BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (7 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

7 Mar

I. En tout cas, ce ne sera pas Juppé !

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Place du Trocadéro, dimanche 5 mars 2017

Même après la démonstration de force de François Fillon et de ses partisans, dimanche 5 mars, place du Trocadéro à Paris, nul ne peut affirmer que le candidat officiel des Républicains pourra poursuivre sa course vers l’Elysée et, moins encore, s’il sera présent au second tour des prochaines élections présidentielles.

Mais une chose est certaine : le candidat du système et de la gauche politico-médiatique, Alain Juppé, a jeté l’éponge, convaincu qu’il n’avait finalement aucune chance de l’emporter. Semant ainsi le désespoir dans les allées du pouvoir et les salles de rédaction…Mais quel plaisir d’observer tant de visages défaits chez nos adversaires !

N’aurions-nous que cette satisfaction à nous mettre aujourd’hui sous la dent, elle serait assez considérable pour nous remplir d’ores et déjà de joie.

Mais un autre vaincu s’active en coulisse pour, nous dit-on, tenter de recoller les morceaux d’un parti en perdition : Nicolas Sarkozy. Vaincu en 2012, lors de l’élection présidentielle face à François Hollande, et vaincu de nouveau en 2016 à la primaire de la droite et du centre face à François Fillon et Alain Juppé. Vaincu mais toujours là car ces gens-là, Monsieur… » Ça ose tout; c’est même à ça qu’on les reconnaît. « 

Nicolas Sarkozy consulte et distille ses conseils. Mais l’heure est grave au sein de Les Républicains à quelques semaines de la présidentielle et l’ex-président de la République entend piloter une sortie de crise devenue primordiale. Son but ? Eviter que « la famille » se déchire autour du cas François Fillon, plus déterminé que jamais à rester candidat malgré la mis en examen qui plane sur lui dans l’affaire des emplois fictifs présumés de son épouse et de deux de ses enfants.

Lundi matin à son bureau les rendez-vous se sont succédés alors que le conseil politique de Les Républicains s’est réuni dans la soirée : Christian Jacob, président du groupe des députés LR à l’Assemblée nationale, Gérald Darmanin, son ancien coordinateur de campagne, démissionnaire du parti depuis dimanche soir, Laurent Wauquiez, l’ancien président par intérim du parti, le fidèle Brice Hortefeux comme Luc Chatel ou Christian Estrosi.

Dès 9h20, lundi, Nicolas Sarkozy a annoncé dans un communiqué sa volonté de réunir physiquement, et pour la première fois, François Fillon et Alain Juppé en sa présence. Ce rendez-vous signerait pour lui la fin des prises de paroles multiples des seconds couteaux ou des jeunes ambitieux de la droite.

Une réunion d’autant plus importante que Alain Juppé a affirmé dans la matinée qu’il ne « sera pas candidat » à la présidentielle, regrettant un « gâchis » et estimant que François Fillon est « dans une impasse« , notamment à cause de sa défense basée sur un complot politico-médiatico-judiciaire.

Car Nicolas Sarkozy, dont le passé d’ancien président de la République en fait un acteur incontournable, est depuis le début de l’affaire un partisan du maintien de François Fillon. Il connaît bien les deux hommes et sert de tampon mais se retrouve de plus en plus isolé.

Dimanche, au milieu des défections multiples dans l’entourage de François Fillon, trois président de région LR – Valérie Pécresse, Christian Estrosi et Xavier Bertrand (ces deux derniers n’ayant été élus que grâce aux voix socialistes, dans le cadre de la traditionnelle UMPS et qui en connaissent donc un rayon) – ont proposé « une sortie respectueuse » du candidat dont les contours restent flous.

Mais que peut encore faire Nicolas Sarkozy pour sauver son camp? Surtout est-il toujours en mesure de rassembler?

Loin des flashs, le candidat battu à la primaire s’active, place ses pions et tente de sauver ce qui peut encore l’être. Dimanche, son lieutenant François Baroin, à la bonne tête de plan B rêvé, était au Trocadéro lors du rassemblement en soutien à François Fillon. Une chose est certaine, écrit Le Figaro qui cite Nicolas Sarkozy:  » Ça ne peut plus continuer comme ça « .

