BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (1er mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

1 Mar

I. Seront-ils sauvés par le gong ?

Quand on repense au déchaînement médiatique contre François Fillon lorsque le Canard enchaîné a révélé qu’il avait employé son épouse comme attachée parlementaire on ne peut que rester bouche bée devant les dernières révélations apparues dans la presse sur le sujet.

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Bouche bée

Car, comme beaucoup s’en doutaient, l’emploi par les élus de membres de leur famille (pour des fonctions pas toujours très bien définies) est une pratique extrêmement répandue au sein de nos deux assemblées.

L’enquête menée par Le Monde à partir de la liste des collaborateurs publiée le 21 février par l’Assemblée nationale, couplée à l’interrogation de l’ensemble des députés, a permis d’identifier au moins 103 députés (soit 18 %) qui emploient un membre de leur famille, en circonscription ou au Palais-Bourbon, sur les 572 siégeant actuellement à l’Assemblée (5 sièges sont vacants ou non pourvus). Au moins huit d’entre eux ont même salarié deux proches.

Mais des chiffres qui sous-estiment probablement la réalité, puisque seule la moitié des élus ont accepté de jouer la transparence*.

La plupart de ces collaborateurs familiaux ont un lien direct avec le député qui les emploie, de nature conjugale ou filiale. Ce sont les seules relations dont la rémunération est encadrée par les services financiers de l’Assemblée : elles ne doivent pas être rémunérées au-delà de 4 780 euros brut par mois, soit la moitié de l’enveloppe totale donnée à chaque député pour payer ses collaborateurs. Dans quelques cas plus rares, il s’agit d’un cousin, frère ou sœur, et même une petite-fille, celle de Francis Hillmeyer (UDI, Haut-Rhin). On découvre aussi que certains députés qui se sont séparés de leur femme continuent à travailler avec elle, d’autres ont épousé leur assistante…

Alors que la profession d’assistant parlementaire est plutôt féminine (59 %), cette tendance est encore accrue parmi les salariés ayant un lien familial avec le député et atteint 70 % de femmes. Le déséquilibre est flagrant parmi les conjoints : seules six députées emploient leur mari, alors que quarante-cinq élus masculins travaillent avec leur épouse ou compagne.

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L’Assemblée nationale

Aucun groupe parlementaire n’échappe à la pratique. Un quart des élus du groupe Les Républicains et près de 30 % de ceux de l’UDI sont concernés, contre seulement 12,18 % du groupe socialiste et écologiste (mais beaucoup de ceux-ci n’ont pas répondu aux sollicitation de la presse). Même le plus petit groupe parlementaire, la gauche démocrate et républicaine, compte un député, Patrice Carvalho (PCF, Oise) qui emploie son épouse, sur 15 élus.

Parmi les huit  » cumulards  » qui emploient deux membres de leur famille, quatre sont élus du parti Les Républicains (Jean-Luc Reitzer, Marc-Philippe Daubresse, Patrice Martin-Lalande, Jean-Claude Mathis), contre une socialiste (Marie-Line Reynaud), un centriste (Rudy Salles) et un élu d’extrême droite (Jacques Bompard).

Certains députés ont aussi fait employer leur fils ou fille comme assistant parlementaire d’un autre député. Mais leur nombre est impossible à préciser en l’état.

Plusieurs députés ont aussi pris la décision particulière, bien que légale, d’employer leur suppléant (ou d’investir leur collaborateur comme suppléant, selon comment on voit les choses). Au total, ils sont 36 dans ce cas, dont 21 au Parti socialiste. Comme l’a relevé l’hebdomadaire Marianne, Manuel Valls, qui avait laissé son siège à Carlos Da Silva en entrant au gouvernement, l’a embauché comme collaborateur après son retour dans l’Hémicycle (alors que celui-ci est aussi conseiller régional).

La liste publiée par l’Assemblée ne précise ni la durée de travail ni le salaire de chaque collaborateur. Or, certains sont à temps – parfois très – partiel : trois assistants de Jonas Tahuaitu (LR, Polynésie), dont sa belle-sœur, se partagent par exemple un temps plein. Le député PS de la Somme, Pascal Demarthe, explique que sa femme l’a d’abord aidé bénévolement, avant d’être embauchée huit heures par semaine pour des  » missions complémentaires  » de communication sur les réseaux sociaux. Elle assure «  les reportages photographiques lors des déplacements en circonscription le week-end, l’organisation d’événements, l’accueil des groupes en visite à l’Assemblée nationale « . Elle lui sert  » aussi de chauffeur très souvent « .

