BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (22 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

22 Mar

I. Ils refusaient pourtant de nous croire

En rendant publics, lundi 20 mars, les premiers résultats de leurs travaux, menés auprès de 7 000 lycéens de seconde dans quatre académies (Lille, Créteil, Dijon et Aix-Marseille), les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland n’ignoraient pas qu’ils brisaient un tabou : révéler au plus grand nombre la réalité de l’islam et, plus particulièrement, de l’islam de France.

Ce travail « exploratoire », mené dans le cadre d’un appel à projets lancé par le CNRS après les attentats de novembre 2015, doit être complété par une enquête qualitative à partir d’entretiens avec des lycéens, ont cependant prévenu les sociologues. Ainsi que d’un ouvrage collectif dans les mois à venir. Histoire sans doute de nuancer leur constat…

Scène de la diversité lycéenne

Les chiffres n’en ont pas moins leur importance dans la première salve d’informations divulguée ce lundi : 1 élève sondé sur 10 (11 %) adhère à ce que les chercheurs qualifient pudiquement d’« absolutisme religieux » (entendez l’islamisme radical). Soumis à un questionnaire – le même dans la vingtaine d’établissements sur lesquels s’est concentrée l’enquête –, ces adolescents ont répondu à la fois qu’« il y a une seule vraie religion » pour eux, et que, dans l’explication de la création du monde, « c’est la religion qui a raison plutôt que la science ».

Ce qui retient l’attention des chercheurs, c’est moins ce ratio que l’écart constaté entre les confessions : les lycéens musulmans interrogés sont trois fois plus nombreux (32 %) à adhérer à cet « absolutisme » que l’ensemble des lycéens sondés (10,7 %). Et cinq fois plus que les jeunes chrétiens (6 %). Ce dernier point mériterait réflexion…

Scène de la vie lycéenne à Saint-Denis

Autre mesure avancée : celle de la « tolérance à la violence et à la déviance » des élèves, calculée à partir de huit questions corrélées entre elles. Il y est question de triche, de conduite sans permis, de deal, d’affrontements avec la police… Globalement, un quart des jeunes obtiennent un score élevé (autrement dit, 25 % ont répondu par l’affirmative aux huit questions). Parmi eux, 22 % se revendiquent sans religion, 20 % sont chrétiens et 33 % musulmans. Des élèves juifs, trop peu nombreux dans les lycées visités pour que leurs réponses soient significatives, il n’est guère question. Mais comme avant longtemps il n’y en aura plus du tout…

Les chercheurs ont poussé plus loin l’analyse en combinant les mesures de l’« absolutisme » religieux et de la culture (non-religieuse) dite violente : 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales, alors que ce chiffre est de 12 % chez les jeunes musulmans de l’échantillon. Le triple, en somme.

Un « effet religion » ? Anne Muxel (laboratoire Cévipof) et Olivier Galland (laboratoire GEMASS) osent avancer l’idée. D’autant qu’ils ont fait varier d’autres facteurs, comme la situation socio-économique ou la filière d’étude, le sentiment de victimisation ou de « malaise identitaire » : « Cela ne change qu’à la marge les résultats de la perméabilité aux idées radicales », avancent-ils. Mais ils le font avec précaution tellement le sujet est explosif. Et pourtant, c’est ce que le CER affirme depuis cinq ans qu’il existe (Lire « 15 mars 2012 – 15 mars 2017 » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/15/15-mars-2012-15-mars-2017/).

La preuve : au lycée Voltaire à Paris lors d’une manifestation pro-Théo…

« On a bien réfléchi à la manière de communiquer dans un contexte politique comme le nôtre, explique Olivier Galland. Mais le déni ou l’euphémisation ne servent pas le débat citoyen. Se taire, ce serait laisser le champ libre aux extrémismes ». Reconnaissons néanmoins que  » réfléchi(r) à la manière de communiquer  » s’appelle, à tout le moins, de l’auto-censure. « Il ne s’agit pas d’une mesure des comportements ni des passages à l’acte, renchérit Anne Muxel. C’est la porosité des lycéens aux idées radicales que nous avons voulu évaluer. On ne peut pas comprendre ces premiers résultats sans regarder les deux bouts de la chaîne, défend-elle : une majorité de lycéens est imperméable à la radicalité – dont les deux tiers des jeunes musulmans – ; une minorité doit nous interroger ».

Mais qui osera poser la vraie question ? Celle de la compatibilité de l’islam avec les valeurs de l’Europe et, plus précisément encore, de notre pays .