Mais pour faire quoi ?

II. Est-ce une si bonne nouvelle que ça ?

Le chiffre est symbolique, et il n’a pas fini d’agiter le petit monde des économistes. En février, l’inflation en zone euro a progressé de 2 % sur un an, après + 1,8 % en janvier, selon la première estimation publiée jeudi 2 mars par Eurostat. Du jamais vu depuis janvier 2013. Dans le détail, l’inflation a progressé de 1,4 % en France, de 1,6 % en Italie, de 2,2 % en Allemagne, et même de 3 % en Espagne !

A première vue, c’est une bonne nouvelle : le combat que la BCE mène depuis des mois contre la déflation, cette spirale délétère où la baisse des prix tire les salaires et l’activité vers le bas, semble enfin gagné. Aujourd’hui, les optimistes soulignent que le retour d’une inflation modérée est synonyme d’une économie européenne en meilleure forme. Mais les pessimistes, eux, craignent qu’il s’agisse d’une reprise en trompe-l’œil. Et que la situation tourne au casse-tête pour la BCE.

Car, en réalité, le rebond des prix observé depuis trois mois tient en partie à la politique financièrement accommodante de la BCE (taux bas et rachats de dettes). Mais aussi, pour beaucoup, à la remontée des cours du pétrole. Tombé à 30 dollars (28,55 euros) début 2016, le baril de Brent s’échange désormais à 55 dollars. Résultat : les tarifs de l’énergie ont bondi de 8,1 % en janvier et 9,2 % en février ! D’ailleurs,  » l’inflation dite sous-jacente, qui exclut les prix des produits les plus volatils comme ceux de l’énergie, est en revanche ressortie à + 0,9 % seulement en février, et cela fait des mois qu’elle reste au même niveau « , nuance Jennifer McKeown, chez Capital Economics.

Or, cette inflation-là est un baromètre bien plus fin de l’état de santé réel de l’économie. Elle ne remonte que lorsqu’elle est alimentée par la hausse des salaires, comme on l’observe aux Etats-Unis et dans une moindre mesure en Allemagne. Face au plein-emploi, les entreprises accordent plus volontiers des hausses de salaires. Ce qui soutient la consommation et regonfle les carnets de commandes des entreprises, qui peuvent alors augmenter leurs prix.  » L’ennui, c’est que dans le reste de la zone euro, en particulier au Sud, les salaires n’augmentent toujours pas « , note Philippe Waechter, chez Natixis AM. L’inflation sous-jacente ne devrait donc pas remonter avant un moment.

A première vue, la remontée des prix – en particulier ceux de l’énergie – est une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat.  » Cela va écorner un peu la consommation des ménages « , explique M. Waechter. Mais dans le même temps, la baisse du taux de chômage se poursuit : il s’est établi à 9,6 % de la population active en janvier dans la zone euro, contre 10,4 % un an plus tôt. De quoi regonfler le revenu des personnes retrouvant un emploi.

D’un point de vue macroéconomique, cela suffira-t-il à compenser la baisse du pouvoir d’achat liée à la hausse des cours du pétrole ? Difficile à dire. D’autant que cela dépend des pays. L’Italie, où le chômage remonte, est plutôt en mauvaise posture. L’Espagne et le Portugal, où l’emploi est bien reparti, s’en tirent mieux. Quant à la France…c’est entre les deux.

En outre, si l’inflation a plutôt tendance à grignoter la valeur de l’épargne, elle allège en revanche le poids des crédits immobiliers ou à la consommation (à taux fixe). Dit autrement : selon leur situation financière, les ménages sont plutôt gagnants ou perdants…(Lire « Un nouvel horizon indépassable ? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/05/un-nouvel-horizon-indepassable/)

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Super-Mario, président de la BCE

Parions que Mario Draghi, le président de la BCE, réfléchit déjà aux mots qu’il choisira jeudi 9 mars, à l’issue de la réunion de l’institution. Car celle-ci se retrouve dans une situation délicate. D’un côté, l’institut de Francfort a prévenu qu’il ne changerait pas de cap tant que l’inflation ne resterait pas autour de 2 % de façon stable et pendant plusieurs mois d’affilée.  » Or, une fois l’effet de la hausse du pétrole passé, il est probable que l’inflation retombe sur la seconde partie de l’année, et termine autour de 1 % fin 2017 « , pronostique M. Waechter.  » Face à la faiblesse de l’inflation sous-jacente, la BCE a toutes les raisons de poursuivre sa politique accommodante « , confirme M. McKeown. Entendez que la BCE va sans doute continuer à créer des liquidités avec lesquelles elle inonde le marché mais avec les résultats que l’on sait : les crédits manquent toujours aux PME et TPE comme aux particuliers auxquels les banques prêtent trop peu du fait des taux bas.