Parmi les collaboratrices à temps partiel, figurent par exemple Karine Gautreau et Jessica Masson. Employées à (quasi) plein-temps au siège du Parti socialiste depuis 2014 (respectivement comme directrice de la communication et attachée de presse), elles sont restées assistantes parlementaires du député et premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis (Paris)… mais à raison de trente heures par mois, pour une rémunération de  » quelques centaines d’euros « . Karine Gautreau précise qu’elle s’occupe de ce que  » personne n’est capable de faire  » dans l’équipe parlementaire de M. Cambadélis depuis son départ à Solférino, comme par exemple l’organisation de déplacements….dans le 19e arrondissement !

La multiplication des temps partiels explique en partie la disparité du nombre de collaborateurs employés par chaque député – alors même que l’immense majorité dispose de la même enveloppe de 9 561 euros, prévue pour rémunérer jusqu’à cinq personnes. Trois élus se contentent d’un seul assistant : Jean-Claude Fruteau (PS, La Réunion), Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG, Val-de-Marne) et François Fillon (LR, Paris). A l’inverse, le député de Loire-Atlantique, François de Rugy (Parti écologiste), qui bénéficie d’une enveloppe majorée en tant que vice-président de l’Assemblée nationale, détient le record, avec huit employés…La gueuse est décidément bonne fille avec ses affidés ! Mais elle aimerait bien que ça ne se sache pas trop.

Quoi qu’il en soit, nous attendons avec la plus grande impatience que le parquet national financier s’auto-saisisse de tous ces cas litigieux avant les prochaines élections législatives !

*  » Trop d’élus manquent de probité « , écrit avec lucidité le député de l’Aisne René Dosière dans son ouvrage à paraître demain : Argent, morale, politique, au Seuil.

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II. Quant aux ministres de François Hollande, leur coeur balance

Trois mois après sa renonciation, le bureau de François Hollande est devenu un véritable confessionnal  où s’expriment les frustrations des ministres qui ne trouvent pas leur compte dans la campagne présidentielle.

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Il y a quelques jours à peine, un poids lourd du gouvernement a ainsi confié au chef de l’Etat son désarroi. Il lui a expliqué qu’il  » aimait bien  » Benoît Hamon, mais qu’il ne pouvait accepter ses orientations, trop à gauche. Pour aussitôt ajouter qu’Emmanuel Macron avait un  » bon programme « , dans la droite ligne du quinquennat, mais que le fondateur du mouvement En marche ! était trop «  irrationnel « , avec ses envolées  » christiques « . Finissant par résumer ainsi la situation :  » nous avons le choix entre un candidat qui est un type bien mais avec un programme dingue, ou un dingue avec un programme plutôt bien !  » Et ce ministre, redevenant sérieux, de conclure :  » C’est quand même assez atterrant, comme alternative. Qu’est-ce qu’on choisit ?  »

A huit semaines du premier tour, les ministres du gouvernement de Bernard Cazeneuve, qui restera probablement le plus éphémère de la Ve République, ne savent plus à quel saint se vouer.  » On est dans un temps d’observation « , reconnaît la ministre de la santé, Marisol Touraine, qui ne cache pas sa  » préoccupation  » devant l’incertitude d’une élection inédite à bien des égards.  » Au conseil des ministres, je regarde autour de la table, et je me demande qui est vraiment à l’aise dans cette campagne, qui peut dire avec certitude pour qui il votera… Sans doute, très peu « , prétend un autre ministre, qui confie n’avoir  » aucun candidat « . C’est possible mais, en tout cas, TOUS savent pour qui ils ne voteront pas (et demanderont de ne pas voter).

Un mois après la défaite à la primaire de l’ancien premier ministre Manuel Valls, que plusieurs d’entre eux avaient soutenu, la plupart des ministres restent à distance de la campagne de Benoît Hamon. Ainsi, les proches de François Hollande, Michel Sapin (économie), Jean-Yves Le Drian (défense) et Stéphane Le Foll (agriculture), font mine de soutenir – du bout des lèvres – le candidat du PS, mais se désolent en privé du cap choisi, à gauche toute.  » Contrairement à mes vœux, plus il avance, moins il s’ouvre « , soupire l’un d’eux, qui critique ces semaines passées à tenter de se rapprocher de l’écologiste Yannick Jadot ou de Jean-Luc Mélenchon.