 

II. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre

Croyez-vous que la situation de notre pays face à l’immigration ait ouvert les yeux des candidats à l’élection suprême, celle de chef de l’Etat, en avril et mai prochain ? Jugez-en.

Ils sont venus mais ils ne sont pas tous là

Seule la candidate du Front national, Marine Le Pen s’est emparée du sujet, au cours du débat de lundi 20 mars, et a tenté de faire face aux insupportables réalités, même s’il faut admettre qu’elle le fait aujourd’hui avec bien plus de précautions que son père Jean-Marie lorsqu’il présidait aux destinées du même parti.

Elle fut la seule à annoncer pourtant sa volonté, si elle était élue, d’ « arrêter l’immigration légale et illégale « … déroulant dans la foulée la mesure phare de son programme : la limitation à 10 000 installations annuelles d’étrangers en France, face au laxisme des deux quinquennats précédents : 200 000 premiers titres de séjour délivrés chaque année en France, avec Nicolas Sarkozy, et 227 550 en 2016 avec François Hollande !

À Paris c’est comme là-bas !

Elle a certes cherché à frapper les imaginaires en proposant quelques mesures comme la remise en place  » des frontières nationales  » ou sa  » politique dissuasive d’immigration « , consistant à promettre de couper  » toutes les pompes aspirantes de l’immigration  » que sont à ses yeux  » l’aide médicale d’Etat  » ou  » l’accession au logement  » des étrangers. Mais, face aux représentant, peu ou prou, du lobby immigrationniste…c’était de bonne guerre même si l’on peut douter que la présidente Le Pen puisse aller au bout de ses judicieuses propositions.

Eh bien vous aurez peut-être remarqué que, sur le plateau de TF1, personne ne l’a contredite, même lorsqu’elle a plaidé qu’aux  » 200 000 étrangers légaux  » entrant en France chaque année s’ajoutent  » au moins autant d’illégaux  » !

En vérité, ce débat télévisé a surtout mis en évidence le malaise des autres candidats sur l’immigration. François Fillon, qui aimerait bien avoir un discours fort, tout en se démarquant – légèrement – du FN, a eu bien du mal à «  vendre  » ses mesures face à la charge de Marine Le Pen. Lui qui prône  » une immigration réduite au minimum  » (ce qui, avouons-le, est bien imprécis) a surtout mis en avant ses  » quotas  » d’entrées  » votés chaque année au Parlement « . Une mesure qui figurait déjà dans le programme 2007 de Nicolas Sarkozy et que François Hollande a ajoutée dans le sien dans l’entre-deux tours de 2012 mais que tous les deux n’ont pas manqué d’oublier ensuite.

La situation n’a pas été plus simple pour Benoît Hamon et Emmanuel Macron. Le socialiste, qui incarne le malaise du PS sur ce thème, ne développe aucune mesure sur une véritable politique migratoire dans son programme. Il s’est donc exprimé lundi sur l’asile, rappelant sa bataille pour un  » visa humanitaire  » et un meilleur accueil des réfugiés ; comme Jean-Luc Mélenchon…

C’est aussi un des angles d’attaque qu’a mis en avant Emmanuel Macron. Essayant de jouer à la fois l’ «  humanité et la fermeté  » – pour parodier le diptyque manié par l’actuel premier ministre Bernard Cazeneuve –, le candidat de En marche ! prône à la fois un accueil digne des demandeurs d’asile et le renvoi des déboutés, notamment en diminuant le temps d’étude des dossiers de réfugiés. Mais chacun sait désormais qu’Emmanuel Macron est DE GAUCHE ET DE DROITE ! Autant dire de nulle part.

Sans commentaire

Avec des candidats comme ceux-là, il n’y a aucun doute, la France sera parfaitement gouvernée et les Français bien protégés. L’avenir est à nous.

III. Un ministre des finances peut en cacher un autre

Les élections législatives néerlandaises, qui se sont déroulées le 15 mars, pourraient avoir ouvert une nouvelle boite de Pandore : l’actuel ministre batave des finances, Jerœn Dijsselblœm, risque de perdre son fauteuil de président de l’Eurogroupe, la réunion des grands argentiers de la zone euro, qu’il occupe depuis plus de quatre ans et n’a aucune envie apparente de céder.