Depuis deux ans, l’institut de Francfort rachète pour 80 milliards d’euros de dettes publiques et privées par mois sur les marchés (le quantitative easing en anglais, ou QE), dans l’espoir de relancer les prix et l’activité, tout en limitant la hausse des taux d’intérêt. Si le volume de rachats baissera à 60 milliards d’euros mensuels en avril, le programme ne doit en théorie pas s’achever avant 2018.

Seulement voilà : ces largesses ne sont pas du goût d’une partie des dirigeants et économistes allemands, nombreux à militer pour un arrêt rapide du QE. Selon eux, la politique accommodante de la BCE et ses taux bas alimentent la formation d’une bulle immobilière dans les grandes villes outre-Rhin (qu’ils se rassurent, ce n’est pas le cas en France). Mais aussi, pour nombre d’Allemands, la hausse des prix favorisée par l’institution et le pétrole réveille le douloureux souvenir de l’hyperinflation qui a frappé leur pays dans les années 1920…  » Mario Draghi devra donc faire face à des critiques de plus en plus vives venant de Berlin, confie un fin connaisseur de l’institution. Au risque que cela affaiblisse la crédibilité de sa politique.  »

Du rififi en vue à la BCE ?*

* Lire « Rififi à la BCE » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/10/bulletin-climatique-du-week-end-1011-decembre-2016-de-la-republique-francaise/

 

III. Défense : de la nécessité de voir loin

Beaucoup de pays se dotent actuellement d’une force navale importante pendant que la France, victime de restrictions budgétaires déjà anciennes et, surtout, d’absence de vision à long terme, peine à seulement entretenir le peu de moyens encore à sa disposition. Le Conseiller aux Armées du CER insistait il y a peu sur ces graves problèmes dans deux communiqués récents : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/30/communique-du-conseiller-aux-armees-du-cer-64/ et aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/01/communique-du-conseiller-aux-armees-du-cer-67/.

C’est ainsi que les Etats-Unis doivent retrouver une flotte de douze porte-avions – contre dix aujourd’hui –, a déclaré Donald Trump, en visite sur le USS-Gerald-Ford, jeudi 2 mars. Car, en matière de moyens militaires navals, le porte-avions redevient un outil très courtisé pour la projection de la puissance. La Chine, dont la marine de guerre a dépassé en tonnage, en 2016, celle de la Russie, s’apprête à mettre à l’eau son deuxième navire, le Shandong, et envisage d’en construire deux autres, à propulsion nucléaire cette fois. D’ici à 2020, l’Inde lancera son Vikrant, deuxième navire du genre, avant d’entamer la construction d’un autre modèle, également nucléaire. Le Royaume-Uni, qui avait remisé ses porte-aéronefs en 2010 pour dix ans, devrait à nouveau disposer de ce moyen en 2021, avec le HMS-Queen-Elisabeth.

De ce fait, le contexte stratégique est porteur et les marins français se prennent à rêver. Après quinze ans de service, le Charles-de-Gaulle vient de regagner Toulon pour une rénovation complète jusqu’à l’automne 2018. Le sujet est donc de savoir s’il faut un second porte-avions pour pouvoir déployer un tel navire en permanence.  » Ce n’est pas une question absurde « , a déclaré le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, le 23 février.

Porte-avions Charles-de-Gaulle

La militarisation des espaces maritimes, les ambitions océaniques des nouvelles puissances bousculent la donne. Et les opérations extérieures françaises se poursuivent à un rythme soutenu. En pleine campagne présidentielle, il n’existe cependant guère de visibilité, politique comme financière, pour un projet à plus de 3 milliards d’euros, même si l’objectif de porter le budget de la défense à hauteur de 2 % du PIB semble consensuel. Les plans actuels visent plutôt la conception du successeur du Charles-de-Gaulle à l’horizon 2035. La question d’un deuxième navire  » n’est pas inscrite dans la loi de programmation actuelle  » qui encadre le budget militaire jusqu’en 2019, a convenu M. Le Drian.