Pour ces amis du président, déjà en train de s’effacer, l’ancien frondeur représente la négation du quinquennat pour lequel ils ont œuvré. Mais les hollandais ne sont pas les seuls, au sein du gouvernement, à se poser des questions sur la campagne de Benoît Hamon, dont le premier mois,  » peu utile « , a déçu.  » Il aurait dû ouvrir, relativiser sa participation à la fronde, séduire les députés…, énumère un membre du gouvernement. Mais il s’est enfermé dans la politique politicienne.  »

De son côté, Bernard Cazeneuve préfère combattre Marine Le Pen (ça ne mange pas de pain même si ça ne rapporte rien), plutôt que de s’investir plus avant derrière le candidat socialiste, à qui il avait demandé de défendre le bilan, ce que l’intéressé n’a pas fait. Ces prochains jours, le premier ministre a l’intention de se déployer sur les terres d’élection frontistes : il sera en Lorraine lundi 6 mars, dans le Pas-de-Calais mardi (où il retrouvera les campements épars des migrants revenus après l’évacuation de la « jungle » de Calais) et à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) mi-mars. A l’étude depuis sa victoire à la primaire, un déplacement avec Benoît Hamon n’est toujours pas programmé.

Pour l’instant, une seule plongée sur le terrain aux côtés d’un ministre – Thierry Mandon (recherche et enseignement supérieur) – est prévue à l’agenda de M. Hamon. Les secrétaires d’Etat Matthias Fekl (commerce extérieur) et Axelle Lemaire (numérique) ont certes intégré la  » gouvernance politique  » de son équipe. Mme Lemaire a même annoncé, lundi, son départ du gouvernement pour se consacrer  » pleinement  » à sa nouvelle tâche, mais aussi et surtout…à sa campagne pour les législatives !

D’autres ministres, comme Najat Belkacem (éducation nationale), Laurence Rossignol (familles), ou Emmanuelle Cosse (logement), ont assisté à la convention d’investiture du candidat, le 5 février, à la Mutualité, ou au premier  » comité politique  » de sa campagne, mercredi 22, à son QG. Mais, en privé, l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous.  » Ça ne vole pas très haut… « , a ainsi glissé l’une d’elles à l’un de ses collègues, à l’issue du comité politique, où les frondeurs restent surreprésentés.

Les proches du candidat n’ont cure des critiques et des états d’âme ministériels.  » Les électeurs de gauche n’attendent pas de savoir ce que pense Stéphane Le Foll pour se décider  » (ce qui n’est pas faux), raille un élu hamoniste, qui estime que  » le débat sur la ligne a été tranché par la primaire « . Benoît Hamon lui-même souligne qu’il n’a pas l’intention de changer pour plaire au plus grand nombre au gouvernement.  » Je veux garder mon côté décalé « , explique le député des Yvelines mais, ça, on l’avait remarqué ! Et qu’importe, selon lui, si certains ministres socialistes finissent par le quitter pour rallier son rival Emmanuel Macron et, ça, c’est ce qui ne manquera pas de se faire…dans les pas de Manuel Valls !

Même si le cas Macron suscite quand même des réserves. Un ministre dénonce ainsi en privé  » une campagne d’un narcissisme extrême  » de la part de l’ancien patron de Bercy, qui n’aurait que  » son propre destin comme projet politique « .

La majorité gouvernementale reste donc, à ce stade, prudemment en retrait.  » Ils attendent de voir où le vent va tourner « , résume un conseiller qui connaît ses classiques en matière de girouette. Mais certains ministres laissent déjà entendre qu’ils pourraient soutenir Macron s’il se révèle le mieux placé pour battre Marine Le Pen. Ben voyons, qui en aurait douté ?  » Qui peut être au deuxième tour pour empêcher un duel François Fillon-Marine Le Pen ? C’est ça, la question, c’est celle que je me poserai « , a prévenu M. Le Foll, le 21 février.

Un avis partagé par plusieurs ministres :  » Une victoire de Le Pen est possible, admet un poids lourd du gouvernement. La question sera donc de savoir qui incarne le vote utile à gauche : Hamon ou Macron ?  » Un dilemme qui risque de se poser très vite. Pour ce ministre,  » les trois prochaines semaines vont être décisives. Soit Hamon redonne un élan à sa campagne et rattrape Macron, soit il reste enfermé dans son schéma et je ne vois pas comment il peut gagner « .

Alors, la peste ou le choléra ?