Jeroen Dijsselbloem

Son sort n’était pas à l’agenda officiel de l’Eurogroupe, lundi 20 mars, mais il était dans toutes les têtes des ministres et des journalistes bruxellois. De fait, la famille politique de M. Dijsselblœm, le Parti travailliste PvdA, a reçu une énorme claque électorale aux élections, rétrogradant à la sixième place. Renvoyé dans l’opposition, M. Dijsselblœm sera l’un des neuf élus à pouvoir rester au Parlement néerlandais, sur les 38 sièges que comptait le PvdA.

Mais tout laisse penser qu’il aura du mal à se maintenir dans la coalition gouvernementale que l’actuel premier ministre, le libéral Mark Rutte, tentera de former après avoir survécu aux assauts de l’europhobe Geert Wilders. Or, jusqu’à présent, l’Eurogroupe a toujours été présidé par un de ses membres en exercice. M. Dijsselblœm saura-t-il créer un précédent en allant au moins jusqu’au terme de son mandat, en janvier 2018 ?

 » Il faudra plusieurs mois pour former le nouveau gouvernement néerlandais, les chances pour moi d’y participer sont très faibles, mon temps de ministre des finances est compté « , a reconnu, lucide, M. Dijsselblœm lundi. Ajoutant cependant :  » Entre la formation du gouvernement et la fin de mon mandat, ce sera à l’Eurogroupe de décider ce qui va se passer.  » Et c’est là que tout pourrait se jouer.

M. Dijsselblœm dispose de pas mal de soutiens à Bruxelles bien qu’il ait géré la crise chypriote de manière calamiteuse et se soit fait, plus tard, l’intermédiaire obligé mais discutable entre l’Allemagne et la Grèce. D’ailleurs,  » Dijsselblœm a la confiance du ministre allemand Wolfgang Schäuble mais il sait aussi se faire respecter « , juge un diplomate européen. Les sociaux-démocrates craignent par ailleurs, avec le départ du travailliste, de perdre un poste d’influence supplémentaire à Bruxelles, après celui de président du Parlement européen, l’Allemand Martin Schlz.
Mais, en réalité, ce qui se joue aussi en coulisses au-delà des ambitions personnelles ou des complexes équilibres géopolitiques dont Bruxelles est coutumière, c’est l’évolution à terme de la présidence de l’Eurogroupe vers un vrai poste de ministre des finances de la zone euro. Un embryon de gouvernement supranational, qui constituerait la partie visible de l’intégration politique de l’Eurozone. Certains, à Bruxelles, ne cachent pas qu’une prolongation de M. Dijsselblœm jusqu’au terme de son mandat, même s’il perd son portefeuille des finances, créerait un précédent allant dans ce sens. Mettant ainsi les nations et les peuples européens devant le fait accompli.

Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques, défend depuis des mois cette option d’un ministre des finances de la zone euro, qui serait aussi vice-président de la commission. L’idée plait à François Hollande alors que se multiplient les réflexions sur les moyens de relancer l’Union européenne à 27 Etats membres, sans le Royaume-Uni. Heureusement,  » ce débat ne sera jamais mûr dans les mois qui viennent pour permettre à M. Dijsselblœm de conserver son poste jusqu’en janvier 2018 « , estime un diplomate européen, au fait des discussions de l’Eurogroupe.

Le même avec d’autres ambitions

Heureusement aussi les élections françaises et allemandes font planer trop d’inconnues et, en l’état actuel des forces politiques dans l’Union, il n’y a pas de majorité pour avancer dans cette direction.  » Le scénario le plus probable est que M. Dijsselblœm partira une fois le gouvernement néerlandais constitué « , ajoute le diplomate qui, vous l’aurez deviné, n’est pas un aficionado du président de l’Eurogroupe.

Déjà, les noms de possibles challengers circulent dans les couloirs bruxellois : on parle évidemment de l’Espagnol conservateur Luis de Guindos, déjà candidat lors du renouvellement du premier mandat de M. Dijsselblœm, à l’été 2015. On évoque aussi le Slovaque social-démocrate Peter Kazimir, ou l’Italien Pier Carlo Padoan, également socialiste. Un tel poste, à la tête d’un organe disposant d’un pouvoir aussi considérable sur les pays de la zone euro (spécialement la Grèce, toujours sous tutelle financière de ses créanciers européens), suscite forcément des vocations !

Mais restons vigilants car ces gens-là sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Et, dès à présent, disons  » NON AU COUP D’ETAT INSTITUTIONNEL AU SEIN DE L’UE. »

 

Le 22 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :