Et toujours Jean de La Fontaine.

17 Mar

En réponse à la référence de notre Bulletin climatique de ce jour ( « Jean de La Fontaine était un prophète » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/17/bulletin-climatique-quotidien-17-mars-2017-de-la-republique-francaise/), notre ami Jean-André V. nous a fait l’honneur de nous communiquer une satire d’une autre fable de La Fontaine qu’il avait écrite en 2010, au début de la crise économique grecque. Nous ne pouvons résister au plaisir de vous la faire découvrir :

LA CIGALE ET LE F.M.I.

La Cigale ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la crise fut venue :
Plus un seul petit euro
Au pays des dieux et héros !
Elle alla crier famine
Chez dame Merkel sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelques sous pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
« Je vous paierai », lui dit-elle,
« Avant l’août, foi de goret,
Avec taux et intérêt. »
Dame Merkel n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ? »
Dit-elle à cette emprunteuse.
– « Nuit et jour à tout venant,
J’achetais, ne vous déplaise;
J’achetais au double du prix,
Dessous-de-table y compris,
Pour faire tourner vos usines,
Les produits les plus inutiles :
Luxueuses limousines
Pour nos députés débiles,
Systèmes électroniques,
Dont un pour nos Jeux Olympiques,
A l’avance dûment payé
Mais n’ayant jamais fonctionné;
Chars d’assaut – plusieurs centaines –,
Magnifiques “Léopards”
Déficients pour la plupart,
Pour défendre nos…vastes plaines !
Sous-marins plus secourables,
Mais qui s’avérèrent…instables !
Ah ! que ne vous ai-je acheté,
Chère voisine, tout l’été ! …»
« Vous m’achetiez ? J’en suis fort aise :
Eh bien ! crevez maintenant! »,
Mais aussitôt se reprenant :
« …Ou bien plutôt – car vous pourriez
M’être utile si vous surviviez
Jusqu’à la saison nouvelle -,
Allez donc voir à tire-d’aile
Notre gentil voisin Strauss-Kahn !
Vous devez l’avoir sur vos listes
Etant vous-même socialiste…»
Privée du dernier denier
Et pressée par la fringale,
Notre infortunée Cigale
Dut se rendre chez ce dernier.
Dans sa superbe porcherie,
Bauge de toute tricherie
Et de toute supercherie,
Véritable antre de Cyclope
Et tombeau fatal de l’Europe,
A bras ouverts il l’accueillit.
Foi d’animal, quand on la vit
Sortir de chez ce sieur Strauss-Kahn,
Elle ne tenait plus sur ses cannes !

O Peuples, gardez-vous des monstres qui vous guettent !
Circés, Sirènes, Walkyries,
Funestes toutes égéries,
N’ont qu’une chose en tête :
Vous endormir de mots caressants,
Pour boire ensuite votre sang !
Choisissez bien vos dirigeants –
La plupart contre vous complotent,
S’étant mis du foin dans les bottes ! –
Et lorsque manquera l’argent,
C’est vous seuls qui paierez la note.

Septembre 2010

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