Mais il faut noter que le feuilleton du deuxième porte-avions français dure depuis que le tandem formé par le Clemenceau et le Foch a été désarmé à la fin des années 1990 au profit du seul Charles-de-Gaulle. Depuis, le débat avait été tranché par le vide : en pleine contraction du budget de la défense, les amiraux eux-mêmes n’osaient même plus mettre le sujet en avant, conscients de l’irréalisme d’un tel investissement. Sans compter que le projet risquait de provoquer des effets d’éviction sur le reste des équipements militaires.  » Qu’on nous livre d’abord les frégates qu’on nous a promises « , disait en substance l’état-major. Il est vrai cependant, comme l’a rappelé à plusieurs reprises le Conseiller aux Armées du CER, qu’il aurait été utile de mettre sur pied des collaborations industrielles avec d’autres constructeurs de navires. En particulier les Italiens dont le savoir-faire n’a pas grand chose à envier aux nôtres et qui auraient ainsi contribué à réaliser d’utiles économies. À l’heure où François Hollande découvre les vertus d’une éventuelle défense européenne, ce raisonnement prend toute sa valeur. Même avec bien trop de retard.

Aujourd’hui, les marins font donc campagne pour l’idée d’un deuxième porte-avions. Le dernier numéro de la Revue de défense nationale paru vendredi 3 mars lui consacre son dossier. De 2008 à 2016,  » le porte-avions français a vu sa place redevenir éminemment politique « , écrit le capitaine de vaisseau Pierre Vandier, commandant du Charles-de-Gaulle, relevant les six visites présidentielles faites à bord au cours des deux derniers mandats.

A l’occasion des opérations de guerre en Libye, puis en Irak et en Syrie,  » le Charles « , soulignent les spécialistes, a permis de renforcer la coopération militaire avec l’allié américain, d’accumuler du renseignement et de réaliser une démonstration technique utile pour les exportations d’armes françaises. Plus précisément,  » avec la dernière mission “Arromanches” en Méditerranée, grâce aux intercepteurs de guerre électronique du Rafale, nous avons devant nous deux ans d’exploitation de données sur le mur électronique de la Syrie « .

Mais comment nommera-t-on son compère ? Louis XX ? Henri VII ? Ou Jean III ?…

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

A partir du 20 mars 2017, le Château de Chambord va retrouver les jardins à la française tels qu’ils étaient au XVIIIe siècle !

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Dès le premier jour du printemps, les visiteurs du Château de Chambord pourront admirer la nouvelle grande perspective qui intègrera le monument dans une composition majestueuse. Imaginés à l’époque de Louis XIV et se basant sur un dessin réalisé en 1734, la restitution des jardins permet à Chambord de retrouver une grande perspective qui exista pendant plus de deux siècles. Les parterres seront entretenus jusqu’au début du XXe siècle avant d’être réduits en parterres engazonnés au début des années 1970…

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Si les travaux ont effectivement débuté en Août 2016, la Renaissance des Jardins à la Française du Château de Chambord aura nécessité seize années de recherches documentaires, de prospections, d’études paysagères et architecturales, pour rétablir l’ensemble au plus près de ce qu’il pouvait être au milieu du XVIIIe siècle.

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Sept mois auront été nécessaire pour ressusciter ces jardins à la française, installés aux pieds des façades Nord et Est du Château de Chambord, sur un parterre de six hectares et demi. Pour reconstituer les jardins d’autrefois, il aura fallu plus de 600 arbres, 800 arbustes, 200 rosiers, plus de 15.000 plantes délimitant les bordures et près de 19.000 m² de pelouses…

Un travail de longue haleine qui permet au Domaine national de Chambord de retrouver toute sa majesté ! Une nouvelle façon d’admirer le plus grand château de la Loire ! Un résultat splendide et féerique à ne pas manquer à partir du 20 mars 2017 !

Le 7 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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