 

 III. Prochaine étape législative : les Pays-Bas

C’est pour dans quinze jours et attendez-vous à ce que le bateau soit secoué.

Samedi 18 février, Geert Wilders, l’homme qui a  » ouvert les yeux  » de nombreux néerlandais sur  » l’islam et ses dangers « , le chef du Parti pour la liberté (PVV) faisait l’une de ses rares apparitions publiques à Spijkenisse, dans la banlieue de Rotterdam, avant les législatives du 15 mars, présentées comme décisives pour l’avenir des Pays-Bas.

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Geert Wilders

Pour l’occasion, la ville décrite par M. Wilders comme le  » berceau  » de sa formation est sens dessus dessous. Devant des dizaines de reporters, une foule est venue saluer  » notre Geert « . Policiers et gardes du corps sont sur les dents et le leader populiste se contentera de parcourir 300 mètres sous les vivats avant de disparaître. Mais, au passage, il dénonce la  » racaille marocaine « .

 » Ce que n’aiment pas ces gens, dit Peter, fâché par quelques opposants qui invectivent Geert Wilders, c’est qu’il ose parler des vrais problèmes. Notre culture, notre tradition, notre Zwarte Piet par exemple.  » L’épisode de  » Pierre le Noir  » ou Père Fouettard, cet assistant de Saint-Nicolas, peau noire et lèvres rouges, est étrangement devenu l’un des éléments le plus symboliques du débat autour de l’identité néerlandaise, au cœur de cette campagne qui démarre lentement et semble tourner exclusivement autour de M. Wilders et de son programme.

Depuis 2014, le grand saint, patron des enfants sages, n’a plus d’assistant noir, mais est escorté par  » Pierre Fromage « , au visage jauni : un organe officiel a jugé que la figure de Zwarte Piet véhiculait un stéréotype raciste ! Mais à la Deuxième Chambre de La Haye, la chambre basse du Parlement néerlandais, le PVV a déposé un texte visant à inscrire dans la loi le caractère intangible du personnage.

 » Un hasard « , affirme le député Martin Bosma, réputé être le  » Steve Bannon de Geert Wilders  » – soit l’homologue du conseiller stratégique de Donald Trump – et l’idéologue du parti. A peu près invisible et injoignable, il a récemment accordé un entretien au quotidien populaire AD. Pour lui, la controverse sur Pierre le Noir pose la  » vraie question  » de l’élection :  » Quel pays voulons-nous être ?  Nous, les Néerlandais, nous devons adapter notre culture, mais l’inverse n’est pas vrai pour des groupes de population venus s’installer ici « , ajoutait-il.

 » L’avenir de la civilisation « , la survie de l’Europe menacée d’islamisation, la culture néerlandaise attaquée de toutes parts : au fil des années, ces préoccupations portées par M. Wilders depuis la création du PVV, en 2006, ont fini par orienter le débat public.  » Avant, il fallait insister en permanence pour parler d’immigration ou d’identité, et non d’économie ou d’enseignement. Aujourd’hui, ce sont les rédactions – des médias – elles-mêmes qui nous incitent à le faire « , se réjouit M. Bosma. Ça ne vous rappelle rien ?

Bas Heijne, influent chroniqueur et auteur d’un récent  » Etat des Pays-Bas  » (Staat van Nederland, éditions Prometheus, non traduit), est préoccupé par la polarisation croissante et le ton du débat public. Il en attribue la responsabilité à Geert Wilders mais se garde bien de la moindre auto-critique.

La victoire de Donald Trump a incité les commentateurs à tracer des parallèles entre le président américain et le populiste néerlandais. Ce dernier, qui a participé à des meetings aux Etats-Unis, s’incarne d’ailleurs en  » Trump néerlandais  » affirmant que, chez lui aussi, une victoire est envisageable pour un candidat réputé en marge. Même rhétorique – exprimée sur Twitter pour l’essentiel –, même critique des élites, même discours à l’égard des immigrés et même rejet du compromis.

C’est cette dernière caractéristique, ce  » tout ou rien  » comme le décrit M. Heijne, qui pourrait malgré tout entraver un gouvernement de M. Wilders : dans le complexe système néerlandais, plus compliqué que le notre et avec un paysage politique plus émietté que jamais, il faudra coaliser trois, voire quatre partis pour former un gouvernement. Et, à ce stade, aucune des autres grandes formations ne peut envisager de gouverner avec le PVV – pas même le Parti populaire libéral et démocrate (VVD), du premier ministre sortant, Mark Rutte.

