatique qui monte, la  » Schulzmania « , tel que nous l’avons connu avec Barack Obama (http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/02/23/martin-schulz-l-espoir-de-gauche_5084282_3232.html) !

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Appel au mécénat pour la restauration de l’escalier en Fer-à-cheval du château de Fontainebleau

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Symbole du château de Fontainebleau, le célèbre escalier en Fer-à-cheval est situé au centre de l’aile orientale de la cour d’Honneur. Entre 1632 et 1634, Jean Androuet du Cerceau ou l’architecte Lemercier construit, en remplacement d’un précédent escalier, ce « grand perron » qui permet aux carrosses de tourner entre ses deux volées. A partir du règne de Louis XIV, les princesses venant se marier avec un fils de France sont accueillies sur cet escalier. C’est ainsi que l’escalier et toute la cour font l’objet de nombreuses représentations gravées qui diffusent cette image clairement reconnaissable de Fontainebleau. De nombreuses copies de l’escalier seront réalisées dans divers châteaux à travers le monde (Louvre, Courances, Bourron, Monaco…).

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Le 20 avril 1814, la cérémonie des adieux de Napoléon à sa garde va contribuer à sa célébrité, en faisant le symbole même de la fin de l’épopée napoléonienne.

Témoin des grands moments de l’histoire tout comme du quotidien des nombreux visiteurs qui viennent s’y faire prendre en photo, l’escalier a aujourd’hui acquis une valeur affective indéniable. L’ensemble de la structure de l’escalier est composé de grès, tandis que les marches sont en calcaire. Matériau poreux, le grès est très vulnérable aux variations climatiques : l’eau accélère son altération et favorise le développement de micro-organismes qui lui confèrent une teinte noire.

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Afin de rendre toute sa superbe à cet ensemble architectural emblématique de Fontainebleau, un vaste projet de restauration va être lancé en 2017-2018 par le château.

Le 24 février 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (24 février 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. Jean-Yves Pons février 25, 2017 à 6:48 #

    Nous vous recommandons la lecture de l’article de Jean-Pierre Rioux, paru dans Le Monde du week-end, à propos de la tentative de conquête du Centre par Macron et Bayrou associés : http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/02/25/le-centrisme-est-il-aux-portes-du-pouvoir_5085538_3232.html

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