Celui-ci s’est risqué, entre 2010 et 2012, à gouverner en bénéficiant, au Parlement, de l’appui extérieur de M. Wilders. Cette politique dite  » de tolérance  » à l’égard de l’extrême droite a toutefois fait long feu, et M. Rutte rejette désormais le principe même d’une négociation avec la formation populiste.

Peil.nl, l’un des instituts les plus crédibles, lui prédit 29 sièges de députés sur les 150 à pourvoir, pour 25 au VVD, 18 aux chrétiens-démocrates, 18 aux écologistes, 16 aux centristes prœuropéens.
Le Parti du travail, qui dispose de 38 sièges dans l’assemblée actuelle, n’en aurait plus que 12, pour 11 à la gauche radicale…. » Les élections à venir pourraient être un drame pour la gauche « , prédit Peter Vandermeersch, le rédacteur en chef du quotidien NRC.

Le message de tolérance, social et – prudemment – proeuropéen du Premier ministre sortant est d’autant plus inaudible que M. Rutte, engagé dans un duel avec son ancien comparse Geert Wilders – passé chez les libéraux avant de fonder le PVV —, a repris à son compte certains thèmes de l’extrême droite. Il dit prendre en compte le  » malaise grandissant  » à l’égard des étrangers qui s’intègrent mal ou des musulmans radicaux. «  Faites les choses normalement ou allez-vous en « , leur a-t-il demandé clairement…mais un peu tard et le couteau sous la gorge.

Pêcher dans le vivier électoral du député populiste en soulignant de prétendus dangers dans son programme : c’est la stratégie risquée du Premier ministre qui prétend démontrer que la sortie de l’Europe et de l’euro, la fermeture des mosquées ou les mesures sociales prônées par son rival (davantage d’aides aux personnes âgées, augmentation des retraites…) entraîneraient autant de catastrophes.

Mais, là encore, nous avons les mêmes à la maison ! Ils finiront par être balayés.

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Migrants : pourquoi l’Eglise se trompe et comment Elle s’enfonce dans l’erreur ?

Alors, un livre à lire ABSOLUMENT

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Église et immigration : le grand malaise
Le pape et le suicide de la civilisation européenne

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Dans cet ouvrage, Laurent Dandrieu dénonce le discours actuel du pape et des évêques sur la question de l’immigration : rappelant les impératifs de charité chrétienne, ils occultent la dimension politique du problème des migrants. Au risque du simplisme…

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« Le chrétien laisse venir tout le monde », dit le pape François (2). Pendant que l’Europe, qui n’a déjà pas réussi à intégrer les précédentes générations d’immigrés, est soumise à un afflux de migrants sans précédent, l’Église catholique, plus que jamais, martèle l’unique impératif de l’accueil, donnant l’impression de se faire complice de ce que le pape lui-même a qualifié d’« invasion ».

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Écartelés entre leur fidélité à l’Église et le légitime souci de protéger leur identité et leur civilisation, beaucoup de catholiques ressentent un malaise croissant. Plus largement, les populations européennes sont de plus en plus heurtées par un christianisme qui semble leur dénier le droit à la survie. Et, en la matière, l’Eglise de France est, comme souvent, le fer de lance de cette invasion.

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Cette incompréhension est-elle une fatalité ? L’Église est-elle condamnée à être prisonnière de la « culture de la rencontre » tant vantée par le pape, au risque de livrer le continent au chaos sans profit pour les migrants eux-mêmes ? Ou bien existe-t-il une autre voie, qui permette de réconcilier les impératifs de la charité authentique et la défense de la civilisation européenne ? C’est à ces questions que répond ce livre.

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Mais si nous ne parvenons pas à inverser le cours de l’histoire, nous serons sans nul doute les derniers chrétiens.

12 Janvier 2017
ISBN 9782750913618
288 pages
17,90 €
Biographie

(1) Laurent Dandrieu est rédacteur en chef des pages « Culture » de Valeurs actuelles, pour lequel il suit également l’actualité religieuse. Il est l’auteur de plusieurs livres dont Woody Allen, portrait d’un antimoderne (CNRS Éditions), Dictionnaire passionné du cinéma (Éditions de l’Homme nouveau) et La Compagnie des anges. Petite vie de Fra Angelico (Éditions du Cerf).

(2) Lire « Le Saint-Père entend des voix !https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/04/17/bulletin-climatique-du-week-end-1617-avril-2016-de-la-republique-francaise/

Le 1er mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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